10 aliments très populaires… et très nocifs pour l’environnement

10 aliments très populaires… et très nocifs pour l’environnement

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by Clément Fournier Clément Fournier
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Si vous nous suivez depuis quelques temps, vous avez sans doute compris que votre alimentation a un impact très fort sur l’environnement. L’agriculture représente près de 30% des émissions de gaz à effet de serre mondiales, les pesticides et engrais utilisés pour faire pousser nos aliments sont responsables de nombreuses pollutions et affectent largement les écosystèmes. Mais au juste, quels sont les pires aliments en termes environnementaux ? Au risque de vous faire peur, la plupart de vos aliments préférés sont probablement parmi les pires en termes environnementaux.

Voyons quels sont nos 10 aliments préférés qui ont les pires impacts sur l’environnement

Les 10 pires aliments pour notre planète…

1 – Le sucre : la pire culture en termes environnementaux ?

Désolé à tous les accrocs du sucre, mais votre addiction n’est pas sans conséquence sur l’environnement. Selon une étude du WWF, le sucre est l’une des cultures les plus nocives pour la planète. En détruisant des habitats riches en vie animale, végétale et en insectes, le sucre serait la plantation qui détruit le plus de biodiversité dans le monde. En plus de son utilisation intensive d’eau et de pesticide, la culture de la canne à sucre ou de la betterave à sucre provoque aussi une forte érosion des sols. La culture intensive de la canne à sucre contribue à appauvrir le sol au point qu’en Papouasie Nouvelle Guinée par exemple, les sols utilisés pour cultiver de la canne à sucre ont perdu 40% de leur teneur en carbone organique… Carbone qui se retrouve dans l’atmosphère et contribue au réchauffement climatique !

Bref, la production intensive de sucre est une vraie catastrophe pour l’environnement, et selon le WWF il est temps de penser à une culture plus durable du sucre, et surtout de penser à réduire notre consommation (qui en plus, est responsable de l’épidémie d’obésité en occident).

2 – Le chocolat : un fort impact environnemental

chocolat impact environnemental

Et oui… le chocolat aussi ! Le chocolat est une plante très compliquée, qui ne pousse que dans certaines zones autour des forêts équatoriales. Elle nécessite beaucoup d’eau (il faut 2400 litres d’eau pour faire 100 g de chocolat), un soin très particulier… Résultat, aujourd’hui, la culture du cacao fait peser une forte pression sur les écosystèmes. Ces dernières années, avec l’augmentation incroyable de la demande de cacao, les prix ont décollé. De ce fait, de plus en plus de petits producteurs se mettent au cacao, abandonnent leurs cultures traditionnelles, et surtout, détruisent les forêts équatoriales afin de pouvoir planter le cacao. Et la déforestation dans ces zones (Côte d’Ivoire, Ghana, Indonésie) affecte la biodiversité locale (pensez aux Orangs-Outans).

Mais ce n’est pas tout ! Le chocolat que vous dégustez (en particulier le chocolat industriel transformé), a subi des dizaines de transformations avant d’arriver entre vos mains, : fermentation, torréfaction, broyage, ajout de lait, de graisses végétales, de sucre ou de lécithine de soja et autres texturisants. Tous ces processus alourdissent considérablement l’impact de votre chocolat.

La solution ? Éviter les chocolats industriels et se tourner vers les vrais artisans du chocolat, qui gèrent parfois leur production de la fève à la vente. Résultat ? Une production raisonnée, sans additifs. Les industriels tentent de leur côté de se mettre à l’heure de l’écologie, en faisant certifier leurs productions de cacao. Les plus grandes marques ont ainsi promis une production 100% certifiée d’ici 2020.

