Que faudrait-il faire concrètement pour lutter contre le changement climatique ?

Que faudrait-il faire concrètement pour lutter contre le changement climatique ?

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by Clément Fournier Clément Fournier
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En fait-on vraiment assez pour lutter contre le changement climatique ? La promotion des énergies renouvelables suffira-t-elle à nous sortir de l’impasse ? Que faudrait-il vraiment faire ? Explications.

De plus en plus, nous entendons parler de la nécessité de revoir notre mode vie pour polluer moins et pour lutter contre le réchauffement climatique. Éteindre les lumières, moins prendre sa voiture, manger moins de viande… autant de conseils donnés par les experts du sujet pour réduire notre empreinte carbone. Mais cela suffira-til ? Comme nous vous l’expliquions récemment dans notre article “Un mode de vie respectueux du climat, est-ce vraiment possible ?“, si nous voulions arrêter de détraquer le climat, nous devrions nous limiter à 1.2 tonnes de CO2 par an et par habitant… alors que nous en émettons environ 8 fois plus !

Compte tenu de nos capacités actuelles, cela voudrait dire que l’on devrait utiliser 10 fois moins de chauffage qu’aujourd’hui, se limiter à 2 000 ou 3 000 km de voiture par personne et par au maximum (alors que la moyenne française est à 12 600 km…), réduire drastiquement nos consommations énergétiques…. Autrement dit, cela semble pratiquement impossible compte tenu de notre structure économique et sociale… Comment en effet envisager de ne rouler que 3 000 km par an sachant que la plupart des français en parcourent déjà 6 000 chacun rien que pour aller au travail ? Comment diviser par 10 nos consommations énergétiques pour le chauffage sans se geler dans son appartement ? Impossible. Mais alors, sommes nous condamnés ? Y’a-t-il une solution ? Et quelle est-elle ? On vous explique.

La lutte contre le réchauffement climatique : une question d’énergie

En fait, pour que notre mode de vie devienne réellement écologique (au sens du changement climatique en tout cas) il faudrait d’abord résoudre une question essentielle : celle de l’énergie. Par essence, le mode de vie des sociétés modernes est ultra dépendant de l’énergie : résultat, nous en consommons énormément. Par exemple, nous nous déplaçons encore essentiellement en voiture, et cela nécessite du pétrole. Toute notre vie quotidienne dépend de l’électricité, des appareils électroménagers à la télévision en passant par internet, l’éclairage, le transport ou le chauffage. Pour l’essentiel, c’est cette consommation d’énergie qui pollue en émettant du CO2. Pour réduire notre empreinte carbone et avoir un mode de vie réellement respectueux du climat, il faut donc agir sur nos consommations d’énergie, et pour cela nous n’avons que 3 modes d’actions possibles.

  1. Le premier, c’est de trouver des formes d’énergie qui émettent moins de CO2, comme les énergies renouvelables ou encore le nucléaire. Ainsi, on polluera moins par quantité d’énergie consommée.
  2. Le deuxième, c’est de rendre notre consommation d’énergie plus efficiente, par exemple en diminuant la consommation de nos appareils ou en améliorant l’isolation de nos logements. Ainsi, on aura besoin de moins d’énergie pour effectuer les mêmes choses.
  3. Et le troisième mode d’action, c’est de réduire notre consommation énergétique, réduire nos besoins en énergie. Par exemple, si nous habitions tous plus proche de nos commerces, nous n’aurions peut-être pas besoin de prendre la voiture (et donc de consommer de l’énergie) pour faire nos courses. Ainsi, on pourra vivre en dépensant moins d’énergie, et donc en polluant moins.

Qu’a-t-on fait jusqu’à aujourd’hui pour résoudre la question énergétique ?

energie renouvelable possibleÀ l’heure actuelle, nous avons déjà entamé des progrès dans les deux premiers modes d’actions. Nous faisons progressivement la transition vers des énergies décarbonées : en Europe notamment, nous avons développé depuis les années 1990 des énergies plus propres comme le renouvelable. En France, nous avons utilisé l’énergie nucléaire, qui n’émet presque pas de CO2, mais qui pose d’autres problèmes (notamment la question de la sûreté nucléaire et des réserves d’uranium qui ne sont pas inépuisables). Nous avons aussi tout doucement mis en place des programmes de rénovation énergétique ou d’efficacité énergétique pour réduire les besoins en énergie de nos logements, de nos voitures ou de nos processus de production. Ainsi, la RT 2020 impose que tous les logements soient correctement isolés pour éviter les pertes d’énergie. Et cela nous a permis de réduire en partie notre empreinte carbone.

