Écosystèmes, milieux naturels et biodiversité : dangers, protection, gestion…

Écosystème et biodiversité sont des enjeux fondamentaux de l’écologie. Découvrez tout ce qu’il y a à savoir sur ces problématiques particulièrement importantes.

Milieux naturels, biodiversité, écosystèmes : pourquoi ils sont importants ?

Les écosystèmes, ce sont tous les milieux naturels au sein desquels vivent des espèces vivantes (végétales ou animales) et où ont lieu des processus vivants. Les forêts, les mers, les marais, les déserts sont tous des écosystèmes et la biodiversité qu’ils habitent est un élément essentiel aux équilibres naturels. Bien évidemment, tous ces écosystèmes et cette biodiversité sont en permanence en transformation, ils évoluent au fur et à mesure du temps, des processus évolutifs, des changements…

Toutefois, depuis quelques décennies, les écosystèmes mondiaux se transforment tellement et tellement vite que certains d’entre eux sont menacés de disparition. Et cela pourrait être grave : par exemple, si certaines forêts disparaissent, ce sont des espèces animales et végétales extraordinaires qui disparaissent, mais aussi un des poumons de la planète qui se réduit. Si les zones humides sont transformées ou modifiées trop profondément, elles ne remplissent plus leur rôle naturel de puis de carbone et de hot-spot de biodiversité.

Qu’est-ce qui cause ces transformations dangereuses ? Principalement les actions de l’Homme et de ses industries, qui modifient durablement de plus en plus de territoires et détruisent progressivement la biodiversité. Aujourd’hui, l’Homme a tellement transformé la planète, les écosystèmes et la biodiversité que les scientifiques affirment que l’on peut parler d’une nouvelle ère pour la planète : l’ère de l’Anthropocène, l’ère d’une planète transformée par l’Homme.

La destruction des milieux naturels et la dégradation de l’environnement

Selon une étude publiée dans la revue Nature, seuls 23% des espaces terrestres (sans compter l’Antarctique) et à peine 13% des espaces maritimes seraient encore préservés des activités humaines. C’est principalement dans les forêts du Canada, et de Russie, ainsi que dans les déserts australiens et nord-africains que l’on trouve encore des zones à peu près vierges.  Cela signifie que partout dans le monde, y compris dans les déserts comme le désert des Mojaves ou les forêts vierges les plus denses comme en Amazonie, l’Homme a déjà laissé sa marque. Un peu partout, son action a modifié les écosystèmes et bien souvent, cela a abouti a la destruction de certains milieux naturels et à la dégradation de l’environnement.

En France par exemple, il ne reste pratiquement plus aucun marais ou aucune forêt entièrement naturelle. La plus grande forêt française, la Forêt des Landes, est une forêt entièrement artificielle, plantée durant la deuxième moitié du XIXème siècle. La Camargue ou le Marais Poitevin qui sont les deux plus grandes zones humides de France sont certes d’origine naturelle, mais ont tous les deux étés largement modifiés, transformés et en partie détruits par l’Homme.

Globalement, la plupart des territoires sur la planète, même ceux qui peuvent sembler au premier abord « naturels » ou « préservés » sont en fait modifiés par les activités des sociétés humaines qui y construisent des routes, parfois des villes, des infrastructures. Longtemps, ces infrastructures n’ont pas forcément pris en compte la préservation des qualités naturelles de ces territoires, ce qui a dégradé une bonne partie de l’environnement naturel et de la biodiversité qui l’habitait. Aujourd’hui encore, les activités comme l’agriculture, des phénomènes comme le réchauffement climatique, ou encore la pollution de l’air contribuent à transformer les milieux, voire à les détruire.

Aujourd’hui, certaines zones sont encore menacées : on parle de déforestation, de désertification, d’assèchement des zones humides, d’urbanisation des milieux naturels… Sans compter la transformation des océans.

