Il est temps de passer du “développement durable” à la “résilience” et à la “sobriété”

Il est temps de passer du “développement durable” à la “résilience” et à la “sobriété”

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by Clément Fournier Clément Fournier
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Le développement durable est à la mode. Mais est-il un concept pertinent ? Si on l’analyse profondément, pas forcément. Il faudrait peut-être changer de paradigme et passer à celui de la résilience. Explications.

Le développement durable est en pleine expansion. La consommation durable explose, les entreprises se mettent au green et à la RSE, même la finance participe au mouvement. Le leitmotiv du développement durable est bien connu. Il s’agit d”un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins”. Depuis sa définition au moment du Rapport Brundtland en 1987, le “développement durable” a toujours voulu réussir à concilier ses trois composantes : le développement économique, l’environnement, et le développement social. Et cela a donné naissance à des concepts aussi divers que la croissance verte, le green business, ou le développement soutenable, qui ont tous voulu trouver des manières de concilier croissance économique et protection de l’environnement.

Quelle efficacité pour le concept de développement durable ?

Energie-Renouvelable-ProblemeAlors, 30 ans après son invention, où en est le développement durable ? Eh bien pas très loin, en fait. Si l’on regarde tous les indicateurs environnementaux, ils sont au rouge : les pertes de biodiversité se font à un rythme effrayant, la pollution de l’air tue chaque année des dizaines de milliers de personne, les températures de la planète augmentent, les glaces arctiques et antarctiques fondent… Si l’on regarde les indicateurs sociaux, ils ne sont pas nécessairement tous verts non plus : les inégalités augmentent, la précarité aussi, le sentiment de déclassement, de perte d’identifié, les conflits cultures sont omniprésents… Quant aux indicateurs économiques, s’ils restent plutôt bons (3% de croissance mondiale du PIB chaque année, réduction de l’extrême pauvreté) ils sont limités et ne concernent aujourd’hui que des pays qui sont en phase de rattrapage économique ou les populations favorisées qui bénéficient de la croissance.

En résumé, malgré les efforts mis en place autour du concept de développement durable (du Protocole de Kyoto à la COP21 en passant par les Sommets pour la Sécurité Alimentaire), les choses avancent peu et trop lentement dès qu’il s’agit d’environnement ou d’équité sociale. Et pour cause, le développement durable, dans sa tentative de faire la synthèse entre ses trois piliers économiques, environnementaux et sociaux, n’est parvenu qu’à proposer un compromis bancal et mou : celui d’un développement économique qui doit, par ajustements, s’adapter pour être “plus durable”. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Que les entreprises vont s’améliorer, qu’elles feront de la RSE tout en continuant à produire de plus en plus ? Que les énergies vont doucement se transformer pour passer au renouvelable, au moins polluant ? Que le monde économique va faire entrer (doucement) les préoccupations environnementales et sociales dans son agenda ? Sans doute un peu de tout ça.

Mais en tant que concept, le développement durable ne porte en lui aucune valeur normative. Il ne définit pas ce qu’est un besoin, il ne définit pas non plus le degré à partir duquel la satisfaction de nos besoins actuels empêche la satisfaction des besoins des générations futures. Il laisse donc à chacun la libre interprétation de ce qui est “durable” ou de ce qui ne l’est pas…

Les échecs du développement durable ?

Et c’est ainsi que depuis 50 ans, à peu près toutes les tentatives internationales ou nationales de faire du “développement durable” (c’est à dire d’ajuster la croissance en y intégrant des critères environnementaux ou sociaux) ont surtout fait du développement, en oubliant de se demander s’il était vraiment durable. Il y a d’abord eu le Protocole de Kyoto, qui fixait des objectifs environnementaux ambitieux (mais insuffisants)… et qui fut sacrifié car nos “besoins” économiques étaient semble-t-il plus importants. Il y a eu aussi le Sommet de Copenhague, et plus récemment la COP21, qui ont tenté de transcender les désaccords… sans toutefois parvenir à des réussites concrètes décisives. Là encore, nos besoins économiques ont pris le dessus, en témoigne la décisions de Donald Trump de se retirer de l’Accord de Paris.

Il y a certes eu des succès dans le mouvement du développement durable. Le Protocole de Montreal en est un. Il a permis à partir de 1987 l’interdiction des produits chimiques responsables du trou dans la couche d’ozone (les CFC). Mais ce succès n’a été possible que parce que les acteurs économiques disposaient déjà d’une alternative plus rentable pour remplacer ces produits (les HFC). Là encore, priorité au développement. Pour le durable, s’il y en a, tant mieux, sinon, on verra plus tard.