Mais le vrai problème, c’est que ces actions ne sont pas du tout suffisantes pour atteindre un objectif d’1.22 tonnes de CO2 par an et par habitant. Par exemple, on estime que les meilleurs programmes d’isolation des bâtiments, couplés à une politique volontariste en matière d’économie d’énergie permettrait de réduire de 15 à 25% l’énergie consommée par les ménages pour leur logement. Or, les scénarios les plus optimistes, dont celui de négaWatt, estiment qu’il faudrait au minimum réduire de 63% notre consommation d’énergie primaire tout en faisant une transition massive vers une électricité 100% renouvelables si l’on voulait vivre sans détraquer le climat.

Le vrai problème, c’est que nous n’avons pas encore commencé à réfléchir à la troisième solution : réduire nos besoins. En effet, nous sommes encore tellement dépendants de l’énergie qu’il nous semble impossible d’en réduire notre consommation…

Et s’il fallait aller (vraiment) plus loin pour lutter contre le réchauffement climatique ?

Si l’on regarde la façon dont sont structurées nos vies, on se rend compte que tout est fait pour que l’on consomme beaucoup d’énergie, de façon presque irrationnelle.

Pour le logement par exemple, notre vision du “logement idéal” est bien souvent un logement très énergivore. 68% des français habitent dans un logement individuel (comme une maison individuelle), et 87% souhaiteraient vivre dans un logement individuel (plutôt que dans un habitat collectif type immeuble). Or, on sait que les logements individuels demandent plus d’énergie que les logements collectifs. D’abord parce qu’ils sont plus complexes à isoler, et ensuite parce qu’ils nécessitent plus de ressources à construire. D’autre part, chaque français occupe une surface moyenne de 45 m² (dans une maison individuelle), ou de 32m² (dans un appartement). Pour chauffer et éclairer une telle surface, il est évident qu’il faut de grandes quantités d’énergie. De plus, chaque foyer rêve d’avoir son propre lave-linge, sa propre box internet, ainsi qu’une grande baignoire pour prendre des bains. Et bien entendu, tous ces équipements et l’individuation des usages qu’ils entraînent nécessitent de l’énergie.

En matière d’urbanisme c’est la même chose : près de 33% des français voudraient vivre à la campagne, et 30% voudraient vivre en périphérie des villes ou à 45 minutes des centres villes. Cette volonté de “dispersion” a pour conséquence qu’aujourd’hui nos villes sont très éclatées. Par exemple, Paris et sa banlieue couvrent une surface de près de 3000 km². Et pour se déplacer dans cette zone (aller à son travail, profiter de ses loisirs, faire ses courses) on doit inévitablement prendre les transports… donc consommer de l’énergie. L’autre conséquence de cet étalement urbain, c’est que nous occupons chacun une surface au sol de plus en plus importante. En effet, chacun de nous voudrait un jardin, un grand jardin, une maison individuelle, un peu isolée, mais tout de même reliée au réseau de transport. Pour réussir ce modèle, on doit construire des routes, bétonner des surfaces naturelles, y détruire la biodiversité, artificialiser les sols. Et bien entendu tout cela coûte encore de l’énergie ! Et bien sûr, nous voulons tout cela sans renoncer au confort de la consommation moderne, à savoir des supermarchés, où nous nous rendons encore une fois en voiture. Au final, en moyenne un français parcourt près de 13 000 km par an en voiture (soit la distance entre la France et l’Australie).

Ville sans voitureEn matière d’alimentation c’est la même chose : culturellement nous sommes en quelque sortes programmés pour constituer nos repas autour des produits animaux, qui nécessitent énormément d’énergie à produire et qui polluent beaucoup. Nous avons renoncé à des cultures plus rustiques comme les légumineuses, qui pourtant polluent très peu. Nous avons constitué un système agricole autour de la monoculture (qui permet des rendements très élevés), mais qui dépend fortement des machines et des pesticides. Et enfin, nous avons structuré notre alimentation autour de produits importés, qui ont été transportés sur des milliers de km avant d’atterrir dans notre assiette.

