Découvrez ces pays champions des énergies propres et efficientes

Découvrez ces pays champions des énergies propres et efficientes

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Découvrez les pays qui sont champions des énergies propres et efficientes, qui ont su conjuguer énergies renouvelables et efficacité économique.

Dans le monde, de plus ne plus de pays ont amorcé une transition vers les énergies renouvelables. Mais qui sont vraiment les champions de cette transition ? Lesquels parviennent à établir une énergie à la fois plus propre, plus efficiente, et qui soutienne l’infrastructure économique de façon efficace ? C’est ce qu’a voulu savoir le World Economic Forum avec son rapport Global Energy Architecture Performance Index Report 2017 (Rapport EAPI 2017).

Le top 10 des pays pour l’énergie durable et efficiente

Pour cela, elle a examiné les architectures énergétiques des différents pays du monde afin d’analyser leurs performances à la fois en matière d’énergies propres et d’efficacité. Trois principaux critères sont analysés :

  1. La durabilité environnementale : quels sont les impacts environnementaux des systèmes énergétiques des pays étudiés ? Sont-ils écologiques ?  Polluent-ils ?
  2. La stabilité et la sécurité des systèmes énergétiques : les infrastructures énergétiques sont-elles fiables ? Facilement accessibles ? Y’a-t-il des risques ?
  3. L’impact économique : les infrastructures énergétiques du pays sont-elles efficientes pour soutenir l’activité économique du pays ? Sont-elles optimisées pour éviter les pertes ? Cela créé-t-il de la croissance ?

 

Mais alors, qui sont les pays les plus efficients en termes d’énergie propre ? Voici le top 10.

Energie-Renouvelable-Probleme10 – L’Uruguay

L’Uruguay bénéficie largement de ses conditions environnementales et climatiques pour produire une énergie relativement propre. Près de 63% de l’électricité consommée en Uruguay provient d’énergie renouvelable, contre 37% d’énergie fossile. Cela est possible notamment grâce à de grands barrages hydroélectriques qui fournissent une énergie décarbonée et non-intermittente, mais aussi grâce à de grosses potentialités sur l’énergie éolienne. Les infrastructures sont relativement stables et la couverture électrique est bonne notamment pour un pays à un tel stade de développement économique. Malgré tout, l’Uruguay reste dépendant des importations pour certains de ses besoins énergétiques (ce qui a mené à une crise énergétique en 2007), et le pays est aussi dépendant du pétrole pour les transports. L’Uruguay bénéficie par ailleurs d’un programme d’investissement sur l’efficience énergétique de la part du World Economic Forum.

9 – La Nouvelle-Zélande

40% de l’énergie primaire consommée en Nouvelle-Zélande provient de sources renouvelables. Environ 80% de l’électricité néo-zélandaise provient de sources renouvelables (surtout hydroélectrique et géothermale). Les infrastructures énergétiques du pays sont très sécurisées, très stables et l’accès à l’énergie dans le pays est très homogène. Malgré tout, une partie de l’électricité néo-zélandaise provient encore du charbon, et les transports sont exclusivement dépendants du pétrole.

8 – La Colombie

Premier pays non européen du classement, la Colombie est aussi un champion de l’énergie renouvelable avec la quasi-totalité de son électricité produite à partir d’énergies renouvelables. 70% de l’électricité colombienne est produite grâce à des barrages hydroélectriques. Malgré tout, 33% de l’énergie colombienne est issue de combustibles fossiles. Autre point négatif : l’accès à l’électricité qui n’est pas encore possible partout, et la sécurité du réseau, pas toujours 100% garantie.

7 – L’Espagne

En Espagne, le pétrole et le charbon représentent moins de 10% de la production électrique. Ce résultat, le pays le doit à un mix énergétique très diversifié avec une large base d’énergies renouvelables (20% d’hydroélectrique, 16% d’éolien, 20% de nucléaire et 30% de gaz naturel). Avec une économie peu intense en énergie (c’est à dire une économie qui utilise relativement peu d’énergie pour créer une quantité fixe de richesses), l’Espagne s’en sort donc bien, et possède un taux d’émission de CO2 par habitant relativement bas pour un tel niveau de développement.

6 – L’Autriche

Près 75% de l’électricité produite en Autriche provient de sources renouvelables, notamment grâce à un dense réseau hydroélectrique (qui représente 68% de la production électrique nationale). Le pays a pour objectif d’atteindre 34% de son énergie finale consommée provenant de sources renouvelables en 2020. Grâce à son réseau de barrages, l’Autriche a pu abandonner le nucléaire sans souffrir des désavantages des énergies renouvelables intermittentes.

5 – La France

Avec l’une des énergies les plus propres en termes d’émissions de CO2, la France est le seul pays du G20 à figurer dans le top 10 de ce classement. La France est l’un des pays du monde les moins dépendant des énergies fossiles pour sa production électrique (moins de 1% provient du charbon ou du fioul) grâce à un réseau bien établi de barrages hydroélectriques (12% de la production) et surtout un vaste parc nucléaire (74%). La volonté du pays d’accélérer la transition énergétique en fait donc un bon champion des énergies décarbonées.

4 – Le Danemark

Bien qu’il soit un pays producteur de pétrole et de gaz, le Danemark figure dans ce classement en tant que figure de proue de l’énergie éolienne. Entre 40 et 45% de l’électricité produite au Danemark provient de l’énergie éolienne. Au total, 50% environ de l’électricité produite dans le pays provient du renouvelable. Surtout, le pays possède une économie peu intense en énergie et un réseau très efficient. Malgré tout, sa dépendance au charbon et aux exportations de pétrole continuent de miner les avancées du pays dans le domaine des énergies durables.