3 – Le café conventionnel : quel impact sur la planète

Le café, c’est un peu la même histoire que le chocolat. Il est cultivé dans des zones de forêts très sensibles et très riches en biodiversité. En théorie, le café est une plante qui pousse sous l’ombre des arbres, mais pour que la production intensive soit plus simple, aujourd’hui une part de plus en plus importante du café est cultivé en pleine lumière, moyennant souvent une déforestation intense, utilisation de pesticide et d’eau, érosion des sols…

Une étude menée en 2014 constatait qu’aujourd’hui la production était à son pire niveau en termes d’impacts environnementaux. Là encore, ce n’est pas une fatalité, si l’on choisit un café cultivé à couvert, dans un programme certifié de protection de la forêt… Mais tous les cafés ne se sont pas encore lancés dans ce mouvement.

4 – La viande industrielle : la pire empreinte carbone

Nous vous en parlions dans un précédent article (Quel régime alimentaire est le plus écolo ? L’impact de notre alimentation sur l’environnement.) la viande est certainement l’aliment qui pèse le plus sur notre planète. La viande industrielle en particulier est extrêmement nocive pour l’environnement : avec une alimentation à base de grains et de soja, la production de viande contribue notamment à la déforestation, à la production de gaz à effet de serre (notamment le méthane). Le boeuf et l’agneau notamment sont les viandes les plus nocives en termes environnementaux.

Pour choisir une viande moins polluante, préférez les petites exploitations, où les animaux sont élevés en plein air, nourris en pâturages.

5 – L’huile de palme : déforestation, érosion des sols, empreinte carbone

huile de palme impact environnementalL’huile de palme, un aliment populaire ? Eh bien oui ! Il entre dans la composition de la majorité des produits sucrés industriels les plus vendus, notamment nos chères pâtes à tartiner, mais aussi les barres chocolatées, et un grand nombre de plats préparés. En fait, avec l’huile de soja, c’est la matière grasse la plus utilisée dans l’industrie agro-alimentaire.

Or on sait que la production d’huile de palme est particulièrement dangereuse pour la planète. Le WWF note que la production d”huile de palme est directement responsable de :

  • La déforestation à grande échelle, notamment dans les forêts primaires en Indonésie et en Malaisie
  • La destruction de l’habitat naturel de plusieurs espèces menacées
  • L’érosion et l’appauvrissement des sols
  • La pollution des sols, de l’eau et de l’air
  • De fortes émissions de gaz à effet de serre (aussi bien indirectes à cause de la déforestation, que directes avec les processus d’exploitation et de transformation).

Pour l’huile de palme aussi il existe des certifications, qui sont supposées éviter la déforestation. Mais selon les Amis de la Terre, elles sont encore loin de résoudre tous les problèmes (notamment l’impact carbone, ou le respect des droits de l’homme).

6 – Le soja : est-ce vraiment bon pour la planète ?

330 millions de tonnes de graines de soja sont produites chaque année dans le monde. 150 millions de tonnes de soja servent avant tout à fabriquer les 30 millions de tonnes d’huile de soja produites chaque année pour l’alimentation humaine (l’huile la plus utilisée dans le monde), une bonne partie sert aussi à nourrir le bétail industriel, et le reste du soja sert à la production des aliments comme le tofu, les pousses de soja et autres aliments à base de soja.

Le problème c’est qu’en plus de contribuer à la déforestation, le soja a de nombreux impacts environnementaux. La production d’huile de soja nécessité l’utilisation de processus industriels lourds, de quantités importantes de solvants chimiques comme l’hexane, qui peuvent contribuer à des pollutions locales et produisent des gaz à effet de serre. Les déchets issus de la production d’huile sont utilisés pour nourrir le bétail, mais cela contribue à augmenter les émissions de méthane gastriques notamment chez les bovins. Enfin la production de tofu et autres protéines de soja n’est pas non plus anodine en termes environnementaux.

Le soja est donc au final lui aussi un aliment très nocif pour l’environnement.