En fait, c’est toute notre structure de consommation qui est basée sur la consommation frénétique d’énergie. Puisque nos sociétés sont basées sur la croissance économique, elles doivent produire toujours plus. Et pour produire plus il faut consommer plus. Cela veut donc dire que nous produisons et consommons des produits qui sont sans cesse remplacés car de nouveaux apparaissent, des produits dont la logique n’est pas de durer mais d’être jetés et rachetés sans cesse. Pour preuve, chaque français change de téléphone en moyenne tous les 20 mois. Ce processus que l’économiste Joseph Aloïs Schumpeter nommait la “destruction créatrice” est la base de notre système économique : nous produisons, détruisons et recommençons. C’est ce qui crée l’innovation et le progrès bien sûr (la théorie économique de Schumpeter est d’ailleurs avant tout une théorie des grappes d’innovation). Mais c’est aussi ce qui fait que nous consommons toujours plus d’énergie. Et aujourd’hui, chaque produit “innovant” qui arrive sur nos marchés est un produit énergivore : les smartphones, les objets connectés, le digital…

Si l’on voulait réduire nos besoins en énergie, il faudrait donc revoir ce qui fait la base de notre mode de vie actuel. Mais c’est possible ! De nombreux experts expliquent ainsi qu’en changeant de regard sur nos modes de consommation, nous pourrions réduire vraiment nos besoins en énergie.

Comment transformer nos modes de vie pour lutter contre le changement climatique : des pistes

Mais alors quelles sont ces solutions ? Et cela veut-il dire que l’on devra renoncer à tout le confort moderne et revenir à l’âge de pierre ? Pas du tout.

Par exemple, il serait possible de penser des structures de logement différentes. Au lieu de vouloir tous une maison individuelle, nous pourrions vivre dans de petits habitats collectifs, ce qui nous permettrait de réduire nos consommations énergétiques et de ressources. Mais nous pourrions aussi imaginer des logements avec des pièces communes à partager entre plusieurs ménages. La cuisine pourrait par exemple être partagée entre les membres d’un même étage, ainsi que les appareils ménagers comme le lave-linge. Ainsi, on diminuerait mécaniquement la surface utilisée par chacun, et donc les besoins de chauffage ou en éclairage. C’est d’ailleurs ce que préconisent l’ADEME dans son rapport de prospective intitulé “Alléger l’empreinte environnementale de la consommation des français en 2030” : des logements collectifs, plus petits, avec des pièces mutualisées, à partager. Et cela ne nuirait pas forcément à notre confort.

immeuble durable lutte changement climatiqueEn matière de transport, c’est la même chose : en imaginant des villes moins étalées et plus concentrées, plus denses, avec des bassins d’emplois intégrés aux zones résidentielles, on pourrait largement réduire la distance que chacun doit parcourir chaque jour. L’idée de base est de nous rendre moins dépendants de la voiture, afin de réduire nos besoins en pétrole et en énergie (voir notre article détaillé : Une ville sans voiture : utopie ou réalité ?). Mais pour cela, il faudrait que nous arrêtions de vouloir chacun une maison avec un grand jardin en périphérie des centres villes. Les voitures électriques, l’intermodalité ou les transports en commun peuvent aussi être une partie de la solution, puisqu’ils émettent moins de CO2 qu’une voiture individuelle qui roule au pétrole (bien qu’ils ne remettent pas fondamentalement en cause le problème des pollutions liées à la dépendance aux transports – voir notre article : La voiture électrique : est-ce vraiment écologique ?).

En termes d’alimentation, là aussi on pourrait largement diminuer nos besoins en énergie, par exemple en se tournant vers un régime alimentaire plus végétal et en diminuant nos apports en produits animaux. Mais cela voudrait dire qu’il faut transformer l’ensemble de notre système culturel sur l’alimentation (arrêter de ne penser un repas qu’en terme de viande/poisson et “d’accompagnement”) mais aussi transformer notre système productif en misant beaucoup plus sur les cultures faibles en intensité carbone, nécessitant peu de pesticides… Il faudrait aussi revoir la notion de distribution, pour éviter que les denrées alimentaires traversent toute la France alors qu’elles pourraient être distribuées localement. C’est d’ailleurs la même chose en matière de consommation où il faudrait changer de logique, notamment en arrêtant de baser notre économie sur le renouvellement constant des besoins et de la consommation.

La solution pour lutter contre le changement climatique

Au final, ce que tous ces chiffres nous apprennent, c’est qu’il n’existe réellement que deux options pour lutter sérieusement contre le réchauffement climatique. La première consisterait à trouver une forme d’énergie qui nous permette de soutenir notre mode de vie actuel sans émettre de CO2. Une énergie 100% propre donc, qui nous permettrait de nous déplacer, de nous chauffer, de nous éclairer, de nous équiper et de nous alimenter comme aujourd’hui, mais sans émettre de gaz à effet de serre. Et aujourd’hui, cette énergie n’existe pas. La seconde option est simple : il s’agit d’effectuer une transition vers un mode de vie différent, qui nécessite beaucoup moins d’énergie. Dans la mesure où nous ne savons pas comment avoir une énergie propre, la seule solution semble être de (beaucoup) moins en consommer. Et pour cela, il faudra prendre le problème à bras le corps car de petits ajustements ne suffiront pas : il faudra revoir notre système économique et social dans son ensemble.

