Comment le dress code affecte le bien-être et la productivité des salariés ?

Comment le dress code affecte le bien-être et la productivité des salariés ?

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Et si le dress code de votre entreprise avait un impact sur votre productivité, sur le bien-être des salariés, sur leur moral ? Quel dress code est le plus adapté aux attentes des salariés aujourd’hui ? Comment le définir ? Quelle liberté laisser ? Autant de questions que se posent en permanence les managers.

Voyons ce qu’en disent les études.

Le dress code en entreprise : d’abord une question d’impératif

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Tout d’abord, il faut écarter d’entrée certains sujets. Dans certaines entreprises, le « dress code » est non négociable : parce qu’il s’agit d’un uniforme, d’habits de sécurité, ou de vêtements adaptés aux exigences du travail. Evidemment, personne n’envisage de remettre en cause la nécessité pour un cuisinier de porter un tablier ou celle pour un ouvrier de porter une tenue adaptée et des équipements de sécurité.

La question du dress code se pose plus généralement dans les entreprises du tertiaire, pour des employés de bureau notamment. Dans ce cas là, il y a là encore une question d’impératif : certains professionnels qui sont en permanence en contact avec des clients ou des prospects et sont en quelque sorte « en représentation » pour leur entreprise sont souvent tenus d’adopter un certain style vestimentaire. Dans ce cas-là, c’est la culture du milieu professionnel en question qui définit ce qui est attendu, ce qui se porte ou ce qui ne se porte pas. Dans un univers business très strict, certains professionnels pourront difficilement se passer d’un costume-cravate, alors que dans des secteurs perçus comme plus « jeunes », « dynamiques » ou « humains » (la high-tech, la communication et le marketing, les métiers créatifs) il est désormais plus facile de se vêtir de façon plus casual (tant que cela reste élégant).

Mais pour tous les autres, tous ces employés qui travaillent uniquement à leur bureau, sans être en représentation et sans contrainte professionnelle particulière, quel dress code adopter ? Faut-il imposer à ses salariés un dress code formel (chemise voire cravate obligatoire) ou peut-on accepter un dress code plus « casual » (jeans, voire baskets et t-shirts) ? Comment ces différents dress code affectent-ils le bien-être des salariés ou leur productivité, cela change-t-il quelque chose à l’ambiance de travail ? Faisons le point.

Dress code et productivité : quels liens ?

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Entre les managers, il y a un clivage sur la question du code vestimentaire en entreprise. Certains estiment qu’un code vestimentaire formel permet de créer une ambiance professionnelle, plus propice à la concentration et à la productivité. D’autres au contraire soutiennent qu’un dress code casual est meilleur pour une ambiance décontractée au travail, pour l’engagement des salariés et pour leur productivité. Le problème c’est que généralement, ces assomptions ne sont pas basées sur des connaissances formelles.

En réalité, peu d’études ont été menées sur ce sujet de façon scientifique. Cependant, plusieurs sondages ont été menés auprès de salariés ou de managers. Aux Royaume-Uni par exemple, 61% des salariés disent être plus productifs dans leur entreprise lorsqu’un code vestimentaire décontracté est autorisé. Une autre étude menée aux Etats-Unis donnait des résultats similaires : 64% des employés se disent plus productifs lorsqu’ils sont habillés de façon décontractée. Une étude publiée dans la revue Social Psychological and Personality Science indique même que lorsque les individus sont habillés de façon décontractée, ils sont plus efficaces pour les tâches concrètes, qui nécessitent de la concentration ou font appel aux capacités cognitives comme la mémoire, la résolution des problèmes, le calcul.

D’un autre côté, certaines études montrent que lorsque l’on est habillé de façon formelle, notre perception de nous même change : on se sent plus « puissant », plus autoritaire, plus confiant. Une étude a même montré que s’habiller de façon formelle améliorait la pensée abstraite.

Cet ensemble d’études montre une chose : la façon dont l’on s’habille a un impact sur la façon dont on se perçoit et donc sur la façon dont on travaille. C’est ce que l’on appelle la cognition incarnée : la façon dont on perçoit notre corps (et nos vêtements) influence notre façon de penser et de réfléchir. En résumé : être habillé de façon formelle améliore nos capacités relationnelles (confiance en soi, raisonnement et discussion abstraite), ainsi que l’impression que l’on renvoie à des interlocuteurs professionnels et être habillé de façon confortable améliore notre concentration et nos capacités cognitives. Cela encourage donc à penser qu’un dress code formel est plus adapté aux professionnels qui sont en négociation avec des clients, ou dont le travail se fonde sur le relationnel, la négociation, le contact humain, et qu’un code vestimentaire plus « relax » serait plus adapté pour les professionnels qui doivent faire appel à leur concentration, leur mémoire ou qui doivent résoudre des problèmes concrets.

Comment le code vestimentaire affecte le bien-être au travail ?

Mais le dress code n’est pas qu’une question de tâches ou de missions. C’est aussi une question de bien-être. Il est évident que pour travailler 7 à 10 heures par jour dans un bureau, il est plus efficace de porter des vêtements dans lesquels on se sent bien. Alors, se sent-on mieux dans des vêtements décontractés ou dans des vêtements formels ? Les sondages tendent plutôt vers le premier : la majorité des américains disent préférer un dress code casual, afin de porter des vêtements dans lesquels ils sont plus à l’aise. Un autre sondage mené au Royaume-Uni montre que près des 2/3 des travailleurs ne voient aucun intérêt à un dress code formel dans les entreprises. Une part significative des jeunes travailleurs (1/5) admet même qu’ils seraient prêts à quitter une entreprise imposant un code vestimentaire trop formel.

Une grande étude sur le sujet du code vestimentaire a aussi montré qu’un dress code casual et décontracté améliore l’engagement des salariés et leur bien-être au travail. Notamment, il permettrait un rapport plus authentique avec les managers, un meilleur dialogue avec la hiérarchie. Et globalement une meilleure productivité.

Sans compter que certains éléments d’une tenue dite « formelle » sont tout à fait contradictoire avec le confort nécessaire pour travailler. C’est le cas par exemple des chaussures à talons imposées aux femmes dans certaines entreprises, malgré le fait qu’elles sont nocives pour la posture et la santé du dos. Ou des tenues pantalon-chemises-veste imposées aux hommes dans certaines entreprises en pleine canicule. Le rôle des managers est aussi sans doute de savoir adapter les règles du dress code aux conditions de travail afin de promouvoir la santé et le confort des salariés.

Quel dress code pour l’entreprise ?

En résumé, la tendance est plutôt à l’adoption d’un dress code décontracté en entreprise. Certes, un code vestimentaire formel reste important dans certains secteurs, notamment lorsque l’on doit être sans cesse en contact avec des clients. Mais dans l’entreprise, quand on travaille le plus souvent à huis-clos, en équipe, alors le code vestimentaire décontracté et casual semble plus adapté aux attentes actuelles des salariés, à leur bien-être au travail et à leur productivité. Et compte tenu des évolutions des perceptions dans ce domaine, il semble difficile aujourd’hui pour une entreprise d’interdire les jeans et les baskets dans son entreprise (à condition bien sûr que cela reste approprié !).

De toute façon, la majorité des salariés font d’eux-mêmes attention à leur façon de s’habiller au travail. Ainsi, 78% des salariés seraient très attentifs à leur tenue au travail, et ce même en l’absence de dress code dans leur entreprise.