7 – L’eau minérale : l’impact environnemental des bouteilles en plastique

L’eau minérale a l’image d’un aliment sain et naturel. D’ailleurs, les français adorent les bouteilles d’eau minérales puisqu’il s’en vend environ 5.5 milliards chaque année en France. Mais si on rajoute dans la balance la bouteille en plastique dans laquelle cette eau est vendue, les choses changent rapidement. Il faut environ 3 litres d’eau pour produire une bouteille d’eau 1 litre… Mais aussi environ 33 cl de pétrole ! 50 milliards de bouteilles d’eau sont vendues chaque année dans le monde, et on estime que pour fabriquer ces bouteilles on brûle chaque année 17 millions de barils de pétrole. Soit l’équivalent de la consommation annuelle d’essence d’un millions de voitures…

Les experts du secteur estiment que 80% des bouteilles en plastiques vendues dans le monde ne sont pas recyclées. D’innombrables bouteilles finissent donc comme déchets dans les milieux naturels et contribuent à la pollution des milieux naturels et notamment de l’océan (Pour plus d’infos : La pollution des océans aux micro-plastiques). Sachant que plusieurs études ont montré que l’eau en bouteille contient plus de résidus de produits toxiques que l’eau du robinet dans les pays développés, et que les tests à l’aveugle montrent que les consommateurs ne font pas la différence entre l’eau minérale et l’eau du robinet au niveau du goût… on se dit que cette catastrophe environnementale pourrait être évitée facilement, notamment dans les pays où l’eau courante est saine et contrôlée.

8 – Nos poissons préférés : comment la sur-pêche détruit l’océan ?

poisson saumon impact environnemental surpecheDans la liste des aliments qu’il faut éviter si on est écolo, les produits de la mer tiennent une bonne place. Le poisson préféré des français (le saumon) fait partie des espèces de poisson les plus nocives pour l’environnement ! Le saumon d’élevage en particulier est un mauvais élève : il faut 3 kg de poissons sauvages ou de protéines animales pour faire 1 kg de saumon d’élevage, les antibiotiques et produits chimiques utilisés dans la production se répandent dans l’eau et contaminent la biodiversité alentour. Le thon rouge fait également partie de la liste de noire des poissons à éviter, car il est en voie de disparition. Mais c’est aussi le cas de certaines espèce de flétan ou de cabillaud, de sole, la dorade rose ou encore le mérou…

Bref tous nos poissons préférés sont victimes de la surpêche, alors ils sont à consommer avec modération, car la baisse de la population de ces poissons peut avoir un impact sur toute la chaîne alimentaire et l’écosystème marin !

9 – Le riz (et certaines céréales populaires) : attention à la ressource en eau

Certaines céréales sont aussi très nocives pour l’environnement. Le riz par exemple ! Le riz nécessite de fortes quantités d’eau pour pousser correctement (il faut 3400 litres d’eau pour faire pousser 1 kg de riz). De puis, les rizières rejettent du méthane : 100 millions de tonnes de méthane par an sont liées à la production de riz, ce qui en fait le plus gros producteur de méthane d’origine humaine dans le monde, devant la production de bétail.

Les céréales comme le maïs génétiquement modifié sont aussi considérés comme dangereuses car leurs effets sur la biodiversité végétale et sur les pollinisateurs ne sont pas encore connus correctement. Enfin, les produits issus des céréales et des farines ont aussi un fort impact sur l’environnement et sur la ressource en eau. Par exemple, il faut 1300 litres d’eau pour faire 1 kg de pain à base de farine de blé… Et c’est sans compter nos céréales industrielles favorites qui en plus de contenir des céréales, du sucre, de l’huile de palme, voire du chocolat, subissent des processus industriels lourds (cuissons, soufflage…). En tout cas, attention à vos céréales !