La plupart des discours politiques sur le sujet du développement durable entretiennent l’idée qu’il sera possible, à l’avenir, de continuer à vivre exactement comme aujourd’hui, mais sans polluer, notamment grâce à la généralisation de l’électricité renouvelable. Mais ce que les chiffres de tous les experts nous disent, c’est que tout cela est un mythe. Les études montrent que même avec 100% de notre électricité renouvelable, nous devrions encore réduire d’au moins 50 à 65% notre consommation d’énergie actuelle pour envisager d’être neutre en carbone. Et cela veut dire que nous allons devoir changer VRAIMENT nos modes de vie. L’idée d’une écologie sans effort ne résiste pas à l’analyse des faits. Cela ne veut pas pour autant dire qu’il faut renoncer à tout le progrès moderne et retourner à l’Âge de Pierre : des solutions existent. Mais leur mise en place nécessitera la transformation de nos référents culturels les plus ancrés. La seule question qui reste en suspend est donc la suivante : quand serons nous-prêts à accepter ces changements ? 

  • galwen

    Super article qui aborde des solutions, mais surtout une partie omise car difficile à avaler, qui touche notre confort et notre liberté : prendre la responsabilité de vivre de manière respectueuse (pour faire court). C’est important de commencer à en parler, l’idée doit être intégrée pour pouvoir être acceptée. Le jour où nous déciderons de vivre en réelle communauté devrait correspondre au jour où nous en serons capable physiquement ! Ce que je veux dire est que même des voisins assez éloignés sont capables de se disputer pour des broutilles et de se bouffer la vie. Il s’agit de casser un cercle vicieux en décidant tous autant que nous sommes de nous accepter et d’agir envers l’autre comme nous souhaiterions qu’il agisse envers nous. Bref il y a urgence car le thermomètre grimpe à une vitesse folle, les limites planétaires sont presque atteintes de moitié mais l’humanité doit pratiquement atteindre une nouvelle étape, cette fois psychologique, de son évolution : passer à l’âge adulte 🙂

  • Spadice Law

    Bel article. Effectivement je pense que les gens, comme nos politiques, n’ont pas encore conscience des changements radicaux qui vont être nécessaires. C’est sans doutes la fin de notre modèle de société basé sur la croissance. Or aujourd’hui on fait reposer sur ce modèle nos retraites, notre finance, jusqu’aux financement des états. Le changement va être difficile. Pour bien comprendre ce raisonnement deux Youtubers on fait une très bonne vidéo sur ce sujet.

    A retrouver ici : https://youtu.be/z0KK0uaXfLE

  • Mikéu Layet

    En effet super article mais ce sont des vœux pieux L’humanité ne changera son mode de vie que par nécessité absolue.Une fois les solutions de facilité de l’énergie pas chère épuisées .
    Avec tout le chaos que ca entrainera
    Ils n’y a pas beaucoup d’humains de bonne volonté

  • Max Gabreski

    “La première consisterait à trouver une forme d’énergie qui nous permette de soutenir notre mode de vie actuel sans émettre de CO2. Une énergie 100% propre donc, qui nous permettrait de nous déplacer, de nous chauffer, de nous éclairer, de nous équiper et de nous alimenter comme aujourd’hui, mais sans émettre de gaz à effet de serre. Et aujourd’hui, cette énergie n’existe pas.”
    Si, elle existe, et s’appelle le nucléaire. Contrairement à ce que vous énoncez, avec le combustible MOx et les réacteurs de 4ème génération, il y a des réserves pour des milliers d’années.
    Quant au “lave linge collectiviste”, je n’y crois pas une seconde. Ça a déjà été essayé, le collectivisme, et on a vu ce que ça donnait.

  • Winfried

    Même l’éolovoltaïque n’est pas soutenable:
    – déjà, ça n’est que de l’électricité, alors que le transport se fait avec du pétrole à quasiment 100%. On galère déjà pour que les gens achètent une voiture électrique; pour le reste du transport (camion, cargo, avion), c’est de la science-fiction
    – il faut tout un tas de métaux pour fabriquer des PV et des éoliennes
    – il faut aussi un paquet de cuivre pour relier ces équipements au réseau
    – ces équipement n’ont une durée que d’environ 20 ans, et ne sont évidemment pas recycables vu la dispersion des métaux (alliages, électronique)
    – et comme le vent et le soleil sont intermittents, on doit les combiner à des centrales à gaz, qui coûteront encore plus cher que la normale vu qu’elles ne fonctionneront qu’une partie du temps, et que les arrêts/redémarrages fréquents usent encore plus le matériel

    Avec l’éolovoltaïque, on reste donc dans les énergies fossiles et l’extractivisme.

