La RSE et le développement durable en entreprise : e-RSE.net https://e-rse.net La RSE et le développement durable en entreprise : e-RSE.net Mon, 16 Oct 2017 16:27:52 +0000 en-US hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.8.2 5 gestes “écolo” qui ne sont en fait pas si écolo que ça https://e-rse.net/5-gestes-ecolo-pas-si-ecolo-27182/ https://e-rse.net/5-gestes-ecolo-pas-si-ecolo-27182/#respond Mon, 16 Oct 2017 16:27:52 +0000 https://e-rse.net/?p=27182 Certains gestes considérés comme écologiques sont en fait un peu inutile ou non-écolo... Voici les 5 gestes écolo que vous pouvez arrêter de faire.

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Beaucoup de consommateurs souhaitent rendre leur mode de vie plus écolo. Ils veulent réduire leur empreinte environnementale pour faire leur part du combat contre le réchauffement climatique, la pollution ou la production de déchets. Pour y parvenir, ils mettent en place divers gestes, astuces ou comportements supposés réduire leur empreinte carbone.

Le problème, c’est que certains de ces gestes très répandus sont en réalité… pas si écolo que ça. Certains sont même totalement contre-productifs. En voici 5, avec l’explication.

1 – Éteindre le robinet en se lavant les dents

Depuis qu’on est tout petits, on nous répète que l’eau est une ressource en voie de disparition, qu’il faut protéger. Pour ça, on nous propose tout un tas de conseils, parmi lesquels bien éteindre son robinet en se lavant les dents ou en se lavant les mains. Pourquoi ? Tout simplement pour éviter que cette eau ne coule “pour rien” et soit gaspillée.

Pourquoi ce n’est pas si utile que ça ?

En réalité, l’eau consommée quand on laisse le robinet ouvert n’est pas gaspillée, elle n’est pas perdue. Elle est simplement envoyée dans le circuit d’épuration puis rejetée dans la nature où elle continuera son cycle normalement. Ce n’est donc pas grave si vous laissez votre robinet ouvert du point de vue écologique, car l’eau ne disparaît pas ! De plus, les volumes sont très faibles, de l’ordre 500 à 1000 litres d’eau par an maximum. Or en France, comme il n’y a pas de stress hydrique fort (nos réserves sont largement suffisantes 99% du temps) nous n’avons pas réellement besoin de nous préoccuper de ça.

Bernard Chocat, docteur-ingénieur en génie civil à l’INSA de Lyon explique ainsi : “L’eau ainsi rejetée […] n’est donc pas vraiment perdue. […] Elle est en permanence recyclée et remise en circulation par la nature. La vraie question est donc celle de la qualité de nos réserves.

Bien sûr, ce n’est pas une raison pour laisser couler volontairement son robinet (si tout le monde le faisait, cela finirait sans doute par être problématique), mais il est toujours bon de rappeler qu’au fond, ça n’a pas une importance décisive. Il faut tout de même dire que si nous étions dans une zone aride avec de gros risques d’épuisement ou de concurrence d’accès à la ressource, les choses seraient différentes.

Qu’est-ce que je peux faire à la place ?

Plus que la quantité d’eau consommée, ce qui est important c’est surtout la qualité de l’eau. Car si l’eau consommée au robinet rejoint rapidement le cycle de l’eau, et est rapidement disponible pour être réutilisée… elle peut en revanche être polluée ! Par exemple, lorsque l’on jette un mégot et qu’il se retrouve dans le cycle de l’eau, il contribue à polluer durablement 500 litres d’eau. Et cette pollution est très difficile à nettoyer. De la même façon, laver trop souvent ses fibres synthétiques contribue à dégrader la qualité de l’eau en la polluant avec des micro-plastiques impossibles à filtrer. Jeter dans votre évier des médicaments ou encore des huiles, des produits chimiques type peintures ou vernis rendent aussi le traitement des eaux plus difficile.

En résumé : il vaut mieux se préoccuper de ces gestes qui préservent la qualité de l’eau que d’ergoter sur la qualité d’eau consommée. Mais si vous pouvez faire les deux, c’est encore mieux (notamment pour votre porte monnaie). Et à ce propos, sachez qu’il existe des gestes bien plus efficaces pour réduire votre consommation d’eau, comme réduire la durée de votre douche de 3 minutes. À propos de brossage, sachez que réduire la quantité de dentifrice que vous utilisez a plus d’impact environnemental que de couper l’eau ! Inutile de couvrir votre brosse, une petite goutte de la taille de votre ongle d’auriculaire suffit selon l’UFC Que Choisir. Dernière chose : moins chauffer l’eau (notamment sous la douche) est une manière efficace de réduire sa consommation d’énergie. Voilà un geste vraiment utile à mettre en place !

2 – Être trop zélé sur le recyclage

Certains écolo font parfois du zèle quand ils font du recyclage. Et dans ce domaine, quelques geste très répandus sont pourtant particulièrement inutiles : vouloir trier tous les plastiques et tous les verres, laver ses bocaux, et conserves avant de les jeter, enlever les bouchons des bouteilles avant de les recycler…

Pourquoi c’est totalement inutile voire contreproductif ?

Rétablissons quelques vérités sur les règles du recyclage :

  1. Tous les plastiques ne se recyclent pas. Inutile de vouloir recycler tous vos plastiques en enlevant précautionneusement les opercules en plastique de vos barquettes ou de vos emballages : ils ne se recyclent pas ! Les seuls plastiques recyclables sont ceux des bouteilles et des flacons (shampoings, produits d’entretien etc…)
  2. Arrêtez de vouloir trier vos verres cassés ! Le verre de vaisselle ne se recycle pas (que ce soit un plat en verre ou un verre à vin), ni les verres type vitres ou miroirs. Les seules verres qui se recyclent sont les contenants type bouteilles en verre, bocaux alimentaires etc… Les ampoules non plus ne sont pas considérées comme du verre recyclable !
  3. Inutile de laver vos bocaux, bouteilles ou conserves.. Cette opération de nettoyage est déjà effectuée dans les centres de tri et de recyclage… De ce fait, il est inutile que vous le fassiez à la maison puisque cela vous fait consommer de l’eau pour rien. Bon, ce n’est pas un drame comme on vient de le voir, mais quand même !
  4. N’enlevez pas vos bouchons de bouteilles en plastique avant de les mettre au recyclage. Ils se recyclent avec la bouteille !

Qu’est-ce que je peux faire à la place ?

Faites vous un petit stage pour réviser vos règles du recyclage en consultant notre article “Règles du recyclage : comment bien recycler ?”.

3 – Acheter une liseuse numérique pour éviter d’acheter des livres et de consommer du papier

On est désolé de vous l’apprendre, mais vos liseuses numériques sont tout sauf écolo. Elles sont peut-être pratiques et tendances, mais au niveau de l’empreinte carbone et de l’empreinte environnementale, elles sont bien moins efficaces qu’un bon vieux livre. Si vous pensiez acheter une liseuse pour éviter de couper des arbres en fabricant des livres, oubliez, c’est une mauvaise idée.

Pourquoi c’est (très souvent) contre-productif ?

Une liseuse, c’est un appareil électronique constitué de centaine de composants, de dizaines de métaux (parfois rares) de plastiques, de verre etc… L’extraction et la fabrication de ces composants pollue beaucoup. Beaucoup plus que de faire un livre ! L’empreinte carbone d’une liseuse électronique est forte (environ 235 kg d’équivalents CO2 selon une étude Carbone 4) alors que celle d’un livre est plutôt faible (1.3 kg selon la même étude). Vous allez me dire que vous pouvez lire des centaines de livres sur votre liseuse, et que donc au final ça sera plus écolo. Mais si l’on regarde les chiffres, on s’apperçoit qu’il faut lire environ 180 livres sur sa liseuse pour avoir un bilan environnemental positif par rapport à l’achat de livres papiers. Sachant qu’un français ne lit en moyenne que 14 livres par an (selon un sondage BVA)… Il faudrait donc 10 ans de lectures assidues pour compenser la pollution générée initialement par la liseuse ! Et encore, c’est sans compter la consommation électrique de la liseuse, sans compter qu’un livre a généralement plusieurs vies (il est lu par plusieurs personnes, peut-être donné, prêté, rendu)… Et surtout sans compter que le livre papier est issu de ressources renouvelables (le bois) alors qu’une liseuse est issue de ressources non-renouvelables : plastiques, minéraux, métaux… Si en plus votre liseuse tombe en panne, se casse ou que vous devez la remplacer alors votre empreinte environnementale sera bien plus importante que si vous aviez juste acheté des livres…

Qu’est-ce que je peux faire ?

Si vous êtes un énorme lecteur, investir dans une liseuse peut à la limite se justifier du point de vue environnemental. Quelques conditions toutefois : prenez soin de votre appareil pour qu’il dure le plus longtemps possible, réparez-le s’il tombe en panne et faites le recycler en fin de vie. Pour la majorité des lecteurs, il vaut mieux rester aux livres papiers, en essayant d’en prendre soin et de leur donner plusieurs vies en les prêtant, en les échangeant et en les recyclant (eux aussi) en fin de vie !

4 – Remplacer votre matériel par des alternatives écolo

Halte aux idées reçues : acheter un produit écolo pour remplacer votre vieil objet n’est pas toujours écolo. Aujourd’hui, beaucoup réclament que les consommateurs remplacent leur matériel par la dernière version écolo : dernier smartphone écolo ou le lave vaisselle économe. Mais ça ne marche pas vraiment.

Pourquoi ce n’est pas vraiment écolo (enfin, pas tout le temps) ?

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que la majorité des impacts environnementaux d’un objet se situent généralement sur sa phase de production (et non pas sur sa phase d’utilisation). Par exemple, pour un smartphone, la phase de production concentre 60 à 70% des impacts environnementaux (et jusqu’à 80% pour certains impacts comme l’éco-toxicité). En gros, ce qui pollue le plus, c’est de fabriquer le produit. On pourrait donc être tenté de penser qu’il est plus intéressant de posséder un smartphone produit dans des conditions écologiques. Et dans l’absolu c’est vrai. Mais si votre téléphone est encore fonctionnel, il vaut mieux le garder (même s’il n’est pas spécialement écolo) que de le changer pour un modèle green. Pourquoi ? Tout simplement car cela évite de produire un nouveau téléphone (ce qui pollue beaucoup) alors que le votre est encore en état de marche. Si vous le remplacez, il ne sert plus à rien ! En le gardant plus longtemps, vous amortissez son impact environnemental.

Cela vaut aussi pour le matériel électro-ménager, numérique ou électrique. Même si vous avez la possibilité d’acheter un réfrigérateur moins gourmand en énergie, il vaut mieux garder l’ancien jusqu’à ce qu’il ne fonctionne plus. Certes il consomme plus, mais au moins vous ne gaspillez pas un appareil qui fonctionne encore très bien et qui a été très polluant à produire. Les seules exceptions ce sont les objets qui polluent plus lorsqu’ils sont utilisés que quand ils sont produits, comme les ampoules.

Qu’est-ce que je dois faire ?

Dans l’absolu, il est presque toujours plus intéressant de garder votre ancien matériel (même s’il consomme plus d’énergie) que de le remplacer. Gardez le jusqu’au jour où vous n’avez plus le choix, et à ce moment-là, choisissez un modèle écologique ! En règle générale, la meilleure façon de réduire notre impact environnemental serait de réduire notre consommation et notre production. Moins vous consommez, moins vous achetez, moins vous polluez. Même si c’est pour acheter un objet écolo.

D’ailleurs globalement, ce n’est pas parce qu’un produit est labellisé écolo qu’il est écolo de l’acheter. Si vous pouvez vous en passer, c’est toujours mieux pour la planète.

