Accompagner les salariés réservistes : une action de RSE aux multiples avantages

Accompagner les salariés réservistes : une action de RSE aux multiples avantages

Lisibilité

Soutenir l’engagement des collaborateurs dans la réserve militaire est bénéfique à plus d’un titre. Par ailleurs, ce soutien peut s’inscrire dans une démarche de RSE. Géraldine Fort, Déléguée générale de l’Orse fait le point sur cette initiative et sur ses atouts.

Afin de répondre à un engagement croissant des citoyens volontaires pour protéger et défendre la Nation, notamment à la suite des attentats de Paris et Nice, la garde nationale a été créée en octobre 2016. Elle regroupe l’ensemble des réservistes sous contrat des armées, de la gendarmerie et de la police, provenant de tous secteurs, horizons et profils.

En octobre 2017, un an après sa création, la garde nationale comptait 70 000 réservistes. Celle-ci reçoit aujourd’hui en moyenne près d’une soixantaine de candidatures quotidiennes. Les femmes y sont aussi représentées : la garde nationale compte 20 % de femmes (contre 17 % au sein du ministère des Armées). Aujourd’hui 62 % des réservistes sont salariés. Cet engagement significatif est donc à prendre en compte par les entreprises, d’autant plus qu’il s’inscrit dans une démarche de RSE.

Accompagner ses salariés réservistes : une démarche à valoriser dans la stratégie RSE

Les salariés réservistes ne mentionnent pas toujours leur engagement à leur employeur : ils prennent souvent sur leur temps libre ou leurs congés pour mener à bien leur engagement citoyen. Or, entreprise et salariés réservistes gagneraient beaucoup à dialoguer sur cet engagement. La notice du décret n°2017-1265 du 9 août 2017 sur le reporting extra-financier inclut l’engagement dans la réserve comme un sujet de RSE. Pour une entreprise ou une administration, le soutien à la garde nationale répond en outre à plusieurs objectifs et normes en termes de développement durable et d’engagement sociétal (et notamment de la norme ISO 26 000 relative à la responsabilité sociétale).

Les salariés réservistes sont d’ailleurs de véritables « piliers RSE » de l’entreprise. Les valeurs qu’ils servent dans le cadre de leur engagement et les savoirs-être et compétences acquises ou renforcées pendant leurs périodes d’activité militaire (esprit d’équipe, cohésion, loyauté…) sont bénéfiques pour la vie en entreprise.

Crédit image : http://www.gouvernement.fr/garde-nationale

Faisant preuve de souplesse et d’adaptabilité, autant que de rigueur et de fiabilité, le salarié réserviste peut être un véritable transmetteur de ces valeurs en interne, par exemple pour inspirer des modes de management plus efficients et plus vertueux. Le salarié réserviste est également moins absent pour raison de santé que les autres salariés.

Crédit image : http://www.gouvernement.fr/garde-nationale

Un dispositif encadré et des avantages fiscaux

Le contrat de travail et le salaire du salarié réserviste sont suspendus pendant ses périodes militaires allant de 5 à 30 jours par an, pendant lesquelles il reçoit une solde journalière. Certaines entreprises maintiennent le salaire qu’elles peuvent déduire de leur impôt au titre du mécénat, comme détaillé dans l’article 238 bis du CGI.

L’entreprise peut également aller plus loin dans son engagement en signant une convention de soutien à la politique de la réserve militaire. Outre les avantages que cela lui confère en tant que partenaire de la Défense nationale, cela lui apporte d’autres bénéfices, en termes « corporate » (par exemple en accédant à une information privilégiée sur la défense).

Demain, tous réservistes ? Quelques initiatives astucieuses

Déjà mises en place dans certaines sociétés, des initiatives liées à la réserve créent des interactions vertueuses entre collaborateurs et rencontrent un certain succès. Certaines donnent par exemple la possibilité aux salariés d’offrir des jours de RTT ou des congés à la réserve. D’autres créent des « clubs de réservistes », qui alimentent de fait la cohésion interne et l’esprit d’équipe.

Soutenir la garde nationale est donc un facteur de RSE, mais cela peut s’intégrer aussi dans une réflexion stratégique plus globale, incluant la culture et l’image de l’entreprise, avec des bénéfices « business » positifs sur le long terme.

En savoir plus.