Les 10 tendances du green business à suivre en 2017

Les 10 tendances du green business à suivre en 2017

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by Clément Fournier Clément Fournier
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Quelles sont les 10 tendances du green business à suivre cette année ? Entre la blockchain, la supply chain ou les matériaux innovants, on fait le point !

Comme chaque début d’année, nous avons l’occasion de nous adonner à un peu de prospective. Et la prospective, dans le monde de la RSE et du développement durable, semble particulièrement importante. En effet, dans cet univers en mutation constante face à la pression de nouvelles exigences de consommation, de nouvelles réglementation, savoir quelles tendances il faut observer et investir doit être une priorité, à la fois pour les entreprises et organisations investies dans le green business, mais aussi pour les consommateurs, les observateurs et tous ceux qui souhaitent participer à un monde économique plus durable.

C’est pour cette raison que cette année encore, nous passons en revue pour vous les rapports de prospective et autre synthèses élaborées par les experts internationaux de la RSE et du développement durable. Aujourd’hui, on fait le point sur les 10 tendances du Green Business identifiées par GreenBiz dans son rapport 2017.

Alors, quelles seront les grandes innovations à suivre cette année dans le green business ? Quelles seront les tendances à suivre de près ? Les domaines à investir ? La réponse en 10 points !

1 – La blockchain : de la traçabilité à la RSE !

Big-Data-sustainability-durableVous avez probablement déjà entendu parler de la bockchain. Il s’agit de cette technologie de base de données transparentes et décentralisées qui permet entre autre l’existence des monnaies virtuelles comme le bitcoin. Mais quel intérêt pour la RSE ou le green business me direz-vous ?

Eh bien c’est simple. Le principe de la blockchain est de permettre à des données (des transactions par exemple) de circuler dans une base de donnée commune, accessible à tous, sans jamais être falsifiée puisqu’à chaque fois qu’une donnée est échangée ou qu’une transaction est effectuée, celle ci doit être validée et enregistrée. Dans le cadre du green business ou de la RSE, ce principe pourrait avoir des applications multiples. Par exemple grâce aux technologies de blockchain (notamment ses dérivés qu’on appelle les “smart contracts”) il sera possible pour une entreprise de mettre en place une vraie politique de traçabilité sur sa supply chain. Imaginez qu’un matériau produit à l’autre bout du monde soit nécessaire à la fabrication de votre produit. Imaginez qu’à chaque fois que ce matériau est transporté, échangé, distribué quelque part sur votre chaîne de fournisseurs, la transaction doive-t-être validée dans une base de donnée infalsifiable, ce qui vous permettrait de suivre avec exactitude son parcours ? Grâce à de tels systèmes, les scandales comme ceux de la viande de cheval deviendraient virtuellement impossibles. Et cela permettrait même au consommateur d’avoir éventuellement accès à toutes ces infos, et de savoir exactement d’où viennent ses produits et dans quelles conditions ils ont été produits.

Bien sûr, les applications sont infinies : lutte contre la corruption, traçabilité, transparence, dialogue parties prenantes… Tout pourrait potentiellement devenir plus transparent et plus simple à contrôler grâce à la blockchain.

2 – Des matériaux innovants et adaptés à l’économie circulaire

Deuxième tendance de fond : celle des nouveaux matériaux, en particulier dans un contexte d’économie circulaire. De nombreux acteurs dans des domaines économiques variés commencent à investir dans de nouvelles techniques de production de matériaux. L’idée ? Se détourner peu à peu des industries très lourdes comme la pétrochimie pour développer de nouvelles matières plus écologiques, dans une perspective d’économie circulaire. Dans son rapport Greenbiz évoque ces nouveaux matériaux plastiques enrichis en matière végétales ou en pulpe de bois, plus écologiques et qui se recyclent mieux que els plastiques traditionnels parfois difficiles à prendre en charge lorsqu’ils deviennent des déchets. Autre exemple : les nouvelles formes de ciments auto régénérants, ou encore les projets de blocs de briques construites à base de … CO2 capté dans l’atmosphère !

Sur e-RSE.net, nous avions aussi identifié des acteurs intéressants dans ce domaine : c’est le cas par exemple de ces entreprises qui recyclent des déchets océaniques (plastiques, filets et autres) pour en faire des chaussures, ou encore de cette start-up israélienne qui utilise les méduses échoués sur les plages pour fabriquer des textiles aux propriétés anti-septiques.