5 – Utiliser les “astuces de grand mère” pour nettoyer

Vinaigre blanc et bicarbonate ? Cola pour nettoyer la rouille ? Jus de citron et savoir noir dans tous vos produits d’entretien faits-maison ? Depuis plusieurs années, faire ses produits d’entretien soi même connait un véritable engouement. Mais ce n’est pas toujours aussi écolo que l’on peut le penser…

Pourquoi ça n’est pas (toujours) très écolo ?

“Quoi ? Les produits d’entretien faits maison ne sont pas toujours écolo ? Mais c’est n’importe quoi ! On m’a dit que le vinaigre blanc…” STOP ! Il y a beaucoup d’idées reçues sur ces sujets, et elles sont malheureusement rarement basées sur des faits scientifiques. On vous explique.

  • Le vinaigre blanc : c’est sûr que sur le papier, le vinaigre blanc semble une alternative écolo et saine par rapport aux produits d’entretien chimiques. Après tout, du vinaigre, on en met dans nos salades donc ça peut pas être mauvais pas vrai ? Sauf qu’en réalité, la fabrication du vinaigre blanc n’est pas si différente de la fabrication des produits qui sont contenus dans certains produits d’entretien. Le vinaigre blanc, c’est de l’acide acétique, et la plupart des produits anti-calcaires vendus dans le commerce en contiennent aussi. Le problème, c’est qu’on a souvent tendance à en mettre beaucoup quand on fait ses produits soi-même… Plus que nécessaire ! Alors que dans certains produits vendus dans le commerce, la dose est parfaitement étudiée pour en gâcher le moins possible. En plus, parfois on fait n’importe quoi avec le vinaigre blanc
  • Le combo vinaigre blanc + bicarbonate de soude : celui qui fait hurler les chimistes. Le vinaigre, comme on l’a dit, c’est un acide. Le bicarbonate de soude, c’est ce qu’on appelle une base, l’inverse d’un acide. L’acide a un pH bas alors que la base a un pH élevé… Et quand on est les mélange, une réaction acido-basique qui se produit : les acides sont neutralisés par les bases (en résumé). Concrètement cela veut dire que si cherchiez à utiliser les propriétés acides du vinaigre, celles-ci sont annulées et si vous souhaitiez utiliser les propriétés basiques du bicarbonate, celles-ci sont aussi annulées. Alors oui, ça mousse (c’est la réaction acido-basique) mais ça ne veut pas dire que ça soit efficace pour nettoyer. Pour que ça soit efficace, dans certaines utilisations uniquement, il faut doser parfaitement le mélange pour produire la juste quantité d’acétate sans effacer les propriétés de pH désirées pour l’usage en question. Et ce n’est pas si facile que ça !
  • Jus de citron, cola et huiles essentielles : là encore, on trouve tout et n’importe quoi. Le cola est connu pour être une catastrophe environnementale, l’utiliser pour enlever la rouille est donc parfaitement contre-productif si on veut être écolo. C’est l’acide citrique du cola qui agit sur la rouille. Et de l’acide citrique, vous pouvez en acheter en gros dans des drogueries écologiques : il est spécialement produit à partir de moisissures et il n’est pas plus dangereux que l’acide citrique de votre cola ou de votre jus de citron. D’ailleurs, arrêtez de gaspiller de bons citrons pour nettoyer, c’est pareil ! Quant aux huiles essentielles, il est toujours bon de rappeler qu’elles ne se prêtent pas à toutes les utilisations, qu’elles peuvent-être dangereuses et qu’il faut les utiliser en quantités infimes. D’autant qu’elles ne sont pas toujours contrôlées par les autorités sanitaires, contrairement aux produits d’entretien commercialisés.

Qu’est-ce que je peux faire ?

Déjà, sachez limiter votre utilisation de produits d’entretien. Pour de nombreuses tâches de nettoyage, une simple eau chaude avec du savon noir ou du savon de Marseille suffit. Pas besoin de se lancer dans des fabrications alambiquées à base de cristaux de soude, d’acide acétique et d’huiles essentielles. D’autre part, ce n’est pas parce qu’un produit semble naturel, comme le jus de citron, qu’il est forcément plus écologique qu’un produit de synthèse comme l’acide citrique. En fait, ces deux produits ont exactement la même propriété et la molécule active est la même. Seule différence, le produit de synthèse est produit de façon optimisée pour cet usage, et donc son empreinte environnementale finale est généralement plus faible que celle de votre citron à usage comparable. Plutôt que de gâcher des citrons, il vaut donc mieux acheter de l’acide citrique chez un producteur écologique ! Dernier conseil : ne jouez pas au chimiste si vous ne savez pas parfaitement ce que vous faites. Si c’est pour gaspiller des litres de vinaigre blanc, autant acheter un produit spécifiquement conçu pour nettoyer.

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Santé, écologie : faut-il vraiment interdire le glyphosate ? https://e-rse.net/interdiction-glyphosate-france-27185/ https://e-rse.net/interdiction-glyphosate-france-27185/#respond Mon, 16 Oct 2017 13:43:38 +0000 https://e-rse.net/?p=27185 Quels sont les dangers du glyphosate pour la santé ? Et pour la planète et l'écologie ? Faut-il vraiment l'interdire ? Un dossier pour tout comprendre.

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Le glyphosate est-il dangereux ? Quelles sont les alternatives au glyphosate ? Et surtout, faut-il vraiment l’interdire ? On répond à toutes vos questions, science à l’appui. 

Une partie des informations de cet article sont issues de l’analyse publiée par Sylvestre Huet sur son blog sur lemonde.fr.

Depuis plusieurs décennies, la firme Monsanto et son produit le glyphosate sont au coeur de nombreuses polémiques écologiques et sanitaires. Depuis plusieurs années, la polémique se cristallise autour de son interdiction. La plupart des militants écologistes et des consommateurs approuvent l’idée de l’interdire, mais les gouvernements, les agriculteurs et les pouvoirs publics repoussent l’échéance. Les débats, émaillés par les soupçons de fraude scientifique, de lobbying et de conflits d’intérêt n’en finissent plus.

Mais, faut-il vraiment interdire le glyphosate ? Faisons un point sur toutes les informations disponibles. D’abord, rappelons ce qu’est le glyphosate. Le glyphosate est un herbicide commercialisé par la société Monsanto. Il est utilisé pour se débarrasser des mauvaises herbes et est en particulier largement utilisé dans l’agriculture conventionnelle car il permet de désherber à moindre coût et avec relativement peu d’efforts des zones importantes de cultures. Toutefois, ce produit suscite des inquiétudes sanitaires et écologiques qui ont mené certains à demander son interdiction.

Interdire le glyphosate car il est cancérigène ?

enjeu santé entreprise alimentationLe glyphosate est-il dangereux, est-il cancérigène : ce que dit la science

La principale inquiétude entourant le glyphosate, c’est son effet sur la santé humaine. En effet, il a été démontré à de multiples reprises que le glyphosate utilisé dans l’agriculture est “absorbé” par les organismes vivants, parmi lesquels les organismes humains. En résumé : on retrouve des traces de glyphosate dans les organismes des individus, dans les aliments ou encore dans des produits divers comme les tampons. Certes, ces traces sont minimes mais cela a suscité des craintes sur l’impact sanitaire du produit. Mais qu’en est-il réellement ? Le glyphosate est-il réellement dangereux ? Et s’il l’est, est-il si dangereux que ça ?

Plusieurs études ont été menées sur ce sujet, pour savoir si le glyphosate était toxique, s’il était cancérigène, s’il était un perturbateur endocrinien. Sur la toxicité aigüe, l’ensemble des études s’accordent à dire que le glyphosate n’est pas particulèrement toxique : sa dose létale médiane (DL50) se situe à environ 3250 mg/kg chez la chèvre. Par comparaison, la dose létale médiane du sel de table est de 3000 mg/kg chez l’Homme. Sur l’effet mutagène et perturbateur endocrinien, l’Institut National des Risques Sanitaires conclut que l’ensemble des études n’a pas pu à ce jour établir de risque réel (voir le rapport complet ici).

Sur l’aspect “cancérigène” (c’est-à-dire sur la question de savoir si le glyphosate est susceptible de contribuer à provoquer ou à favoriser l’apparition de cancers), plusieurs études ont été menées avec des résultats contrastés. Parmi ces études, une a classé le glyphosate comme cancérigène probable : il s’agit de l’étude du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) affilié à l’Organisation mondiale de la santé, basée sur une étude produite par The Lancet (voir l’étude ici). D’un autre côté, d’autres études (notamment un rapport publié par l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments, à consulter ici ou une synthèse publiée par l’ANSES ici) ont déclaré qu’il n’y avait pas de preuves suffisantes pour établir un lien entre l’exposition au glyphosate et l’apparition de cancers. Le problème, c’est que certaines études ayant déclaré le glyphosate sans risque ont été marquées par des polémiques de conflits d’intérêt et de lobbying impliquant Monsanto (qui produit le glyphosate). Certaines de ces études étaient indirectement financées par Monsanto, d’autres ont pu être constituées en partie d’analyses écrites par des employés Monsanto (voir à ce sujet l’enquête du Monde sur les Monsanto Papers). Ce qui est plutôt courant dans le monde de la recherche scientifique (c’est souvent le producteur d’un produit qui finance les recherches sur ce produit) a toutefois fait planer le doute sur les résultats.

En résumé : à regarder l’ensemble des études disponibles, il est difficile de savoir si le glyphosate est cancérigène ou non, mais l’une des seules grandes études totalement indépendantes de Monsanto l’a pourtant classé comme cancérigène probable. Le principe de précaution voudrait donc, au moins par hypothèse, que l’on considère ce produit comme cancérigène probable.

Mais alors, qu’est-ce que cela signifie si le glyphosate est cancérigène probable ? Cela signifie que, selon le CIRC, il existe pour le glyphosate des “indices concordants de sa cancérogénicité pour l’homme et des preuves suffisantes de cancérogénicité expérimentale chez les animaux”. Cela ne veut donc pas dire qu’être exposé au glyphosate entraîne forcément le cancer, mais qu’il existe des indices qui font penser qu’il puisse être à l’origine d’une augmentation des risques de cancer.

Faut-il interdire un produit probablement cancérigène ?

Puisqu’on peut considérer le glyphosate comme probablement cancérigène, alors ne faudrait-il pas (logiquement) l’interdire ? Pas forcément. La liste 2A du CIRC dans laquelle est inscrite le glyphosate contient en effet de nombreux autres produits et la plupart ne sont pas interdits (voir les différentes listes des classifications CIRC ici). Les nitrites par exemple sont classées sur la même liste et considérés comme probablement cancérigène, et ils ne sont pas interdits : on en trouve en quantités dans la charcuterie consommée par les français quotidiennement. La consommation de viande rouge est également classée, de la même façon que le glyphosate, comme “probablement cancérigène”. Les acrylamides (les substances dégagées par les aliments comme les frites quand on les fait cuire à plus de 120 degrés) sont également classées “probablement cancérigène”, ainsi que les boissons chaudes ingérées à plus de 65 degrés. Or, il ne viendrait à l’idée de personne d’interdire les frites ou les boissons chaudes à plus de 65 degrés. Pourtant, d’après le CIRC, ces dernières sont dans la même catégorie de risque que l’exposition au glyphosate en termes de cancérogénicité.

Généralement, lorsqu’un produit est classé sur cette liste et est considérée comme probablement cancérigène, il est plutôt “réglementé”, mais pas interdit. Par exemple, on dit aujourd’hui qu’il faut modérer sa consommation de viande rouge, ou éviter de cuire les aliments à trop haute température, mais on interdit pas pour autant ces pratiques, le risque causé ne justifiant pas à lui seul une interdiction. De la même façon, concernant le glyphosate, on peut estimer que le risque sanitaire n’est pas de nature à justifier à lui seul une interdiction pure et simple, d’autant plus que les doses d’exposition constatées chez les humains sont généralement infimes (de l’ordre de 500 fois inférieures à la dose sanitaire admise).