    > La seconde option est simple : il s’agit d’effectuer une transition vers un mode de vie différent, qui nécessite beaucoup moins d’énergie

    Ça n’est pas comme si c’était nouveau : c’est comme ça qu’on a vécu jusqu’au début du 20ème siècle.

    Quand on voit que les gens prennent encore leur bagnole pour faire même 1km, il est probable qu’on ne va absolument rien anticiper, et que la décroissance sera subie, avec la fin de la démocratie en prime (Poutine, Brexit, Trump, Le Pen : ça y ressemble de plus en plus).

  • Clément Fournier

    Qu’il y ait des réserves peut-être, que celles si soient extractibles, transformables, transportables et utilisables sans cramer du pétrole, là il y a comme un doute. Quand à savoir si ce type d’énergie pourra soutenir notre mode de vie de plus en plus dépendant de l’énergie (qui plus est lorsqu’il faudra faire la transition vers des transports électriques) c’est une autre histoire.

    Même si l’on avait une énergie “propre” ça ne devrait pas nous dispenser de réfléchir à la sobriété de notre mode de vie. Mais une énergie propre ça n’existe pas : même le nucléaire produit ses pollutions et ses déchets.

    Quant au lave linge collectiviste, l’humanité a fonctionné comme ça pendant des centaines d’années (le four aussi d’ailleurs était collectif jusqu’à il y a quelques dizaines d’années dans certaines régions de France). Que vous n’y croyez pas ne montre qu’une chose : il y a effectivement un gros travail à effectuer sur nos référents culturels. Mais c’est tout.

  • Log

    L’article adopte le point de vu idéaliste que le changement devrait venir du citoyen lambda, consommateur à ses heures perdues. Ce serait donc a lui de changer ses habitudes de consommation, son mode de vie, son régime, etc ? Comme s’il était responsable de ce qu’Auchan lui proposait, de ce qu’Eiffage construisait ?

    Les industriels conditionnent l’individu en lui offrant un environnement confortable. L’énergie que l’individu doit déployer pour s’extraire de la logique qu’on lui offre est relativement importante. Cela nécessite un effort intellectuel considérable que la majorité ne peut simplement pas fournir si l’intérêt immédiat n’est pas évident. Changer de mode de vie ? D’accord, mais en changeant notre conditionnement. Tant que la politique restera le masque des lobby et de ses acteurs privés, ce n’est pas près d’arriver parce qu’eux non plus n’y verront aucun intérêt à court terme, à savoir celui d’un mandat.

    Sans vouloir être impoli, l’article est creux. Vivons dans des poulaillers et mangeons des graines, nous resterons les dindons de la farce. Et les crocodiles seront bien gardés.

  • Clément Fournier

    L’article n’adopte pas du tout ce point de vue.

    La seule chose qui est dite dans cet article, c’est que si l’on voulait lutter contre le réchauffement climatique, il faudrait aller plus loin que de simples mesures cosmétiques comme encourager le recyclage ou éteindre sa lumière en sortant d’une pièce. L’article ne prescrit à aucun moment qui des citoyens, des politiques ou des industriels doit mettre en place ce changement.

    Mais il est bien évident que ça ne peut pas être le consommateur seul. Par exemple, l’urbanisme et la densité des villes est un choix politique, comme celui des réseaux de transport en commun. La qualité environnementale des bâtiments dépend des choix industriels des acteurs privés du secteur de la construction. La transition énergétique est une décision à la fois politique et industrielle. La production de produits d’origine animale (en particulier ses conditions de production) dépend des industriels (ou à défaut, des réglementations que leur imposent les politiques).

    Comme vous le dites très bien, le citoyen et le consommateur ne peuvent pas faire grand chose si la politique et l’économie ne précèdent et ne suivent pas. En revanche, on peut tout de même soutenir que si demain tous les consommateurs arrêtaient de consommer certains produits, les industriels seraient bien obligés d’arrêter de les produire. Ou que si les électeurs demain élisaient des politiques qui portent ce type de changements, il auraient plus de chance d’être mis en place. C’est aussi une partie de notre responsabilité individuelle et il ne sert à rien de la cacher derrière la fameuse excuse du “système” (que l’on aime tant décrier mais derrière lequel on se réfugie volontiers quand cela nous arrange).