À ce jour, aucune des questions environnementales posées lors du premier Sommet de la Terre à Stockholm en 1972 n’a été résolue (sauf peut-être le trou dans la couche d’ozone, car il était économiquement intéressant de le résoudre). Au contraire, il semble que l’on se soit plus encore éloigné de la solution, puisque les indicateurs environnementaux n’ont jamais été aussi mauvais.

Le développement durable : qu’est-ce qui coince ?

RSE-Pme-tableau-de-bordMais alors, qu’est-ce qui ne va pas dans le développement durable ?

  • D’abord sa définition floue. Le développement durable ne définit rien : qu’est-ce qu’un besoin ? Y’a-t-il des besoins plus importants que les autres ? À partir de quand remet on en cause la capacité des générations futures à assurer leurs besoins ? La compétitivité d’un Etat ou d’une entreprise sur la production de technologies accessoires comme les smartphones est-elle un besoin ? Et ce besoin est-il plus important que le besoin de respirer un air non pollué ? Le développement durable ne donne pas de réponse.
  • Ensuite son postulat : le développement. Le développement durable propose comme postulat que le “développement” ne doit pas entamer la capacité des générations futures à répondre à leurs besoins, mais ne pose pas une seule seconde la question de savoir si le développement économique est en soi un besoin ni la question de savoir si le développement répond réellement à nos besoins essentiels. Quand on sait que le PIB français est passé de 150 milliards en 1970 à 2500 milliards aujourd’hui (un développement économique énorme donc) et qu’en même temps le chômage est passé de 2.7% à 9%, et que le taux de pauvreté des actifs a augmenté de 38% durant les 30 dernières années, on peut en douter. En partant du principe que le développement durable doit avant tout être un “développement”, il donne aussi par défaut la priorité à l’économique. N’est “développement durable” que ce qui est “rentable”.
  • Son rapport au temps est aussi questionnable. Le développement durable supporte en partie l’idée que la solution aux problèmes du présent se trouve dans l’avenir. Trop de CO2 dans l’atmosphère ? On trouvera une solution pour le capter et le stocker. Trop de pollution générée par nos énergies ? On trouvera des énergies propres. L’Arctique en train de fondre ? On déploiera des technologies pour le recongeler… Tout ça grâce au développement (économique, technologique). Or si l’on croit qu’une solution existera dans l’avenir, alors il n’y a pas de raison de s’attaquer à la racine du problème dans le présent (réduire ses émissions, réduire ses déchets, réduire la pollution).
  • Son rapport aux limites est aussi problématique. Le développement, c’est en partie l’idée qu’il faut transcender ses limites, les dépasser. C’est une idée que l’on retrouve partout dans nos sociétés : dans l’idée du progrès technique et de l’innovation, dans les publicités, dans notre manière de concevoir la carrière et l’ambition professionnelle… Il faut aller toujours plus loin. Or aller plus loin, dépasser les limites est précisément ce qui a déclenché les crises écologiques actuelles. Sur le plan strictement conceptuel, le développement durable est donc bancal car il tente de concilier l’idée d’un développement qui veut briser les limites, avec l’idée de durabilité qui impose de les respecter.
  • Et enfin son paradoxe initial incite à se poser des questions. Le développement durable veut assurer notre capacité à répondre à nos besoins… mais en même temps il augmente nos besoins ! Ainsi, nous avons aujourd’hui besoin de plus d’énergie et de plus de ressources pour vivre qu’il y a 10 ans car nous nous reposons sur des techniques et des technologies très complexes, très “développées”. Le développement (qu’il soit ou non durable) augmente la complexité. Or la complexité, cela veut dire plus de besoins.

 

Ces paradoxes font aujourd’hui du développement durable un concept apparemment inopérant pour régler les urgences environnementales auxquelles nous faisons face. Mais un autre modèle est-il possible ?

Du développement durable à la résilience pour faire face aux crises

agro-ecologie-permacultureDans le champ de la durabilité, on parle aujourd’hui volontiers de “résilience”. À l’origine, la résilience est un terme de physique qui définit la capacité de résistance d’un corps ou d’un matériau à un choc ou à une déformation et la capacité à retrouver son état initial après un choc. Pour une société, être résiliente c’est donc être capable de s’adapter aux contraintes extérieures, aux chocs et aux perturbations qu’elle est susceptible de subir et de continuer à assurer ses besoins malgré tout. Or, des chocs, des contraintes, nous allons en subir : il s’agit d’abord des limites physiques de nos ressources, à la fois agricoles, minérales mais aussi nos ressources en eau ou de nos ressources spatiales. Il s’agit aussi des multiples crises que nous sommes susceptibles de connaître : la crise climatique, la crise de la biodiversité, la pollution de l’air.