10 – Certains fruits et légumes : les légumes verts ne sont pas toujours green

La banane, les mangues ou les pêches ? Ils sont délicieux, certes, mais ce sont aussi les fruits qui demandent le plus d’eau et de pesticides pour pousser en quantités industrielles. 1200 litres d’eau pour 1 kg de pêches, 800 litres pour 1 kg de bananes, 1600 pour les mangues ou encore 3000 pour les dattes. Et ne comptez pas sur les fraises pour relever ce total : dans la plupart des pays elles nécessite le combo eau, pesticides, fertilisants et engrais. Bonjour l’empreinte environnementale ! En revanche si on cherche des fruits écolo, on peut se tourner vers les pommes, les poires ou encore les oranges (en saison), car ils nécessitent beaucoup moins d’intrants.

Côté légumes, c’est pareil : il y a les bons et les mauvais élèves. Tomates, laitue ou choux sont plutôt gourmands en eau et en intrants, en particulier lorsqu’ils sont produits sous des climats peu favorables. En revanche, les lentilles ou les racines sont très sobres du point de vue environnemental. Globalement, pour les fruits ou les légumes, si on veut éviter d’alourdir son empreinte environnementale, il faut choisir des fruits et légumes de saisons, qui ont poussé dans un environnement adapté, mais aussi choisir des aliments denses en nutriments, comme les lentilles par exemple.

Quelles solutions ?

Il est vrai qu’à la fin de cette liste, on a un peu l’impression que tout ce que l’on mange est mauvais pour l’environnement… Et c’est un peu vrai : tout ce que l’on produit a un impact sur l’environnement. La question que l’on doit se poser, c’est celle de savoir dans quelle mesure cet impact est soutenable pour l’écosystème. Manger de la viande industrielle tous les jours pour 7 à 9 milliards de personnes ? Ce n’est pas soutenable. Manger des mangues venues de l’autre bout du monde, hors saison et régulièrement ? Pas sûr que ça soit soutenable non plus. Pour avoir une alimentation soutenable, il faut respecter quelques règles. Privilégier les aliments les plus sobres et les plus nourrissants, éviter autant que possible les aliments trop polluants et garder ces petits plaisirs pour des occasions (le sucre, le chocolat ou la viande par exemple). Et puis il faut choisir les filières les moins polluantes : celles qui utilisent le moins de pesticide et ont les pratiques agricoles les plus écologiques.

La majorité des problèmes environnementaux liés à notre alimentation viennent en effet du mode de culture industriel. La solution réside donc peut-être dans une transformation de notre modèle agricole, et le passage d’une agriculture agro-industrielle à une agriculture agro-écologique, constituée de petites fermes diversifiées. Pour plus d’informations, consultez notre article :

Si on remplaçait l’agriculture industrielle par de petites fermes agro-écologiques ?

petites-fermes-agroecologie-faim-dans-le-monde-productivite

 

Crédits image : aliments planète, chocolat, pâte à tartiner, saumon sur Shutterstock

  • Eric

    Bonjour,

    Article éclairant, merci!
    Peut-être rappeler que la bio est une des alternatives facilement identifiables pour le grand public.
    Pour prolonger le propos, cette récente brochure du Réseau Action Climat apporte également des chiffres et des visuels sympa : http://rac-f.org/Un-coup-de-fourchette-pour-le-climat

  • Guy Pascal-Barbot

    Un article qui débouche sur pas grand chose de concret. Il faudrait comparer aussi avec les autres consommations (pétrole, béton, chimie…). Vous proposez quoi à part les privations ? Quid de la démographie sur laquelle vous faites l’impasse ?

  • Clément Fournier

    Bonjour Guy Pascal-Barbot !

    Il faut être plus attentif ! Nous traitons de ces questions en permanence sur e-RSE.net ! Cet article avait simplement pour objectif de montrer quels aliments pesaient le plus lourd dans le bilan environnemental de notre alimentation ! C’est une question très importante puisque l’alimentation, avec 16% des émissions de CO2 des ménages, est le troisième poste le plus important de notre empreinte carbone juste derrière le transport et le logement.

