La durabilité parmi les plus grands risques organisationnels en 2019

par Clément Fournier Clément Fournier

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Quels sont les plus grands risques auxquels font face les entreprises et organisations en général ? Voici l’analyse de l’Institut Français des Auditeurs de Contrôle Interne.

Chaque année depuis 3 ans, l’IFACI (Institut Français des Auditeurs de Contrôle Interne) publie un document annuel analysant les risques les plus susceptibles d’affecter la stabilité des organisations (entreprises ou organismes publics).

Cette année, ce rapport intitulé Risk in Focus livre un enseignement particulier : après les enjeux de cybersécurité et de digitalisation, ce sont les risques liés au développement durable qui sont en tête des risques les plus importants pour les entreprises et organisations. Décryptage.

La digitalisation en tête des risques organisationnels en 2019

Comme on pouvait s’y attendre, cette année l’IFACI place les risques digitaux en tête des risques les plus forts pour les entreprises. C’est plutôt logique dans le contexte actuel. L’économie passe en effet de plus en plus par le digital : il faut gérer les données des utilisateurs, protéger des serveurs, gérer la cybersécurité… De plus, la RGPD impose désormais de nouvelles contraintes aux organisations qui ont une présence en ligne et qui traitent les données des utilisateurs. La présence de plus en plus forte de l’intelligence artificielle dans les organisations ainsi que l’automatisation progressive de certaines tâches font aussi partie des tendances lourdes qui agitent le monde économique ces dernières années.

Il est donc relativement logique que l’IFACI considère comme un risque prioritaire ces questions liées au numérique, à la gestion des données et à la cyber sécurité. Environ un tiers des organisations européennes auraient connu une faille dans la gestion de leurs données en 2017, 40% des leaders d’organisation estiment que l’IA va affecter la répartition des emplois dans leur structure. Pourtant seuls 28% auraient établi une feuille de route claire pour gérer ces sujets.

En résumé, les questions digitales, numériques et liées aux nouvelles technologies sont en tête des préoccupations pour les organisations. Mais ce qui est plus original, c’est que le second enjeux le plus identifié par l’IFACI est le développement durable.

Le développement durable : un risque à prendre en compte pour les entreprises

Pour la première fois, les auditeurs interrogés par l’IFACI placent les risques liés à l’environnement et aux problématiques sociales dans le top des risques les plus forts à gérer pour les entreprises.

Près de 30% des sondés estiment que ces questions font partie des risques prépondérant auxquels vont devoir faire face les organisations dans les années à venir avec un focus notamment sur le réchauffement climatique. Deux types de risques se posent ici. D’abord un risque d’adaptabilité : les entreprises sont-elles prêtes à faire face aux changements environnementaux et sociaux qui pourraient survenir ? Sont-elles armées face aux catastrophes climatiques qui pourraient affecter leurs infrastructures ? Quelle est leur politique d’assurance vis-à-vis de ce risque ? Le second risque est un risque de conformité : dans un contexte où la pression publique sur les questions environnementales et sociales est de plus en plus fort, la réglementation évolue. On l’a vu en France avec la Loi sur le Devoir de Vigilance, mais d’autres réglementations vont émerger. Des réglementations sur l’économie circulaire, la réduction des émissions de CO2 ou la taxe carbone, le reporting et le monitoring notamment sur les impacts sociaux et environnementaux. Pour les organisations, comprendre et anticiper ces nouvelles règles est essentiel afin de ne pas être pris au dépourvu.

Il faut donc prendre de l’avance et intégrer dans toute la chaîne de production et de management les questions environnementales et sociales, et pas seulement pour des questions d’image mais avant tout pour des questions stratégiques. Pour prendre de l’avance.

Un risque environnemental et social de mieux en mieux identifié par les institutions

Ce n’est pas la première fois qu’une organisation de ce type donne l’alerte sur les risques pour les entreprises et les organisations. Cette année, le World Economic Forum dans son Global Risk Report identifiait les risques environnementaux comme les principaux risques globaux : les évènements météo extrêmes, les désastres naturels, l’échec de la lutte contre le réchauffement climatique ou encore la crise de l’eau.

De plus en plus d’organisations s’inquiètent donc de la montée de ces risques, au point que certains scientifiques parlent désormais clairement d’un possible effondrement des systèmes sociaux et économiques mondiaux à cause des questions sociales et environnementales.

Crédit image : audit sur Shutterstock

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