Santé, écologie : faut-il vraiment interdire le glyphosate ?

Santé, écologie : faut-il vraiment interdire le glyphosate ?

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Le glyphosate est-il dangereux ? Quelles sont les alternatives au glyphosate ? Et surtout, faut-il vraiment l’interdire ? On répond à toutes vos questions, science à l’appui. 

Une partie des informations de cet article sont issues de l’analyse publiée par Sylvestre Huet sur son blog sur lemonde.fr.

Depuis plusieurs décennies, la firme Monsanto et son produit le glyphosate sont au coeur de nombreuses polémiques écologiques et sanitaires. Depuis plusieurs années, la polémique se cristallise autour de son interdiction. La plupart des militants écologistes et des consommateurs approuvent l’idée de l’interdire, mais les gouvernements, les agriculteurs et les pouvoirs publics repoussent l’échéance. Les débats, émaillés par les soupçons de fraude scientifique, de lobbying et de conflits d’intérêt n’en finissent plus.

Mais, faut-il vraiment interdire le glyphosate ? Faisons un point sur toutes les informations disponibles. D’abord, rappelons ce qu’est le glyphosate. Le glyphosate est un herbicide commercialisé par la société Monsanto. Il est utilisé pour se débarrasser des mauvaises herbes et est en particulier largement utilisé dans l’agriculture conventionnelle car il permet de désherber à moindre coût et avec relativement peu d’efforts des zones importantes de cultures. Toutefois, ce produit suscite des inquiétudes sanitaires et écologiques qui ont mené certains à demander son interdiction.

Interdire le glyphosate car il est cancérigène ?

enjeu santé entreprise alimentationLe glyphosate est-il dangereux, est-il cancérigène : ce que dit la science

La principale inquiétude entourant le glyphosate, c’est son effet sur la santé humaine. En effet, il a été démontré à de multiples reprises que le glyphosate utilisé dans l’agriculture est « absorbé » par les organismes vivants, parmi lesquels les organismes humains. En résumé : on retrouve des traces de glyphosate dans les organismes des individus, dans les aliments ou encore dans des produits divers comme les tampons. Certes, ces traces sont minimes mais cela a suscité des craintes sur l’impact sanitaire du produit. Mais qu’en est-il réellement ? Le glyphosate est-il réellement dangereux ? Et s’il l’est, est-il si dangereux que ça ?

Plusieurs études ont été menées sur ce sujet, pour savoir si le glyphosate était toxique, s’il était cancérigène, s’il était un perturbateur endocrinien. Sur la toxicité aigüe, l’ensemble des études s’accordent à dire que le glyphosate n’est pas particulèrement toxique : sa dose létale médiane (DL50) se situe à environ 3250 mg/kg chez la chèvre. Par comparaison, la dose létale médiane du sel de table est de 3000 mg/kg chez l’Homme. Sur l’effet mutagène et perturbateur endocrinien, l’Institut National des Risques Sanitaires conclue que l’ensemble des études n’a pas pu à ce jour établir de risque réel (voir le rapport complet ici).

Sur l’aspect « cancérigène » (c’est-à-dire sur la question de savoir si le glyphosate est susceptible de contribuer à provoquer ou à favoriser l’apparition de cancers), plusieurs études ont été menées avec des résultats contrastés. Parmi ces études, une a classé le glyphosate comme cancérigène probable : il s’agit de l’étude du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) affilié à l’Organisation mondiale de la santé, basée sur une étude produite par The Lancet (voir l’étude ici). D’un autre côté, d’autres études (notamment un rapport publiée par l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments, à consulter ici ou une synthèse publiée par l’ANSES ici) ont déclaré qu’il n’y avait pas de preuves suffisantes pour établir un lien entre l’exposition au glyphosate et l’apparition de cancers. Le problème, c’est que certaines études ayant déclaré le glyphosate sans risque ont été marquées par des polémiques de conflits d’intérêt et de lobbying impliquant Monsanto (qui produit le glyphosate). Certaines de ces études étaient indirectement financées par Monsanto, d’autres ont pu être constituées en partie d’analyses écrites par des employés Monsanto (voir à ce sujet l’enquête du Monde sur les Monsanto Papers). Ce qui est plutôt courant dans le monde de la recherche scientifique (c’est souvent le producteur d’un produit qui finance les recherches sur ce produit) a toutefois fait planer le doute sur les résultats.

