Les Français croient aux pouvoirs de la consommation locale (étude)

Les Français croient aux pouvoirs de la consommation locale (étude)

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by Pascal Garcia Pascal Garcia
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Impossible d’y échapper ces dernières années… le local, c’est tendance ! Mais celui-ci ne se cantonne plus au panier du consommateur, il s’est étendu à d’autres secteurs comme le tourisme, les médias, la santé, l’énergie ou encore la finance. Et si des solutions locales permettaient de résoudre le désordre ambiant ?

Quel est le potentiel social, économique et environnemental du local ? Quels sont les comportements des consommateurs français en la matière ? Le digital peut-il être une arme au service du local ? Ces questionnements sont au cœur de la nouvelle étude de l’observatoire MesCoursespourlaPlanete intitulée « Les Français, la consommation locale et le digital », réalisée en partenariat avec le groupe SoLocal.  Retour sur les résultats de cette grande enquête nationale avec Pascal Garcia, Secrétaire général et DGA en charge de la Stratégie, des Partenariats et des Relations Extérieures du groupe SoLocal.

Lorsqu’on demande de définir ce qu’est un « professionnel local », 94,5 % des Français désignent un professionnel qui produit/fabrique localement, 91 % un professionnel qui travaille avec des petits producteurs ou artisans locaux et 82 % un professionnel situé à proximité.

La consommation locale, une hyper-tendance de fond chez les consommateurs français

Plus de 8 Français sur 10 voient le local comme un outil pour répondre aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux (cette proportion est plus forte encore chez les 18-29 ans). Pourquoi ? Car la consommation locale permet de réduire les impacts sur l’environnement, d’embaucher et utiliser des ressources locales, et d’aller vers plus de proximité avec les producteurs, plus de transparence, plus de liens sociaux dans les échanges.

D’une consommation locale à « hyper-locale »

Selon les résultats de l’enquête, les Français associent le mot local à la ville : pour 41 % des Français, le local ne dépasse pas l’échelle de la ville ou de l’agglomération.

L’essor du « Made in France » a conquis depuis 2010 de nombreux consommateurs. La tendance de fond devient aujourd’hui encore plus forte puisque les consommateurs français privilégient désormais le « Made in Local ». L’hyper-localisme, c’est à dire le rapprochement de la production au plus près des lieux de vie, est assurément la tendance lourde des prochaines décennies pour les élus, comme pour les entreprises et les marques.

Les « locavores », une niche à fort potentiel de croissance

Selon les résultats de l’étude, près d’un Français sur 4 est un adepte du « localisme ». Mais attention, cette sensibilité est loin d’être la même chez tous les Français. De la consommation très occasionnelle ou systématique, le degré d’engagement reste très variable et segmenté.

En 2017, le noyau dur de cette tendance de consommation représente 23 % des Français âgés de 18 ans et plus. Ces derniers, pour lesquels le local est central dans la vie quotidienne, considèrent la consommation locale comme une réponse multiple aux problèmes de société : emploi, protection de l’environnement, désertification des campagnes, ou encore qualité et traçabilité des produits…

Ces consommateurs d’un nouveau genre représentent une niche à fort potentiel de croissance, susceptible d’intéresser les directions marketing et commerciales, mais aussi les entrepreneurs locaux.

Le « small business » à l’honneur de la consommation locale

Les Français associent de façon très nette le local au « small business » : 94 % des répondants font entrer les « petites entreprises qui produisent localement » et les « petits commerces et restaurants de proximité » dans le champ de l’économie locale, contre seulement 58 % pour les « grandes entreprises implantées à côté de chez eux ».

Les grandes entreprises doivent donc aujourd’hui inventer un modèle localiste au plus près des consommateurs et de leur lieu de vie : micro-franchises commerciales, micro-usines, fablabs, gammes locales, regroupement de PME locales, circuits-courts…

Le digital au service de la consommation locale

L’émergence de la consommation locale intervient au moment même où le numérique s’intègre à tous les aspects de notre quotidien. Est-ce vraiment une coïncidence ? Non, les Français associent assez naturellement local et digital.

Même si les ventes par Internet sont souvent montrées du doigt pour leurs impacts négatifs potentiels sur les commerces de centre-ville, les Français sont plus de 7 sur 10 à penser que le digital peut servir à re-créer du lien entre les consommateurs et les producteurs locaux.

Il devient courant de s’informer ou de consommer local en passant par Internet : plus d’un Français sur 2 a déjà effectué des recherches Internet sur des professionnels de proximité. Le site Internet pagesjaunes.fr arrive en 2ème position des sources d’informations les plus consultées pour consommer local. PagesJaunes a d’ailleurs lancé il y a un an maintenant « Les Ecopros de PagesJaunes », un moteur de recherche qui regroupe des professionnels écoresponsables engagés pour l’environnement, et qui intègre le critère de la production locale pour certains secteurs d’activités. 

Les résultats de notre enquête démontrent que, loin d’illustrer un repli sur soi, la tendance est à un « néo-localisme » ou « localisme ouvert » mêlant comportements de consommation ultra-localistes et utilisation d’outils numériques globalisés. Retrouvez l’intégralité de l’enquête et consultez l’infographie pour en découvrir les principaux résultats.

 

Crédit photo : Consommation locale sur Shutterstock.