  • Log

    Entendu pour le point de vue.

    Ceci dit votre idéalisme vous porte à croire que votre responsabilité individuelle, qui vous pousse à agir politiquement dans le sens que vous décrivez dans votre dernier paragraphe, devrait être partagé par une majorité. Dans l’absolu c’est peut être vrai, mais dans l’état actuel des choses ce n’est simplement pas possible. Et ce n’est pas se cacher derrière le système que de dire ça, mais simplement reconnaître que 90% de la population reste passive face à ces questions, justement parce qu’aucune alternative confortable n’est proposée.

    Donc si je reprend mon attaque complètement gratuite, votre article est creux parce que les pistes de réflexion que vous offrez ne relèvent que du bon sens. Je respecte l’effort déployé pour entretenir un site comme celui-ci, mais quitte à écrire des articles sur le sujet, autant décortiquer les raisons pour lesquelles, malgré le fait que des solutions existent, celles-ci ne sont pas mises en oeuvre. Qu’en est-il des couts, des mutations sociales nécessaires ? Quels sont les acteurs susceptibles de porter ces projets, comment sont-ils financés ? Quel lobby bloque la percée de telle technologie qui répondrait à telle contrainte ? etc

    Je le répète, je respecte les plateformes comme celles-ci parce qu’elles sont portées justement par les 10% restant qui ont la hargne, l’envie et la motivation nécessaire à se faire entendre. Mais ne vaut-il pas le faire efficacement ? Ne vaut-il pas mieux chercher à rassembler un avocat, un ingénieur agronome, un éleveur, etc et essayer de former un think tank produisant des idées concrètes, réalisables plutôt que d’enfoncer des portes ouvertes aux 4 vents ? Chercher à gratter la surface de ces portes ouvertes pour en faire ressortir la maçonnerie ?

  • Clément Fournier

    Je pense qu’en fait il y a une confusion à la base.

    Vous dites “Votre idéalisme vous pousse à croire que votre responsabilité individuelle devrait être partagé par une majorité”. Il ne s’agit ici nullement d’idéalisme. L’intitulé de l’article est “Que faudrait-il faire pour lutter concrètement contre le changement climatique ?”. La réponse, c’est qu’effectivement il faudrait que cette responsabilité individuelle soit partagée par la majorité et que la société en général se mette à agir sur ces questions de façon efficiente (c’est à dire en réduisant nos besoins énergétiques, si je dois résumer en quelques mots).

    Qu’aucune “alternative confortable” ne soit proposée n’est pas le propos. Je ne cherche pas à expliquer pourquoi on ne fait rien, mais ce qu’il faudrait faire. Or, non, ce n’est pas creux d’expliquer ce qu’il faudrait faire car il y a déjà désaccord à la base sur cette question. La preuve : l’écrasante majorité des discours politiques sur le sujet laissent croire que l’écologie, c’est simplement construire de nouvelles éoliennes et éteindre sa lumière en sortant d’une pièce. Or ce n’est pas ça, et il faut qu’on le dise si l’on veut que cela soit acquis socialement : il va falloir faire des efforts, voire des sacrifices. Et ça ne sera pas “confortable” justement. Et c’est justement parce que des personnes comme vous attendent qu’une alternative “confortable” se présente que rien n’est fait pour mettre en place les solutions qui pourraient être mises en place (la réduction drastique de nos besoins énergétiques).

    Ici, la question est éminemment culturelle et idéologique. Avant même de parler de lobby, ce qui empêche les vraies solutions d’être mises en oeuvre, c’est qu’elles ne sont jamais discutées, jamais présentées, jamais considérées hors d’un cercle très restreint d’engagés. Et la première chose à faire pour que cela change c’est d’en parler, de mettre ces questions dans le débat public, et que chacun prenne progressivement conscience que le discours d’une écologie facile est faux. Ensuite, quand tout le monde sera au courant, et qu’il sera acquis qu’on devra réduire nos besoins en énergie de 50 à 70% pour que ça marche, on pourra discuter de savoir s’il reste des lobby qui empêchent que ça arrive. Mais pour l’instant, ce n’est pas le cas. D’où l’importance de ces articles et vous le prouvez ici encore une fois.