En résumé : à regarder l’ensemble des études disponibles, il est difficile de savoir si le glyphosate est cancérigène ou non, mais l’une des seules grandes études totalement indépendantes de Monsanto l’a pourtant classé comme cancérigène probable. Le principe de précaution voudrait donc, au moins par hypothèse, que l’on considère ce produit comme cancérigène probable.

Mais alors, qu’est-ce que cela signifie si le glyphosate est cancérigène probable ? Cela signifie que, selon le CIRC, il existe pour le glyphosate des « indices concordants de sa cancérogénicité pour l’homme et des preuves suffisantes de cancérogénicité expérimentale chez les animaux ». Cela ne veut donc pas dire qu’être exposé au glyphosate entraîne forcément le cancer, mais qu’il existe des indices qui font penser qu’il puisse être à l’origine d’une augmentation des risques de cancer.

Faut-il interdire un produit probablement cancérigène ?

Puisqu’on peut considérer le glyphosate comme probablement cancérigène, alors ne faudrait-il pas (logiquement) l’interdire ? Pas forcément. La liste 2A du CIRC dans laquelle est inscrite le glyphosate contient en effet de nombreux autres produits et la plupart ne sont pas interdits (voir les différentes listes des classifications CIRC ici). Les nitrites par exemple sont classées sur la même liste et considérés comme probablement cancérigène, et ils ne sont pas interdits : on en trouve eu quantités dans la charcuterie consommée par les français quotidiennement. La consommation de viande rouge est également classée, de la même façon que le glyphosate, comme « probablement cancérigène ». Les acrylamides (les substances dégagées par les aliments comme les frites quand on les fait cuire à plus de 120 degrés) sont également classées « probablement cancérigène », ainsi que les boissons chaudes ingérées à plus de 65 degrés. Or, il ne viendrait à l’idée de personne d’interdire les frites ou les boissons chaudes à plus de 65 degrés. Pourtant, d’après le CIRC, ces dernières sont dans la même catégorie de risque que l’exposition au glyphosate en termes de cancérogénicité.

Généralement, lorsqu’un produit est classé sur cette liste et est considérée comme probablement cancérigène, il est plutôt « réglementé », mais pas interdit. Par exemple, on dit aujourd’hui qu’il faut modérer sa consommation de viande rouge, ou éviter de cuire les aliments à trop haute température, mais on interdit pas pour autant ces pratiques, le risque causé ne justifiant pas à lui seul une interdiction. De la même façon, concernant le glyphosate, on peut estimer que le risque sanitaire n’est pas de nature à justifier à lui seul une interdiction pure et simple, d’autant plus que les doses d’exposition constatées chez les humains sont généralement infimes (de l’ordre de 500 fois inférieures à la dose sanitaire admise).

À titre de comparaison, le tabac ou les particules fines, qui sont pourtant classées dans la liste 1 du CIRC (la liste des cancérigènes certains) ne sont pas interdits. Il est certes très conseillé d’éviter d’y être exposé, mais ce n’est pas pour autant interdit. Comment pourrait-on, dès lors, justifier l’interdiction de l’utilisation du glyphosate sur une base sanitaire, alors que dans le même temps, un produit bien plus dangereux (le tabac) est en vente libre pour toute personne majeure à moins de 10 euros le paquet ? D’autant que contrairement au tabac qui n’a aucune utilité sociale, le glyphosate est très utile aux agriculteurs, qui s’opposent fortement à son interdiction.

Interdire le glyphosate car il pollue et n’est pas écologique ?

agriculture conventionnelle ou agro-ecologieL’impact du glyphosate sur l’environnement

Si l’argument « santé » n’est pas suffisant en soi pour vouloir interdire le glyphosate, que dire, d’un autre côté, de l’argument écologique ? Sur ce plan, il y a moins d’ambiguité que sur la question sanitaire. Généralement, on admet que le glyphosate n’est pas « écologique ». On sait qu’il contamine les milieux (le sol, l’eau et l’air), c’est à dire qu’on retrouve des traces de glyphosate dans les sols, les eaux et l’air. En soi, ces traces ne sont pas alarmantes, mais on ne connait pas bien les effets du glyphosate sur le monde vivant. S’il est « probablement cancérigène » sur l’homme, il est possible qu’il ait à haute dose des conséquences plus importantes sur des espèces plus petites comme les insectes, les rongeurs, les oiseaux, les batraciens… ou les bactéries. Et comme le glyphosate est l’herbicide le plus utilisé dans le monde, les quantités présentes dans le milieu pourraient à terme devenir problématiques.

