Changement climatique : la production de vin au plus bas depuis 50 ans

Changement climatique : la production de vin au plus bas depuis 50 ans

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Cette année, la production de vin atteint un des niveaux les plus bas depuis 1960. En cause : le réchauffement climatique et les perturbations qu’il induit sur le climat.

Pour les amateurs de vin, la nouvelle a de quoi inquiéter : selon l’Organization of Vine and Wine (OIV), 2017 promet déjà d’être l’une des pires années pour la récolte et la production de vin dans le monde depuis au moins 50 ans. Avec les chiffres actuels, l’Organisation prévoit en effet que la production mondiale de vin sera cette année d’environ 246.7 millions d’hectolitres, soit une chute de 8% par rapport à l’année dernière.

Cela représenterait la pire récolte depuis 1961.

Pourquoi les récoltes de vin baissent ?

Plusieurs raisons expliquent cette baisse fulgurante des récoltes. En France et en Italie par exemple, les alternances de climats extrêmes (très chauds puis très froids, avec épisodes de grêle voire de déficit hydrique) ont affecté les plants et ont entraîné des pertes et des baisses de rendement. Ainsi, en France par exemple, les prévisions des services de statistique du Ministère de l’Agriculture mentionnaient des baisses de près de 18% par rapport aux rendements de 2016, notamment à cause des épisodes de gel d’avril et du climat changeant du printemps et de l’été.

Dans d’autres pays comme en Grèce, aux Etats-Unis (en Californie notamment) ou en Espagne, les sécheresses et le manque d’eau ont diminué la production. On y attend des baisses de l’ordre de 15% par rapport aux rendements de 2016. Malgré l’augmentation de la production dans certaines régions (notamment en Chine ou dans certains Pays du Sud où la culture du vin se développe vite), la production globale a donc été affectée.

Un phénomène amené à se répéter à cause du réchauffement climatique

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Au-delà du constat alarmant qu’elle représente pour les producteurs cette année, cette étude est aussi significative d’une réalité qui risque d’être de plus en plus fréquente dans le monde viticole.

En effet, le climat aléatoire de 2017 pourrait bien devenir bientôt la norme avec le réchauffement climatique. En effet, de nombreuses études attestent que le réchauffement climatique induit une augmentation de la fréquence des évènements météorologiques extrêmes comme les canicules, les périodes de sécheresse, les tempêtes ou les épisodes de grêle.

Confrontés à un climat de plus en plus aléatoire et extrême, les producteurs vont avoir du mal à maintenir des rendements stables. À terme, c’est sans doute la production globale de vin qui est amenée à baisser. Elle pourrait également devenir de plus en plus coûteuse. En effet, s’il faut protéger les récoltes de phénomènes météo dangereux, cela coûte de l’argent et cela augmente les coûts de production. À terme, le prix du vin pourrait bien augmenter face à la difficulté à assurer des récoltes stables.

Le vignoble menacé par le réchauffement climatique

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Le problème, c’est qu’au rythme où le réchauffement climatique se poursuit, les choses pourraient être pires dans 10, 20 ou 50 ans. Compte tenu des émissions actuelles de gaz à effet de serre et si la tendance se poursuit, la planète devrait rapidement dépasser les 1.5°C d’augmentation des températures atmosphériques. Ce chiffre était pourtant placé comme la limite à ne pas dépasser par les Accords de Paris et la COP21.

Mais elle devrait également dépasser les 2, voire 2.5 degrés d’ici quelques décennies. Or en matière climatique, les évolutions se font de manière exponentielles : si la variabilité climatique commence à se faire sentir à partir de quelques dixièmes de degrés, elle devient extrêmement forte à 2 ou 2.5 degrés. Il est donc très difficile de prévoir comment le climat réagira si l’on dépasse ces seuils.

On sait déjà que le réchauffement climatique affecte le vin et les terroirs viticoles (au point que l’on pourrait bientôt produire du vin de Bordeaux en Angleterre), mais il pourrait aussi très vite rendre la production de vin très complexe et très coûteuse.

Une raison de plus s’il en fallait une, de se mettre rapidement à lutter contre le changement climatique.