Les 10 Tendances de la RSE qui ont Marqué 2015

Les 10 Tendances de la RSE qui ont Marqué 2015

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L’année 2015 touche bientôt à sa fin et il est temps de faire le bilan des tendances et des avancées de la RSE cette année. Entre la COP21 et l’économie collaborative, quels sont les enjeux RSE qui ont marqué 2015 ? Voici notre top 10 !

1- Le climat et la COP21

Avec la COP21 en décembre 2015, toute l’année, les entreprises ont orienté leurs actions et leurs discours RSE sur la question du climat. Difficile de passer à côté de ce phénomène. De nombreuses entreprises, partout dans le monde, se sont ainsi engagées à agir plus et plus vite sur le climat, en réduisant leurs émissions de gaz à effet de serre notamment. Sur e-RSE.net, nous avons d’ailleurs interrogé les grandes entreprises françaises sur leur politique vis-à-vis du climat, et elles ont répondu, en vidéo.

Difficile de tirer un bilan de cette tendance de fond. Beaucoup d’engagements ont été prononcés, reste à voir s’ils seront tenus dans les années à venir et si les entreprises seront capables de mener une politique efficace vis-à-vis du climat.

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2- L’impact économique et social

Autre tendance forte cette année dans les départements RSE : la question de l’impact économique et social. On observe que cet enjeu est de plus en plus important pour les Français, qui attendent des entreprises qu’elles participent au développement économique et social local. La question du Made in France, du développement local et du tissu économique a donc été prépondérante en 2015.

Si la question est un peu passée à la trappe côté entreprises (à cause de l’agenda climatique), certaines ont tout de même mené des réflexions sur leur impact économique local, comme Heineken ou Baluchon.

3- Le bien-être au travail

Enjeu numéro 1 de la RSE selon les salariés, les conditions de travail et le bien être au travail ont été un gros sujet de préoccupation cette année. Glassdoor, site internet permettant aux salariés de noter les conditions de travail dans leur entreprise, s’est d’ailleurs lancé en France et annonce déjà vouloir devenir le 1er site de recrutement en France.

Après un débat à l’Assemblée Nationale en mai dernier sur le problème du burnout, le stress au travail (et ses conséquences pour la santé) est devenu un sujet de préoccupation dans toutes les entreprises. Télétravail, utilisation du digital… De nombreuses entreprises ont commencé à réfléchir à de nouvelles manières d’envisager le travail pour répondre au problème du bien-être au travail.

4- L’engagement des salariés et le management responsable

Les nouvelles formes de management ont également fait irruption dans les entreprises. Management participatif, suppression ou refonte des hiérarchies, entreprises libérées… les entreprises ont cherché à mieux gérer leurs salariés, à leur permettre de plus s’investir dans leur stratégie de RSE.

Il reste toutefois du chemin à parcourir puisqu’aujourd’hui, 85% des salariés souhaiteraient pouvoir s’investir davantage dans la démarche RSE de leur entreprise.

5- Le Big Data, le digital et la génération Y

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Le monde évolue, les entreprises aussi. L’avènement du digital s’est ressenti jusque dans les départements RSE : les reporting 100% digitaux, l’utilisation du digital dans les stratégies de ressources humaines, ou dans la lutte contre le réchauffement climatique

Le digital est partout et notamment grâce à l’arrivée de la Génération Y sur le marché du travail, qui bouleverse beaucoup de codes.

6- La supply chain

Au cours d’une année dédiée au climat, difficile de ne pas parler de la supply chain, qui est désormais une priorité RSE pour les grandes entreprises. Mieux gérer leurs ressources (notamment les ressources rares), mieux gérer leurs fournisseurs, et à l’autre bout de la chaîne, le recyclage et l’économie circulaire. Tout cela est devenu un enjeu crucial pour les entreprises.

Mais la supply chain a aussi été un enjeu social puisque la question des droits de l’homme dans la chaîne de production, et celle du devoir de vigilance des sociétés mères ont donné lieu à une proposition de loi. Si elle est votée en commission, la loi devrait obliger les grandes entreprises françaises à contrôler le respect des droits de l’homme sur l’ensemble de leur chaîne d’approvisionnement.

7- La communication responsable

D’après le Baromètre des Enjeux RSE de 2015, l’une des préoccupations des entreprises en matière de RSE est désormais la communication. Comment diffuser son message ? Comment informer ses parties prenantes ? Comment parler de sa RSE ? De plus en plus d’entreprises semblent s’interroger sur cette question.

