Étude : les jeunes accepteraient d’être payés moins pour travailler dans une entreprise écolo

par Clément Fournier Clément Fournier

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De plus en plus de jeunes (étudiants ou  travailleurs) font valoir leur engagement sur les sujets écologiques et environnementaux. Certains affirment même qu’ils accepteraient de gagner moins si cela leur permettrait de travailler pour une entreprise ayant un impact environnemental positif. Explications.

La tendance est lourde et s’observe partout dans le monde : les jeunes manifestent pour le climat, ils lancent des pétitions demandant à leurs futurs employeurs d’être plus écolo, certains comme Greta Thunberg appellent même à la grève des écoliers et des étudiants pour protester contre l’inaction contre le réchauffement climatique. C’est le signe que la jeune génération est de plus en plus sensible aux questions écologiques. Mais jusqu’à quel point ?

Une étude menée par Swytch sur les travailleurs américains montrent que certains seraient prêts à accepter des salaires moins élevés pour travailler dans une entreprise plus écologique.

Des salaires moins élevés pour un impact environnemental positif ?

Les résultats sont plutôt clairs : 70% des interrogés accepteraient plus facilement de travailler pour une entreprise ayant un impact environnemental positif. Mais cela va plus loin : près d’un salarié sur deux accepterait de gagner moins si cela lui permettait de travailler pour une entreprise plus écolo. Ils seraient même 10% prêts à accepter une baisse de 5 000 à 10 000 dollars annuels sur leur salaire pour travailler dans une entreprise plus responsable sur le plan environnemental.

Mais ce constat n’est pas vrai de façon équivalente chez tous les profils de travailleurs. Ce sont plutôt les jeunes qui défendent cette position : près d’1 jeune sur 3 considère que la culture écolo d’une entreprise est un critère indispensable dans leur choix de carrière. Ils ne sont que 25% pour les générations X et 17% pour les baby boomers. En fait, 40% des jeunes travailleurs de la génération Y auraient déjà choisir une offre d’emploi plutôt qu’une autre sur la base du critère écologique.

La culture « écologique » d’une entreprise : un outil pour attirer et retenir les talents

Cela tend à prouver que de plus en plus, et notamment chez les jeunes, l’aspect environnemental de l’activité économique d’une entreprise devient un critère important pour les travailleurs. De plus en plus de salariés sont attentifs à l’impact environnemental de leur travail, et surtout aux efforts qui sont menés par leurs employeurs sur les questions environnementales. Et si, comme le laisse penser ce sondage et les autres mouvements de contestation récents à ce sujet, les jeunes seraient désormais prêts à refuser des emplois dans des entreprises trop peu engagées, l’inverse est également vrai.

Concrètement, le sondage Swytch montre que 70% des interrogés déclarent qu’une culture écologique au sein d’une entreprise affecterait leur décision de rester ou non dans l’entreprise sur le long terme. 30% des sondés auraient même quitté une entreprise à cause de son manque d’engagement sur les sujets de durabilité. L’engagement sur les sujets écologiques devient donc un vrai argument de marque employeur.

Les valeurs et les engagements d’une entreprise au coeur de son image

Ces constats vont le même sens que de nombreuses études ces dernières années, qui montrent que les parties prenantes d’une entreprise sont de plus en plus intéressées par les dimensions RSE, l’engagement environnemental et les valeurs d’entreprise. Ainsi, une étude récente menée par Clutch montrait que les consommateurs choisissent désormais des entreprises défendant des valeurs spécifiques, pas seulement en fonction de leurs produits ou services.

D’autres études avaient démontré que les consommateurs étaient de plus en plus attentifs à la durabilité des marques, ou que les citoyens recherchaient activement des marques responsables. C’est peut-être le signe que la prise de conscience commence doucement à s’installer : les individus prennent conscience du pouvoir qu’ils ont en tant que salarié, que consommateur, client ou citoyen. Ils prennent conscience qu’en choisissant certaines entreprises, qui défendent certaines valeurs ou ont un impact positif sur la planète, ils participent indirectement à l’amélioration de notre impact global.

La leçon à tirer de tout cela est simple pour les entreprises : misez sur le développement durable.