  • Log

    Je maintiens que cela relève de l’idéalisme. Penser qu’une majorité puisse émerger quasi ex nihilo, simplement par une prise de conscience collective, et que cette majorité agisse, qui plus est de manière ‘efficiente’ (efficace aurait suffit), c’est de l’idéalisme. Les resto du coeur récolteraient-ils autant de dons s’ils ne venaient pas démarcher les consommateurs juste derrière les caisses ? C’est justement parce qu’on leur donne l’opportunité de donner confortablement que le consommateur moyen va effectivement donner.

    Je suis sur que vous penser que la guerre, c’est mal et qu’elle devrait être éradiquée de la surface de la planète (sans considération écologique aucune, bien que j’en suis sur le bilan carbone de la planète s’en trouverait également allégé…). Votre opinion est, j’en suis sur, partagée par 99% de la population mondiale. Les propositions seraient “Arrêtons de construire des tanks”, “Signons des accords de paix”, “Une trêve serait un bon début”, “Arrêtons le traffic d’arme légal”, … La question demeure, pourquoi des gens meurent encore partout dans le monde de balles française, russe ou chinoise alors que 99% s’accorde sur le fait que la guerre, ben c’est pas bien ? Ecrivez autant de blogs que vous voulez sur les crimes de guerre, photos chocs à l’appui, pour ne ferez que prêcher des convertis, qui se réfugierons dans leur léthargie morbide avec un sentiment de culpabilité parce que “je n’y peux rien” (certains Rambo diront “C’est pas ma guerre”, même s’ils savent qu’au fond, la guerre ne vise pas tant une population mais plutôt l’humanité elle-même et que la résignation est préférable à la passivité coupable). L’écologie c’est exactement pareil.

    Pourtant des moyens d’actions existent, qu’ils soient politiques ou relèvent de l’activisme. Comment s’engager alors si personne ne réduit le gap entre “ce qu’il faudrait faire” et “ce que je peux faire” ? En décortiquant les mécanismes d’actions disponibles. Le gap entre “je devrais donner” et “je donne effectivement” est simplement réduit au cadi des restos du coeur qui vous attend entre la caisse et votre voiture. Quid du gap entre “je devrais parcourir moins de km en voiture” et “je prends mon vélo” ? Intermodalité, organisation des villes repensée, … Ce sont les solutions confortables qui permettront à tout à chacun de réduire son bilan carbone. “Il faut recentrer le débat public autour de ces idées”. Comment ? Quels outils sont à ma disposition ? Quelles associations peut-on supporter ? etc C’est sur ce point que votre article est lacunaire. Il ne suffit pas de dire à un politique que telle question est cruciale pour qu’il lance un débat avec une arrière pensée productive (j’entends qui conduira à une action). Au delà du fait que la politique relève plus de la réaction que de la proaction, les programmes des candidats ne sortent pas de nul part, ils sont souvent issus de ce que produisent les think tanks (censés être indépendants mais financés par les industriels et souvent consitués d’élites, compétentes peut être, mais certainement légèrement décorrelées de certaines réalités…), et donc défendent des intérêts privés. “Avant même de parler de lobby”, c’est ici que se situe l’erreur. Ce sont eux qui sont à l’origine des débats. Comme le citoyen lambda, le politique est tout aussi paresseux, il faut trouver le bon cadi afin de le stimuler et de l’intégrer à votre projet.

    Pour finir, l’écologie facile n’est certainement pas efficace mais est je pense, une première étape pour dérouiller les consciences et bousculer légèrement le confort du citoyen lambda. C’est la vision optimiste. Bouger une masse prend du temps, il faut peut être commencer par la réveiller.

  • Djonn

    Je rejoins Clément Fournier. Vos mots, Log, me choquent :

    “reconnaître que […] la population reste passive […] parce qu’aucune alternative confortable n’est proposée”

    Qu’entendez-vous par “confortable” ?

    Je pense que le confort est en partie psychologique. Ne pas penser à faire autrement, ne pas prendre le “risque” de sortir de la norme : “Oh regardez ce galérien, il fait ses courses en vélo ! Nous, même 1km, on le fait en voiture !”. “Oh regardez, elle se lave sans savon ni gel douche. Elle doit sentir mauvais ?”.

    Le confort problématique, c’est celui de la “zone de confort”.

    C’est confortable de ne pas se faire prendre dans les embouteillages quand on file à vélo. Encore mieux quand on coupe par un parc.
    C’est confortable de dépenser moins d’énergie à digérer parce qu’on ne mange pas de viande plus de 2 fois par semaine.
    C’est confortable de ne pas payer une facture folle d’électricité par qu’on met un pull et deux paire de chaussette plutôt que d’allumer le chauffage.
    C’est confortable d’avoir un bon cardio parce qu’on ne prend jamais l’ascenseur, sauf en cas d’objets lourds.
    C’est même confortable psychologiquement de savoir qu’on peut facilement réparer toute la technologie qu’on a chez soi ou qu’on partage : lave-linge, ordinateur, réfrigérateur ; et de diminuer statistiquement le risque d’être sans solution de secours.

