Consommation Raisonnée : Les Étudiants prennent la Parole (étude)

par Oriane Cébile Oriane Cébile

Parce qu’il ne s’agit pas simplement de produire moins de déchets ou de limiter l’impact environnemental des biens de consommation, il est nécessaire d’agir plus globalement pour conserver les ressources et promouvoir plus d’équité et de sens dans les modes de consommation.

Le REFEDD (Réseau Français des Étudiants pour le Développement Durable) vient de sortir son rapport thématique sur la consommation raisonnée. Celui-ci est basé sur les résultats de la Consultation Nationale Étudiante 2014, qui a collecté les réponses de plus de 7 000 étudiants. Oriane Cébile, présidente du REFEDD, nous présente les résultats.

Consommer moins et mieux pour être heureux ?

Sur les campus, de nombreux projets tentent de faire rentrer les modes de consommation alternative, notamment au travers de l’engagement associatif. Et les idées ne manquent pas ! Cafétéria autogérée, échanges de vêtements, mise en commun d’équipement, récupération et revente de meubles… sont parmi la multitude de projets portés par les associations étudiantes. Et pour cela, le campus est un espace privilégié.

Moins de dépenses, moins d’encombrement, plus de lien social, les modes de consommation alternatifs correspondent à des attentes fortes de la part des étudiants :

  • 3 répondants sur 4 estiment que le niveau de consommation dans les pays développés doit baisser ;
  • Seulement 5% des étudiants considèrent le développement durable comme « une contrainte sur leur mode de vie » ;
  • Près de 3 répondants sur 4 ont le sentiment de pouvoir agir pour plus de développement durable.

REFEDD-Rapport-consommation-logo

Cependant, parmi les pratiques d’engagement, les modes de consommation peuvent être particulièrement difficiles à changer, comme par exemple la réduction globale du niveau de consommation de biens matériels. Quand 80% des répondants affirment trier leurs déchets dès qu’ils en ont l’occasion, seul un étudiant sur quatre déclare diminuer sa consommation de biens matériels chaque fois qu’il en a l’occasion.

De plus, la prise en compte des impacts de la consommation reste encore modérée pour un nombre important d’étudiants. Près d’un étudiant sur quatre (23%) déclare que les déchets produits n’influent pas sur ses choix de consommation.

Passer à l’action : Faire des démarches de « consommation alternative » la référence

A partir de cette étude, le REFEDD porte deux recommandations auprès des établissements d’enseignement supérieur. En effet, les étudiants attendent :

  • Un soutien dans les démarches de consommation durable et locale (développement des circuits courts, de la consommation collaborative, etc.). Les campus étudiants s’inscrivent dans un territoire, et à ce titre, ils doivent promouvoir l’économie locale. La mise à disposition d’espaces de partage doit par exemple être encouragée. Cela inclut notamment des espaces pour des bibliothèques partagées, pour du travail en groupe, pour la mise en place de biens partagés (matériel informatique, équipement électroménager, etc.).
  • De la pédagogie sur le long terme afin d’inciter à consommer moins. Parmi les mesures en faveur du développement durable citées par les répondants se retrouvent les incitations pour réduire le niveau de consommation. Cela touche aux habitudes culturelles, et est donc indissociable de la sensibilisation et de l’éducation tout au long de la vie.

 

Retrouvez le rapport complet.