Collapsologie : définition et origine, champ d’étude et prospective

Qu’est-ce que la collapsologie et d’où vient-elle ? Quel est son objet d’étude ? Le futur vu par les collapsologues.

Définition et origine de la collapsologie

Signification du terme « collapsologie »

Formé à partir du latin collapsus, signifiant « tombé d’un seul bloc », et du grec logos, le néologisme « collapsologie » désigne l’étude de l’effondrement de notre civilisation industrielle, considéré comme inéluctable à plus ou moins brève échéance, et des alternatives qui pourraient lui succéder. La collapsologie se présente elle-même comme une approche transdisciplinaire et systémique menée selon les principes cognitifs de l’intuition et de la raison, fondée sur des travaux reconnus et faisant appel à l’ensemble des domaines de connaissance et de recherche.

D’où vient la collapsologie ?

Le terme a été forgé par les chercheurs Pablo Servigne et Raphaël Stevens et apparaît dans l’essai qu’ils ont publié en 2015 aux Éditions du Seuil, intitulé Comment tout peut s’effondrer – Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes. L’idée d’effondrement de la civilisation industrielle est cependant plus ancienne. Elle a été notamment développée dans l’ouvrage The Limits To Growth, plus connu sous le nom de Rapport Meadows, écrit en 1972 par des chercheurs du MIT (Massachusetts Institute of Technology) pour le Club de Rome, et dont Servigne et Stevens se sont largement inspirés ainsi que d’autres études sur les mêmes thématiques.

Collapsologie : la fin de notre civilisation comme objet d’étude

Les collapsologues procèdent d’abord à la compilation d’un grand nombre d’analyses et de méta-analyses sur des données clés (historiques et contemporaines) relatives à la démographie, aux ressources (énergie, alimentation, minerais et autres), au réchauffement climatique et toute autre thématique directement ou indirectement liée à l’activité humaine. Puis, dans un deuxième temps, ils en tirent des conclusions sur les effets induits, déjà effectifs et à venir.

Pour la collapsologie, le constat est ferme et sans appel : l’écroulement de notre société industrielle est déjà en cours et il est irréversible. Les écosystèmes, tant au niveau local que planétaire, s’effondrent les uns après les autres, sonnant le glas d’une civilisation basée sur une croissance exponentielle dans un monde fini, donc aux ressources limitées. À l’orée des années 1970, le Rapport Meadows envisageait la chute au tournant de 2030. Pour certains collapsologues d’aujourd’hui, l’échéance serait encore plus proche, donc imminente.

La collapsologie : une science ?

À proprement parler, la collapsologie n’est pas une science puisqu’elle ne développe pas de conclusion objectives, vérifiables et reproductibles sur son objet d’étude. La collapsologie procède par intuition et déduction pour tenter d’anticiper et de prévoir les dynamiques des systèmes humains qui pourraient mener à son effondrement.

C’est donc une méthode d’analyse « spéculative ». Néanmoins, en tant que discipline, la collapsologie fonde ses analyses sur les conclusions d’autres disciplines scientifiques, telles que la climatologie, l’écologie scientifique, l’économie ou encore la géologie. Elle se fonde aussi sur l’analyse scientifique de réalités comme la crise de biodiversité, l’acidification des océans, la déforestation.

L’avenir de l’Humanité selon les collapsologues

Selon les thèses de la collapsologie, l’effondrement de la civilisation industrielle pourrait aboutir à la disparition pure et simple des populations concernées, celles-ci étant incapables de s’adapter à un monde où les structures artificielles dont elles dépendaient n’ont plus cours. Tout resterait donc à réinventer à partir de zéro pour les survivants. Ce scénario, contesté par nombre de penseurs et d’acteurs, se voit reprocher de considérer l’effondrement comme catastrophe, plutôt que les errements de la civilisation qui conduisent à cet effondrement, pour aboutir à un fatalisme qui délégitime le combat pour le progrès vers une civilisation de la transition écologique et la transition énergétique, notamment.