En Afrique, les Télécoms favorisent l’Émancipation des Femmes

En Afrique, les Télécoms favorisent l’Émancipation des Femmes

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by Anne Maclaren Anne Maclaren
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Si en France, l’utilisation du mobile montre désormais une quasi-parité entre femmes (48%) et hommes (52%)*, ce n’est pas le cas en Afrique, où les femmes sont nettement moins connectées que les hommes. Ce constat représente des opportunités à la fois pour les opérateurs télécoms, en termes de potentiel économique, mais aussi pour l’économie des différents pays. En effet, la culture entrepreneuriale est très développée chez les femmes africaines (25% des femmes africaines créent des entreprises, le taux le plus élevé du monde**). De plus, elles ont pour habitude de réinvestir 90% de leur revenu pour leur famille et leur communauté***.

Aujourd’hui, avec les nombreuses avancées technologiques, l’utilisation d’un mobile permet de faciliter l’entrepreneuriat. En facilitant les communications et le quotidien avec de nouveaux usages (comme par exemple le mobile banking), il est désormais  possible de supporter l’entrepreneuriat au féminin et de développer l’économie des pays.

Anne MacLaren, Directrice Dialogues Parties Prenantes à la RSE du Groupe Orange, évoque avec nous ce constat et nous présente le programme m-Women.

 

A l’origine, le m-Women (mobile women ou connected Women) est un programme lancé par le GSMA (association dont fait partie Orange et qui représente 850 opérateurs de téléphonie mobile à travers le monde) visant à accélérer et pousser les projets de l’économie digitale pour les femmes dans le but de :

  • baisser le « connectivity gap » (écart d’accès et d’usage des mobiles) surtout dans les pays en voie de développement mais aussi dans certains pays développés ;
  • améliorer les compétences digitales des femmes et augmenter le leadership féminin ;
  • aider les femmes à se développer en tant que consommatrices et employées.

 

Accès et utilisation des mobiles dans les pays en développement : comment réduire l’écart entre les genres ?

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Ce programme a donné lieu en 2014 à une étude de grande ampleur intitulée « Bridging the Gender Gap: Mobile access and usage and low-and middle-income countries » qui montre notamment que :

  • 59% des femmes ne possèdent pas de mobiles dans les pays en voie de développement ;
  • ce chiffre s’élève à 64% en Afrique subsaharienne ;
  • la différence de possession de mobiles entre les hommes et les femmes atteint 14%, soit un gap de 200 millions de femmes ;
  • il existe également des différences d’usages : en Jordanie par exemple, 54% de femmes utilisent Facebook sur mobile (versus 72% des hommes) ;
  • les 5 principaux freins à la possession d’un mobile sont : le coût (coût à l’achat, coût des communications, et coût de l’électricité pour recharger son mobile), la mauvaise qualité et couverture du réseau, le risque d’insécurité et de harcèlement, le manque de confiance envers l’opérateur, l’illettrisme et le manque de confiance dans la technologie.

Orange a décidé d’aller plus loin que cette étude quantitative. En effet, sur ce type de problématique à la fois sociétale et économique, il est nécessaire d’appréhender plus finement des réalités parfois complexes.

 

Le dialogue parties prenantes chez Orange : aller au plus proche des populations pour mieux comprendre leurs attentes

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C’est pourquoi Orange a mené deux dialogues parties prenantes dans deux pays d’Afrique subsaharienne. Il s’agit ici d’une 1ère démarche de ce type de la part d’un opérateur télécom.

L’objectif :

  • aller au plus proche des populations locales, sur le terrain, pour mieux comprendre les enjeux socio-économiques auxquels les femmes sont confrontées ;
  • identifier les solutions télécom qui répondent le mieux aux besoins exprimés ;
  • discerner les caractéristiques permettant de lever les freins éventuels.

 

Le 1er dialogue a eu lieu dans trois villes du Niger en décembre 2014 via 44 entretiens.

Le 2ème a eu lieu dans trois villes du Sénégal en mars 2015 via 34 entretiens.

Au total, environ 170 personnes ayant des profils très différents se sont exprimées : société civile (femmes de toutes CSP, hommes, leaders religieux, associations, ONG locales et internationales, média, universités, écoles, médecins, sage-femmes…), monde du business (distributeurs, partenaires financiers, incubateur…) mais aussi autorités locales (ministères…).