L’autre problème écologique, c’est que le glyphosate est souvent utilisé dans des cultures OGM. Le principe est simple : la culture OGM est conçue pour résister au glyphosate, ce qui permet de désherber facilement sans mettre en danger la culture. Le problème que cela pose du point de vue écologique, c’est que ça a tendance à contribuer à la sélection de « mauvaises herbes » résistantes. Il faut alors de plus en plus d’herbicide pour s’en débarrasser, et il est même possible à terme qu’elles deviennent invasives. Cela pose un double problème : d’abord, avec ce modèle, il faudra utiliser de plus en plus d’herbicide (qui va se concentrer dans le milieu) et en plus, cela pose problème du point de vue de la biodiversité des espèces.

Et puis, il y a aussi le fait que le glyphosate est utilisé dans le cadre de l’agriculture intensive. Or, en agriculture intensive, la vie organique des sols diminue, les sols « meurent ». Bien sûr, cela n’est pas imputable au glyphosate, mais plutôt aux modes de cultures utilisés (mécanisation, cultures intensives, monocultures…). Mais cela fait émerger un autre problème ; dans un sol sans vie organique, le glyphosate s’accumule et n’est plus dégradé. On ne connait pas les conséquences de cette accumulation, mais il est possible qu’à terme cela ait des conséquences écologiques, sur la capacité du sol à se renouveler notamment.

D’ailleurs, sur la question de l’écologie, Monsanto a été condamné par les tribunaux français pour publicité mensongère après avoir affirmé que son produit était écologique…

Faut-il interdire un herbicide non-écologique ?

On peut donc légitimement se poser la question suivante : dans la mesure où il fait peser certains risques et certaines incertitudes sur les écosystèmes, ne faudrait-il pas réguler l’utilisation de cet herbicide, ou peut-être même tout simplement l’interdire ? Sauf que, là encore, les choses sont complexes : certains produits que l’on utilise au quotidien sont beaucoup plus risqués que le glyphosate sur le plan écologique, et pourtant il n’est pas question de les interdire. La voiture à essence ou la voiture diesel par exemple, font peser un risque beaucoup plus fort sur l’environnement via leur effet sur le réchauffement climatique ou la pollution de l’air que le glyphosate. Et elles ne sont pas interdites. On aurait donc beaucoup plus de raisons de vouloir interdire la voiture que le glyphosate d’un point de vue écologique ou sanitaire. Cela dit, cela ne justifie pas pour autant de continuer à utiliser le glyphosate (ou en tout cas de l’utiliser autant) s’il est risqué et que l’on peut s’en passer.

Et le problème est là : peut-on raisonnablement s’en passer ? Pour la voiture, on comprend très bien pourquoi on ne peut pas l’interdire immédiatement : si on interdisait du jour au lendemain l’usage des voitures, plus personne ne pourrait travailler, on ne pourrait plus rien transporter et la société ne pourrait tout simplement plus fonctionner. Pour le glyphosate, on a tendance à oublier que la problématique est à peu près similaire (dans une mesure différente).

Il est vrai que nous n’utilisons pas tous les jours du glyphosate comme nous utilisons notre voiture. Mais en réalité, même si nous ne nous en rendons pas compte, la majorité des agriculteurs dans le monde utilisent cet herbicide régulièrement. Et ils en ont besoin, car sans désherbage il est très compliqué de produire de la nourriture dans les quantités nécessaires pour nourrir l’ensemble de la population. Si on ne désherbe pas, les « mauvaises herbes » empêchent les cultures comestibles de se développer et cela fait énormément baisser les rendements. Les mauvaises herbes sont d’ailleurs responsables des plus grosses pertes de rendement sur les grandes cultures comme le blé, l’orge ou le maïs. Le désherbage est donc nécessaire, et c’est pourquoi certains considèrent qu’il est difficile d’interdire le glyphosate qui est le principal outil de désherbage. Mais dans les faits, ne pourrait-on pas s’en passer en utilisant une alternative, en désherbant autrement ?

Les alternatives au glyphosate pour l’agriculture

agriculture-changement-climatique-irrigation-secheresseRemplacer le glyphosate par d’autres herbicides

Pour désherber sans glyphosate, on pourrait par exemple décider de remplacer le glyphosate par d’autres herbicides moins nocifs. Le problème, c’est que si l’on en croit les études scientifiques, les autres herbicides présents sur le marché ne sont pas tellement meilleurs que le glyphosate. La plupart des autres molécules de synthèse disponibles sur le marché seraient en effet plus toxiques que le glyphosate, ou plus volatiles, ou moins dégradables. C’est le cas par exemple de l’atrazine, principale herbicide alternatif au glyphosate, dont la nocivité est reconnue de façon beaucoup plus large que celle du glyphosate.

