Quelles Transformations de l’Emploi à l’heure de la Révolution Numérique ? La réponse avec le…

Quelles Transformations de l’Emploi à l’heure de la Révolution Numérique ? La réponse avec le « Digital Society Forum » d’Orange

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by Thierry Taboy Thierry Taboy
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Selon une enquête BVA/Orange, 7 actifs français sur 10 affirment que le numérique a déjà transformé leur métier. Ce chiffre a servi de base de réflexion lors du dernier « Digital Society Forum » organisé par Orange, en février dernier, au Musée de l’Homme à Paris sur le thème « Numérique et Emploi ». Retour sur cette matinée de réflexion et d’échanges avec Thierry Taboy, Directeur des enjeux sociaux et sociétaux à la direction RSE du Groupe Orange, et notamment sur le point de vue des jeunes étudiants et actifs présents lors de la conférence.

Qu’est–ce que le « Digital Society Forum » d’Orange ?

Le « Digital Society Forum » (DSF) est une plateforme collaborative ouverte destinée à donner des clés de compréhension au plus grand nombre, pour mieux appréhender les grandes questions sociétales actuelles. L’objectif : permettre à chacun de se faire sa propre opinion.

Créé en 2013, cet espace réunit de nombreux profils (allant de l’étudiant, au professionnel), autour d’échanges informels. Ces rencontres ont pour but de proposer, à partir des expériences de chacun, des pistes d’action pour s’adapter aux changements en cours de notre société.

Ce projet, initié par Orange, Psychologies Magazine et la FING (Fondation Internet Nouvelle Génération), repose sur une approche collaborative et participative et se traduit par différents événements :

  • Des tables rondes d’experts ;
  • Des rencontres et ateliers ouverts à tous ;
  • Des événements en ligne (forum de discussion, etc.).

 

Ces différentes contributions forment un véritable corpus publié ensuite sur le web, avec toujours une place laissée aux controverses.

Les grands thèmes évoqués lors de ces événements correspondent aux grands enjeux actuels (famille connectée, citoyenneté, consommation collaborative, santé, etc.). Début février, le « Digital Society Forum » s’est penché sur la question du numérique et de l’emploi. Retrouvez l’intégralité du Forum Numérique et Emploi.

« Numérique et Emploi » : une problématique sociétale plus que jamais d’actualité

Quelles sont les conséquences de la révolution numérique sur l’emploi ? Le numérique crée-t-il des emplois ou en détruit-il ? Comment faire en sorte que cette révolution soit harmonieuse ? Comment l’accompagner ?

Pour répondre à ces questions, 7 intervenants étaient présents autour de la journaliste Ruth Elkrief, animatrice du débat :

  • Stéphane Richard, PDG d’Orange ;
  • Philippe Aghion, économiste et professeur au Collège de France ;
  • Sébastien Bazin, PDG d’Accor Hotels ;
  • Georges Plassat, PDG de Carrefour ;
  • Augustin Landier, Professeur d’économie à la Toulouse School of Economics ;
  • Céline Lazorthes, PDG de Leetchi ;
  • Frédéric Mazzella, PDG de Blablacar.
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© Stéphane Foulon

Pour l’occasion, en plus des dizaines d’experts venus assister en direct à la table ronde, des étudiants et jeunes travailleurs étaient également présents pour la retransmission dans un amphithéâtre voisin.

Orange DSF Jeunes

© Stéphane Foulon

Focus sur quelques points à retenir de cette table ronde :

Du côté des grands groupes, les transformations liées au numérique sont comprises des dirigeants. Elles doivent cependant faire face aux problématiques typiques des grandes structures, comme la gestion pyramidale qui a tendance à freiner le changement. Pour pallier à cela, les grandes entreprises ont compris la nécessité de partager les savoirs, de s’écouter et ainsi de mettre en place une intelligence collective.

Orange-DSF-Pyramide

Pour les structures plus petites et plus récentes, l’enjeu est perçu différemment car celles-ci sont nées en plein cœur de cette révolution. Le numérique fait donc partie de leur ADN même si leurs dirigeants (ici Céline Lazorthes et Frédéric Mazzella) se sentent parfois déjà dépassés et comptent sur les plus jeunes.

Les échanges ont ainsi dérivé sur un débat de génération. En reconnaissant que les dirigeants ne peuvent pas être au courant des dernières tendances, Sébastien Bazin (PDG d’Accor Hotels) présentait son « Shadow comex » d’une douzaine de jeunes conseillers de 25 à 35 ans venus pour transformer le regard du comité actuel.

Orange-DSF-Shadow-Comex

Deuxièmement, la question de la formation a longuement été débattue. Tous se rejoignent sur un point : la formation est inévitable, quelle soit initiale (dans les écoles) ou continue (en entreprise). Selon l’enquête BVA/Orange, 74% des actifs français considèrent que la solution la plus efficace pour s’adapter aux changements induits par le numérique est le suivi de formations. La formation doit permettre de s’adapter tout au long de son parcours, de favoriser l’égalité des chances et de lutter contre la stigmatisation.