La crise de la biodiversité

La transformation de ces milieux signifie également bien souvent la transformation de l’habitat naturel de nombreuses espèces. On connait de nombreux exemples de ce phénomène : les grands singes africains ou asiatiques par exemple, sont bien souvent menacés d’extinction suite à la destruction progressive de leur habitat naturel sous la pression des activités minières ou encore agricoles. Certaines espèces de poissons sont menacées par la surpêche ou par les pollutions (sonores ou chimiques) dans certaines mers.

Selon les scientifiques, les activités humaines et les pollutions humaines ont un tel impact sur la biodiversité que l’on serait aujourd’hui entré dans ce que l’on appelle la sixième extinction de masse. Cela signifie qu’actuellement, les rythmes de disparition d’espèces vivantes, qu’elles soient animales, végétales ou encore d’insectes, de champignons ou autre, est tellement rapide qu’elle est comparable aux périodes de grandes extinctions qu’ont connu la planète, à l’image de l’extinction du Crétacé-Tertiaire, durant laquelle ont disparu les dinosaures et apparentés.

Cette crise de la biodiversité est particulièrement inquiétante. On sait par exemple que lorsque la biodiversité diminue, l’agriculture devient de plus en plus complexe, notamment si les insectes pollinisateurs ne remplissent plus leur rôle biologique. Ainsi, la disparition de la biodiversité finit par affecter notre alimentation. D’une manière générale, l’ensemble des activités qui permettent  l’Homme de survivre dépendent de la biodiversité et de sa complexité : si elle disparaît, c’est donc les sociétés humaines qui sont menacées.

L’artificialisation des sols et la pollution des sols

L’artificialisation des sols est un autre problème majeur lié à la dégradation des écosystèmes. Un peu partout dans le monde, les activités industrielles, agricoles et urbaines ont eu tendance à modifier l’équilibre et le rôle des sols naturels.

Par exemple, lorsque l’on construit une route, on a tendance à rendre le sol imperméable. Au premier abord, cela peut sembler anodin, mais c’est en fait très important. Les sols sont un maillon indispensable du fonctionnement écosystémique, géologique et même biologique. Les sols servent à absorber les surplus d’eaux lors des pluies ou des crues par exemple. Ils sont aussi l’habitat naturel d’une grande biodiversité d’insectes et d’animaux qui ont un rôle dans la nature. La structure des sols contribue à fixer certaines qualités géologiques dans certains territoires. Par exemple, certains sols sont propices au développement d’un couvert végétal particulier tandis que d’autres sont plus secs : cette diversité fait partie intégrante de la diversité d’écosystèmes que l’on trouve sur terre. Or en rendant ces sols imperméables, on empêche ces fonctions naturelles. L’eau ne s’écoule plus naturellement et a tendance à s’accumuler en surface. Cela a deux conséquences majeures : d’abord cela créé des phénomènes d’inondation, que l’on observe de plus en plus dans les zones urbanisées comme en France. Ensuite, cela empêche la reconstitution des nappes phréatiques et donc contribue aux phénomènes comme les sécheresses.

L’agriculture transforme aussi les sols. Avec le travail du sol, le labour, on a pu cultiver de nombreuses espèces qui permette de nourrir aujourd’hui les populations. Sauf que tout ce travail, ce désherbage, ces retournements, ont dégradé la qualité organique des sols. En résumé, les sols contiennent de moins en moins de matières organiques et nutritives et cela affecte l’agriculture en rendant la culture plus difficile. Cela a aussi un impact sur le réchauffement climatique, car un sol dégradé stocke moins de CO2 qu’une prairie de pâturage ou qu’une forêt, un sol un peu plus préservé.

Les sols sont également de plus en plus pollués, par les plastiques par exemple, ou encore les métaux lourds. À force de rejeter des substances plus ou moins chimiques et plus ou moins artificielles, on a tendance à modifier la composition des sols ou encore leur pH. Ainsi, les sols deviennent des milieux moins propices au développement de la vie d’un certain nombre d’insectes et d’animaux, et cela contribue donc à la crise de la biodiversité.