Mais contrairement au développement durable, la notion de résilience n’implique pas nécessairement l’idée qu’il faut toujours aller plus loin, progresser, produire plus pour faire face à ces chocs. Une société résiliente n’est pas forcément une société qui se développe. Elle est avant tout une société qui est capable d’anticiper les chocs afin d’être capable de s’y adapter et cela peut tout à fait être le cas dans une société qui grandit moins, qui évolue moins vite, dans une société plus sobre. Cela ne veut pas dire qu’il faille renoncer à améliorer les conditions de vie de la population, bien sûr. Mais la notion de résilience postule que l’on peut améliorer la vie de tous sans pour autant produire plus, aller plus loin, consommer plus, mais plutôt en optimisant ce que l’on a déjà.

Les différences entre le développement durable et la résilience sont donc de taille, même si leur objectif final est plus ou moins le même. Là où le développement durable croit dans la high-tech pour résoudre nos problèmes, la résilience mise sur le low-tech. Là où le développement durable mise sur la croissance et sur la productivité, la résilience mise sur la répartition et l’optimisation de l’existant (réduction des gaspillages, meilleure répartition des richesses). Là où le développement durable se concentre sur le “plus” (produire plus avec moins), la résilience insiste sur le “moins” (produire moins avec moins, se contenter de moins). Là où le développement durable mise sur l’économie circulaire et le recyclage, la résilience mise d’abord sur la réduction des consommations et des déchets. Là où le développement durable invente de nouvelles choses, de nouvelles technologies, de nouveaux besoins, la résilience vise à les réduire à simplifier nos vies. Là où le développement durable vise à compenser (en plantant des arbres, en stockant le CO2), la résilience vise d’abord la prévention et l’adaptation (réduire ses impacts, se préparer aux chocs).

Compte tenu de la vitesse et de la brutalité des changements et des défis écologiques auxquels nos sociétés font face, il semble qu’elles auraient intérêt à s’adapter rapidement plutôt qu’à vouloir compenser, à ralentir plutôt qu’à accélérer. Le temps où nous pouvions nous permettre de réfléchir à une manière de contourner le mur touche à sa fin, et désormais nous devons réfléchir à une manière de ralentir la collision. Et puisqu’il semble difficile de résoudre nos problèmes actuels avec les mêmes modes de pensée et d’action qui les ont déclenché, il est donc grand temps de passer du modèle du “développement durable” et de “croissance verte” à celui de “résilience” et de “sobriété”.

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  • Grégoire M

    et

    Bonjour
    Article intéressant. L’idée de développer une résilience plus forte face aux conséquences diverses de notre mode de vie est très bonne; réduire ses impacts, se préparer aux aléas climatiques, optimiser la circulation des ressources ( recyclage pour les consommations, prêt/investissement pour l’argent).
    Néanmoins il y a un enjeu économique et social essentiel qui est ignoré. Je dirai même plus, qui est ignoré par un effarant nombre d’occidentaux. La croissance est in-dis-pen-sable! La population augmente, et donc le besoin de ressources physiques/matérielles augmente mécaniquement (nourriture, vêtements, air, surface au sol…)!
    La sobriété ne pourra à elle seule compenser ce phénomène.

    Seul un perpétuel mouvement vers une meilleure durabilité de cet environnement social/matériel/vivant permettra de contrebalancer.
    A- Au niveau social: au minimum la préservation de la démocratie ( répartition des pouvoirs décisionnels)
    B- Au niveau des ressources mortes, tendre vers le déchet zéro (énergétique et matériel) :
    C- Au niveau des ressources vivantes, le renouvellement intrinsèque des espèces et la préservation de leur “capital vie” ( concept de durabilité forte)

    Voici cependant 3 types d’acteurs dont les intérêts sont respectivement opposés aux 3 points ci-dessus:

    1- Les Lobbys privés dans leur ensemble de par leur force d’influence sur le débat public et dans le monde politique.
    2- Les industriels au sens large, pour qui le point B est un processus très couteux en R&D ou en investissement.
    3- Le industriels de l’agroalimentaire et les semenciers dont les objectifs ne doivent pas être de nature productive, mais de nature qualitative ( une pomme d’il y a 100 ans contenait 100 fois plus de Vitamine C que la Golden d’aujourd’hui).

    Autant de défis imposants mais pas insurmontables.

