Discrimination et bien-être au travail : comment les entreprises alimentaires s’engagent ?

par Adeena Campas Adeena Campas

Les salariés constituent le cœur de l’entreprise. Leur motivation est un atout majeur pour son bon fonctionnement. De même que leur intégration aux projets de l’entreprise et leur mobilisation permettent de multiplier les talents, les idées et les innovations possibles.

C’est notamment vrai pour les entreprises du secteur alimentaire qui, pour certaines, sont aujourd’hui pleinement engagées dans cette démarche, avec de multiples bonnes pratiques en la matière. Partons à la découverte de ces bonnes pratiques avec Adeena Campas, Directrice Développement Durable de l’ANIA.

La RSE implique tous les partenaires et activités de l’entreprise dont les aspects sociaux et la garantie du respect des droits fondamentaux. Il est capital pour les entreprises de tout mettre en œuvre pour développer des pratiques durables et peu contraignantes afin de garantir le bien-être des salariés sur leur lieu de travail.

C’est particulièrement vrai pour certains emplois du secteur agroalimentaire dont les conditions de travail peuvent s’avérer difficiles (pénibilité, ergonomie, gestes répétitifs…). Pour cela, l’entreprise peut mettre en place de multiples actions. En voici quelques-unes.

Améliorer les conditions de travail et garantir la santé et la sécurité des salariés

Suite au diagnostic de l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail au sein de l’entreprise La biscuiterie de l’Abbaye montrant le vieillissement des salariés et le risque fort d’apparition de troubles musculosquelettiques, un groupe de travail nommé « top ergo » a été créé en 2008. Cette cellule d’amélioration a permis de mettre en lumière une problématique particulière : la chaleur dans les ateliers pouvant être supérieure à 40°C l’été. L’entreprise a donc entrepris des travaux pour un montant de 100 000€ permettant ainsi de diminuer la température de 4°C dans les ateliers durant l’été.

De même, la FICT (Fédération des Industries Charcutières, Traiteurs et Transformatrices de viande) a signé un accord avec le gouvernement prévoyant un engagement chiffré de diminution des accidents du travail de -10 % et des troubles musculosquelettiques de -5 %.

L’entreprise Bonduelle a développé une politique de prévention pour assurer les meilleures conditions de sécurité à ses salariés. Son objectif ? 0 accident ! Trois principes sont donc mis en avant : tous les accidents sont évitables, la responsabilisation et la formation sont fondamentales et travailler en sécurité est prioritaire. Bonduelle s’inspire de la méthode « Sécurité au Travail par l’Observation Préventive » de DuPont de Nemours, qui permet aux collaborateurs d’intégrer les comportements les plus sûrs dans leur culture de travail, d’optimiser les performances de sécurité et de supprimer les risques de blessures et de maladies professionnelles. Cette démarche a montré des résultats concluants, le taux de fréquence des accidents de travail avec arrêt a été diminué de 20 % en 6 ans !

Enfin, Blédina et Fleury Michon sont également engagés pour améliorer le bien-être de leurs salariés. Blédina a déménagé dans des nouveaux locaux éco-responsables dont l’architecture permet de favoriser les échanges entre les collaborateurs. Les salariés du siège ont ainsi à leur disposition des coins sieste, des espaces de co-working, une salle de sport, des espaces de détente… Fleury Michon est quant à lui engagé depuis plusieurs années dans la promotion d’une réelle qualité de vie au travail. L’entreprise a déployé un large plan d’actions sur la dimension santé auprès de ses salariés (mise en place d’un distributeur automatique de produits sains), et d’opérations pour encourager les salariés à pratiquer une activité physique, communication sur le diabète et l’importance du dépistage…

Promouvoir l’emploi de travailleurs handicapés

De nombreuses entreprises sont engagées pour favoriser l’emploi des personnes handicapées. Les entreprises de plus de 20 salariés doivent d’ores et déjà employer des personnes handicapées dans la proportion de 6 % de leur effectif total, mais certaines sociétés veulent aller plus loin.

La société Saipol est par exemple signataire d’une charte « entreprise & quartiers » dans laquelle elle s’engage à accueillir plus de 6 % de travailleurs handicapés dans l’ensemble de ses sites d’ici 2020. L’entreprise Briogel quant à elle, compte déjà presque 10 % de travailleurs handicapés dans son entreprise qui occupent des postes adaptés. Cette PME vandéenne a pour ambition de donner à ces personnes l’opportunité de sortir des structures adaptées et d’intégrer le milieu ordinaire. Enfin, pour permettre d’avancer dans ce projet, l’entreprise a embauché deux éducateurs spécialisés et a formé 70 employés à la langue des signes.

Garantir l’égalité Hommes-Femmes

Les entreprises alimentaires s’engagent également pour la parité, notamment à travers la signature d’accords garantissant l’égalité professionnelle :

  • LSDH a conclu un accord d’égalité professionnelle basé sur 4 thématiques : l’embauche, les conditions de travail, la rémunération et l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
  • Chez Danone, les accords d’égalité Hommes-Femmes garantissent une parité dans les salaires.
  • L’accord signé par Orangina Suntory France comprend plus de 60 mesures d’accompagnement visant à assurer l’égalité Hommes-Femmes, à améliorer la qualité de vie au travail et à prendre en compte la parentalité. Parmi les mesures phares de cet accord, on retrouve la mise en place du télétravail, la possibilité pour les parents d’enfants de moins de 3 ans de transformer le 13ème mois en jours de congés supplémentaires, et une offre de services gratuits permettant aux salariés de bénéficier d’une aide dans toutes les démarches administratives liées à la perte d’autonomie d’un proche.
  • Mondelez a signé un accord en interne d’égalité professionnelle, qui a pour but d’atteindre l’égalité professionnelle, de lutter contre les discriminations, de faciliter l’articulation entre vie privée et vie professionnelle.
  • Depuis 2009, Unilever est engagé pour la parité des sexes avec un objectif de 50 % de femmes aux postes à responsabilité d’ici 2020.
  • Pepsico France a obtenu en 2017 le label international et européen GEEIS qui valorise les initiatives en matière de parité Hommes-Femmes et d’égalité professionnelle, et a pour objectif d’avoir, en 2025, 50 % de femmes à des postes de direction.

Autant de bonnes pratiques qui permettent de placer les salariés au cœur de l’entreprise, d’améliorer leurs conditions de travail et de donner sa chance au plus grand nombre ! Retrouver l’ensemble des engagements RSE du secteur alimentaire.

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