3 – Les ODD deviennent une stratégie business

Il existe de nombreux outils à disposition des entreprises pour les guider dans leurs actions en faveur du développement durable. Il s’agit par exemple des normes ISO26000, ISO14001, des grilles de reporting comme la Global Reporting Initiative… Mais l’une d’entre elles devrait prendre de l’importance cette année : les Objectifs du Développement Durable. Ces 17 objectifs mis en place par l’ONU et le Global Compact ont pour objectif de guider les entreprises et de leur donner des lignes directrices dans leurs actions de durabilité. Et de plus en plus d’entreprises s’y mettent. En effet, d’après le rapport, les ODD deviennent peu à peu une grille de lecture pour les parties prenantes des entreprises afin de savoir quels acteurs sont les plus avancés en matière de développement durable. Et l’émulation aidant, tout le monde devrait s’y mettre dans les mois à venir.

Ce n’est pas pour rien que le Global Compact France a lancé ce mois-ci une plateforme participative pour encourager les entreprises à s’investir dans la réalisation des ODD : le Global Impact +. Les ODD sont tendances, alors n’attendez pas !

4 – De l’eau illimitée : c’est possible ?

En 2016, le Word Economic Forum a classé la rareté de la ressource en eau parmi les plus grands facteurs de risques sociétaux dans le monde, devant les cyber attaques ou les crises alimentaires. En effet, on sait que la pression sur la ressource en eau augmente : les besoins agricoles croissent, les besoins industriels également, et dans le même temps, la disponibilité de la ressource diminue notamment à cause des pollutions et du réchauffement climatique.

Résultats, de plus en plus d’acteurs vont devoir trouver des moyens de mieux conserver et de mieux utiliser l’eau. Les entreprises cherchent d’abord à mieux connaître leurs consommations : Véolia travaille actuellement sur des méthodes de calcul de l’empreinte eau par exemple, mais ce n’est pas tout. En 2015, la Global Cleanwater Desalinisation Alliance a ainsi réuni des entreprises pour chercher des solutions viables pour désaliniser l’eau et la rendre potable. D’un autre côté, 90 start-up internationales ont participé au Water Data Challenge, pour développer et commercialiser des solutions de conservation de l’eau. De nombreuses techniques sont en réflexion : des compteurs d’eau intelligents pour réduire notre consommation, des techniques d’irrigation plus performantes pour économiser l’eau dans l’agriculture, ou encore de nouvelles techniques de dépollution. À suivre donc pour tous les industriels !

5 – L’énergie renouvelable en mode corporate

Energie-Renouvelable-ProblemeLà encore, c’est une tendance de fond : les entreprises se mettent à l’énergie renouvelable. Cela fait d’ailleurs plusieurs années que le mouvement se lance : en 2015, la plupart des grandes entreprises du web s’étaient déjà tournées vers les énergies propres en passant au 100% renouvelable. Mais le mouvement se poursuit : il s’agit tout autant de se tourner vers des fournisseurs renouvelables que de se doter de fermes solaires ou éoliennes privées, de rénover ses bâtiments pour y intégrer la notion d’énergie positive… Bref, il s’agit de faire le virage vers le renouvelable le plus rapidement possible. Et dans cette course, ce seront les entreprises qui s’y mettront le plus rapidement et le plus profondément qui gagneront le plus en terme d’image, d’autonomie et de résilience.

Il faut donc s’y mettre dès aujourd’hui !

6 – La performance environnementale devient un enjeu de confiance pour les parties prenantes

Parler de ses performances environnementales ? Être transparent sur ses actions en matière de durabilité ? Voilà l’enjeu de confiance n°1 cette année ! On le sait, de plus en plus d’entreprises commencent à se mettre à nue sur les questions environnementales, notamment à travers le rapport RSE. Et c’est normal : pour de plus en plus de parties prenantes, la performance environnementale devient un critère de confiance. Ainsi, les investisseurs et autres financiers sont de plus en plus nombreux à considérer le risque climatique dans leurs porte-feuilles d’actions. Mais c’est aussi le cas des consommateurs, qui désirent de plus en plus des produits respectueux de l’environnement.

Mais la grosse tendance de cette année, c’est bien l’incorporation des critères environnementaux (et en particulier climatique) dans les évaluations d’investissement responsable. Alors si les entreprises veulent garder la confiance de leurs parties prenantes (en particulier financières) il faudra être transparent en matière environnementale.

