Cinq romans parlant d’environnement à lire cet été pour aborder l’écologie autrement

par Emma Henrich Emma Henrich

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Si on vous demandait quels sont les ouvrages qui vous viennent à l’esprit lorsqu’on parle d’écologie et de développement durable, vous répondriez sans doute les rapports du GIEC ou encore le Printemps Silencieux de Rachel Carlson. Que des ouvrages techniques ou destinés à tirer la sonnette l’alarme et, disons-le carrément, peu optimistes. Pourtant, de plus en plus d’écrivains s’intéressent à cette question dans divers genres : poésie, utopie, thrillers… Il y en a pour tous les goûts ! Les anglo-saxons ont même créé un genre à part pour ce type d’ouvrages : les « climate fiction » ou « cli-fi » pour les connaisseurs.  Alors si vous avez envie de lire des romans parlant d’environnement cet été sans finir totalement déprimé.e, voici cinq idées de romans parfaits pour aborder l’écologie sous d’autres angles.  

Le plus primé : Chien-loup, de Serge Joncour, 2018

 Chien-loup raconte l’histoire d’un couple de parisiens moderne et branché. Franck est producteur et cinéaste, Lise est une actrice sur le déclin. Cette dernière ressent le besoin de se ressourcer et réussit à le convaincre de passer l’été isolés dans le Lot. Mais alors que l’annonce du gîte parlait d’un lieu calme et paisible, ce dernier a été le théâtre de sombres histoires par le passé abritant le dompteur de fauves allemand Wolfgang Hollzenmaier et ses animaux pendant la Première Guerre Mondiale. C’est ainsi que dès le premier soir, un chien-loup s’impose, à la recherche d’un maître.

L’auteur, récompensé du Prix Landerneau des Lecteurs 2018 et du Prix du Roman d’Ecologie 2019, raconte l’histoire de ce village à un siècle de distance au passé détruit par la guerre et peuplé d’animaux. Par la mise en scène de ce couple confronté à la violence et aux prises avec la nature, il rappelle que la sauvagerie n’a pas disparu de nos existences urbaines, à l’image de ce chien-loup, ni vraiment domestiqué ni vraiment sauvage.

Le plus utopique : Ecotopia de Ernest Callenbach, 1975

L’histoire décrit le voyage d’un journaliste du Times-Post, William Weston, en Ecotopia. Ce pays est composé de trois Etats de la côte ouest des Etats-Unis (la Californie, l’Oregon et l’Etat de Washington) qui ont fait sécession vingt ans auparavant pour bâtir une société écologique radicale qui évolue dans l’isolement le plus total. Ce journaliste est le premier américain à se rendre en Ecotopia. Il décrit dans sa journal tous les aspects de la vie des écotopiens, d’abord avec un certain scepticisme avant de changer au fur et à mesure de point de vue, en partie grâce à son histoire d’amour avec une habitante du pays.

Ecrit en 1975, ce récit utopique d’Ernest Callenbach a été traduit dans de nombreuses langues. Il semble plus que jamais d’actualité pour découvrir une société dans laquelle l’économie ne prend pas systématiquement le pas sur l’écologie.

Le plus rock’n’roll : Le gang de la clef à molette de Edward Abbey, 1975

Ce roman raconte l’histoire de quatre activistes écologistes, regroupés au sein d’un groupe,  le Seldom Seen Smith, décidés à lutter contre les changements liés à l’activité de grandes firmes industrielles dans le désert de l’Ouest américain. Cet étrange quatuor composé d’un guide mormon et polygame, d’un chirurgien-poète et sa maîtresse toujours prête à allumer des explosifs ainsi que d’un vétéran de la Guerre du Vietnam se décident à détruire ponts, routes et autres voies ferrées armés de clefs à molette et de dynamite. Poursuivis par les forces de l’ordre, une longue traque dans le désert s’engage alors.

Cet ouvrage, dénonçant le monde industriel, est une ode à la nature et à la désobéissance civile. Il dépeint des écolos très rock’n’roll, bien loin des clichés habituels des activistes de l’environnement.

Le plus drôle : La fonte des glaces de Joël Baqué, 2017

Ce roman s’intéresse à la vie de Louis, un charcutier à la retraite qui mène une existence des plus tranquilles et va devenir, un peu malgré lui, une icône de l’écologie. Son parcours débute par une brocante lors de laquelle il trouve un manchot empereur. Pris d’une passion pour l’animal, il se rend en Antarctique, puis dans le Grand Nord. Son périple finit à Toulon, où Louis, juché sur un iceberg, devient une figure vivante de la lutte contre la fonte de la banquise.

Ce roman réussit le pari de traiter de l’inquiétant sujet de la fonte des glaces d’une façon humoristique, tout en s’intéressant à la vie d’un homme, dont la vie gelée reprend cours, sous la plume pleine de poésie et d’imagination de Joël Baqué.

Le plus thriller : Le parfum d’Adam de Jean-Christophe Rufin, 2007

Ce thriller raconte l’histoire de Juliette, militante écologiste qui participe à une opération pour libérer des animaux d’un laboratoire. Cette action l’entraîne dans un complot qui, pour sauvegarder la planète, veut s’en prendre à l’espèce humaine. A la façon des romans d’espionnages, l’auteur suit les investigations d’une agence privée chargée de déjouer les plans d’écologistes radicaux faisant partie du Front de libération des animaux. Enquêtant sur une écologie radicale, cette histoire nous présente une autre facette de l’écologie empreinte d’un fanatisme meurtrier et nous entraine du Cap-Vert au Colorado, en passant par la Pologne ou encore le Brésil.

Ce roman d’aventures, sous la forme d’une enquête, est aussi un voyage littéraire, qui inclut portraits, paysages et humour, soit tous les éléments qui font le succès de Jean-Christophe Rufin.

Ces quelques romans vous permettront de ne pas oublier l’urgence climatique cet été sans pour autant avoir l’envie subite de construire un bunker pour vous prémunir de l’effondrement à venir de notre société. Si vous avez appréciez d’autres romans qui traitent d’écologie d’une façon différente, n’hésitez pas à nous les faire connaître, nous sommes toujours friands de nouveautés !

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