Particularité : ces entretiens ont été réalisés par des salariés Orange (RSE, marketing… du Groupe et des filiales) et non par un cabinet d’études. Il s’agissait d’une réelle volonté de la part du Groupe d’impliquer ses salariés dans la démarche de la marque Orange « listen and respond ».

A retenir de ce dialogue parties prenantes

En Afrique, les enjeux majeurs identifiés pour les femmes sont, par ordre de priorité :

  • la santé ;
  • la sécurité ;
  • travailler et gagner de l’argent ;
  • améliorer leur quotidien, notamment en conciliant vie professionnelle et vie familiale ;
  • l’éducation et la formation ;
  • l’épargne.

Les attentes plébiscitées pour améliorer leur quotidien via la technologie sont :

  • concernant les enfants : permettre un contrôle parental ;
  • concernant la santé : proposer des services de prévention et d’information ;
  • concernant la sécurité : proposer des appels d’urgence et des numéros verts en cas de violences familiales ;
  • concernant leur vie professionnelle : proposer des centres de formation numériques et des incubateurs pour femmes.

Enfin, il ressort du dialogue parties prenantes qu’il est nécessaire d’associer les hommes dans la démarche m-Women, notamment comme relais d’influence et de décision.

Les actions d’Orange pour les femmes en Afrique

La démarche du dialogue avec les parties prenantes débouche par principe sur un plan d’actions. Voici les 3 volets d’actions qu’Orange a définis pour m-Women :

  • l’accessibilité

Objectif : augmenter la pénétration du mobile grâce à des offres dédiées qui incluent des terminaux et des offres tarifaires spécifiques, tout en développant Orange Money pour faciliter les paiements.

  • le soutien sur les basiques

Objectif : assurer la santé et la sécurité des populations grâce à des services gratuits d’appels d’urgence, des numéros verts, un accompagnement au lancement du contrôle parental, des partenariats avec les ONG sur place, des services d’information et de prévention sur la santé maternelle et infantile, des service de géolocalisation de pharmacies de garde…

  • le développement de l’entrepreneuriat

Objectif : soutenir l’entrepreneuriat via des incubateurs et des centres de formation numériques dédiées aux femmes ou encore mettre en place le prix de l’entrepreneur social de la femme sénégalaise (lancement prévu en novembre 2015).

Cet engagement a été très bien accueilli, notamment en interne. Les filiales se sont montrées volontaires sur le sujet, avec une implication forte des comités de direction et des directeurs généraux eux-mêmes. Il s’agit ici d’une ambition globale impliquant des stratégies locales, pilotées par les filiales elles-mêmes.

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L’engagement d’Orange, présent dans 20 pays d’Afrique, s’exprime sur l’ensemble de la chaîne de l’inclusion numérique.

Cela commence bien sûr par la connectivité géographique (programmes d’artères sous-marines très haut débit, réseau mobile de plus en plus dense, désenclavement de régions isolées par des solutions techniques adaptées comme les stations solaires…).

Cela se poursuit bien sûr par des offres adaptées et à forte valeur sociale ajoutée, comme la solution Orange Money de mobile banking qui permet de soutenir la micro-économie pour une majorité de personnes non bancarisées, ou les offres m-Agri qui proposent des services spécifiques indispensables à l’immense proportion rurale des populations. 

Le 3ème volet du programme « Orange pour le développement » s’articule autour du soutien à l’entrepreneuriat local (Prix Orange de l’entrepreneur social en Afrique) et de la dynamisation des écosystèmes numériques locaux (incubateurs TIC au Sénégal, au Niger, au Mali, en Côte d’Ivoire, en Tunisie…). 

Le projet m-Women se situe très exactement dans cette perspective de continuité dans l’inclusion numérique, avec une très forte dimension socio-économique. L’empowerment et l’autonomisation des femmes par le numérique, pour faire d’elles les actrices reconnues de la dynamique du développement dans les pays d’Afrique, c’était Ce Qu’il Fallait Démontrer. 

* source Baromètre du Marketing Mobile – mars 2015

** source global entrepreneurship monitor global report – 2014

*** source cherie Blair foundation