Cette start-up fabrique des couches écologiques avec… des méduses !

Cette start-up fabrique des couches écologiques avec… des méduses !

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by Clément Fournier Clément Fournier
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Fabriquer des textiles absorbants et écologiques à base de méduses ? C’est possible et c’est ce que propose une start-up prometteuse et green !

Vous vous en êtes forcément rendu compte : les méduses envahissent nos plages. Chaque année, elles sont de plus en plus nombreuses, elles s’échouent sur nos plages de plus en plus souvent, et perturbent les baigneurs. Mais ce n’est pas tout : les méduses sont devenues au fil du temps un véritable fléau écologique : ce sont des espèces qui n’ont pratiquement pas de prédateurs, qui envahissent les océans partout dans le monde et perturbent les écosystèmes. En effet, les méduses empêchent les autres espèces de se reproduire normalement, elles détruisent progressivement les populations de phytoplancton (celles qui produisent l’oxygène que nous respirons et absorbent le CO2), elles créent des déchets carbonés… En résumé : elles pullulent tellement qu’elles mettent en danger les écosystèmes naturels et les autres espèces.

Mais une start-up a peut-être trouvé une solution à ce problème… et à celui de l’impact environnemental des textiles absorbants. Vous ne voyez pas le rapport ? Alors découvrez la start-up Cine’al.

Lutter contre l’invasion des méduses pour faire du textile écologique

textile medusesCette start-up basée à Tel Aviv veut croire que les méduses ne sont pas qu’un fléau, mais aussi une ressource ! Les méduses sont composées de matières hautement absorbantes (elles sont constituées de 90% d’eau), matières qui pourrait être utile dans de nombreuses industries. Shachar Richter, professeur en sciences des matériaux, a donc eu l’idée de tester cette matière pour une utilisation dans des biens de consommation. Après plusieurs années de recherche, il parvient à développer un matériau, qu’il appelle “hydromash”, à partir des cellules de méduses retrouvées échouées sur les plages.

D’après les tests mis en place par Richter, l’hydromash aurait une capacité d’absorption plus importante que la plupart des textiles à base de papier ou de coton qui sont utilisés aujourd’hui : papiers absorbants, couches pour bébé, serviettes hygiéniques ou encore serviettes de bain… C’est ce constat qui a mené à la création de la start-up Cine’al, qui fabrique aujourd’hui ce type de produits à partir de méduses !

Des couches écologiques en méduse : comment ça marche ?

Les méduses, dans un premier temps récupérées sur les plages, sont séchées puis réduites à une matière fibreuse, naturellement anti-bactérienne et flexible. Cine’Al prétend même que les propriétés anti-bactériennes et biologiques de cette matière permettrait de protéger la peau et de la faire cicatriser plus rapidement. Avec cette matière, la compagnie fabrique toutes sortes de textiles : couches, bandages et pansements, serviettes…

Selon l’entreprise, le produit cumule les avantages : il permet d’utiliser une matière première facilement renouvelable (compte tenu du taux de reproduction des méduses), il permet de lutter contre le développement de cette espèce invasive, et surtout, il est constitué d’une manière biodégradable, naturelle. Si le processus est reproductible à une échelle plus grande, cela pourrait permettre de réduire drastiquement l’impact environnemental des couches jetables, qui, on le sait, est extrêmement fort.

L’idée de cette start-up ouvre aussi la voie à de nouvelles utilisations : avec ces méduses, on pourrait fabriquer du papier sans avoir à déforester, ainsi que toutes sortes de produits textiles et de matériaux souples.

cineal-company-page-2Une initiative à garder à l’oeil

C’est donc une initiative intéressante pour toutes sortes de raisons écologiques. Mais comme toutes les inventions de ce type, il faut garder à l’esprit que l’innovation n’est pas toujours synonyme de progrès. Pour savoir si de tels produits sont vraiment écologiques, il faudrait étudier leur impact sur le long terme, tout au long de leur cycle de vie. Quelle énergie est nécessaire au séchage et à la fabrication de la matière ? Dans quelles conditions seront récoltées les méduses, avec quels types de filets si elles le sont en pleine mer ? Quels sont les additifs qui sont utilisés dans la fabrication de la matière première et comment celle-ci est-elle utilisée une fois produite ?

Toutes ces questions sont fondamentales pour comprendre vraiment l’impact de ces nouveaux produits. Mais si les promesses de l’entreprise se confirment, cela pourrait créer tout un nouveau secteur économique, centré autour des méduses et des ressources qu’elles peuvent procurer. Déjà qu’il y a peu on vous conseillait de manger des méduses pour protéger l’océan, on voit que ces cnidaires deviennent peu à peu une vraie mine d’or pour l’écologie et l’économie circulaire !

 

Crédit image : méduses sur Shutterstock, jellyfish sur Shutterstock