7 – L’investissement dans la qualité et la durabilité de la supply chain

Dans un monde où les consommateurs réclament de la traçabilité et veulent faire la lumière sur l’origine et les conditions de production de leurs achats, la supply chain devient un enjeu fondamental. On vous en avait déjà parlé : la supply chain est désormais la priorité RSE des grandes entreprises. Mais cette année, le phénomène devrait s’amplifier. Désormais, investir dans la qualité, la durabilité et la traçabilité de sa supply chain, en particulier dans les grands secteurs de l’agro-alimentaire, c’est s’assurer des retombées significatives en termes d’image et de performance.

En effet, il s’agit avant tout de sécuriser ses fournisseurs et ses approvisionnements clefs. Dans un monde très instable (climatiquement, mais aussi économiquement et socialement), investir pour renforcer la sécurité et la traçabilité de sa supply chain c’est prévoir les risques et tenter de les manager par anticipatioN. Plus encore, investir pour améliorer la santé économique de ses fournisseurs c’est améliorer leur productivité, la qualité des produits, et aussi leur capacité à durer !

8 – Un nouveau paradigme de la mobilité et du transport

Cela ne vous a pas échappé : le monde de la mobilité se transforme. Auto-partage, covoiturage, voitures électriques, véhicules autonomes, nouveaux usages et nouveaux carburants : tout est en train de changer. Et cela ne concerne pas seulement les concepteurs automobiles ! Bien sûr, ces derniers vont probablement investir dans le véhicule électrique, et de nombreuses questions se poseront sur l’efficacité de ce nouveau type de mobilité individuelle (voir notre article : La voiture électrique est-elle vraiment écologique ?). Mais d’autres acteurs clefs (notamment les géants de la tech) regardent aussi avec attention du côté des voitures autonomes.

Des entreprises n’ayant rien à voir avec la production de voitures vont devoir aussi examiner la tendance : c’est le cas de toutes celles qui possèdent une supply chain ! Que l’on doive transporter des produits, livrer des services, il faut une flotte de véhicules. Et qui dit flotte de véhicules dit investissement dans de nouveaux modèles : investir dans des modèles hybrides, électriques ou moins polluants. Il s’agit aussi de réoptimiser sa supply chain, les déplacements de ses salariés en entreprise : bref, garder à l’oeil les nouveaux usages de la mobilité !

9 – Des nouveaux moyens de communication sur le développement durable

En matière de communication, le rapport 2017 de GreenBiz identifie une tendance dont nous vous parlions très récemment : la transformation des moyens de communication institutionnels sur le développement durable. Et si le rapport RSE reculait un peu pour laisser sa place à des communications plus “grand public” ? C’est en tout cas une tendance qui apparaît partout, notamment outre Atlantique. Les rapports techniques et complexes laissent peu à peu leur place à de nouvelles expériences, plus humaines, plus interactives : la datavisualisation, la réalité virtuelle, l’interaction sur les réseaux sociaux.

10 – La résilience comme stratégie de durabilité

Enfin, on observe aussi le début d’un basculement de paradigme. Peu à peu, on passe du “développement durable” à la “résilience” (voir la définition de la résilience). L’idée est simple : on a pris conscience que le monde avait changé, que faire du business deviendra de plus en plus compliqué à mesure que le changement climatique rendra le monde instable, que les inégalités rendront le climat social plus difficile. Il ne s’agit plus seulement de faire du “développement durable”, c’est à dire de prendre en compte à la marge l’environnement et la société dans la course au profit. Non : désormais il s’agit d’être vraiment résilient. Et qu’est-ce que cela signifie ? Cela veut dire qu’entreprises, sociétés et individus vont devoir s’adapter à un monde de plus en plus sujets aux chocs et aux crises. Être résilient, pour une entreprise, c’est donc être adaptable : être capable de transformer rapidement sa supply chain si un choc frappe un approvisionnement clef, être capable de suivre rapidement les changements de tendance de consommation, être capable de trouver des alternatives. Il s’agit aussi de prévoir les risques, de les anticiper, et de s’en prémunir !

 

Et vous, avez-vous identifié d’autres tendances de fond dans votre secteur pour 2017 ?

  • Connexion Nature

    Bonjour,
    Pour rebondir sur l’aspect résilience, les grandes entreprises misent de plus en plus sur leur stratégie de développement durable pour répondre au phénomène d’individualisme qui gangrène leur organisation. C’est du moins ce que l’on constate dans les brief envoyés par les clients pour l’organisation de leurs séminaires.

    Durablement vôtre
    Julien Hoppenot
    Connexion-nature.com

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