  • Mathieu

    Super article, c’est très intéressant de voir que les milieux de la RSE commencent à s’intéresser à ce type d’enjeux (la “diversion” de certains aspects du dogme de développement et de “croissance du PIB”).
    Il est quand même assez intéressant de remarquer qu’à l’origine, le fameux rapport indiquait que pour que “le développement durable puisse advenir dans le monde entier, les nantis doivent adopter un mode de vie qui respecte les limites écologiques de la planète. Cela vaut pour la consommation d’énergie, par exemple”, il était clair que les populations favorisées doivent limiter leur consommation pour laisser des
    ressources à la disposition des populations défavorisées et futures…
    Ces passages ont bien sur été ignorés, et on préféra retenir une définition en “oreille de Mickey”, où l’aspect économique passe avant tout. Le terme s’est amoindri quant il a infusé dans le grand public, avec des abus jusqu’à Peter Brabeck-Lemathe, Directeur Général du groupe Nestlé, disant: « Le développement durable est facile à définir : si votre arrière-grand-père et vos enfants restent des consommateurs fidèles de Nestlé, alors nous avons travaillé de façon durable. Et ceci est le cas de plus de 5 milliards de personnes dans le monde… »
    Je ne dirais donc pas que tous les maux énumérés dans cet article sont dus au développement durable, mais plutôt à son détournement, et la croissance verte en est un exemple. Son “acceptabilité” s’est bradée à ce trop fort prix…
    A noter qu’avant même le concept de développement durable, celui d’éco-développement, mené par Ignacy Sachs, qui reconnaissait les enjeux interne de chaque société et qui mettait l’accent sur l’autonomie des peuples, respecter leur culture. Ce dernier point est assez embrassant pour la doctrine du développement, qui a besoin de détruire la culture locale, déboussoler, et créer du besoin (J.L Sadie l’avouait sans honte). Le concept a été abandonné par l’ONU au profit du développement durable, dans des circonstances plutôt obscures… mais n’en reste pas moins intéressant !
    Dernièrement, un groupe s’est constitué à l’ECEE pour travailler spécifiquement sur la sobriété énergétique (signe de temps qui changent?). On peut aussi s’intéresser aux travaux de Robert Ulanowicz, théoricien écologue et philosophe ayant beaucoup travaillé sur les systèmes complexes, qui a déterminé que pour chaque système, il existait un optimum de durabilité qui se situait à l’équilibre entre efficience et résilience.

  • Stéphane

    Intéressant mais…
    – parfois pas objectif (ex : retenir le parti pris de dire que le DD est forcément associé au mythe salvateur technologique, j’aimerais bien savoir ce qui vous amène à ce genre de postulat)
    – sur le fond, même si je suis bien d’accord, la résilience me parait une meilleure alternative aux crises actuelles, je ne vois pas bien comment convaincre les grandes entreprises (responsables des externalités négatives et des crises citées dans votre article) d’adopter ce type de paradigme et donc de produire moins…

  • Clément Fournier

    Bonjour et merci du retour.

    Pour votre première question, ce n’est pas tant une analyse de ce qu’est le développement durable sur le plan ontologique (après tout, comme dit plus bas, il aurait pu en être autrement), mais plus un constat de ce qu’elle est en pratique. Si on regarde comment les sociétés et les entreprises ont mis en place du développement durable aujourd’hui on constate quoi ? Que les solutions techniques (voiture électrique, routes solaires, hyperloop, boyan slat, dernièrement l’initiative de stockage de CO2 en Suisse, les théories sur la recongélation de l’arctique, la géoingénierie climatique, les diverses techniques consistant à stocker le CO2 pour le transformer en briques, en plastiques, en engrais…) sont bien plus nombreuses que les solutions non-techniques (ou de résilience) : réduire ses émissions, réduire ses déchets, réduire sa consommation de ressources. En gros, pour l’instant, on constate plus une pratique “aval” (réparer les problèmes grâce à la technique) qu’une pratique “amont” (prendre le problème en amont en réduisant les impacts). Cela pourrait être différent, ce n’est pas forcément toujours le cas, mais bien souvent ça l’est. D’autre part, le terme même de “développement” implique quelque part l’idée de progrès, et étymologiquement et idéologiquement il est difficile de séparer l’idée de “développement” de l’idée d’innovation technique. Les passerelles sont donc aisées entre les deux mondes (développement durable, et technologie salvatrice).

