État des lieux de l’univers des professionnels de la RSE en 2016

État des lieux de l’univers des professionnels de la RSE en 2016

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by Clément Fournier Clément Fournier
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Où en est le monde des professionnels du développement durable (DD) et de la RSE ? Quelles sont les avancées et les freins au développement d’une vraie politique de durabilité dans les entreprises ? Retour sur les dernières évolutions du secteur de la RSE et du DD dans les entreprises.

GreenBiz vient de publier son rapport annuel sur l’état du monde des professionnels de la RSE et du Développement Durable. Pour cela, ils ont interrogé près de 6 000 professionnels du développement durable et de la RSE dans des grandes et petites organisations (plus de 500 organisations), majoritairement en Amérique du Nord (et secondairement en Europe), sur les évolutions de leur métier, de leurs conditions de travail et sur les perspectives offertes par le secteur.

Retour sur quelques enseignements de cette étude.

Les professionnels du business durable à leur apogée

Premier constat de l’étude : il n’y a jamais eu autant d’entreprises investies dans le développement durable. Depuis 25 ans, le nombre d’entreprises disposant d’un département RSE ou développement durable n’a cessé d’augmenter. Si une trentaine d’entreprises du panel (sur 525) seulement disposaient d’un département lié au développement durable au début des années 1990, elles sont aujourd’hui près de 450, soit plus de 85%. 89% des entreprises du Fortune 500 ont un département RSE ou développement durable qui publie des informations extra-financières ou fait un reporting.

Ces dernières années, la croissance de la prise en compte du développement durable a été particulièrement forte, avec près de 150 entreprises du panel ayant créé leur département entre 2007 et 2010. Aujourd’hui, on peut pratiquement dire que le secteur est à son apogée : presque toutes les entreprises ont intégré le développement durable dans leurs activités, au point qu’aujourd’hui les créations de départements RSE commencent à ralentir.

La RSE et le développement durable commencent progressivement à faire partie du business as usual des entreprises et sont intégrés comme un département stratégique dans les organisations.

Un budget et des équipes RSE en croissance

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Deuxième grand constat de l’étude, dans les entreprises investies dans le développement durable, le département RSE/DD prend de plus en plus de place.

Sur les 6 000 professionnels du développement durable interrogés, 40% déclarent que le budget alloué au Développement Durable ou à la RSE dans leur entreprise a augmenté, contre 42% qui estiment qu’il est resté le même. Dans une période économique parfois compliquée pour les entreprises, on constate donc que le budget “durabilité” ne recule pas ! Au contraire, les entreprises constatent une augmentation moyenne de 24% de leur budget “développement durable”. Parmi les postes d’investissement qui augmentent le plus, on peut citer le budget alloué à la supply chain durable (+47% entre 2014 et 2015), à l’innovation durable et responsable (+46%) et à la question de l’engagement RSE des salariés (+42%).

Avec ce budget qui augmente, on voit aussi la taille des équipes augmenter : en 2010, plus de 53% des entreprises avaient un département RSE ou développement durable avec moins de 5 salariés permanents. Aujourd’hui, elles ne sont plus que 41%. Inversement, entre 2010 et 2015, la part des entreprises ayant entre 6 et 10 salariés dans leur département RSE est passée de 10 à 16%. Plus encore, désormais, 23% des entreprises ont entre 16 et 20 salariés dans leur département RSE ou développement durable (ils n’étaient que 17% en 2010).

Des CEO et des exécutifs de plus en plus engagés dans le développement durable

De ce fait, pour encadrer les équipes, les entreprises ont besoin de plus de managers de haut niveau. On constate d’ailleurs qu’elles recrutent de plus en plus de vice-présidents dans les départements DD/RSE. Aujourd’hui, 43% des départements RSE ont un vice-président qui dépend directement de l’exécutif de l’entreprise, contre seulement 32% l’an dernier.

Cette tendance se retrouve également au niveau des plus hautes sphères des entreprises, qui sont de plus en plus investies dans les questions de développement durable. 70% des sondés estiment que leur CEO est au minimum intéressé par la problématique du développement durable, 23% qu’il est engagé et 12% estiment qu’il est très engagé sur ces questions. Cela montre que l’intérêt pour le développement durable et la RSE est de plus en plus fort, y compris dans les exécutifs des entreprises. D’ailleurs, 19% des sondés estiment que c’est l’engagement personnel des dirigeants d’entreprise (notamment lors des grands évènements publics comme la COP21 ou les World Economic Forums) qui ont le plus d’impact sur l’avancée de la stratégie RSE des entreprises.

L’étude montre également que 15% des équipes RSE dans les entreprises dépendent directement du département Affaires Corporate, signe de l’intérêt stratégique du développement durable pour les entreprises.

Coopération et systématisation dans la RSE

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Enfin, on constate que la RSE mise de plus en plus sur la coopération. En interne d’abord, la RSE est de moins en moins isolée et de plus en plus liée aux autres départements de l’entreprise. Par exemple, les entreprises allouent de plus en plus de ressources liées au développement durable à des départements comme la logistique (+16% cette année) ou la gestion de site (+13%). Ce partage des ressources entraîne forcément une coopération interne, et fait du département RSE/DD un organe de plus en plus transversal dans les entreprises.

Mais la coopération a également lieu en externe. D’une part via le recours à des prestataires de service : 80% des entreprises interrogées ont noué des partenariats ou des contrats avec des consultants ou des experts externes sur les questions de RSE. C’est la preuve que dans une entreprise, l’écosystème RSE ne se limite pas nécessairement au département ou au responsable RSE, mais implique tout un ensemble de parties-prenantes. D’ailleurs, 79% des interrogés estiment que la coopération entre les différents acteurs d’un secteur sera “très importante” pour continuer à faire de l’innovation durable et responsable à l’avenir. Les entreprises investies dans le développement durable ont donc conscience qu’elles ne peuvent pas résoudre les défis de la durabilité seules, mais doivent s’associer à d’autres entreprises ou organisations. Le but ? Innover de façon plus rapide et plus systémique, développer des partenariats en mode économie circulaire ou encore mettre en commun des ressources sur la chaîne logistique.

Pour conclure, ce rapport permet d’être assez optimiste sur l’état du secteur de la RSE et du développement durable. La prise de conscience des défis du développement durable et l’élaboration de stratégies adaptées s’accélèrent. Les budgets et les équipes RSE et développement durable sont en croissance, peuvent compter sur des chefs d’équipe de plus en plus engagés et sur une coopération interne et externe de plus en plus forte. C’est le signe que la RSE entre véritablement dans les moeurs du business.