À titre de comparaison, le tabac ou les particules fines, qui sont pourtant classées dans la liste 1 du CIRC (la liste des cancérigènes certains) ne sont pas interdits. Il est certes très conseillé d’éviter d’y être exposé, mais ce n’est pas pour autant interdit. Comment pourrait-on, dès lors, justifier l’interdiction de l’utilisation du glyphosate sur une base sanitaire, alors que dans le même temps, un produit bien plus dangereux (le tabac) est en vente libre pour toute personne majeure à moins de 10 euros le paquet ? D’autant que contrairement au tabac qui n’a aucune utilité sociale, le glyphosate est très utile aux agriculteurs, qui s’opposent fortement à son interdiction.

Interdire le glyphosate car il pollue et n’est pas écologique ?

agriculture conventionnelle ou agro-ecologieL’impact du glyphosate sur l’environnement

Si l’argument “santé” n’est pas suffisant en soi pour vouloir interdire le glyphosate, que dire, d’un autre côté, de l’argument écologique ? Sur ce plan, il y a moins d’ambiguité que sur la question sanitaire. Généralement, on admet que le glyphosate n’est pas “écologique”. On sait qu’il contamine les milieux (le sol, l’eau et l’air), c’est à dire qu’on retrouve des traces de glyphosate dans les sols, les eaux et l’air. En soi, ces traces ne sont pas alarmantes, mais on ne connait pas bien les effets du glyphosate sur le monde vivant. S’il est “probablement cancérigène” sur l’homme, il est possible qu’il ait à haute dose des conséquences plus importantes sur des espèces plus petites comme les insectes, les rongeurs, les oiseaux, les batraciens… ou les bactéries. Et comme le glyphosate est l’herbicide le plus utilisé dans le monde, les quantités présentes dans le milieu pourraient à terme devenir problématiques.

L’autre problème écologique, c’est que le glyphosate est souvent utilisé dans des cultures OGM. Le principe est simple : la culture OGM est conçue pour résister au glyphosate, ce qui permet de désherber facilement sans mettre en danger la culture. Le problème que cela pose du point de vue écologique, c’est que ça a tendance à contribuer à la sélection de “mauvaises herbes” résistantes. Il faut alors de plus en plus d’herbicide pour s’en débarrasser, et il est même possible à terme qu’elles deviennent invasives. Cela pose un double problème : d’abord, avec ce modèle, il faudra utiliser de plus en plus d’herbicide (qui va se concentrer dans le milieu) et en plus, cela pose problème du point de vue de la biodiversité des espèces.

Et puis, il y a aussi le fait que le glyphosate est utilisé dans le cadre de l’agriculture intensive. Or, en agriculture intensive, la vie organique des sols diminue, les sols “meurent”. Bien sûr, cela n’est pas imputable au glyphosate, mais plutôt aux modes de cultures utilisés (mécanisation, cultures intensives, monocultures…). Mais cela fait émerger un autre problème ; dans un sol sans vie organique, le glyphosate s’accumule et n’est plus dégradé. On ne connait pas les conséquences de cette accumulation, mais il est possible qu’à terme cela ait des conséquences écologiques, sur la capacité du sol à se renouveler notamment.

D’ailleurs, sur la question de l’écologie, Monsanto a été condamné par les tribunaux français pour publicité mensongère après avoir affirmé que son produit était écologique…

Faut-il interdire un herbicide non-écologique ?

On peut donc légitimement se poser la question suivante : dans la mesure où il fait peser certains risques et certaines incertitudes sur les écosystèmes, ne faudrait-il pas réguler l’utilisation de cet herbicide, ou peut-être même tout simplement l’interdire ? Sauf que, là encore, les choses sont complexes : certains produits que l’on utilise au quotidien sont beaucoup plus risqués que le glyphosate sur le plan écologique, et pourtant il n’est pas question de les interdire. La voiture à essence ou la voiture diesel par exemple, font peser un risque beaucoup plus fort sur l’environnement via leur effet sur le réchauffement climatique ou la pollution de l’air que le glyphosate. Et elles ne sont pas interdites. On aurait donc beaucoup plus de raisons de vouloir interdire la voiture que le glyphosate d’un point de vue écologique ou sanitaire. Cela dit, cela ne justifie pas pour autant de continuer à utiliser le glyphosate (ou en tout cas de l’utiliser autant) s’il est risqué et que l’on peut s’en passer.

Et le problème est là : peut-on raisonnablement s’en passer ? Pour la voiture, on comprend très bien pourquoi on ne peut pas l’interdire immédiatement : si on interdisait du jour au lendemain l’usage des voitures, plus personne ne pourrait travailler, on ne pourrait plus rien transporter et la société ne pourrait tout simplement plus fonctionner. Pour le glyphosate, on a tendance à oublier que la problématique est à peu près similaire (dans une mesure différente).

Il est vrai que nous n’utilisons pas tous les jours du glyphosate comme nous utilisons notre voiture. Mais en réalité, même si nous ne nous en rendons pas compte, la majorité des agriculteurs dans le monde utilisent cet herbicide régulièrement. Et ils en ont besoin, car sans désherbage il est très compliqué de produire de la nourriture dans les quantités nécessaires pour nourrir l’ensemble de la population. Si on ne désherbe pas, les “mauvaises herbes” empêchent les cultures comestibles de se développer et cela fait énormément baisser les rendements. Les mauvaises herbes sont d’ailleurs responsables des plus grosses pertes de rendement sur les grandes cultures comme le blé, l’orge ou le maïs. Le désherbage est donc nécessaire, et c’est pourquoi certains considèrent qu’il est difficile d’interdire le glyphosate qui est le principal outil de désherbage. Mais dans les faits, ne pourrait-on pas s’en passer en utilisant une alternative, en désherbant autrement ?

Les alternatives au glyphosate pour l’agriculture

agriculture-changement-climatique-irrigation-secheresseRemplacer le glyphosate par d’autres herbicides

Pour désherber sans glyphosate, on pourrait par exemple décider de remplacer le glyphosate par d’autres herbicides moins nocifs. Le problème, c’est que si l’on en croit les études scientifiques, les autres herbicides présents sur le marché ne sont pas tellement meilleurs que le glyphosate. La plupart des autres molécules de synthèse disponibles sur le marché seraient en effet plus toxiques que le glyphosate, ou plus volatiles, ou moins dégradables. C’est le cas par exemple de l’atrazine, principal herbicide alternatif au glyphosate, dont la nocivité est reconnue de façon beaucoup plus large que celle du glyphosate.

Depuis quelques années, il existe des herbicides qui se présentent comme “bio”, à base notamment d’acide pélargonique (ou acide nonanoïque, un acide que l’on trouve dans le géranium). Ces nouveaux produits ont suscité des espoirs, mais leur efficacité sur le desherbage à grande échelle est faible : la molécule ne s’attaque pas aux racines des plantes et ne désherbe donc pas efficacement. Ils peuvent donc être utiles dans le cadre du jardinage amateur, mais leur utilisation est impossible dans le cadre d’une exploitation agricole. (voir à ce sujet l’article de Ouest-France : Méfiez-vous des désherbants dits “naturels”). Même les nouvelles molécules de synthèse mises au point sont soumises à caution : par exemple, l’hydrazide maléique, une nouvelle molécule présente dans certains désherbants dits “naturels” fait peser des risques, au point que son usage pour les jardiniers amateurs n’a au départ pas été autorisé par l’AFSA.

En résumé : si l’on interdit le glyphosate, les agriculteurs auront le choix entre des herbicides de synthèse encore plus nocifs… ou des désherbants “naturels” trop peu efficaces.

Désherber sans herbicide : c’est possible… mais complexe

Peut-être faut-il alors tout simplement songer à désherber sans herbicide. Oui, c’est possible ! Cela fait très longtemps que l’on sait comment prévenir (au moins en partie) la propagation des mauvaises herbes sans utiliser d’agents chimiques. On peut par exemple utiliser le désherbage manuel ou mécanique, qui évite le recours aux intrants chimiques. La rotation des cultures est aussi connue pour être une manière relativement efficace de limiter la propagation des mauvaises herbes en imposant aux espèces invasives des changements fréquents de milieux. L’INRA (Institut National de Recherche Agronomique) a d’ailleurs publié un rapport détaillé (disponible ici) à ce sujet à l’issue de 15 ans d’études in situ.

Le problème, c’est que chacune de ces solutions est difficile à appliquer dans le contexte agricole actuel. Si les agriculteurs français devaient se mettre au désherbage manuel pour ne plus utiliser de glyphosate, il faudrait former des dizaines de milliers de personnes à des travaux agricoles, souvent pénibles. Sans parler du coût que cela engendrerait pour les exploitants qui ont déjà du mal à être rentables. Le désherbage mécanique n’est pas possible sur tous les types de cultures et il n’est pas forcément adapté si l’on veut préserver la qualité organique des sols. Certains préconisent le passage au désherbage à la charrue, comme cela se fait dans certains vignobles en biodynamie, mais cette solution n’est pas applicable à grande échelle immédiatement. La rotation des cultures n’est envisageable que si l’on prend au préalable le temps de changer l’ensemble du modèle agricole de l’exploitation. Tout cela ne peut pas se faire d’un coup.

Interdire le glyphosate ou faire une vraie révolution agricole ?

agro-ecologie-permacultureLa question de l’interdiction du glyphosate est donc plus complexe que ce que laissent souvent croire les principaux discours médiatiques sur le sujet. Interdire le glyphosate pour les jardiniers amateurs ou pour les collectivités (qui ne sont pas profondément dépendantes de ce produit) : cela peut se justifier. En revanche interdire le glyphosate aujourd’hui pour le monde agricole reviendrait à mettre beaucoup d’agriculteurs dans une impasse alors que la nocivité du produit n’est pas jugée alarmante par les autorités scientifiques et sanitaires (et ne justifie pas à elle seule une interdiction). Le glyphosate est aujourd’hui utilisé sur près de 70% des terres arables françaises et dans près de 85% des exploitations des grandes cultures. Si la France l’interdit, les agriculteurs qui dépendent aujourd’hui de ce produit ne pourront que choisir des désherbants plus risqués, ou choisir de perdre de l’argent et des rendements dont ils ont (financièrement) besoin. De façon plus paradoxale encore, certains agriculteurs qui pratiquent aujourd’hui une agriculture raisonnée et fondée sur des techniques agro-écologiques (c’est le cas de ceux qui utilisent le non-labour) ont besoin du glyphosate (en petites quantités). L’interdire reviendrait à mettre fin à ces pratiques d’agriculture écologique que pourtant beaucoup réclament. Pour plus de détails sur ce sujet, un article récent publié dans Sciences et Avenir détaillait les revendications des agriculteurs et des pratiquants de l’agro-écologie au sujet de l’interdiction du glyphosate.

Pour que l’interdiction du glyphosate serve les intérêts sanitaires et écologiques de la collectivité, elle doit intervenir après une profonde révolution du modèle agricole. Il faut d’abord éventuellement réglementer pour limiter son usage lorsqu’il est abusif. Mais surtout, il faut investir pour permettre aux exploitants de faire la transition vers des pratiques agro-écologiques, incluant la rotation des cultures et d’autres formes de désherbage plus diversifiées. Il faut investir pour créer des emplois agricoles ou pour développer des technologies agricoles permettant un désherbage plus simple sans recours aux intrants chimiques. Il faut aussi faire en sorte de sortir d’une agriculture trop conventionnelle, trop intensive, trop fondée sur la monoculture. Et cela ne se fera pas en un jour, ni sans transformer profondément la filière agricole (de la production en passant par la distribution et même les prix).