Depuis quelques années, il existe des herbicides qui se présentent comme « bio », à base notamment d’acide pélargonique (ou acide nonanoïque, un acide que l’on trouve dans le géranium). Ces nouveaux produits ont suscité des espoirs, mais leur efficacité sur le desherbage à grande échelle est faible : la molécule ne s’attaque pas aux racines des plantes et ne désherbe donc pas efficacement. Ils peuvent donc être utiles dans le cadre du jardinage amateur, mais leur utilisation est impossible dans le cadre d’une exploitation agricole. (voir à ce sujet l’article de Ouest-France : Méfiez-vous des désherbants dits « naturels »). Même les nouvelles molécules de synthèse mises au point sont soumises à caution : par exemple, l’hydrazide maléique, une nouvelle molécule présente dans certains désherbants dits « naturels » fait peser des risques, au point que son usage pour les jardiniers amateurs n’a au départ pas été autorisé par l’AFSA.

En résumé : si l’on interdit le glyphosate, les agriculteurs auront le choix entre des herbicides de synthèse encore plus nocifs… ou des désherbants « naturels » trop peu efficaces.

Désherber sans herbicide : c’est possible… mais complexe

Peut-être faut-il alors tout simplement songer à désherber sans herbicide. Oui, c’est possible ! Cela fait très longtemps que l’on sait comment prévenir (au moins en partie) la propagation des mauvaises herbes sans utiliser d’agents chimiques. On peut par exemple utiliser le désherbage manuel ou mécanique, qui évite le recours aux intrants chimiques. La rotation des cultures est aussi est connue pour être une manière relativement efficace de limiter la propagation des mauvaises herbes en imposant aux espèces invasives des changements fréquents de milieux. L’INRA (Institut National de Recherche Agronomique) a d’ailleurs publié un rapport détaillé (disponible ici) à ce sujet à l’issue de 15 ans d’études in situ.

Le problème, c’est que chacune de ces solutions est difficile à appliquer dans le contexte agricole actuel. Si les agriculteurs français devaient se mettre au désherbage manuel pour ne plus utiliser de glyphosate, il faudrait former des dizaines de milliers de personnes à des travaux agricoles, souvent pénibles. Sans parler du coût que cela engendrerait pour les exploitants qui ont déjà du mal à être rentables. Le désherbage mécanique n’est pas possible sur tous les types de cultures et il n’est pas forcément adapté si l’on veut préserver la qualité organique des sols. Certains préconisent le passage au désherbage à la charrue, comme cela se fait dans certains vignobles en biodynamie, mais cette solution n’est pas applicable à grande échelle immédiatement. La rotation des cultures n’est envisageable que si l’on prend au préalable le temps de changer l’ensemble du modèle agricole de l’exploitation. Tout cela ne peut pas se faire d’un coup.

Interdire le glyphosate ou faire une vraie révolution agricole ?

agro-ecologie-permacultureLa question de l’interdiction du glyphosate est donc plus complexe que ce que laissent souvent croire les principaux discours médiatiques sur le sujet. Interdire le glyphosate pour les jardiniers amateurs ou pour les collectivités (qui ne sont pas profondément dépendantes de ce produit) : cela peut se justifier. En revanche interdire le glyphosate aujourd’hui pour le monde agricole reviendrait à mettre beaucoup d’agriculteurs dans une impasse alors que la nocivité du produit n’est pas jugée alarmante par les autorités scientifiques et sanitaires (et ne justifie pas à elle seule une interdiction). Le glyphosate est aujourd’hui utilisé sur près de 70% des terres arables françaises et dans près de 85% des exploitations des grandes cultures. Si la France l’interdit, les agriculteurs qui dépendent aujourd’hui de ce produit ne pourront que choisir des désherbants plus risqués, ou choisir de perdre de l’argent et des rendements dont ils ont (financièrement) besoin. De façon plus paradoxale encore, certains agriculteurs qui pratiquent aujourd’hui une agriculture raisonnée et fondée sur des techniques agro-écologiques (c’est le cas de ceux qui utilisent le non-labour) ont besoin du glyphosate (en petites quantités). L’interdire reviendrait à mettre fin à ces pratiques d’agriculture écologique que pourtant beaucoup réclament. Pour plus de détails sur ce sujet, un article récent publié dans Sciences et Avenir détaillait les revendications des agriculteurs et des pratiquants de l’agro-écologie au sujet de l’interdiction du glyphosate.

