10 espèces sauvages qui vont disparaître à cause du changement climatique

10 espèces sauvages qui vont disparaître à cause du changement climatique

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Quelles sont les espèces naturelles les plus menacées par le changement climatique ? Petit tour d’horizon avec 10 animaux ou végétaux qui auront la vie dure avec la montée des températures.

Nous sommes entrés dans une nouvelle ère d’extinction de masse. C’est en tout cas ce que les spécialistes de la biodiversité concluent à la lumière des taux de disparition d’espèces naturelles constatées partout dans le monde. Ainsi, on sait que depuis 20 ans, la Terre aurait perdu environ 10 % de ses espèces sauvages, et ce notamment à cause de la pollution et du réchauffement climatique.

Parmi les espèces menacées, on entend souvent parler du rhinocéros, du panda ou encore des baleines. Ces grands animaux emblématiques servent depuis longtemps de vitrine à la lutte pour la protection de la biodiversité. Mais il y a d’autres espèces, moins connues, qui risquent également de disparaître très rapidement à cause du réchauffement climatique. Voici les 10 espèces les plus à risque dans les prochaines années.

10 – La bécasse de Baird

Ce petit oiseau vivant notamment dans l’Est de la Sibérie et dans le Nord du continent américain est aujourd’hui loin d’être menacé d’extinction. Il est d’ailleurs considéré par l’UICN comme une espèce dont le statut est peu préoccupant. Toutefois, le changement climatique pourrait changer la donne. En effet, avec l’augmentation des températures, ces oiseaux ont tendance à se reproduire plus tôt. Résultats ? Les petits naissent trop tôt dans la saison, et surtout, ils naissent avant que la population d’insectes qui leur sert de nourriture ne soit renouvelée. Ces oiseaux, souvent mal nourris durant leur croissance, ont de faibles chances de survie à l’âge adulte… Et malheureusement, cela pourrait contribuer à réduire de façon importante la population de cette espèce dans les prochaines décennies…

9 – L’Iiwi Hawaïen

Ce petit oiseau rouge originaire d’Hawaï est le dernier représentant vivant connu du genre Vestiara. Cette espèce est spécifique aux îles hawaïennes et ne se trouve nulle par ailleurs dans le monde. Ces oiseaux ont déjà vu leur population diminuer largement à cause de l’activité humaine et de la déforestation qui détruit une partie de son habitat. Mais c’est bien le réchauffement climatique qui met actuellement en péril la survie de cet oiseau. En effet, depuis 2 siècles, la population d’Iiwi est menacée par la diffusion de maladies transmises par les moustiques, notamment le paludisme aviaire et la grippe aviaire.

Jusque là, les Iiwi étaient parvenus à se maintenir en nichant de plus en plus en altitude (surtout au dessus de 1200 m, là où se situe son habitat naturel). Le froid des zones d’altitude empêchait en effet les moustiques de s’y développer. Mais, plus les températures de l’atmosphère augmentent, plus les moustiques parviennent à se déplacer en altitude… et ils envahissent désormais l’habitat de l’Iiwi. Des programmes de réintroduction et de protection ont d’ores et déjà été mis en place, mais ils ne pourront hélas pas protéger cet oiseau rare contre les épidémies transmises par les moustiques.

8 – La Lobelia géante africaine « deckenii »

Voici une espèce végétale… une sorte de grande plante faisant penser à un savant mélange entre un cactus et un palmier, et qui pousse dans les montagnes orientales de l’Afrique. Le problème est qu’elle ne se développe que dans un climat spécifique : frais et relativement humide. On trouve ce climat dans les montagnes de l’Est africain, comme le Kilimandjaro ou le mont Kenya. Avec le réchauffement climatique, ces plantes doivent pousser de plus en plus en altitude pour pouvoir survivre… Et malheureusement, si les températures montent trop, elles ne pourront plus trouver d’espace adapté. Les études estiment que d’ici 2080, 3 à 4% de leur espace naturel actuel sera encore vivable pour elles. 

Elles sont donc extrêmement menacées.

7- Melomys rubicola : le rat de Bramble Cay

Il a fait la une des médias en 2016 car il est probablement le premier mammifère dont l’extinction est attribuable au réchauffement climatique. Ce petit rongeur vivait dans un habitat très spécifique, proche des barrières de corail des îles du Détroit de Torrès, au Nord de l’Australie. Hélàs, avec la montée des eaux, son habitat s’est réduit. La dernière fois qu’un membre de cette espèce a été aperçu, c’était en 2009. L’année dernière, l’UICN a considéré qu’il était très probablement éteint, bien que les chercheurs espèrent que certains individus puissent encore exister en Papouasie Nouvelle Guinée.

6 – Azuré bétique, le papillon bleu de la Sierra Nevada

Ce petit papillon, dont le mâle est bleu et la femelle brune, est caractéristique de la Sierra Nevada en Espagne. Une bonne partie de son habitat a déjà été détruit par les activités humaines (notamment l’exploitation des pâturages et l’installation d’une station de ski en plein milieu de son écosystème). Mais la plus grande menace pour cet insecte est le changement climatique. En effet, la montée des températures et la multiplication des sécheresses l’incite à monter plus haut en altitude lui aussi. Le problème, c’est que dans ces écosystèmes, il ne trouve pas de quoi se nourrir… et risque donc l’extinction.