Orange-DSF-Code

A noter l’intervention de Joël de Rosnay (essayiste et prospectiviste) pour qui « nous sommes passé dans un écosystème numérique, dans lequel les « millenials » (ceux qui avaient entre 5 et 10 ans en l’an 2000) disposent d’outils numériques, et de carnets d’adresse. Ils sont déjà dé-hiérarchisés, ils sont déjà dans la société fluide. « Ils ne sont plus SUR internet mais DANS internet » en quelque sorte. C’est ainsi qu’ils créent de nouveaux emplois de free-lancer, d’auto-entrepreneur et de slashers ». Avec comme corollaire la problématique de la surinformation et de la gestion du temps.

Enfin, la question de la pause numérique a également été évoquée. Pour Stéphane Richard, cette question de la pause numérique et du « droit à la déconnexion » est une immense question. « L’effacement des frontières entre travail et loisir peut apporter des avantages mais peut aussi jouer en défaveur de l’individu. Il faut porter une attention particulière sur deux populations : les jeunes et le monde du travail. La digitalisation à outrance peut recréer de la souffrance. Il faut absolument garder un équilibre entre la vie numérique et d’autres choses ».

Après la table ronde, place aux questions de la salle

Une fois la conférence terminée, Stéphane Richard (CEO Orange) a rejoint l’amphithéâtre voisin où se trouvaient des étudiants et jeunes travailleurs impatients d’entendre « des dinosaures parler du numérique » (sic) !

Orange-DSF-Questions-Salle

A cette occasion, Stéphane Richard a rappelé la politique volontariste d’Orange en faveur de l’apprentissage, de l’alternance et du recrutement des jeunes avec la prise en compte de plus en plus nécessaire des diplômes du numérique. Un enjeu intégré à la mutation digitale du Groupe dans son organisation et ses métiers.

Atelier participatif : quels sont les grands enjeux perçus pour notre avenir ou celui de nos enfants ?

Le « Digital Society Forum » ne se veut pas être un détenteur de vérité. Sa vocation est d’interpeller et de soulever des questions. Ainsi, après 2 heures d’échanges, Orange a démarré un atelier participatif. La règle est simple : par groupe de 4, les jeunes avaient 15 minutes pour répondre à la question suivante : « Emploi et numérique : quels sont les 3 grands enjeux que vous percevez pour votre propre avenir ou celui de vos enfants ? ».

Une cinquantaine d’idées sont ressorties de cet atelier et peuvent être classées en 6 grandes catégories : la formation, l’organisation du travail, la culture, la sécurité, l’autonomie et le lien social.

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Voici un échantillon de 6 enjeux évoqués par les jeunes actifs :

  • Permettre aux salariés d’accéder aux connaissances libres, gratuites et continues que propose Internet, durant le temps de travail ;
  • Revoir la définition de travail : aujourd’hui, nous ne sommes plus travailleur ou chômeur), le travail peut également comporter une implication dans des ONG, des activités entrepreneuriales, etc. ;
  • Refondre le système éducatif pour favoriser un accès au numérique pour tous (à toute âge et toutes conditions sociales, etc.) ;
  • Favoriser l’autoformation par le numérique (MOOC, applications, serious game, etc.) ;
  • Refondre les liens entre les salariés en revoyant le rapport au travail (remise en cause du salariat classique, de la hiérarchie, fin du « salariat/fonctionnariat ») ;
  • Responsabiliser les individus afin qu’ils gèrent mieux leurs données personnelles mais en les incitant à partager leurs savoirs (leurs donnés, leurs réflexions, leurs idées. On voit apparaître ici la notion d’ « open data » ;
  • Favoriser une diffusion intergénérationnelle de la culture du numérique malgré des modes d’appropriation différents afin d’éviter la fracture numérique ;
  • Permettre d’« apprendre à apprendre ». Plus tard, nous n’aurons pas qu’un seul métier au cours d’une vie, d’où la nécessité de se renouveler, de s’adapter.

 

Comme après chaque événement du « Digital Society Forum », un corpus reprend les différentes contributions (vidéos, photos, podcasts, etc.) mais ouvre également le débat avec de nombreux autres articles sur le sujet. Retrouvez le corpus « Numérique et emploi » sur le site du forum.

Vous souhaitez vous aussi réfléchir sur les grands enjeux de notre société, tout cela de façon collaborative, inscrivez-vous au « Digital Society Forum » pour suivre l’actualité du forum et être invité aux prochaines rencontres.

Orange-DSF

 

  • patientedix

    Très intéressant.Le numérique n’est toujours pas enseigné à l’école et au lycée.Mais plus grave iIl ne fait pas partie des compétences évaluées pour l’accès aux études supérieures; ainsi de nombreux jeunes très doués mais pas “scolaires” se retrouvent sur le ban de touche et finissent hackeurs, à moins qu’ils n’aient pu aller à l’étranger….