    Mais nous comparons aussi régulièrement avec les autres consommations ! Mais comme il est impossible de tout traiter dans un seul article… voici ceux qui me viennent à l’esprit :

    Voici ici un article qui devrait vous intéresser sur l’impact environnemental du transport et des voitures individuelles notamment : http://e-rse.net/ville-sans-voiture-utopie-realite-20625/

    Ici, un article traitant de l’impact des questions d’urbanisme sur l’environnement (habiter en ville vs habiter à la campagne) : http://e-rse.net/faut-reinventer-ville-faire-transition-ecologique-19326/

    Ici une analyse de l’impact environnemental de notre utilisation du digital : http://e-rse.net/empreinte-carbone-internet-green-it-infographie-12352/

    Ou encore ici une analyse de l’impact environnemental de certains de nos loisirs (comme le football de haut niveau) : http://e-rse.net/euro-2016-impact-environnement-ecologie-20330/

    Si vous avez lu avec attention l’article ici présent, vous constaterez que nos recommandations en matière d’alimentation sont claires : réduire notre consommation de viande, réduire notre consommation de sucre, d’huile de palme, de riz et d’eau en bouteille. Au-delà de ces “privations” (que j’appellerai plutôt un retour à une consommation raisonnable), je pense qu’il faut aussi choisir des filières certifiées pour le chocolat, le café, les poissons et même les viandes, afin de consommer des aliments produits dans des conditions favorables.

    Vous trouverez par ailleurs plus d’informations à ce sujet sur les articles qui sont indiqués en lien hypertexte dans le corps de cet article, notamment celui-ci, qui décrypte plus en détail l’impact environnemental de notre alimentation et donne plusieurs recommandations pour réduire cet impact : http://e-rse.net/regime-alimentaire-ecologique-vegetarien-omnivore-19772/

    Quant à la démographie, effectivement c’est une question importante, mais qui ne change rien sur le fond de cet article. Si la population reste stable, ces aliments continueront à poser problème de la même façon, et si elle augmente, ils poseront les mêmes problèmes mais de façon encore plus importante ! Concrètement, selon les projections actuelles, la planète devrait se mettre à stagner autour de 9 milliards d’individus (soit 1.5 milliard de plus qu’aujourd’hui). Vous noterez d’ailleurs que j’évoque ce chiffre en fin d’article ! Et avec 9 milliards de personne sur terre, il faudra faire encore plus attention avec ces 10 aliments.

    En espérant que ces petites précisions vous aident à mieux comprendre !

  • Carolyn Ward

    “il faut 3400 litres d’eau pour faire pousser 1 kg de riz” je suis completement d’accord on consume trop des produits , je mange BIO quand je peux , mais je suis interessé comment l’eau est utilisé sur toutes les produits car enfin les produits sont sec or contient pas beaucoup de l’eau donc c’est ou apres le production ? encore dans l’atmosphere ou les ruisseaux , la mer car ce n’est pas possible disparue de la monde ? cdt

  • Clément Fournier

    Bonjour Carolyn,

    C’est une question intéressante. Il y a trois choses à savoir à ce sujet.

    1) Vous n’êtes pas sans savoir que les êtres vivants sont majoritairement composés d’eau : on dit souvent que le corps humain est composé à 65% d’eau. Pour les plantes, ce chiffre est généralement plus élevé (jusqu’à 90% pour certaines plantes). Pour le riz par exemple, quand la plante pousse, les tiges, les feuilles, les racines, sont constituées d’eau et doivent “consommer” de l’eau afin de pousser. Certes, le grain de riz est sec, mais il ne représente qu’une partie de la plante ! Et puis il faut savoir que lors de la croissance d’un végétal, les sucres et amidon dont est constitué le végétal sont synthétisés à partir des molécules d’eau et de CO2. D’une certaine façon, la plante “consomme” donc de l’eau.