Autrement dit, avant de songer à interdire le glyphosate, il faudrait songer à refonder notre modèle d’agriculture sur d’autres bases que celles qui ont rendu son usage nécessaire. Il faut donc sortir de l’agriculture intensive et industrielle, et revenir à des pratiques agricoles plus écologiques. Il est là le challenge pour l’agriculture. Le glyphosate n’est en réalité qu’un symptôme d’un problème plus profond : celui de nos pratiques agricoles en général. Résoudre ce problème, c’est résoudre la question du glyphosate et avec elle bien d’autres questions : celles de la qualité des sols, de l’usage des pesticides, de l’emploi agricole, de l’adaptation au réchauffement climatique, de la diversité alimentaire… Et paradoxalement, interdire le glyphosate sans réfléchir en amont à ces enjeux pourrait bien retarder et rendre plus difficile cette transition si nécessaire.

Sources :

 

Crédits image : herbicide sur Shutterstock

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Voici une chose importante que toutes les Écoles de Commerce devraient enseigner https://e-rse.net/durabilite-enseignement-ecoles-commerce-27167/ https://e-rse.net/durabilite-enseignement-ecoles-commerce-27167/#respond Mon, 16 Oct 2017 08:32:26 +0000 https://e-rse.net/?p=27167 Pour continuer à former les dirigeants de demain aux enjeux complexes de notre monde, il y a une chose que les Écoles de Commerce vont devoir enseigner...

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Et si les grandes écoles de commerce se mettaient (vraiment) à enseigner le développement durable au coeur de leurs programmes ?

Les Écoles de Commerce forment les futurs managers, les cadres du marketing, les dircoms, les directeurs financiers des petites et des grandes entreprises. Elles forment les dirigeants de start-up qui réinventeront peut-être ce que sera le business dans le futur. Elles forment aussi ceux qui demain décideront des investissements des entreprises et de l’évolution de la finance et de la bourse. Bref, elles forment une partie des décideurs qui auront, demain à faire des choix plus ou moins fondamentaux pour leurs organisations.

Mais il y a une chose que ces écoles oublient aujourd’hui d’enseigner à leurs élèves, une chose pourtant fondamentale si elles veulent en faire des décideurs efficaces, agiles et adaptés aux évolutions de nos sociétés. Cette chose, c’est la durabilité. Explication.

La durabilité : le chaînon manquant des programmes d’École de Commerce

patrons-dirigeants-rseL’expertise des École des Commerce pour former leurs élèves aux évolutions du management, du marketing ou de la communication est reconnue. En France comme ailleurs, ces écoles sont à la pointe sur toutes les questions techniques relatives au business. Dans toutes les Écoles de Commerce, on trouve donc des cours allant de la comptabilité en passant par le droit privé, la finance, l’économie de l’entreprise, le management, les ressources humaines ou encore en gestion de projet. Mais peu d’Écoles de Commerce enseignent la durabilité. Certes, certaines Grandes Écoles comme HEC, l’ESSEC ou encore Audencia (et d’autres) dédient désormais certains de leurs masters ou de leurs MBA à la durabilité à travers des cursus spécialisés. Ils sont intitulés “Sustainability and Social Innovation”, “MBA Responsible Management” ou encore “Management de l’Entreprise Sociale”. Ces cursus forment un petit nombre d’étudiants aux formes les plus innovantes de management, de marketing ou de gestion, celles qui intègrent la durabilité, la responsabilité sociale, l’innovation durable.

Mais malgré tout, la durabilité reste le chaînon manquant des programmes de ces écoles. Très peu en France et dans le monde ont intégré la durabilité au coeur de leurs enseignements. Peu de cours de management intègrent réellement et profondément les notions d’objectifs de développement durable, ou de management responsable. Peu de cours de marketing ou de communication se soucient réellement de savoir quelle place accorder au développement durable dans les plans de communication des organisations. Peu de cours de finance enseignent profondément la réalité du travail d’évaluation des critères ESG. Au mieux, la durabilité, le développement durable et la responsabilité font l’objet d’un chapitre bonus traité en fin d’année si le temps le permet, ou d’un module spécifique optionnel choisi uniquement par les étudiants désireux de poursuivre leur parcours dans ce domaine. Même le Sulitest (testé élaboré par les programmes d’enseignement supérieur pour évaluer les connaissances des étudiants dans les questions de développement durable) est encore peu répandu, peu mis en avant, sans compter qu’il ne constitue pas un prérequis contraignant. Pour la grande majorité des futurs décideurs corporate, le développement durable reste donc un détail, une sorte de cerise sur le gâteau dans leur formation.

La durabilité au coeur des enjeux de l’entreprise du futur

Generation-Y-millenium-digitalOr la question de la durabilité, par essence, doit être transversale. Il n’y a pas d’entreprise responsable ou durable sans que ses managers, ses opérationnels dans le marketing, la com’ ou la finance soient formés aux questions de durabilité. Et c’est pourtant de cela que les entreprises auront le plus besoin dans les années à venir. Tous les indicateurs le montrent.

Ainsi, parmi les principales préoccupations des consommateurs issus de la Génération Y et de la Génération Z (les consommateurs d’aujourd’hui et de demain) on retrouve systématiquement l’origine et l’impact environnemental des produits qu’ils achètent. On retrouve également les questions éthiques ou l’impact sanitaire des produits. Parmi les préoccupations émergentes des salariés on trouve le bien-être au travail et la question du management bienveillant. Parmi les préoccupations des parties prenantes on trouve l’information et la communication sur l’engagement des entreprises et des organisations. En d’autres termes : tous les indicateurs convergent sur l’idée que le développement durable est en passe de devenir une question de plus en plus fondamentale à tous les niveaux de l’entreprise : du département innovation et conception jusqu’au département marketing en passant par le management.

Et d’ailleurs, les chiffres montrent que cette tendance est déjà en marche. Les entreprises impliquées dans la durabilité performent mieux que celles qui ne le sont pas (de l’ordre de 14% !). Celles qui s’investissent dans le bien-être au travail ou le management responsable voient leurs salariés plus efficaces, plus heureux, et subissent moins de turn-over (donc moins de coûts RH). Les profils ayant une maîtrise du contexte de développement durable et de ses outils et la capacité à intégrer à leurs activités ces problématiques sont d’ores et déjà recherchées. Dans son étude de prospective sur l’emploi WiserSKILLS place d’ailleurs dans le top 5 des métiers qui recruteront le plus à l’avenir le “Responsable RSE / Développement Durable” et le “Chief Happiness Officer” (chargé de créer des environnements de travail agréables et responsables).

Les leaders de demain devront être formés aux enjeux de la durabilité

developpement-durable-resilienceFormer aujourd’hui les étudiants aux questions de durabilité est donc fondamental. Mais c’est aussi une obligation réglementaire. En effet, les 10 dernières années ont vu une inflation considérable de la réglementation concernant la durabilité dans les entreprises. Depuis les lois NRE jusqu’aux lois Grenelle en passant par la loi sur le Devoir de Vigilance, les entreprises sont de plus en plus soumises à des exigences légales sur la prise en compte de la durabilité dans leurs activités. Reporting, analyse de matérialité, dialogue avec les parties prenantes sont autant de facettes du management durable qui s’inscrivent progressivement dans la loi. Et la tendance promet de s’accélérer : taxe carbone, responsabilité juridique des gestionnaires de supply chain, intégration des objectifs de durabilité dans la rémunération des dirigeants sont autant de chantiers qui pourraient se développer dans les années à venir. Les normes aussi se multiplient : ISO26000 sur le management responsable, ISO14001 sur le système de management environnemental, ISO20400 sur les achats durables sont désormais des pré-requis pour travailler avec de nombreuses organisations.

En bref, les leaders de demain devront être formés aux enjeux de la durabilité parce que ces derniers seront non seulement des questions sociétales fondamentales, mais aussi parce qu’ils seront essentiels pour faire du business. Mais la durabilité ne doit pas être vue seulement comme une matière, une spécialité, une option. La durabilité doit être enseignée dans le coeur de chaque métier. Les managers doivent être formés pour entraîner leurs équipes et les mobiliser sur ce sujet. Les équipes marketing doivent être formées à la communication responsable, elles doivent apprendre que le marketing de demain sera nécessairement un marketing de la performance durable. Les financiers doivent dès aujourd’hui mettre au coeur de leur formation les enjeux de la finance durable qui constitueront invariablement les normes d’investissement dans 5, 10 ou 20 ans.

Les Écoles de Commerce doivent être à la pointe de ce changement en proposant non seulement des parcours spécialisés dans la RSE ou la sustainability, mais surtout en intégrant ces compétences dans le socle commun de chacune de leurs formations. Et bien entendu, celles qui auront le plus tôt opéré ce changement de paradigme seront demain celles qui seront à la pointe pour former leurs étudiants à ces sujets essentiels.

 

Crédit Image : Classroom sur Shutterstock

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Notre-Dame-des-Landes : pourquoi une véritable expertise écologique est importante https://e-rse.net/notre-dame-des-landes-etude-impact-environnement-27170/ https://e-rse.net/notre-dame-des-landes-etude-impact-environnement-27170/#comments Wed, 11 Oct 2017 13:37:29 +0000 https://e-rse.net/?p=27170 Un cabinet vient d’être nommé pour évaluer l’impact carbone du projet d’Aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Que dit cette nomination de la place accordée à l’écologie dans nos projets d’infrastructures ? Comment cet impact est-il mesuré ? Les experts sont-ils indépendants ? Le projet d’aéroport Notre-Dame-des-Landes (NDDL) supposé remplacer l’aéroport existant à Nantes cristallise depuis des années les tensions. Opposants et partisans

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Un cabinet vient d’être nommé pour évaluer l’impact carbone du projet d’Aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Que dit cette nomination de la place accordée à l’écologie dans nos projets d’infrastructures ? Comment cet impact est-il mesuré ? Les experts sont-ils indépendants ?

Le projet d’aéroport Notre-Dame-des-Landes (NDDL) supposé remplacer l’aéroport existant à Nantes cristallise depuis des années les tensions. Opposants et partisans du projet échangent depuis des années, se renvoyant tour à tour à des expertises, des médiations et des référendums. Récemment, la décision du comité de médiation de nommer un cabinet pour évaluer l’impact carbone du projet a relancé les débats. En effet, les médiateurs veulent savoir laquelle des solutions envisagées serait la moins lourde du point de vue des émissions de CO2. Et pour le savoir, ils ont nommé le cabinet Carbone 4, géré par deux experts des questions carbone : Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean. Problème : ces experts seraient notoirement opposés au projet, ce qui relance la colère des partisans de l’aéroport. Évidemment, ces deux experts étant reconnus pour leur engagement sur les questions écologiques, leur expertise est forcément orientée sur le sujet.

Orientée, certes, mais est-ce vraiment un problème ? N’est-ce pas ce que l’on attend d’un expert en impacts écologiques que d’avoir un regard orienté sur les problématiques écologiques lorsqu’il étudie un projet ? Pourquoi cette expertise écologique fait-elle débat ? Quid des précédentes études d’impact ? Et si l’on décryptait un peu comment se passe l’évaluation environnementale d’un projet type Notre-Dame-des-Landes, pour mieux comprendre ?

Notre-Dame-des-Landes : comment sont évalués les projets d’infrastructures publiques ?

Comment évaluer la pertinence d’un projet d’infrastructure : que dit la loi ?

Lorsque les pouvoirs publics décident d’un projet d’infrastructure (comme un aéroport, par exemple) leur décision doit reposer (c’est la loi) sur une série d’évaluations sur les impacts du projet sur la communauté. D’une part, une étude doit être menée sur les impacts socio-économiques du projet, afin de savoir si le projet rapportera plus qu’il ne va coûter (en termes économiques et financiers). Pour les infrastructures de transport, cette obligation est définie par deux textes principaux : le Code des transports (articles L.1511-1 à L.1511-6 et R.1511-1 et suivants) et la loi n°2012-1558 du 31 décembre 2012 et son décret d’application. En plus de cette étude socio-économique, une étude doit aussi être faite sur les impacts environnementaux du projet, en vertu de l’article L.122-1 du code de l’environnement, qui précise que les projets d’infrastructures publiques “doivent respecter les préoccupations d’environnement. Les études préalables à la réalisation d’aménagements ou d’ouvrages qui, par l’importance de leurs dimensions ou leurs incidences sur le milieu naturel, peuvent porter atteinte à ce dernier, doivent comporter une étude d’impact permettant d’en apprécier les conséquences”. 