    Pour la deuxième question, en effet c’est la partie compliquée du problème. Rationnellement le seul argument qui devrait convaincre les sociétés / les entreprises d’adopter un modèle résilient serait que… sans ça on est foutus (voir les différents rapports sur le changement climatique). Mais si l’homo economicus était rationnel, on le saurait. À partir de là je suis d’accord qu’il sera difficile de convaincre des entreprises dont l’objectif est de faire du profit financier qu’il y a d’autres priorités (gérer les externalités). Peut-être qu’il s’agit de montrer que l’on peut (et comment on peut) améliorer le bien-être général sans pour autant être engagé dans une course effrénée au profit et à la production ? Je n’ai pas de réponse à vrai dire, sinon e-RSE l’aurait déjà fait !

    Bonne journée !

  • Christine “le carnet sur l’éta

    La couture ce n’est pas un truc des années 50, c’est au contraire hypra tendance et ce depuis quelques années maintenant.
    Ca fait partie de la vague du homemade ou du DIY qui nous vient des US et pour une fois, ils ont fait quelque chose de bien, car ça permet aux gens de retrouver un savoir faire perdu et de redevenir autonomes.

  • Isabelle I

    Bonjour,
    Merci de cet article qui amène une réflexion prospective sur la question du DD.
    La notion de résilience n’est cependant à mon sens pas nouvelle car elle renvoie à la question de “maîtrise” qui est notamment utilisées pour les questions énergétiques (Cf. Loi sur l’Air 1996).
    Une “maitrise” de notre activité qui ne serait pas non plus de la décroissance….
    Fondamentalement, ce serait l’idéal au regard des énormes défis auxquels nous sommes confrontés (environnementaux, sociaux, économiques), mais dans la pratique, la compilation de toutes ces injonctions paradoxales me parait difficile au regard des divers conflits d’intérêt comme cela a déjà été dit.
    Mon opinion serait à ce stade plutôt de renforcer les actions politiques pour afficher des cibles claires et chiffrées et d’imposer leur modalités d’applications (avec sanctions si nécessaire) mais avec comme corolaire peut-être une brèche dans notre système démocratique : “rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme”.

  • Christine “le carnet sur l’éta

    La décroissance ce n’est pas la fin du monde, ceux qui le sont devenus survivent très bien, même mieux que ceux qui s’obstinent à rester dans un système mortifère en souffrant et en se plaignant en permanence et en attendant qu’une solution arrive d’une supposée providence (autrement dit des autres) !
    Etre décroissant, c’est pour commencer, accepter sa part de responsabilité dans le désastre environnemental, économique, sociétal. A partir de là, les décroissants agissent à leur niveau au contraire de ceux qui ne font que se plaindre, faire des plans sur la comète et attendre qu’une solution soit trouvée d’une instance politique.
    Le problème c’est que beaucoup de gens voudraient que ça change et que des solutions soient trouvées pour régler nos problèmes de sociétés….mais surtout en ne touchant pas à leur pouvoir d’achat et de consommation ! C’est quand ils sortiront de ce raisonnement absurde que les choses bougeront, pas avant.
    Ou alors, les problèmes seront tellement conséquents, que les politiques adopteront des lois totalitaires qui, bien sûr, ne plairont pas à ceux qui n’ont pas agit d’eux même, mais ce sera tant pis pour eux.

  • Nicolas Méron

    Bonjour et merci pour ce partage. Si l’on peut dire que le développement durable a été en effet longtemps, par certains, utilisé comme une sorte de Green Washing, le concept (et le sens de la formule) me semble pourtant le meilleur jusqu’à maintenant.
    La résilience est un terme utilisé depuis des années dans le milieu humanitaire et mériterait à peu près les mêmes critiques que celles que vous portez au développement durable sur de nombreux points : la définition même de critère définissant la résilience. L’approche HEA (Household Economic Approach) tente d’y répondre mais est confronté à de nombreuses contraintes, i.e. trop d’hypothèses au vu du manque de données viables.
    Personnellement je crois toujours en ce concept de Développement Durable mais en le mettant à jour :
    – Cf. l’OMF (Organisation Mondiale de la Francophonie) qui propose une matrice d’analyse / de prospective basée sur 6 axes et non 3 : social, écologie, économie + éthique, culturel, gouvernance (ces 3 derniers piliers sont en effet fondamentaux également)
    – L’Agenda2030 et ses 17 ODD définissent des objectifs et cibles (169) relativement exhaustifs et clairs, redéfinissant, à mon sens, ce qu’est l’idée de développement durable.
    Enfin, dans votre analyse vous faîtes un parallèle entre Dév. Durable et croissance absolue et sans limite. Ce n’est à mon sens pas son objectif. Par contre, viser le progrès, oui pour sûr. Mais progresser peut aussi signifier : consommer moins mais mieux ; viser la frugalité ; etc.
    Très coopérativement, Nicolas Méron – Cap2030