Ces 100 entreprises les plus engagées sur les médias sociaux sur les sujets RSE ont déjà montré l’exemple, reste à savoir si la pratique va se généraliser.

8- Les nouveaux labels : les B-Corps

Cette tendance nous est venue des Etats-Unis (comme souvent en matière de RSE). En France, on avait déjà le Label Lucie, désormais il faudra aussi compter sur les B-Corps, un nouveau label d’entreprises actives en matière de RSE, qui ne veulent pas être les meilleures de la planète, mais les meilleures pour la planète.

B-Corp fait de plus en plus d’émule et commence à se développer en Europe, notamment en France où plusieurs entreprises ont été labellisées ces dernières années. Alors le label est il l’avenir de la RSE ?

Le Label B-Corp
Les B-Corporations : meilleures pour le monde

9- Les « nouvelles économies » : l’ESS et l’économie collaborative

Économie collaborative, économie sociale et solidaire… Deux phénomènes distincts mais avec au moins deux points communs : ils remettent les individus au coeur du processus économique, et ils ont bousculé en 2015 les pratiques des entreprises.

L’économie collaborative a déferlé sur le secteur privé cette année, notamment avec la polémique autour d’Uber. La tendance a été forte au point que l’on s’est posé la question : l’économie collaborative est-elle la prochaine révolution industrielle ? Toutes les entreprises vont-elles devoir passer par « l’ubérisation » pour remettre l’humain au centre de leur business model ?

L’ESS, en plein boom en France, pousse aussi les entreprises à s’interroger sur leurs modèles. Cela va-t-il durer ? Les prochaines années le diront sans doute.

10- La diversité au travail

Enfin, on s’est aussi posé la question de la diversité au travail. Comment employer plus de jeunes ? Comment gérer la question du handicap au travail ? Comment assurer l’égalité hommes-femmes au travail ? Comment intégrer les jeunes dans l’entreprise ? Les choses progressent donc peu à peu, mais il reste du travail dans ce domaine.

 

Et pour vous, quelles tendances ont marqué l’année ?

  • La gouvernance :
    En arrière-plan des 10 tendances que vous soulignez, c’est l’évolution de la manière dont les composantes de la société s’organisent autour de ces projets qui donne confiance. La COP 21 en a donné un exemple, le politique évoque des majorité d’idées et sans doute demain d’action. Le collectif réapparaît sans effacer l’individu, il se connecte au global de manière nouvelle. Est-ce le signe d’une tendance de fond qui annonce une réorganisation de notre organisation sociale et de notre manière d’appréhender le monde ?

  • missmerline

    Bonjour, cet article permet de faire le tour des sujets qui ont davantage compté cette année, en cela il est intéressant. Le modèle des associations et entreprises de l’ESS est en effet à étudier de près pour les entreprises de l’économie « classique ». Aujourd’hui, majoritairement, elles tissent des partenariats économiques et de services avec l’ESS, mais cela n’influence pas encore (ou peu) leur pratique. La communication « responsable » est aussi à double tranchant, il faut avoir une belle maturité en RSE, et bcp de profondeur dans sa démarche pour se lancer, sinon gare aux retours de bâtons des parties prenantes notamment, qu’il ne faut pas seulement « informer » mais associer pour justement « co-construire ».
    En revanche, je ne vous suis pas sur l’uberisation qui remettrait l’humain au centre des business model. Uber utilise l’humain comme une ressource interchangeable, uniformisée, normant la relation entre le client et le chauffeur dont le symbole est cette berline sombre au vitre teintée, confortable et aseptisée. L’humain est ici un élément du BM au même titre que sa voiture et la présence de la petite bouteille d’eau. Je pense qu’il y a meilleur exemple pour parler d’économie collaborative. Pourtant, je note que l’arrivée du service Uber a changé le contact avec les taxis traditionnels, une évolution positive de leur mode relationnel (bon, pas toujours vrai, mais il y a du mieux;)
    Pour que la RSE soit réelle, il me semble que l’on doit veiller à ce que toutes les nouvelles initiatives économiques portent dès leur création les valeurs de la RSE. Et en croisant nouvelles formes d’entrepreneuriats et respect des enjeux sociaux, sociétaux, environnementaux on pourrait imaginer que cela génère une rénovation des pratiques des entreprises « historiques » par goût du challenge et de la compétition? Merci pour votre site!