    2) Mais il est vrai également qu’une bonne partie de l’eau utilisée dans l’irrigation du riz n’est pas “absorbée” par la plante. Elle se retrouve soit dans les sols par percolation, soit dans l’air via l’évaporation. En théorie, cette eau ne disparaît donc pas. Mais cela pose tout de même problème car on transforme une eau douce accessible, potable, en eau inaccessible (dans les sols ou dans l’air), et parfois non potable (car il y a contamination avec des pesticides, herbicides ou autres biocides utilisés dans l’agriculture). Dans l’absolu, le problème n’est donc pas que l’eau “disparaisse”, mais qu’elle soit temporairement inutilisable, et qu’il faille donc des coûts pour l’exploiter et la réutiliser.

    3) Si on extrapole, on peut dire que chimiquement, l’eau ne disparaît jamais de la terre : l’eau que l’on boit ou celle que l’on utilise pour la cuisine, ou même celle que l’on utilise dans les centrales nucléaire, cette eau existe toujours, quelque part. Elle finit toujours par revenir à son cycle naturel, mais elle est parfois altérée et c’est là que réside le problème. L’eau utilisée dans une centrale nucléaire ne disparaît pas, mais elle peut-être contaminée par des résidus radioactifs ! En matière d’agriculture, le problème est similaire : certes, l’eau ne disparaît pas, mais elle peut-être polluée. Et en attendant, si ces milliers de litres d’eaux sont utilisés pour produire du riz, ils ne sont pas utilisés pour produire autre chose. C’est aussi là que réside le problème : ne vaut-il pas mieux privilégier des cultures moins gourmandes ? C’est un débat à plusieurs facteurs auquel je ne peux pas répondre !

    En espérant vous avoir aidé !

  • Catherine Del

    Mouais… un peu simpliste quand même…
    1/ le soja… c’est dit dans l’article, il est produit principalement pour l’élevage, donc ce n’est pas la consommation de tofu qui pose problème, mais celle de viande/poissons nourris au soja…

    2/ Oui la culture de riz émet du méthane mais cette émission est un peu plus forte pour l’élevage surtout si on inclut la gestion des déchets de l’élevage (70 versus 78 millions de tonnes)… c’est proche mais pourquoi ne parler que du riz…

    3/ Les fruits et légumes consommateurs d’eau ??? 800 pour les bananes, ça me paraît énorme, j’ai toujours vu 300-400 mais soit… 800 pour 1 kg de banane, 16 000 pour 1 kg de boeuf, 5000 pour 1 kg de porc, 200 pour UN oeuf

    C’est sûr qu’il faut faire attention et préférer manger bio et local quand c’est possible, mais si déjà tout le monde limitait sa consommation de viande on ferait déjà un énorme pas en avant.

  • Clément Fournier

    Bonjour !

    En fait pour le soja, c’est beaucoup plus complexe que ça car il est d’abord utilisé pour l’alimentation humaine (huile de soja) puis les restes issus de ces processus industriels sont utilisés pour l’alimentation animale. Donc la culture du soja sert avant tout à produire les 45 millions de tonnes d’huile de soja qui servent dans l’alimentation humaine (c’est l’huile la plus consommée dans le monde avec environ 26% de la consommation d’huile). Donc la problématique n’est pas si simple que : soja = bétail, au contraire. D’autant plus qu’en France, le bétail est nourri à 60% à l’herbe et le reste en majorité des céréales (assez peu de soja au final). En revanche aux Etats-Unis, la part du soja est beaucoup plus élevée.

    Pour le point 2), il ne s’agit pas que du riz, je parle d’ailleurs de la viande en début d’article. Néanmoins, les données de la FAO sur le méthane suggèrent que le riz, comme le bétail, représentent chacun entre 20 et 25% des émissions de méthane de l’agriculture, avec une courte tête d’avance pour le riz (qui est la nourriture la plus consommée dans le monde).