L’évaluation socio-économique : comment est évalué l’impact environnemental ?

Dans l’étude d’impact socio-économique, on évalue tous les coûts liés au projet (coût de construction, d’entretien, coûts liés au bruit ou à la pollution) ainsi que les gains (gains financiers, gains en termes d’emplois…) On fait ensuite une comparaison des impacts positifs et négatifs afin de conclure si le projet est oui ou non intéressant pour la collectivité, avant qu’une DUP (Déclaration d’Utilité Publique) ne soit prononcée si le projet est jugé positif. Problème : il n’existe pas une méthode scientifiquement objective qui permette de mesurer et de comparer ces impacts. Alors les experts chargés de faire ces évaluations prennent des approximations. Par exemple, dans le rapport d’impact socio-économique de l’Aéroport Notre-Dame-des-Landes, les experts ont voulu savoir quel serait le coût carbone de l’aéroport. Compte tenu des différents facteurs retenus, les experts ont estimé qu’il y aurait toutes choses égales par ailleurs une augmentation du trafic routier et des distances parcourues dans 2 des 3 scénarios du projet (en résumé, puisque l’aéroport est plus loin, il faut prendre sa voiture plus longtemps pour s’y rendre). Plus de trajets voiture, donc une augmentation des émissions de CO2.

Mais comment comparer cette augmentation des émissions aux autres coûts socio-économiques de l’aéroport ? Pour faire cette comparaison il faut convertir les émissions de CO2 en coût financier, c’est-à-dire en euros. Mais combien coûte une tonne de CO2 en plus dans l’atmosphère ? Difficile à dire. Mais il faut bien choisir un chiffre ! Le rapport estime donc, arbitrairement, à la page 99 qu’une tonne de CO2 vaut 27 euros (prix issu du Rapport Boiteux sur la Taxe Carbone, daté de 2000). Dans ces conditions, sur le pire scénario, l’aéroport coûterait à la collectivité 2.8 millions d’euros à cause du CO2, ce qui représente un peu plus de 100 000 tonnes de CO2 supplémentaire dans l’atmosphère. Ces 2.8 millions d’euros, il faut les comparer aux autres coûts et bénéfices, par exemple les 255 millions d’euros estimés liés aux gains “des usagers du transport aérien” (p.104).

Quelle place pour l’écologie dans les évaluations d’infrastructures publique ?

top-10-villes-durablesLes lacunes de l’évaluation socio-économiques sur le plan écologique

Forcément, si on compare ces deux valeurs, le coût des émissions de CO2 paraît insignifiant. Sauf que : il est vrai qu’à l’époque de la réalisation de l’étude (en 2006), le coût estimé du CO2 était de 27 euros. Mais il est aujourd’hui de 30.5 euros. Et d’après les projections du Ministère, ce prix devrait monter à 56 euros en 2020 et à 100 euros en 2030. Déjà, si l’on actualisait ce chiffre, les résultats seraient différents. De plus, on peut s’interroger : ce chiffre reflète-t-il réellement le coût de la pollution au CO2 quand on sait que l’inaction face au changement climatique pourrait coûter plusieurs milliers de milliards d’euros à la planète d’après la majorité des scientifiques ?

Mais surtout, l’évaluation socio-économique ne prend en compte qu’un seul facteur environnemental : le CO2 (auquel on ajoute parfois d’autres polluants atmosphériques comme le NOx) et encore, pas sur tout le scope. Tous les autres facteurs écologiques (l’effet sur la biodiversité par exemple, mais aussi les particules fines, la consommation de ressources naturelles non-renouvelables, l’éco-toxicité) ne sont pas évalués, et pour une raison simple : il est très difficile de quantifier leur coût financier. Et sans évaluation du coût, on ne peut pas comparer aux autres impacts. Que valent l’artificialisation de 1600 hectares de terrain naturel face à la promesse d’une augmentation de l’activité de transport aéroportuaire ou à la création d’une centaine d’emplois ? C’est impossible à évaluer.

L’évaluation environnementale : à quoi ça sert ?

C’est pour cette raison qu’en parallèle, une étude d’impact environnemental est également menée pour avoir une idée de l’impact environnemental global du projet. Mais bien souvent, ces analyses sont partielles et il est pratiquement impossible d’en tirer une conclusion. Dans le cas de l’aéroport NDDL, l’Autorité Environnementale dans un avis rendu le 20 juillet 2016 jugeait par exemple que l’évaluation environnementale était “relativement lacunaire, par exemple sur l’émission de gaz à effet de serre notamment en phase de travaux, la faune et la flore, la qualité de l’eau, etc..” Ainsi, sur la question des pollutions de l’air, le rapport de l’étude d’impact environnemental de l’aéroport précise (p.15) que “le projet de l’aéroport et de la desserte routière génèrent des émissions supplémentaires de polluants atmosphériques et notamment d’oxydes d’azote, monoxyde de carbone, hydrocarbures imbrûlés, dioxydes de souffres, fumées.” Il y aura donc des pollutions, mais elles ne sont pas précisément quantifiées. Et que préconise le rapport face à ce problème ? “La mise en place d’un dispositif de surveillance de la qualité de l’air.” Un dispositif de surveillance, sans impact donc sur la qualité réelle de l’air ni sur les conséquences de la pollution de l’air sur la santé des riverains… Au final, les impacts environnementaux sont effectivement évalués (et encore, partiellement) dans le cadre de ce type de projets, mais ils constituent rarement un critère décisif dans la prise de décision. Une fois que ces impacts ont été évalués, ils sont transmis à l’Autorité Environnementale pour avis… mais cet avis est purement consultatif et n’est pas décisif dans la décision de poursuivre ou non le projet. Pire encore : la mesure de l’impact ne signifie pas nécessairement que quelque chose de concret sera fait pour le limiter.

Pourtant, tout le contexte réglementaire récent plaide pour une augmentation de la place de l’écologie dans les évaluations et les décisions de projets d’infrastructures. L’ensemble du Code de l’Environnement plaide en faveur d’un renforcement de l’analyse des impacts écologiques des projets d’infrastructure et pour une meilleure prise en compte de ces impacts dans la prise de décision. La loi de Transition Énergétique devrait logiquement aboutir à la même logique, comme la réglementation européenne et peut être de façon encore plus symbolique, comme la COP21 où la France a pris le lead des engagements sur la réduction de l’impact écologique. Et pourtant, aujourd’hui, non seulement les critères sont insuffisamment ou mal évalués dans ce type d’audit, mais l’écologie reste secondaire au moment de décider si oui ou non le projet doit être mis en place.

L’indépendance des évaluations socio-économiques et environnementales en question

En donnant à une agence spécialisée sur les questions écologiques et les questions carbone la charge d’évaluer l’empreinte carbone du projet NDDL, le groupe de médiation prend acte de cette nécessité réglementaire et normative. Il montre que dans sa médiation, il prendra en compte les critères écologiques. Mais que peut-on dire de l’indépendance de ce cabinet ? Il est avéré que Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean sont opposés au projet. Ils ont maintes fois défendu cette position. Alors seront-ils objectif ? Difficile de répondre oui ou non. Probablement, leur évaluation du Bilan Carbone des deux projets d’Aéroport sera très extensive. Mais le Bilan Carbone est un outil avec lequel il est difficile de tricher : il y a une méthodologie stricte, encadrée par l’ADEME (l’Agence de l’environnement et de la Maîtrise de l’Énergie, rattachée au Ministère de l’Environnement) et l’Association Bilan Carbone. Le cabinet Carbone 4 le sait d’ailleurs fort bien puisque Jean-Marc Jancovici a fait partie de ceux qui ont le plus contribué à établir cette méthode.

En tout cas, l’analyse ne sera pas moins objective que les précédentes études d’impact. Ces dernières étant commandées, comme il est de rigueur, par les Maîtres d’Ouvrage du projet (qui ont tout intérêt à ce que le projet soit déclaré d’utilité publique) on peut estimer qu’elles ont été menées de façon à mettre le moins en avant possible les impacts écologiques de l’Aéroport. Inversement, l’analyse de Carbone 4 sera sans doute menée de façon à mettre le plus en avant possible ces impacts écologiques (en l’occurence, les impacts carbone).

Mais n’est-ce pas là justement l’objectif ? Bien comprendre et mettre en avant les impacts écologiques, afin de prendre en conscience une décision durable ? N’est-il pas important d’avoir un regard le plus précis possible et le plus orienté possible sur les impacts écologiques d’un projet avant de décider de le mettre en place ?

En 2010, le Grenelle de l’Environnement avait précisément mis en place un gel de toutes les constructions aéroportuaires pour cette raison : on connait les impacts écologiques de la construction d’un aéroport. Ils sont énormes. Et face à l’urgence écologique et dans le cadre de la transition énergétique, de la COP21, et des engagements français en Europe et dans le monde sur ces questions, il est légitime d’évaluer correctement les conséquences écologiques de nos choix et d’en prendre la mesure avant de décider. De toute façon, comme les autres, cette évaluation sera consultative. À la fin, il appartiendra à l’Etat de décider avec lequel de ses engagements il veut être cohérent.

 

Crédit image : Aéroport sur Shutterstock

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Entreprises, êtes vous prêt pour le reverse crowdsourcing de votre business ? https://e-rse.net/reverse-crowdsourcing-entreprises-durables-27145/ https://e-rse.net/reverse-crowdsourcing-entreprises-durables-27145/#respond Tue, 10 Oct 2017 09:24:17 +0000 https://e-rse.net/?p=27145 Les entreprises du 21ème siècle doivent être attentives à une tendance de fond : le reverse crowdsourcing de leur business par les jeunes générations.

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La grosse tendance de consommation pour les prochaines décennies, c’est le reverse crowdsourcing. Une tendance à laqelle les entreprises doivent se préparer si elles ne veulent pas perdre (beaucoup) d’argent.

Les millenials sont comme toutes les autres générations. Ils vivent, ils font des choix, ils raisonnent, ils achètent et ils consomment. Simplement, lorsqu’ils font ces choix, leurs objectifs sont parfois un peu différents de ceux de leurs prédécesseurs pour une raison simple : leurs préoccupations ne sont pas les mêmes. Contrairement aux générations précédentes, beaucoup de millenials s’inquiètent. C’est même la génération qui s’inquiète le plus de son avenir : 76% se préoccupent de l’impact du réchauffement climatique et des questions environnementales sur leur qualité de vie, 82% s’inquiètent de l’impact des questions environnementales sur la qualité de vie de leurs enfants. C’est près de 25% de plus que dans le reste de la population. La génératon Y est aussi la première génération pour laquelle le succès professionnel ne rime pas forcément avec salaire et opportunités, mais plutôt avec qualité de vie au travail et équilibre vie privée / vie pro. Là aussi, une inquiétude latente : celle d’être coincé entre le burn-out et le chômage.

Mais paradoxalement, les jeunes de la génération Y ne sont pas forcément les plus actifs en termes de gestes à portée environnementale ou sociale. En moyenne, ils ne recyclent pas plus que leurs aînés, ils n’éteignent pas plus les lumières lorsqu’ils quittent une pièce… Et c’est parce qu’ils sont convaincus que leur influence sur ces questions ne passe pas par leurs actions quotidiennes, mais par leur influence en tant que consommateurs. Et pour ça, ils ont trouvé leur arme : le reverse crowdsourcing.