Pour que l’interdiction du glyphosate serve les intérêts sanitaires et écologiques de la collectivité, elle doit intervenir après une profonde révolution du modèle agricole. Il faut d’abord éventuellement réglementer pour limiter son usage lorsqu’il est abusif. Mais surtout, il faut investir pour permettre aux exploitants de faire la transition vers des pratiques agro-écologiques, incluant la rotation des cultures et d’autres formes de désherbage plus diversifiées. Il faut investir pour créer des emplois agricoles ou pour développer des technologies agricoles permettant un désherbage plus simple sans recours aux intrants chimiques. Il faut aussi faire en sorte de sortir d’une agriculture trop conventionnelle, trop intensive, trop fondée sur la monoculture. Et cela ne se fera pas en un jour, ni sans transformer profondément la filière agricole (de la production en passant par la distribution et même les prix).

Autrement dit, avant de songer à interdire le glyphosate, il faudrait songer à refonder notre modèle d’agriculture sur d’autres bases que celles qui ont rendu son usage nécessaire. Il faut donc sortir de l’agriculture intensive et industrielle, et revenir à des pratiques agricoles plus écologiques, voir à des pratiques proches de la définition de l’agriculture biologique. Il est là le challenge pour l’agriculture. Le glyphosate n’est en réalité qu’un symptôme d’un problème plus profond : celui de nos pratiques agricoles en général. Résoudre ce problème, c’est résoudre la question du glyphosate et avec elle bien d’autres questions : celles de la qualité des sols, de l’usage des pesticides, de l’emploi agricole, de l’adaptation au réchauffement climatique, de la diversité alimentaire… Et paradoxalement, interdire le glyphosate sans réfléchir en amont à ces enjeux pourrait bien retarder et rendre plus difficile cette transition si nécessaire.

Sources :

 

Crédits image : herbicide sur Shutterstock

  • Christophe Duhamel

    Que les alternatives soient complexes est pour moi un argument d’autant plus fort en faveur de l’interdiction, car si on ne l’interdit pas, peu de gens vont se bouger pour chercher des alternatives ! Il y a pourtant déjà beaucoup de pistes : mode de culture différent (plus compliqué et ça ne va pas plaire à ceux qui sont « mono » culture), robotique (voir Naio), solutions végétales, etc. Mais il faut être volontariste et bousculer un peu les producteurs car sinon rien ne bougera.

    • Clément Fournier

      Bonjour Christophe.

      D’accord avec vous sauf sur un point. Il faut être réaliste : ce n’est pas parce que l’on interdit telle ou telle pratique que cela donne les moyens à ceux qui l’utilisent de faire autrement. Aujourd’hui, de façon réaliste, beaucoup d’agriculteurs dépendent du glyphosate (ou d’un autre herbicide) pour être rentables. Si on le leur interdit demain, quelles sont leurs options ?

      1) Passer au désherbage mécanique ou manuel : ce qui est complètement irréaliste en termes de coût.
      2) Passer à la rotation des cultures et à des pratiques agro-écologiques permettant de limiter l’utilisation de désherbants : complètement irréaliste si on ne leur laisse pas le temps de s’y mettre et qu’on investit pas globalement pour changer de modèle agricole.
      3) Passer à un autre désherbant chimique qui ne soit pas interdit. C’est cette solution qui sera la seule réalisable.

      Si l’on veut que les choses bougent, comme vous dites, il faut interdire, mais à un horizon de temps qui permette de laisser aux producteurs le temps de s’adapter. Et en attendant, mieux réguler et contrôler.

      • Christophe Duhamel

        Je pense qu’il faut repenser le modèle agricole. Mais si on se contente de passer d’une béquille à l’autre, ça ne servira pas à grand chose. La permaculture et -plus globalement- la rotation des cultures me semblent les pistes les plus, prometteuses. Il faudrait que le gouvernement pousse en ce sens (et que la FNSEA arrête de défendre les vieux modèles d’agriculture subventionnée).

        • Clément Fournier

          Tout à fait d’accord.