    Je trouve l’article concret.
    Ce qui pourrait y être ajouté simplement, ce sont des chiffres. Pour montrer à quel point la voiture est un véhicule absurde : Une voiture pèse 1.5 tonnes. Une personne 80 kg. Un vélo 15 kg. Rouler en voiture signifie recourir à l’énergie nécessaire pour déplacer 1.5 tonnes de ferraille, pour 80 kg de conducteur !

    Un autre truc concret qu’on ne trouve pas souvent ce sont les douches qui réutilisent leur propre eau. C’est si simple et tellement rare. : /

  • Cubier

    Bonjour belle Analyse par le Nuclaire ce n’est pas une Solution, Réduire le consommable Oui mais nous avions le choix a une époque du solide Moulinex entre autre , vous parlez de la Consommation d’Energie dans le Batiment ils ont reculé la RT 2012 jusqu’en 2015 ou 16 donc pour la RT 2020 sera appliquer que 5 Ans après, Donc a nous ouvrir nos Yeux les Parcs Eoliens Caches et gâches la Nature ce n’est pas à la Nature de s’adapter ce sont nous en tant que Humain locataire de nous mettre les Points sur les I

  • Clément Fournier

    Au delà du fait que vous vous trompez complètement sur moi et sur mes “opinions”, je trouve l’analogie étrange. La guerre et le changement climatique sont deux réalités qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre. La responsabilité du consommateur dans le phénomène n’est pas la même : un consommateur n’est pas directement responsable des balles tirées à la guerre, alors qu’il est directement responsable des émissions de CO2 qu’il produit lorsqu’il prend sa voiture. Les moyens d’actions ne sont pas les mêmes pour la guerre et pour le changement climatique, et ce qui est un voeu pieux ou un “c’est pas ma guerre” pour l’un ne l’est pas pour l’autre. D’où l’importance de rappeler qu’en matière de réchauffement climatique, des solutions basées sur la responsabilité individuelle sont possibles et que le consommateur a un rôle à jouer dans l’histoire. Et pas seulement celui du mouton qui ne se déplace que lorsque le chien de berger lui a dressé un chemin suffisamment confortable. Ce rôle, que vous appelez sans le dire l’activisme, ça peut être de se décider à ne pas prendre sa voiture, même si ce n’est pas confortable. A acheter bio, même si ce n’est pas le moins cher. Choisir un logement plus petit, même si ce n’est pas confortable. Manger moins de viande, même si ce n’est pas le plus gourmand.

    Le problème c’est que beaucoup de consommateurs n’ont même pas conscience qu’ils ont cette capacité d’action car ils se cachent, comme vous, derrière l’excuse du système. C’est pas ma guerre, disent-ils, puisque c’est les industriels qui polluent, les avions, les camions. Mais ce n’est pas si simple.

    Au final, vous résumez tout dans votre dernière phrase : bouger une masse prend du temps, il faut peut-être commencer par la réveiller. Et quoi de mieux pour ça que de lui dire la vérité ? Quoi de mieux pour ça que de lui dire “voilà ce qu’il faudrait vraiment faire” ? Pour réveiller une masse, on ne la berce pas de l’illusion qu’il suffit d’attendre que le système lui construise une intermodalité confortable pour que tout s’arrange. Car le système ne bougera jamais si ceux qui le constituent ne lui disent pas qu’il faut qu’il change. Et aujourd’hui, pour faire changer le système, on change ses modes de consommation. Car il n’y a que ça que le système comprend : la consommation.

  • ce que l’article ne dit pas c’est que les sociétés humaines comme les systèmes naturels, s’auto-organisent (*) jusqu’à atteindre une situation critique à partir de quoi elles deviennent instables et qu’un évènement mineur provoque alors des effondrements comme dans la métaphore du tas de sable: petits effondrements ou moyens ou grands (catastrophiques). Nous en sommes là. Le retour en arrière sera cela. Cf. Per Bak SOC Self organized criticality http://bit.ly/2umnkhT
    (*) pour nous: croissance exponentielle de tout indéfiniment, recherche constante des meilleures performances par l’optimisation des systèmes, productivité, inventions et innovations….

  • Ou est passée ma contribution?