Le reverse crowdsourcing : comment les millenials redéfinissent le business de leurs entreprises

Generation-Y-travail-RSEPrès de 65% des millenials estiment que ce sont les entreprises qui doivent être les leviers du changement sur les grandes questions environnementales ou sociales que les individus ne peuvent pas gérer. Les jeunes ont bien compris que tant que les entreprises n’auront pas intégré à leurs business models des processus véritablement écologiques et justes, toutes leurs actions en tant qu’individu et consommateurs n’auront pas beaucoup d’impact.

Ils attendent donc que ce soient les entreprises, en tant que puissants vecteurs du changement, qui montrent la voie vers une société et une économie plus écologique et plus juste. Ils attendent que les entreprises prennent en charge les problèmes les plus fondamentaux de la société, puisqu’elles sont aussi les acteurs qui ont le plus d’impact sur ces problèmes. En gros, les millenials externalisent leur activisme environnemental en comptant sur l’intelligence collective du monde du business pour agir sur ces questions.

Cette forme de reverse crowdsourcing est, selon le dernier rapport Sheldon Group, la grosse tendance de consommation émergente. Mais en quoi consiste-t-elle ? Il s’agit tout simplement d’une nouvelle façon de faire ses choix de consommation et d’une forme de militantisme de consommateur. La génération Y choisit ses produits en fonction de l’engagement des entreprises sur les sujets environnementaux ou sociaux. Selon le rapport Nielsen 2015, environ 75% des millenials choisissent en conscience de payer plus cher pour des produits émanants d’entreprises qu’ils jugent responsables. Selon le US Trust Fund, 67% des millenials considèrent que leurs achats et leurs investissements sont une manière d’exprimer leurs valeurs sociales, politiques et environnementales (soit 50% de plus que pour la Génération X).

De fait, cette génération donne donc le pouvoir aux entreprises engagées et responsables.

Les entreprises sont-elles prêtes pour le reverse crowdsourcing ?

classement-entreprise-confianceLe problème, c’est que les entreprise ne semblent pas prêtes à ce changement de paradigme. Elles ne parviennent pas, pour la majorité, à susciter la confiance de cette jeune génération de consommateurs sur les sujets environnementaux ou sociétaux. Selon le rapport Sheldon Group, 73% des jeunes consommateurs sont sceptiques ou sans avis sur les discours des marques sur les sujets de société. En France d’après le Baromètre e-RSE de la Confiance, à peine 15% des marques parviennent à susciter un score de confiance positif auprès des consommateurs avertis. D’après l’étude Greenflex Ethicity publiée en 2016, à peine 1 français sur 4 a confiance envers les entreprises sur leurs engagements sur les sujets de société.

Cette défiance va même encore plus loin ! Près d’un consommateur sur deux estime n’être même pas capables de citer une marque qu’ils jugent engagée et à laquelle ils peuvent faire confiance selon GreenBiz. Ils seraient à peine 43% à identifier des marques envers lesquelles ils ont confiance selon le rapport Sheldon Group. Et bien évidemment, la raison de cette défiance est claire : c’est le manque d’engagement réel des entreprises sur les sujets environnementaux ou sur les grands problèmes de société. D’après le Baromètre e-RSE, l’engagement des marques sur ces sujets (leur engagement RSE) est le facteur déterminant des changements d’opinion des consommateurs sur les marques. 42% des consommateurs ayant changé négativement d’opinion sur une entreprise au cours des 12 derniers mois indiquent que c’est à cause des engagements (ou du manque d’engagement) RSE de la marque en question.

S’adapter au reverse crowdsourcing : nouvel impératif business des entreprises

C’est le signe que les marques n’ont pas encore réussi à adapter leur action et leur discours aux nouvelles attentes de leurs consommateurs. Et le risque, c’est qu’elles finissent par y perdre de l’argent et du business. En effet, la génération millenium est désormais la génération la plus importante dans les pays de l’OCDE. Ils sont jeunes, ils entrent sur le marché du travail, et ce sont eux qui définissent déjà et définiront encore plus demain les contours des marchés de tous les secteurs.

Savoir prendre en compte leurs attentes, comprendre comment ils tentent de crowdsourcer leur engagement sur les sujets environnementaux et sociétaux, c’est l’assurance pour les entreprises de s’attirer la fidélité de ces clients. En effet, 90% des millenials déclarent que s’ils parvenaient à trouver une entreprise de confiance sur les sujets environnementaux et sociétaux, ils deviendraient client, quitte à payer plus cher. 95% déclarent même qu’ils recommanderaient activement la marque en question à leurs amis et sur les réseaux sociaux.

Pour le dire autrement : un changement s’opère sur les marchés car les attente des consommateurs se transforment. Il est temps pour les entreprises de laisser leurs clients les crowdsourcer.

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L’extinction de la biodiversité menace notre alimentation, d’après les scientifiques https://e-rse.net/impact-biodiversite-alimentation-27141/ https://e-rse.net/impact-biodiversite-alimentation-27141/#respond Tue, 10 Oct 2017 08:24:57 +0000 https://e-rse.net/?p=27141 La disparition de la biodiversité, est-ce vraiment grave ? Si l'on en croit les scientifiques : oui. Cela pourrait même menacer notre sécurité alimentaire.

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La biodiversité disparaît, c’est un fait. Mais est-ce vraiment grave ? Si l’on en croit les études récentes : oui. Cela pourrait même menacer notre sécurité alimentaire.

On le sait, la perte de la biodiversité est particulièrement inquiétante. Disparition des espèces, fragilisation des écosystèmes, multiplication des maladies sont autant de problèmes liés à la diminution de la biodiversité. Mais on a parfois du mal à identifier comment la perte de la biodiversité nous affecte concrètement. Pourtant, tout cela a bien un effet direct sur notre vie, notamment sur notre alimentation. En effet, la perte de la biodiversité menacerait notre système alimentaire. Explications.

Biodiversité : nos aliments menacés

circuits-alimentaire-alternatifsQuel est le lien entre la biodiversité et notre alimentation ? Difficile à imaginer au premier abord. Certes, on comprend bien que si la population d’abeille diminue par exemple, on aura moins de miel. Ou que si la population d’insectes diminue, la pollinisation sera moins efficace. Mais en réalité, les choses sont beaucoup plus graves selon plusieurs études publiées récemment.

L’organisation Biodiversity International qui étudie l’impact de la disparition de la biodiversité vient par exemple de publier un rapport inquiétant à ce sujet. En effet, les scientifiques à l’origine du rapport ont montré que près de 75% de nos apports alimentaires proviennent de 12 espèces végétales et de 5 espèces animales principales. C’est très peu. 90% des espèces cultivées auraient disparu depuis un siècle, soit détruites par les pollutions, les maladies ou le réchauffement climatique, soit abandonnées au profit d’une agriculture standardisée. Le problème c’est que nous sommes donc très dépendants de ces espèces pour vivre. En résumé : s’il arrive quelque chose à ces espèces, c’est l’ensemble de notre chaîne d’approvisionnement en nourriture qui est potentiellement en danger.

Or face à la disparition de la biodiversité, beaucoup d’espèces végétales et animales comestibles sont déjà menacées. L’étude montre que plus de 1000 espèces cultivées dans le monde sont désormais considérées comme menacées, notamment à cause du réchauffement climatique, de la pollution et de la destruction de leur écosystème, mais aussi de nos choix agricoles (la monoculture intensive notamment).

Il semble donc nécessaire de protéger la diversité de nos cultures, mais aussi la diversité du biotope dont dépendent nos cultures. Si la tendance à la disparition de la biodiversité se poursuit, il se pourrait bien que cette menace finisse par affecter directement les espèces dont nous dépendons. On en voit déjà certains signes : certaines cultures comme le mais s’adaptent de moins en moins bien aux conditions climatiques et à la diminution des capacités organiques des sols. Ainsi, le rendement des principales céréales a d’ores et déjà commencé à diminuer un peu partout dans le monde et en particulier en Europe de l’Ouest, signe que ces espèces sont en souffrance. Si le réchauffement climatique se poursuit et que la biodiversité continue à être menacée, il pourrait rapidement y avoir des pénuries, et des zones entières où ces céréales essentielles pourraient ne plus du tout pousser. Une étude publiée l’année dernière prédisait ainsi une diminution de 40% des rendements des principales céréales à cause du réchauffement climatique et notamment de la crise de biodiversité qu’il engendre.

Pourtant, il existe des variétés de céréales résistantes à la chaleur, capables de produire dans des environnements secs, comme l’ont montré les recherches menées en 2017 sur les variétés éthiopiennes de durum. Seulement, il faut les préserver.

Nos cultures plus fragiles et moins nutritives dans un monde sans biodiversité

agriculture-pauvrete-liensMais surtout, la biodiversité agit comme un agent protecteur pour les écosystèmes. Plus un écosystème est divers, plus il est riche en biodiversité, plus il est résistant et résilient. Et inversement : moins un écosystème est divers, plus il est fragile. Certaines espèces peuvent ainsi agir comme des barrières protectrices contre les maladies, d’autres peuvent servir de protection contre le pestes et les parasites. Si ces espèces barrière disparaissent, cela laisse la voie libre aux contaminations ou aux destructions.

Quand la biodiversité diminue, nos cultures sont donc plus exposées à ces risques. Par exemple, il existe dans la vigne un parasite nommé le ver de grappes. S’il n’est pas contrôlé ce parasite peut rapidement détruire toute une récolte de raisins. Mais heureusement, certaines espèces de chauve-souris sont un prédateur naturel du ver de grappes. Protéger ces espèces (et notamment les pipistrelles) est un moyen efficace de protéger les vignes contre ce ver.

D’où l’importance de protéger toute la chaîne de biodiversité, avant qu’un de ses maillons les plus importants ne finisse par disparaître et emporter avec lui nos cultures les plus essentielles.

Enfin, la biodiversité a un impact fondamental sur la qualité des sols. L’essentiel de la biodiversité mondiale est composée d’insectes, dont la majorité vivent dans les sols. Or les activités humaines (pollution, réchauffement climatique, pratiques agricoles) ont d’ores et déjà un impact fort sur la vie de cette biodiversité du sol. Sans elle, les qualités organiques du sol, sa richesse en minéraux et en nutriments, diminue. Et cela se ressent dans les fruits, les légumes, les céréales et l’ensemble des cultures végétales qui sont moins riches en nutriments. Moins de biodiversité, c’est donc des aliments moins nutritifs, plus pauvres.

Plus exposés, plus fragiles, moins nutritifs : voilà ce que risquent nos aliments dans un contexte de disparition de la biodiversité. Une raison de plus, s’il en fallait, de prendre en compte de façon urgente la disparition des espèces vivantes. Comment ? Par une refonte globale de nos systèmes de production agricole vers une agriculture plus durable, plus locale, à taille humaine. Par une réduction de notre empreinte écologique, de nos pollutions diverses et de notre utilisation des pesticides. Bref, par une transition écologique globale.

 

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(Re)donner des responsabilités aux salariés pour le bien-être au travail et l’agilité d’entreprise : le cas IKEA https://e-rse.net/redonner-responsabilites-salaries-bien-etre-au-travail-agilite-entreprise-ikea-27133/ https://e-rse.net/redonner-responsabilites-salaries-bien-etre-au-travail-agilite-entreprise-ikea-27133/#respond Mon, 09 Oct 2017 08:40:42 +0000 https://e-rse.net/?p=27133 Libérer la responsabilité des collaborateurs pour le développement de l’entreprise et leur propre bien-être : telle est l’un des piliers de IKEA.

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Faciliter la prise de responsabilité des collaborateurs pour leur propre bien-être et l’agilité de l’entreprise sont deux préoccupations croissantes. Mais comment allier ces deux dimensions ? Le partage des responsabilités serait-il au cœur du développement des femmes et des hommes, et de l’entreprise ? Pierre-Jean Cariès, Responsable Développement des Compétences chez IKEA France, nous expose comment IKEA fait vivre cette conviction, portée par son fondateur et sa vision d’entreprise.