        • Raisongarder

          On ne peut pas parler de « modèle » agricole, et encore moins de « vieux » modèle. Les agriculteurs du monde entier n’ont qu’un seul modèle : produire ce qui se vend, en quantité suffisante pour en vivre. Et actuellement, la monoculture des céréales, surtout le maïs, est tout à fait rentable, avec des effets sur l’environnement tout à fait maitrisables :
          – cultures intermédiaires pièges à nitrates (CIPAN) pour épuiser les restes d’engrais présents dans le sol après la culture principale (ou dosage millimétré grâce à des drones analysant les besoins) ; ces CIPAN peuvent servir de biomasse vendue ensuite pour des installations de chauffage. Que ce soit cette biomasse intermédiaire ou les algues vertes récoltées sur les plages, il s’agit toujours d’un puits de carbone, puisque ces plantes ont été produites en absorbant du CO2 ;
          – épandage des pesticides par jour sans vent, ou mieux, avec un vent dirigé à l’opposé des habitations (avec toutes les protections nécessaires pour le conducteurs du tracteur) ;
          – culture sans labour, pour éviter le relargage de CO2 ; mais il faut des herbicides pour tuer les herbes que le labour n’éradique plus.

          La rotation des cultures n’est pas un autre modèle ; c’est une meilleure manière de pratiquer l’agriculture, qui est en discussion en Europe depuis quelques années. Problème : en obligeant à cultiver des cultures moins rentables durant la rotation, on dégrade la rentabilité des exploitations. Les agriculteurs seraient tout à fait d’accord, à condition de recevoir plus de subventions ! Ou de forcer les Français à manger plus de légumineuses ! Comme toutes les industries de main d’œuvre, même très mécanisées, l’agriculture a besoin de subventions. Heureusement, après avoir laissé filer le textile et l’électronique vers l’Asie, l’Europe a décidé depuis longtemps de garder l’agriculture, quitte à enfreindre la règle de la libre concurrence mondiale !

          Le bio n’a aucun intérêt environnemental : le désherbage mécanique nécessite de l’énergie fossile, donc émet du CO2, les pesticides sont détruits avant d’arriver dans nos assiettes. Mais comme les Européens sont désinformés, ils croient que c’est meilleur et sont prêts à le payer plus cher ! Une solution serait de payer plus cher les produits non bio. Mais comment ?

          • Alexandre Pasche

            « Yvan B. », « Olivier J. » et « Raison garder » sont contre l’interdiction du glyphosate. Or, ils sont tous les trois des contributeurs anonymes. Pour moi, un contributeur qui avance masqué sur ce type de sujet veut cacher ses liens et sa dépendance économique avec ceux qui comercialisent le glyphosate. Si « Yvan B. », « Olivier J. » et « Raison garder » veulent démontrer le contraire, il suffit qu’ils révèlent leur identité.

          • Raisongarder

            Je ne peux donner mon identité car je participe aussi à des débats « chauds » pour lesquels mes opinions pourraient porter préjudice à ceux de ma famille qui portent mon nom. Je suis scientifique, agronome de formation, aujourd’hui retraité et, malheureusement, jamais payé par aucune société fabricant des engrais ou des pesticides. Comme d’autres sur ce site, je me contente de raisonner avec ma tête!

          • Alexandre Pasche

            Rassurez-vous « Raison garder », vous pouvez très bien donner votre identité. Il n’arrivera rien à votre famille : vos opinions ne sont pas subversives et nous ne sommes pas en Corée du Nord !

      • Alexandre Pasche

        Concernant le CFC, il y a eu des amendements successifs allant dans le sens du durcissement et de l’élargissement de l’interdiction, mais l’interdiction était bien ferme et effective. Et la mesure a été couronnée de succès. Depuis 30 ans, le CFC a été quasiment éliminé (voir Wikipedia Protocole de Montréal) :
        « Les délégués de 190 pays réunis à Montréal le 12 septembre 2007 ont pu saluer, 20 ans après la signature du protocole, la réussite du projet, qui se concrétise par un arrêt total de la production des CFC prévu en 2010 (il y avait encore quelques exceptions pour des emplois très spécifiques) et une estimation optimiste de la communauté scientifique : la couche d’ozone retrouvera normalement son état de 1980 entre 2055 et 2065. »
        Le développement durable « bisounours » qui écoute tout le monde, tient un discours de complexité et intègre sans cesse les désidératas de chacun ne marche pas. La politique c’est trancher le noeud gordien.

