Mondialisation : définition, fonctionnement, conséquences – Qu’est-ce que la mondialisation

Qu’est-ce que la mondialisation ? Quelle est son origine ? Quelles sont ses conséquences et comment fonctionne-t-elle ? La mondialisation est-elle économique, culturelle ou politique ? Explications.

Définitions de la mondialisation

Définition simple de la mondialisation

“La mondialisation (ou globalisation) désigne l’accélération des mouvements et échanges (d’êtres humains, de biens et de services, de capitaux, de technologies ou de pratiques culturelles) sur toute la planète. La mondialisation entraîne un niveau d’interaction croissant entre les différentes régions et populations du globe.”

Définition de la mondialisation en géographie

En géographie, la mondialisation se définit comme l’ensemble des processus (économiques, sociaux, culturels, technologiques, institutionnels) qui contribuent à la mise en relation des sociétés et des individus du monde entier. C’est un processus progressif d’intensification des échanges et des flux entre les différentes parties du monde.

Les origines de la mondialisation

Pour certains, la mondialisation est inhérent à la nature humaine : elle aurait débuté dès le début de l’histoire humaine, il y a environ 60 000 ans. Tout au long de leurs histoires, les sociétés humaines ont eu tendance à échanger de plus en plus entre elles. Dès l’Antiquité, les différentes civilisations ont ainsi développé des routes commerciales, des échanges culturels, elles ont aussi vécu des phénomènes migratoires qui ont contribué à des échanges entre les populations.

Ce phénomène s’est poursuivi un peu partout dans le monde durant l’histoire, notamment via les conquêtes militaires et les grandes explorations. Mais la mondialisation s’est surtout accélérée grâce aux progrès technologiques en matière de transports et de communication. C’est particulièrement depuis la seconde moitié du 20ème siècle que les échanges mondiaux se sont accélérés au point que l’on finisse par employer le terme “mondialisation”.

Les différents aspects de la mondialisation en fonctionnement

On parle souvent de la mondialisation comme un phénomène économique et financier (avec le développement du commerce et des échanges monétaires et financiers) mais le phénomène englobe un champ bien plus large que celui de la simple circulation des biens et services et des capitaux. La mondialisation a en fait plusieurs volets :

  • La mondialisation économique : développement des échanges commerciaux, avec des acteurs transnationaux comme les entreprises transnationales.
  • La mondialisation financière : émergence d’une finance mondiale, avec échanges financiers internationaux, échanges monétaires…
  • La mondialisation culturelle : interpénétration des cultures dans toute leur diversité, mais aussi émergence d’une supraculture mondialisée.
  • La mondialisation politique : développement et influence croissante des organisations internationales telles que l’ONU ou l’OMS, ainsi que des ONG.
  • La mondialisation sociologique : circulation de l’information en temps réel, interconnexion et interdépendance des événements et de leurs conséquences.
  • La mondialisation géographique : nouvelle organisation et hiérarchisation des différentes régions du monde, en constante évolution.

La mondialisation économique : le moteur de la globalisation

Historiquement, il semble que la mondialisation économique soit la première dimension de la mondialisation. Ce sont en effet les échanges commerciaux qui ont alimenté la dynamique des interactions entre les différentes parties du monde.

À partir des années 1960 et surtout 1970 c’est l’ouverture des économies mondiales et le développement des politiques de libre-échange qui ont vraiment lancé l’accélération de la mondialisation. Entre 1950 et 2010, les exportations mondiales ont ainsi été multipliées par 33 ce qui a contribué largement à augmenter les interactions entre les différents pays et régions du monde.

La mondialisation financière

Dans le même temps, la finance s’est aussi mondialisée. À partir des années 1980, sous l’impulsion des politiques néo-libérales, le monde de la finance s’est progressivement ouvert. De nombreux Etats (les Etats-Unis sous Ronald Reagan, le Royaume-Uni sous Margaret Thatcher) ont mis en place ce que l’on appelle la “Politique des 3D” : Désintermédiation, Décloisonnement, Déréglementation.

Il s’agissait de simplifier les règles de la finance, de supprimer les intermédiaires financiers et de faire tomber les barrières entre les différentes places financières afin de faciliter les échanges de capitaux entre les différents acteurs financiers de la planète. Cette globalisation financière a contribué à l’émergence d’un marché financier mondial où se sont multipliés les échanges de titres et de capitaux.

La mondialisation culturelle : mondialisation et diversité culturelle

Avec la mondialisation économique et financière, il y a eu évidemment une mondialisation culturelle. En effet, la multiplication des échanges économiques et financiers s’est accompagnée d’une accélération des échanges humains : migrations, expatriations, voyages…

Ces échanges humains ont contribué au développement des échanges culturels. Avec la digitalisation du monde et l’avènement d’internet, ces échanges culturels se sont multipliés. C’est ainsi qu’aujourd’hui, un peu partout dans le monde on peut goûter les cuisines de différents pays, avoir accès à la littérature ou au cinéma de toute la planète… La mondialisation a donc rendu plus accessible la diversité culturelle internationale.