Chez IKEA, notre culture d’entreprise s’inscrit dans une tradition scandinave, avec un esprit de responsabilité plus partagé et moins hiérarchique que celui du modèle français. Avec sept niveaux hiérarchiques dans tout le Groupe, la pyramide décisionnelle et organisationnelle est assez courte. La prise de décisions, la responsabilité et l’action sont facilitées. Tout cela sert le développement des collaborateurs autant que le projet d’entreprise, car IKEA souhaite être agile et proche du terrain.

Donner et prendre des responsabilités : une valeur fondamentale de IKEA

« Prendre des responsabilités est un privilège ! » : c’est l’un des piliers du « testament d’un négociant en meubles » rédigé il y a quarante ans par le fondateur de IKEA, Ingvar Kamprad. Il l’affirme en même temps que sa vision d’entreprise : améliorer le quotidien du plus grand nombre en proposant une vaste gamme d’articles d’ameublement, esthétiques et fonctionnels, à de si bas prix que le plus grand nombre pourra les acheter.

Dans ce texte, Ingvar Kamprad pose un regard actuel et engagé sur la responsabilité quand il affirme qu’il existe à tous les niveaux des individus qui préfèrent prendre leurs propres décisions plutôt que de se dissimuler derrière celles des autres. Il affirme que savoir prendre des responsabilités n’a rien à voir avec la formation, le niveau de rémunération ou le poste occupé. Il trouve des gens prêts à prendre des responsabilités, au dépôt, au bureau, parmi les acheteurs et les vendeurs, bref partout !

Le fondateur de IKEA s’inscrivait déjà pleinement dans l’approche actuelle de la responsabilité en entreprise, en lui ajoutant un principe corolaire parfois oublié : le droit à l’erreur. Avec humour, il rappelle que « seul celui qui dort ne commet pas d’erreurs ! ». Il insiste sur le fait que la crainte de commettre des erreurs est le commencement de la bureaucratie et l’ennemi de toute évolution.

Les collaborateurs IKEA évoluent dans cette culture, où prendre des décisions et des responsabilités n’est pas un privilège mais un droit et un devoir. Nous tenons à donner beaucoup de responsabilités et d’autonomie à chacun dès son arrivée chez IKEA.

Recruter, promouvoir, offrir des passerelles : les grands jalons du développement personnel

Donner et prendre des responsabilités fait partie de notre culture dans notre stratégie ressources humaines. Nous faisons confiance aux collaborateurs, nous facilitons leur prise de responsabilité, et tâchons de les aider à grandir au travers de nouvelles missions et challenges en créant des conditions favorables. Ces principes guident les grandes étapes des parcours des collaborateurs.

Lors du recrutement, nous préférons une sélection basée sur les valeurs et les aptitudes plutôt que sur l’expérience ou les diplômes. A l’ouverture d’un magasin, pour les postes d’employés, nous ne recrutons pas avec le CV mais nous utilisons la méthode de recrutement par simulation (MRS). Reproduisant des exercices analogiques aux postes de travail, cette méthode nous permet d’accueillir tous les profils en valorisant les capacités et les aptitudes individuelles. Dans les magasins déjà en place, nous travaillons étroitement avec des partenaires locaux qui ont des viviers de candidats proches de nos magasins. Ces collaborations associées à notre méthode de recrutement basée sur les valeurs, les aptitudes et la motivation sont une réelle source de diversité des profils chez IKEA et in fine de richesse pour nos équipes.

La promotion interne est une vraie opportunité chez IKEA. Une grande majorité des directeurs de magasins en sont issus. Certains d’entre eux ont même débuté leur parcours chez IKEA sur un poste d’employé. Des « passerelles » sont ouvertes à tous ceux qui le souhaitent. D’ailleurs, en mars, chaque magasin a organisé une « semaine des Talents » pour promouvoir les opportunités, les moyens et les outils à disposition des collaborateurs pour se développer : quels sont les métiers chez IKEA ? Les unités / pays qui recrutent ? Comment préparer un entretien ? En lien avec nos valeurs et notre volonté de donner des responsabilités, cette « semaine des Talents » a été organisée par deux employés sur chacun de nos sites en France.

Formation et valeurs d’entreprise : les facteurs clés de l’épanouissement des collaborateurs

Si notre politique ressources humaines est construite autour de notre conviction que c’est en donnant des responsabilités que l’on fait grandir nos collaborateurs, elle prône aussi l’épanouissement des collaborateurs grâce au développement des compétences et au partage de nos valeurs.

Pour soutenir et développer les compétences de chacun, IKEA a dédié plus de 4% de sa masse salariale à la formation des collaborateurs en 2016, ce qui est bien au-delà du minimum légal de 1,6%. En moyenne, chaque collaborateur a reçu 23 heures de formation, ce qui est un bel investissement. Et la tendance est la même pour 2017 !

Au-delà de ces chiffres, nous avons créé un programme de développement personnel « Mon Leadership ». Pendant 3 jours, les collaborateurs de IKEA ont la possibilité de participer à des ateliers et des échanges entre collègues. Au programme : réfléchir à ce qui les motive, développer des compétences en matière de communication, expérimenter la notion d’engagement et comprendre son influence sur leur propre leadership, partager sur les capacités à travailler ensemble, etc.

Dans l’esprit de IKEA dont nous avons parlé, cette formation est ouverte à tous les collaborateurs, et non seulement aux managers. Au cours de cette première année de déploiement, « Mon Leadership » a accueilli plus de 1 000 collaborateurs sur une douzaine de magasins. Par le biais de ceux qui le facilitent, nous avons reçu des témoignages positifs et divers sur ce programme. Plusieurs de nos collaborateurs nous ont confiés être confortés dans leur choix d’évoluer sur un poste de manager, un autre nous a longuement exposé le changement de son attitude face à une relation difficile avec un collègue. De façon générale, nous sommes très satisfaits des apports concrets de ce nouveau programme, tant sur le plan de la prise d’initiatives facilitée, des relations entre collègues, et de la prise de conscience de leurs potentiels par certains collaborateurs qui souhaitent désormais changer de métier ou évoluer.

Enfin, et la boucle est bouclée, ce sont les valeurs du Groupe qui restent le socle du développement des collaborateurs. En 2016, deux collaborateurs de chaque magasin et de chaque unité se sont rendus en Suède à Älmhult afin de partager sur les valeurs de l’entreprise, nouvellement modernisées par les trois fils du fondateur. Cette première initiative a permis de diffuser, par des collaborateurs et non des managers, l’importance des valeurs. Elle sera renouvelée et permettra chaque année à 80 collaborateurs de l’hexagone d’aller en Suède pour découvrir à leur tour les valeurs de IKEA et d’en devenir les ambassadeurs.

Depuis ses débuts, et à plus forte raison aujourd’hui dans un contexte en évolution rapide, IKEA veut rester agile. C’est pourquoi nous faisons en sorte de donner les moyens à l’ensemble de nos collaborateurs de devenir de réels acteurs du changement. Nous sommes convaincus que le développement de chacun, sur le plan professionnel, mais aussi sur le plan individuel, est vital. Le leadership n’est pas l’exclusivité des managers, nous développons aussi celui de nos collaborateurs car chacun d’entre eux est un leader. Aujourd’hui par exemple, chaque collaborateur peut s’investir dans des groupes de travail qui informent, sensibilisent et mènent des actions en magasin pour ancrer davantage le développement durable dans les pratiques. Ce type d’expérience permet aux collaborateurs de prendre de nouvelles responsabilités et de se développer tout en contribuant à un changement positif. Nous espérons capitaliser sur ces diverses actions et en développer de nouvelles pour le bien-être de nos collaborateurs et de nos clients !

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Quand les entreprises viennent en aide aux personnes les plus fragiles. Le cas de la Fondation THSN / Generali. https://e-rse.net/entreprises-solidarite-personnes-fragiles-fondation-thsn-generali-27100/ https://e-rse.net/entreprises-solidarite-personnes-fragiles-fondation-thsn-generali-27100/#respond Wed, 04 Oct 2017 15:41:11 +0000 https://e-rse.net/?p=27100 Generali lance la Fondation « The Human Safety Net » dans le but de protéger les personnes les plus vulnérables.

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Selon le Shopper Observer Havas Paris 2017, 79 % des Français pensent que les marques ont le devoir d’agir pour la société. Dans les entreprises, ces actions sont très souvent prises en charge par les Fondations qui œuvrent au quotidien pour l’intérêt général. Désormais partie intégrante de nombreux grands groupes, leur rôle évolue cependant d’années en années, en lien constant avec l’environnement de l’entreprise et les nouveaux grands enjeux de notre société.

Prenons dans cet article l’exemple de la Fondation lancée par Generali « The Human Safety Net ». Son objectif ? Une ligne forte : la protection des plus vulnérables. Retour sur le projet avec Marie-Christine Lanne, Directrice de la communication, de l’influence et des engagements sociétaux chez Generali France.

Le métier d’assureur repose sur la mutualisation des aléas au sein d’une communauté humaine : chacun paie une petite part du coût du risque pour que les quelques uns qui en seront frappés puissent bénéficier d’une couverture. Nous avons tenté d’étendre ce principe de mutualité au-delà des personnes qui paient une assurance, de créer un filet de sécurité humain pour qu’une communauté de femmes et d’hommes en aident d’autres à augmenter leur résilience et à sortir d’une situation de fragilité.

Pour cela, « The Human Safety Net » (THSN) est lancé à l’échelle internationale en octobre 2017 par le groupe Generali sous l’égide d’une Fondation. Elle développe des programmes destinés à libérer le potentiel humain de chacune et chacun dans une dynamique d’entraide et de solidarité. 

Augmenter la résilience des personnes les plus fragiles

Pour mener à bien cette mission, les activités de la Fondation THSN comprennent : la protection, l’investissement, la formation et l’accompagnement des personnes les plus fragiles, via 3 grands projets phares, qui ont été sélectionnés parmi plus de 300 projets issus des suggestions des 75 000 collaborateurs du groupe Generali dans le monde.

THSN for families

Aujourd’hui, plus de 8,2 millions d’enfants de moins de 6 ans sont en risque de pauvreté en Europe et 70 % sont en voie de le rester toute leur vie. Or, les 6 premières années de la vie sont celles où les capacités d’apprentissage sont les plus importantes (à l’âge de 3 ans, un enfant a acquis 80 % de la taille adulte de son cerveau).
 Pour répondre à cet enjeu, la Fondation a lancé THSN for families, un réseau destiné à soutenir les familles défavorisées par la création de maisons où les parents de jeunes enfants pourront bénéficier de conseils et d’entraide. Au travers de grandes thématiques comme l’éducation, l’alimentation, les activités sportives… la Fondation va permettre de :

  • Créer des centres dans des quartiers défavorisés offrant des installations, des activités, des formations et des services pour mettre les parents en contact.
  • Lancer des programmes pédagogiques lors de groupes de parole pour parents sur l’éducation des enfants, la nutrition, la gestion des finances familiales.
  • Assister les parents pour mettre en œuvre ce qu’ils ont appris avec leurs enfants lors d’activités sportives, culturelles, etc.

THSN for Refugiee Start Up

En 2015, un demi million de réfugiés et migrants sont arrivés seuls en Europe. Malgré les 350 000 emplois à pourvoir, ils restent pourtant longtemps sans emploi. En effet, les obstacles légaux, linguistiques et culturels empêchent la plupart des réfugiés de révéler leur potentiel. Dans ce contexte, la Fondation a créé plusieurs incubateurs d’entrepreneurs réfugiés afin qu’ils deviennent acteurs de leur avenir en créant leur emploi… et d’autres. En partenariat avec des ONG comme Singa en France, Spark aux Pays-Bas et des incubateurs, Generali va mettre en place des programmes d’accompagnement composés de 3 mois de formation business (avec apprentissage de la langue, études de marché…), de mentorat et d’un accès à des prêts pour démarrer l’activité.