        • Clément Fournier

          Bonjour Christophe,

          Qu’une interdiction ferme et effective soit décidée peut être tout à fait souhaitable, à partir du moment ou (comme pour les CFC) cette interdiction intervient après avoir laissé le temps (près de 20 ans pour les CFC) aux industries de s’adapter.

          En l’occurrence, c’est justement parce que l’action menée sur les CFC n’a pas été « bisounours », parce qu’elle n’a pas été unilatérale, simplificatrice, parce qu’elle a intégré la complexité des enjeux qu’elle a permis de mobiliser les acteurs et de parvenir à des résultats. C’est d’ailleurs aussi (et peut-être surtout) parce que l’industrie du froid disposait déjà à l’époque d’une alternative au freon et aux CFC (Dupont a commencé à développer les HFC avant même le protocole de Montreal). Et même comme ça, on est tout de même obligé aujourd’hui de conduire de nouveaux Protocoles (Kigali) pour gérer les conséquences de ces alternatives. Il ne s’agit pas d’intégrer les désidératas de chacun, mais d’intégrer que les enjeux sont complexes : on ne peut pas prétendre qu’interdire le glyphosate d’un seul coup se ferait sans douleur pour une agriculture qui a déjà du mal à se porter correctement.

          Dans le cas du glyphosate, il serait sans doute tout à fait souhaitable qu’une interdiction soit décidée dans un délai du même ordre que celui qui avait été décidé pour les CFC. Et c’est précisément ce qu’est en train de faire l’Europe : prévoir une interdiction qui laisse le temps aux acteurs de s’adapter.

  • OlivierJ

    Je découvre votre site que je vais intégrer à mes favoris, et merci beaucoup pour cet article clair, documenté et qui prend du recul (et qui rejoint ce que j’ai pu lire ailleurs sur des sites/blogs un peu sérieux de vulgarisation scientifique).
    Ça change de toutes les fadaises qu’on peut lire sur le sujet, et des imposteurs comme M-M Robin à qui Arte a encore donné la parole tout récemment, malgré son incompétence sur le sujet, plusieurs fois démontrée.

  • Alexandre Pasche

    En résumé de l’article, pourquoi interdire le glyphosate alors que :
    1. D’autres produits polluant l’environnement et favorisant le cancer sont en vente libre.
    2. On ne saurait pas, dans l’état actuel d’industrialisation et de mécanisation de l’agriculture, s’en passer.
    Cela ressemble beaucoup à : pourquoi faire des progrès alors qu’on est nuls ?
    Une remarque importante : ce n’est pas le glyphosate en lui-même uniquement qui est toxique pour l’homme mais son association avec des surfactants qui rendent les tissus perméables à la pénétration du glyphosate. C’est ce qui rend le Roundup (qui associe les deux) si nocif pour l’environnement et pour l’homme. Il y a là une vraie lacune dans l’article sur ce point décisif car l’étude qui a conclu au caractère non cancérigène du glyphosates avait fait les tests sans association de surfactants !
    Sans dire qu’il y a connivence entre l’auteur de l’article et des fabricants d’herbicides, je cherche à comprendre les motivations de l’article qui sème le doute sur la pertinence de l’interdiction du glyphosate. Cet article pourrait s’inscrire dans une « stratégie du doute » telle celle menée pendant 40 ans par les fabricants de cigarettes.
    Enfin, j’ajouterais que j’ai connu un endroit à la campagne où il y avait un puit avec, autour, des dizaines de très jolie grenouilles rainette. Un pseudo-jardinier a eu l’idée stupide de mettre du Round up autour du puits. C’était il y a trois ans. Toutes les grenouilles ont été tuées et il n’y a toujours pas une seule grenouille. Elles ne reviendront pas. Je ne pardonne pas cela.

    • Clément Fournier

      Bonjour Alexandre,

      Je me permets de reformuler vos deux points pour qu’ils correspondent mieux à ce que j’ai voulu dire. Vous me direz si je n’ai pas été assez clair dans l’article afin que je le reformule.

      1. Compte tenu des preuves scientifiques à notre disposition (et y compris les études qui mettent en lumière les risques du glyphosate) la dangerosité du glyphosate (pour la santé et pour l’environnement) ne semble pas être de nature à justifier à elle-seule son interdiction.
      2. Dans la mesure où, en plus, nos pratiques agricoles actuelles dépendent massivement de l’utilisation d’herbicide, il semble contreproductif de l’interdire immédiatement car cela ne mènerait qu’à des alternatives plus néfastes.