    Pour le reste, il est assez difficile à mon avis de comparer riz, viande, banane ou oeuf en termes écologiques étant donné que leurs rôles nutritifs sont très différent. Par exemple, certes si un oeuf nécessite 200 l d’eau (info que je n’ai pas vérifiée, je vous crois donc sur parole) c’est beaucoup d’eau : environ 3200 litres par kg d’oeuf, soit 4 x plus que pour 1 kg de banane. Mais d’un autre côté, il faudrait manger environ 13 kg de bananes pour avoir autant de protéines que dans 1 kg d’oeuf… Donc la comparaison n’a pas de sens : on ne mange pas de banane pour la même raison que l’on mange un oeuf. Et par essence, l’apport en protéines et toujours celui qui es le plus coûteux en termes environnemental (que ces protéines soient d’origines végétales ou animales, lentilles mises à part).

    En tout état de cause, l’objectif de cet article était surtout de montrer que chaque aliment que l’on consomme a ses impacts environnementaux à son niveau : des légumes à la viande en passant par le sucre ! Finalement, il n’y a bien que les lentilles qui sont l’aliment écologique quasi-parfait : nutritives, riches en protéines, et pourtant très écolo !

  • Jérôme

    L’article est plutôt bien écrit mais pour les personnes qui n’y connaissent pas grand chose à l’agriculture ou à l’élevage ils vont se dire que ce n’est finalement pas très bien de manger du riz ou du soja alors que comparé à la viande les productions végétales ont un randement (rapporté à la protéine consommée et à l’usage de l’eau) qui est incroyablement plus avantageux. De plus les mauvaises cultures de soja (pesticides et eau) le sont essentiellement pour l’élevage industriel donc pas grand chose à voir avec la consommation humaine directe de soja ou de tofu.

    Vous devriez faire une mise à jour dans votre article pour mettre les comparaisons sur chacun des points avec ce que consomme 1kg de viande de bœuf par exemple en eau et équivalent CO2 ça permettrait à vos lecteurs d’avoir une juste lecture je pense. Et aussi de faire les bons choix dans leurs courses de tous les jours.

    Merci et bonne journee

  • Clément Fournier

    Merci de votre commentaire,

    Le problème justement c’est que les choses ne sont pas si simples que ça en matière d’alimentation. Tout dépend de facteurs comme les méthodes d’élevage / de culture, l’importation ou non, produit transformé ou non…

    A ce sujet, une étude néerlandaise assez complète a été menée pour comparer l’impact environnemental des protéines animales contre les protéines végétales, et les résultats sont plutôt contrastés par rapport à ce que j’aurais pensé sur le sujet. Ainsi, l’étude montre qu’aux Pays-Bas, le tofu a une empreinte carbone par kg équivalente à celle du poulet (élevé dans le pays) (2.5kg de CO2 par kg de tofu contre 2.8 kg de CO2 par kg de poulet). Si l’on considère qu’il y a en moyenne entre 8 et 12 g de protéines par kg de tofu, et entre 20 et 27 g de protéines par kg de poulet, on se retrouve avec un impact carbone inférieur pour le poulet en termes de CO2 émis par gramme de protéines ingéré.

    Une chose est sûre : boeuf et agneau sont les aliments les moins écologiques en termes d’apport de protéine / CO2 émis. Et encore, là encore cela dépend du mode d’élevage : un boeuf français aura un impact moins important que le boeuf américain, car en France, l’herbe et le foin sont les principales source alimentaires du bétail.

    Mais si l’on regarde d’autres viandes comme le poulet, voire le porc (élevé dans des conditions favorables) le ratio n’est pas si évident en comparaison avec les sous produits du soja. Et encore, si l’on regarde des viandes comme le lapin, le canard, le pigeon, ou les gibiers, on se retrouve avec des empreintes carbones largement inférieures aux animaux d’élevage les plus communs. Et si l’on compare avec des aliments comme le maquereau, le colin ou le hareng, le constat est encore plus fort. La conclusion de l’étude était donc que remplacer toutes les protéines animales par des substituts végétaux était parfois négatif en termes écologiques, selon la provenance du soja utilisé, la provenance des produits animaux (même si globalement, cela reste intéressant quand on compare au boeuf, à l’agneau et au porc, surtout élevés de façon industrielle).