THSN for newborns

Chaque année, environ 30 000 bébés en Europe sont atteints par des asphyxies de naissance, qui causent 5 000 décès.
 Si les équipes médicales ne reconnaissent pas les symptômes ou si les soins sont apportés dans un délai trop long, les bébés peuvent être handicapés à vie. Pour lutter contre ce phénomène, THSN souhaite développer la connaissance des protocoles médicaux qui permettent de remédier aux asphyxies de naissance. Comment ?

  • En fournissant aux professionnels de santé et aux futurs parents des kits d’information et des ressources pour améliorer les diagnostics pré-nataux et les premières mesures d’urgence.
  • En identifiant les technologies et les protocoles médicaux pour des diagnostics précoces et des traitements.
  • En fournissant des protocoles de haute qualité et des appareils pour abaisser la température des bébés et prévenir les lésions d’organes.

La place Saint-Marc à Venise, un lieu de rayonnement pour ces initiatives sociétales

Pour la première fois, une partie du siège historique de Generali, dénommée les Procuratie Vecchie, place Saint-Marc à Venise, sera ouverte au public avec la création d’un centre international dédié à la promotion des initiatives sociétales de la Fondation « The Human Safety Net ».

Ce bâtiment, où Generali est installé depuis juillet 1832, est en cours de remaniement avec l’aide d’un cabinet d’architecture international. Au 2e et 3e étage, un centre de congrès, de conférence et d’exposition sera dédié à THSN. De plus, des espaces de co-working devraient être créés afin d’accueillir des associations sociales et solidaires et des ONG. La terrasse du dernier étage sera également accessible à tous gratuitement.

L’objectif ici est de réenchanter ces locaux uniques au monde, véritable joyau de notre patrimoine immobilier, pour en faire un vecteur de rayonnement de l’action sociétale de Generali, un lieu entre le passé et l’avenir, un lieu de passage, de vie, de débat. Ce centre sera une porte ouverte sur le monde invitant chacun à trouver de l’inspiration, à échanger des idées et à s’engager dans l’action collective.

L’objectif est de faire en sorte que les 30 millions de touristes qui passent par Venise puissent avoir un aperçu des actions de Generali et de ses partenaires, permises grâce à THSN. Avec ce projet, nous souhaitons générer une “onde de choc positive” qui se propage partout où nous opérons.

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Smart Cities : le top 5 des villes intelligentes et durables https://e-rse.net/smart-cities-classement-top-5-villes-intelligentes-durables-27095/ https://e-rse.net/smart-cities-classement-top-5-villes-intelligentes-durables-27095/#respond Tue, 03 Oct 2017 09:36:21 +0000 https://e-rse.net/?p=27095 Smart City : découvrez quelles villes sont au top du classement des meilleures smart cities du monde : ces villes qui allient technologie et durabilité !

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Les Smart Cities sont des villes connectées qui placent l’innovation comme moteur de la ville durable. Ces cités ont pour objectif de concilier l’innovation technologique avec les enjeux économiques, sociaux et écologiques de la ville de demain. Leur leitmotiv est avant tout la qualité de vie : comment mieux vivre ensemble tout en respectant notre environnement.

Alors, quelles villes sont les plus « smart » du monde ? Découvrez le top 5.

5 – Oslo : la capitale Norvégienne connectée

A Oslo, l’accent est mis sur l’éclairage intelligent : 10 000 lampadaires ont été équipés de capteurs permettant d’ajuster la luminosité en fonction des saisons et des besoins en éclairage. L’objectif étant de réduire les consommations d’électricité de 70%.

L’exemple norvégien a inspiré d’autres villes d’Europe qui ont adopté le projet e-street : 11 pays s’engagent pour réduire leurs consommations électriques grâce aux lampadaires connectés.

D’ici 2019, la ville souhaite supprimer l’usage de la voiture en zone urbaine. Pour cela, une ambitieuse politique de mobilité basée sur l’offre de transports en communs a été lancée.

4 – San Fransisco : entre open data et grid renouvelable

Dès 2009, la mairie a mis à disposition des citoyens et des acteurs privés des données municipales en libre-accès. Cette politique de transparence a permis la création de pas moins de 60 applications, conçues pour faciliter la vie des habitants et les informer dans des domaines tels que la santé, la mobilité, la biodiversité.

Déterminée à être une des villes les plus smart du monde, San Francisco s’est doté en 2012 d’un Chief Innovation Officer pour favoriser l’émergence de solutions connectées.

Très engagée dans le domaine développement durable, et notamment le recyclage des déchets, la ville s’est également engagée à ce que la totalité des services municipaux passent à l’électricité 100% renouvelable.

3 – Londres : Smart City en co-construction

Avec l’augmentation croissante de sa population, la ville de Londres est impliquée depuis plusieurs années dans une démarche « intelligente » et durable.

Pour impliquer les citoyens, la ville a mis en place une plateforme « Talk London » qui regroupe toutes les informations utiles pour vivre, travailler, circuler à Londres. Et le site permet aussi de recueillir les avis et les opinions des habitants grâce à des enquêtes et des sondages.

Concernant la mobilité, Londres a été précurseur en instaurant dès 2003 un péage pour les automobiles. La ville a également développé un système d’incitation à la marche : les piétons sont accompagnés tout au long de leur parcours grâce à des bornes interactives. 

2 – Barcelone : un modèle de Smart City

Barcelone est une cité intelligente et avant-gardiste. La ville a créé l’Urban Lab, un laboratoire d’expérimentation à destination des entreprises, leur permettant de tester un projet sur le terrain avec l’appui des services de la ville.

Très connectée, la ville s’est dotée de capteurs pour gérer les éclairages, les espaces verts et les feux de signalisation. Outre la collecte de déchets intelligente afin d’optimiser les déplacements, la mobilité et la circulation occupent le devant de la scène des préoccupations

La ville a été sollicitée par la Banque mondiale pour développer un standard de « Smart City » s’inspirant de son modèle déjà bien avancé.

1 – Singapour : la reine des Smart Cities

Dans une ville où 85% des habitants possèdent un smart-phone, Singapour a lancé un programme Smart nation pour répondre aux enjeux de mobilité, de gestion de l’énergie et d’innovation verte. La ville accueille ainsi le CleanTechPark, qui regroupe des industries vertes et des bâtiments écologiques.

En termes de mobilité, l’objectif est de réduire au maximum l’usage de la voiture : gratuité des transports sur certaines tranches horaires, modulation des tarifs des péages en fonction de la circulation, véhicules autonomes et partage de véhicules électriques.

Pour sensibiliser les citoyens aux économies d’énergie, les factures d’électricité et de gaz mentionnent les consommations moyennes du quartier afin de permettre de « se situer » par rapport aux autres.

La ville-jardin est bien un modèle de ville durable et intelligente !

 

Source : Classement Juniper Research 2016

 

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Des enfants portugais veulent poursuivre en justice les Etats européens sur le changement climatique https://e-rse.net/enfants-portugais-plainte-europe-changement-climatique-27092/ https://e-rse.net/enfants-portugais-plainte-europe-changement-climatique-27092/#respond Tue, 03 Oct 2017 08:58:02 +0000 https://e-rse.net/?p=27092 Des enfants portugais portent plainte contre les Etats européens. Ils veulent faire valoir la responsabilité gouvernements dans les catastrophes liées au changement climatique qui affectent (déjà) leurs vies...

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Suite aux incendies meurtriers survenus au Portugal, plusieurs enfants ont décidé de porter plainte contre les Etats européens pour leur incapacité à lutter efficacement contre le réchauffement climatique.

Cette année, le Portugal a subi les pires incendies de son histoire. Une catastrophe écologique, économique et humaine qui a des conséquences terribles sur certaines populations locales. Or, on sait que ces incendies sont en partie dus au réchauffement climatique.

C’est pour cette raison qu’un groupe d’écoliers portugais a décidé de lancer une action en justice. Son objectif : poursuivre les Etats (européens notamment) qui ont été incapables de se mettre d’accord et d’agir pour lutter contre le réchauffement climatique.

La responsabilité juridique des Etats sur le changement climatique

incendies de forêt changement climatiqueLes incendies qu’ont connu les portugais récemment ont tué plus de 60 personnes et blessé plusieurs centaines d’individus. La région de Leiria en particulier a été sévèrement touchée : les forêts détruites, leur écosystème dévasté, les vies de centaines de personnes bouleversée. Parmi ces vies, celles d’enfants de 5 à 14 ans, scolarisés dans 6 écoles de Leiria. Représentés par des avocats spécialistes du droit de l’environnement et par l’ONG Global Legal Action Network, ils comptent faire valoir leurs droits, et surtout, faire reconnaître la responsabilité des Etats dans la catastrophe climatique en cours.

Pour engager leur actions, ils ont lancé un crowdfunding afin de réunir les frais nécessaires à lancer leur plainte. Près de 23 000 euros doivent être réunis dans un premier temps pour collecter les preuves et construire l’argumentaire de la plainte, et un total de près de 400 000 euros doit être réunis pour lancer définitivement la plainte et la porter devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Leur argument ? Les pays signataires de la CEDH (Convention Européenne des Droits de l’Homme) se sont engagés à protéger les droits universels des Hommes en Europe. En ne luttant pas suffisamment contre le changement climatique, en ne s’engageant pas plus sur la protection de l’environnement, ils faillissent à cet engagement. Car le réchauffement climatique et l’ampleur des dégâts qu’il cause aux écosystèmes et aux populations est une atteinte directe à leurs droits fondamentaux : le droit de vivre, le droit d’espérer au bonheur, le droit à la sûreté.

“Nous menons cette plainte pour s’assurer que les pays signataires de la CEDH s’engagent à réduire plus encore leurs émissions de CO2, et qu’ils le fassent à temps”. Les plaignants et leurs avocats réclament que la Cour Européenne des Droits de l’Homme impose aux Etats signataires qu’ils réduisent vraiment leurs émissions de CO2 et qu’ils s’engagent à sortir des énergies fossiles le plus rapidement possible pour éviter que d’autres catastrophes climatiques de ce type ne se reproduisent.

Poursuive les Etats sur le changement climatique : c’est possible ?

Poursuivre un Etat ou un gouvernement sur son incapacité à gérer la lutte contre le changement climatique, ça s’est déjà vu. En Australie par exemple ou aux Pays-Bas ou encore aux Etats-Unis, certains citoyens ont décidé de déposer plainte contre leur gouvernement pour leur incapacité à s’engager sur des réformes écologiques de fond. Pour l’instant très peu de cas ont abouti. Seuls les tribunaux néerlandais ont pour l’instant donné raison à leurs plaignants sur ce sujet, imposant à leurs pouvoirs exécutifs qu’ils parviennent à une réduction de 25% de leurs émission d’ici 2020 (par rapport aux niveaux de 1990), soit près de 10% de plus que les cibles actuellement engagées.

Juridiquement, tout est possible : si les avocats parviennent à prouver en quoi l’action des gouvernements sur le changement climatique entrave leur capacité à protéger les droits dont ils sont garants en vertu de leur signature de la CEDH, un jugement est possible. Ce serait une première et une véritable révolution juridique, d’autant que c’est la première fois que plusieurs gouvernements sont mis en accusation simultanément face à une cour de justice.

Puisque certains jugements commencent à être prononcés sur cette question, il est dans l’intérêt de tous les citoyens de mener des actions en justice contre leurs gouvernements quand leurs politiques concernant le changement climatique sont insuffisantes. Il faut donc espérer que l’exemple de ces enfants fasse des émules, et que partout dans le monde les citoyens fassent valoir leurs droits à une vraie politique écologique.

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