Bien sûr, il ne s’agit pas d’un ours polaire et sa disparition soulèvera sans doute moins les foules que celle d’un grand mammifère. Sachez tout de même qu’avec les abeilles, les papillons sont les principaux vecteurs de pollinisation. Leur disparition amène donc généralement avec elle la disparition des plantes endémiques des écosystèmes concernés.

5 – Les tortues de mer

Cet animal emblématique pour tous les amoureux de la mer pourrait bien lui aussi subir le réchauffement climatique. Pour deux raisons : d’abord la montée des eaux et les perturbations du climat contribuent à détruire son habitat et ses zones de reproduction. En effet, on sait qu’avec le réchauffement climatique, la surface de plages diminue. Si l’on ajoute à cela la multiplication des évènements météorologiques extrêmes qui détruisent et érodent ces plages, il ne reste plus grand chose aux tortues pour se reproduire.

Mais le problème est aussi lié à la température. Les chercheurs ont constaté que lorsque les tortues pondent leurs oeufs dans un sable plus chaud, deux phénomènes se produisent. D’abord, une plus large portion des oeufs n’arrive pas à maturité et ne donnent pas de petits. Mais même pour ceux qui parviennent à éclore, les chercheurs ont constaté une augmentation significative de la proportion de bébés tortues…. femelles ! Plus il fait chaud, plus la ponte est complexe, et plus elle donne de femelles. Avec le temps, les chercheurs estiment que ces deux facteurs conjugués pourraient mener à la disparition de l’espèce, dont on sait que la période de reproduction est déjà menacée.

Et il faudrait encore ajouter à cela toutes les transformations que leur écosystème subit : acidification, disparition des coraux, pollution et plastiques… Bref, les tortues de mer n’ont pas de beaux jours devant elles.

4 – Le manchot d’Adélie

L’une des rares espèces de manchot de l’Antarctique voit aussi son habitat transformé par le changement climatique au point qu’il devient difficile pour lui d’y survivre. On estime que 80% de la population a disparu depuis les années 1970. Les chercheurs estiment également que, d’ici 2100, 60 % de l’habitat actuellement vivable pour le manchot d’Adélie pourrait être inhabitable. Plusieurs raisons expliquent ce phénomène : la disparition de leurs proies, la fonte des glaces, la perturbation des périodes de ponte… Les populations pourraient survivre en migrant plus au Sud, mais personne ne sait combien de temps ce refuge pourra permettre de sauver les manchots d’Adélie.

3 – Phalanger lémurien blanc

Ce marsupial australien est extrêmement mignon… et extrêmement menacé. Il ne vit que dans certaines forêts tropicales des pentes du Mont Lewis, notamment autour des forêts de Daintree. Hélàs, il ne peut pas survivre plus de quelques heures à des températures supérieures à 30°C. En 2005, une vague de canicule a tué presque toute la population… ce qui a poussé les scientifiques a déclarer l’espèce éteinte. Heureusement,  4 ou 5 individus adultes ont été aperçus en 2014, ce qui laisse l’espoir de pouvoir préserver la population. Toutefois, avec l’augmentation des températures, ces petits animaux risquent de ne plus avoir nulle part où survivre.

2 – Le phoque annelé

Cette espèce de phoque ne vit que dans le Nord de l’Antarctique. Sa survie dépend essentiellement de la qualité et de la quantité des glaces. En effet, en période de reproduction, ces phoques creusent dans la glace des terriers où ils protègent leurs petits. Le problème est, qu’avec la fonte liée au réchauffement climatique, il y a de moins en moins d’endroit où les phoques annelés peuvent se reproduire et protéger leur progéniture. De plus, la fonte entraîne des ruptures dans la glace qui séparent fréquemment les petits de leur mère. Et ils sont incapables de survivre seuls.

Résultats, la population diminue. En 2007, la population du Svalbard en Norvège était pratiquement inexistante alors qu’elle grossissait auparavant de plusieurs centaines de nouveaux individus chaque année. Et comme le phoque est la principale proie de l’ours polaire, sa disparition devrait aussi inquiéter pour la survie des grands ursidés de l’Antarctique.

1- Le corail corne de cerf et les autres coraux

Enfin, le corail est bien entendu l’une des espèces les plus menacées par le réchauffement climatique. La montée des températures, l’acidification des océans et la pollution contribuent à détruire ces cnidaires uniques au monde. Mais ces coraux ne sont pas seulement une espèce menacée, ils sont le coeur d’un écosystème entier, aussi riche que les forêts tropicales en termes de biodiversité. Et si ces coraux disparaissent, ce sont bien entendu toutes les espèces qui dépendent de cet écosystème qui sont menacées à terme. Il s’agit donc des poissons endémiques, des végétaux, des planctons… Bref, de toute cette biodiversité qui fait la richesse de la mer.