    Ensuite, concernant le soja, encore une fois, il faut remettre en cause le mythe du soja “utilisé pour l’alimentation animale”. Le premier usage mondial du soja, c’est la fabrication de l’huile de soja, utilisée dans l’agro-alimentaire, notamment les huiles de friture et les margarines. C’est le sous-produit restant après l’extraction de l’huile qui est utilisée pour le bétail.

    Au final, il est très compliqué de tirer des conclusions péremptoire en termes de comparaison d’aliments car :
    1) tout dépend du mode de culture et d’élevage considéré, ainsi que de l’espèce observée.
    2) tout dépend de la provenance du produit (est-il importé ? Par avion ou par cargo ?)
    3) tout dépend de la raison qui nous pousse à manger l’aliment considéré (par exemple, même si le saumon n’est pas l’aliment le plus écologique qui soit, il faut partie des seuls aliments riches en omega 3 complets, chose qui n’existe pas dans le règne végétal)

    Même si, je suis d’accord avec vous, dans la majorité des cas, privilégier les produits végétaux et réduire la consommation de viande (notamment le boeuf et l’agneau) sont les gestes les plus écolo que l’on puisse faire !

  • marjorie

    bonjour,

    je me demande d’où vient ce chiffre de 200 pour un oeuf?

    pour le reste, je n’en ai aucune idée, mais ayant des poules, je me pose vraiment la question pour ce “200”?

  • Damien Raballand

    Il manque l’aspect “environnement” dans le sens lieu de culture ou d’élevage dans votre article : pour un exemple local français : sur les plateaux du cantal ou la saison est relativement courte et l’eau pas forcément à profusion, l’élevage et le fourrage est beaucoup plus viable qu’une quelconque culture nécéssitant irrigation. En parlant de la quantité d’eau, c’est un peu pareil certain pays ne manque pas d’eau (le riz au Japon par exemple, ou la mangue dans les pays où elle est native) et donc la culture n’a pas autant d’impact qu’énoncé.

    Le pire reste les monocultures ou élevages industrielle “importé” (mouton en nouvelle zélande) où le coût écologique n’est plus à démontré, mais pour chaque production généralisé est dangereux pour le lecteur moyen qui ne connait que la ville ou ce qu’il lit à droite et à gauche.

    Cordialement

  • Clément Fournier

    Bonne question. Comme je le dis dans le commentaire je n’ai pas vérifié le chiffre donc je ne sais pas quelle en est la source ni même s’il est exact.

    Ce que je peux dire c’est que si l’étude qui a produit ce chiffre est sérieuse, elle porte probablement sur les oeufs produits de façon industrielle. Dans ce type de processus, il y a non seulement plus d’intrants que pour une poule domestique (qui mange peu et surtout des restes), mais aussi plus de processus (lavage des oeufs, traitement, packaging, puis transport, conservation…). Donc l’utilisation d’eau et d’énergie peut monter assez vite car l’échelle de production est plus importante !

    En espérant que cela aide.

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  • Emandoria

    A propos de l’eau du robinet elle n’est pas non plus exempte de problèmes elle présente le défaut de contenir des traces de médicaments et autres substances qui n’ont rien à y faire pour une consommation journalière

  • Clément Fournier

    Il est en effet possible de retrouver des traces de médicaments et de pesticides dans l’eau du robinet. Néanmoins, il faut savoir que c’est un problème qui concerne absolument tous les types d’eau, y compris les eaux minérales dont la plupart sont contaminées. (http://www.europe1.fr/france/polluants-dans-l-eau-les-marques-concernees-1459689)

    D’autre part, l’eau en bouteille a de nombreux défauts en matière de contaminations, notamment le fait que les résidus de plastiques se dissolvent dans l’eau. Ce qui n’est pas le cas dans l’eau du robinet.

    Donc il est difficile de faire de cette info un critère de choix…