Mais paradoxalement, la mondialisation a aussi tendance à homogénéiser les cultures mondiales. En effet, certains particularismes culturels tendent à disparaître au profit de la mondialisation. Certaines cultures s’imposent, d’autres disparaissent. C’est ainsi qu’aujourd’hui, le cinéma américain devient partout dans le monde une référence, parfois au détriment des industries cinématiques locales.

Les conséquences de la mondialisation

La mondialisation est un phénomène complexe, profond et global. À ce titre, elle a donc une influence considérable sur la réalité des sociétés contemporaines et des conséquences marquées dans presque tous les domaines.

Les conséquences économiques de la mondialisation

Les conséquences les plus visibles de la mondialisation sont sans doutes celles qui touchent au monde économique. La mondialisation a entraîné une nette augmentation des échanges commerciaux et économiques, mais également une multiplication des échanges financiers.

Cette accélération des échanges économiques a été à l’origine d’une forte croissance économique mondiale. Elle a permis un développement industriel global rapide. Selon certains analystes, la mondialisation a aussi contribué à améliorer les conditions économiques globales, en créant de nombreuses richesses économiques.

Toutefois, cette croissance économique tirée par la mondialisation ne s’est pas faite sans éveiller les critiques. Les conséquences de la mondialisation sont loin d’être homogènes : inégalités de revenus, de développement,  dégradation des termes de l’échange. Certains acteurs (pays, entreprises, individus) bénéficient plus des phénomènes de mondialisation, tandis que d’autres sont parfois perçus comme les “perdants” de la mondialisation.

Les conséquences de la mondialisation sur l’environnement

De nombreux critiques ont aussi mis en évidence que la mondialisation a des effets négatifs sur l’environnement. Ainsi, le développement massif du transport qui a été à la base de la mondialisation est aussi responsable de sérieux problèmes environnementaux : émissions de gaz à effet de serre, réchauffement climatique, pollution de l’air.

La croissance économique mondiale et la productivité industrielle qui sont à la fois le moteur et les conséquences principales de la mondialisation ont aussi des conséquences environnementales majeures : déplétion des ressources naturelles, déforestation, destruction des écosystèmes.

Mondialisation ou globalisation : quelles différences

En Français, on emploie parfois le mot “globalisation” en tant que synonyme du mot “mondialisation”. Cette tendance vient de l’anglais, langue dans laquelle “mondialisation” se traduit par “globalization” ou “globalisation”. Toutefois, de nombreux chercheurs (géographes, philosophes, économistes) spécialistes de la mondialisation estiment qu’il faut distinguer ces deux mots en français.

Ainsi, la globalisation désignerait la transformation du monde en un ensemble systémique global avec des règles et des processus de plus en plus homogènes tandis que la mondialisation renverrait à la multiplication des interactions et connexions entre les différents acteurs mondiaux. Dans ce cadre, un phénomène comme le développement des échanges commerciaux, culturels et humains internationaux relèverait de la mondialisation alors que l’émergence d’un capitalisme libéral global structurant au niveau mondial serait une forme de globalisation.

Mondialisation, développement durable et RSE

Phénomène touchant tous les secteurs d’activité à plus ou moins grande échelle, la globalisation économique se voit inéluctablement confrontée aux problématiques du développement durable et de la responsabilité sociale/sociétale des entreprises.

A priori, en effet, en faisant la promotion d’une production industrielle à grande échelle et d’une circulation mondialisées des marchandises, la mondialisation s’oppose à des notions comme la sobriété, les circuits courts, les économies de ressources et d’énergie ou la limitation des émissions de gaz à effet de serre. De ce fait, les détracteur de la mondialisation avancent souvent qu’elle contribue à accélérer le réchauffement climatique et ne respecte pas les principes de l’écologie. Les conséquences des délocalisations (destruction d’emplois dans les pays à haut coût de main d’œuvre, conditions de travail dégradées dans les pays à bas coût) sont également en contradiction avec les critères d’une démarche RSE. De plus, l’idéologie qui sous tend la mondialisation (croissance économique, recherche permanente de productivité) rend difficile la conception d’une économie fondée sur la résilience.

D’un autre côté, la mondialisation représente aussi l’une des opportunités de transition vers un monde plus durable, dans la mesure où seule une synergie mondiale serait réellement en mesure de permettre une véritable transition écologique. Les problématiques comme le réchauffement climatique nécessitent en effet une réponse coordonnée de tous les acteurs mondiaux : lutte contre les émissions de CO2, réduction des gaspillages, transition vers les énergies renouvelables. Même chose pour les pollutions de l’océan ou de l’air, ou encore l’acidification des océans qui ne peuvent pas être résolues sans une action mondialisée. La diffusion des idées écologiques dépend aussi de la capacité des acteurs engagés à les faire entendre au niveau mondial.