3 – La Suède

Voici le pays le mieux noté en terme de durabilité de son réseau énergétique. Plus de 50% de sa production électrique provient de l’énergie hydraulique, et 40% du nucléaire. Résultat, la quasi-totalité de l’électricité suédoise est décarbonée.  C’est l’une des grandes économies les plus avancées en termes d’énergie renouvelables. Toutefois, cela n’est possible que grâce à un réseau hydraulique naturel extrêmement développé.

2 – La Norvège

La Norvège est certes l’un des plus gros producteurs d’énergie fossile au monde, mais le pays n’en consomme pratiquement pas. En effet, 98% de l’électricité produite dans le pays est renouvelable (hydroélectrique). C’est aussi l’un des pays avec le réseau électrique le plus sûr, le plus sécurisé et le plus développé : c’est ce qui lui vaut cette deuxième place.

1 – La Suisse

En termes d’énergie propre et efficiente, c’est la Suisse qui arrive en tête du classement. Avec une économie très peu intense en énergie, un réseau très efficient la Suisse marque déjà des points sur les volets stabilité et impact économique. Mais elle n’est pas en reste sur le volet environnemental : 56% de l’électricité produite en suisse est renouvelable (hydroélectrique) ! Même si le pays reste très dépendant des importations, elle bénéficie d’importations notamment françaises qui sont décarbonées. Résultat : la Suisse est aussi en bonne position sur les émissions de CO2 par habitant.

 

Note : ce classement n’est pas simplement un classement en fonction de la durabilité des systèmes énergétiques des pays étudiés ou de leur taux d’énergies renouvelables. Il prend également en compte la façon dont le système énergétique contribue à la dynamique économique du pays, la stabilité du système énergétique, sa résilience. De ce fait, les pays qui sont en tête de ce classement possèdent souvent des caractéristiques communes, notamment une part importante d’énergie hydroélectrique, qui a l’avantage d’être renouvelable, stable, et non intermittente. Ce sont aussi souvent des pays ayant développé des infrastructures énergétiques de qualité, donc des pays à maturité économique forte. D’autre part, plusieurs pays du top mettent l’accent sur l’énergie nucléaire. Cela est dû au fait que le WEF donne une pondération importante à l’intensité en carbone des énergies dans son calcul sur la durabilité. Le nucléaire ayant un impact carbone faible, il est considéré comme relativement écologique par le WEF. (Pour plus d’informations, consultez notre article : Le nucléaire est-il écologique ?)

  • Pillonel

    La note en fin d’article relativise fortement les résultats de l’étude. En effet comment peut-on aujourd’hui qualifier le nucléaire d’énergie propre? C’est une non sens. Au delà des risques et des déchets, il convient de garder à l’esprit que la source n’est pas renouvelable. Et si la production apparaît décarbonnée, elle fait fi de l’énergie grise nécessaire à la construction (puis au démantèlement) des centrales!
    Et en tant que suisse, lors des votations sur les thèmes énergétiques, le recours au charbon allemand a fortement été pointé du doigt. Etrangement nos autorités proches du WEF sont parvenue à le transformer en nucléaire français! Je ne considère pas que c’est mieux, mais en tous les cas c’est de nature à porter le discrédit sur la première place du classement… et sur l’entier de l’étude!

    • Mario Deriu

      Entièrement d’accord avec vous, pourrions nous avoir l’avis de l’auteur de cet article sur ces réactions ? Merci.

      • Clément Fournier

        Bonjour Mario,

        Je vous donne volontiers mon retour.

        Pour revenir sur le commentaire de Martial : ni l’étude, ni encore moins moi, ne prétendent que le nucléaire est une énergie renouvelable. De fait, elle ne l’est pas puisqu’elle dépend de l’uranium qui est une ressource non-renouvelable.

        Concernant le commentaire de Pillonel et la question de savoir si le nucléaire est une énergie « propre », voici ce que je peux vous dire.

        Le nucléaire est généralement considéré comme une énergie « propre » parce qu’il émet peu de CO2 contrairement aux énergies fossiles (propre ne signifiant pas forcément renouvelable). Sur ce point, je me permet de revenir sur l’affirmation suivante « elle fait fi de l’énergie grise nécessaire à la construction puis au démantèlement des centrales ». Cette affirmation est fausse : lorsque des calculs d’intensité carbone sont faits sur les différentes sources d’énergie (nucléaire, renouvelable, etc…), l’ensemble du cycle de vie de l’énergie et de sa source de production est pris en compte. Or d’après les calculs du GIEC de 2014 à ce sujet, le nucléaire est l’énergie qui émet le moins de CO2 par kWh d’énergie produite, juste après l’éolien terrestre. En ce sens, il n’est pas faux d’affirmer que l’énergie nucléaire est « propre ». Du point de vue carbone en tout cas elle l’est (plus même que le solaire).

        On peut évidemment arguer par ailleurs que le nucléaire produit des déchets nucléaires, mais il faut alors garder à l’esprit qu’absolument toutes les formes d’énergie produisent des déchets : le solaire et l’éolien ce sont des matériaux rares, les énergies fossiles c’est le CO2 et les résidus de l’extraction…

        Considérant cela, la question qui se pose est celle du type de déchets que l’on préfère produire : des déchets nucléaires ou du CO2 ? Et là la question devient complexe, je préfère ne pas donner d’avis simplificateur sur le sujet.

        N’hésitez pas à me faire vos retours,

        Merci

  • Martial Mullenders

    Très déçu de cette analyse qui fait de l’énergie nucléaire une énergie renouvelable et durable ! A peine croyable en 2017 …