      Je rajoute un troisième point

      3. Il semble plus intelligent d’envisager son interdiction après un délai qui laisserait le temps au monde agricole de se restructurer (de faire des progrès, donc, pour reprendre votre expression).

      Je tiens à préciser à toutes fins utiles (bien que je ne pensais pas avoir un jour à m’en justifier compte tenu de la nature des différents articles que j’écris sur ce site) que je n’ai bien entendu aucun lien ni avec Monsanto ni avec aucun acteur impliqué dans la commercialisation du glyphosate, ni d’ailleurs avec aucun acteur industriel ou économique quel qu’il soit. Mon but n’a jamais été de semer le doute, simplement de prendre un peu de recul sur une question où (semble-t-il) les faits scientifiques ont tendance à être mis à l’arrière plan de la polémique.

      Pour finir, il me semble utile de rappeler que dans le cadre de cet article, j’ai volontairement choisi de ne me concentrer QUE sur les études mettant en évidence les risques du glyphosate et du Round-Up, écartant de fait toutes les études ayant « conclu au caractère non cancérigène du glyphosate ». Difficile de me soupçonner de vouloir instiller le doute.

      Bonne journée et n’hésitez pas à me faire vos retours

      • Alexandre Pasche

        Je ne suis toujours pas du tout d’accord Clément avec votre position :
        1. Le glyphosate associé avec des surfactants est très nocif pour la nature par son effet destructeur immédiat et par sa rémanence dans le milieu (je l’ai constaté personnellement avec mes pauvres grenouilles).
        2. Les études associant le glyphosate et des surfactants incitent à penser qu’il est cancérigène pour l’homme.
        3. il faut l’interdire immédiatement et interdire également les produits analogues. Et, au risque de vous choquer, je dirais : tant pis pour ceux qui l’utilisent depuis des années. On ne doit plus détruire la nature impunément. La politique c’est lorsqu’on ne contente pas tout le monde ! A force de vouloir ménager tout le monde nous sommes dans la situation actuelle : une baisse de 30 à 90 % de la biodiversité selon les milieux en 30 ans.

        • Clément Fournier

          En réalité, il ne s’agit pas franchement de ma position, mais plus de l’analyse des études disponibles :

          1. Si l’on exclue les expériences personnelles de chacun (qui sont de bien mauvais indicateurs pour analyser une réalité de façon scientifique), l’ensemble des études scientifiques sur le sujet ne conclue pas que le glyphosate soit très nocif. Certaines études ont identifié des points qui sont problématiques, y compris en analysant le glyphosate associé à d’autres produits, mais elles n’ont jamais conclu qu’il était « très nocif ».

          2. Certaines études (pas toutes) associant le glyphosate à des tensioactifs concluent (plutôt qu’ils n’incitent à penser) que le glyphosate est « probablement cancérigène » pour l’homme. Néanmoins, comme je l’explique dans l’article, cette conclusion est à mettre en perspective avec le fait que, par exemple, les boissons consommées à plus de 65 degrés sont également considérées comme « probablement cancérigène ». Être probablement cancérigène ne veut pas dire être suffisamment dangereux pour justifier une interdiction pure et simple.

          3. Vouloir l’interdire le glyphosate immédiatement c’est méconnaître la réalité du secteur agricole. Il ne s’agit pas de dire « tant pis pour ceux qui l’utilisent ». Il s’agit de prendre conscience que ceux qui l’utilisent le font pour une raison, c’est qu’ils en ont besoin pour que leurs exploitations fonctionnent. Réalistiquement, leur interdire immédiatement reviendrait simplement à les forcer à trouver une alternative utilisable immédiatement, et ça sera, inévitablement, un herbicide dont les conséquences sanitaires et écologiques sont pires que celles du glyphosate. Dire « tant pis pour ceux qui l’utilisent » revient à dire « tant pis pour 70% de l’agriculture mondiale » qui aujourd’hui dépend du glyphosate.

          L’interdire : oui, mais d’abord en ayant amorcé une transition réaliste des pratiques agricoles.

          • Alexandre Pasche

            Je suis d’accord avec Christophe. En France, ou au niveau international, lorsque l’on prend une décision d’interdiction ferme avec de vraies sanctions et un contrôle, les comportements changent et l’industrie s’adapte rapidement. C’est lorsque l’on prend des décisions de compromis pour ne froisser personne avec des délais et des exceptions, c’est alors que rien ne change et que personne n’est content. Lorsque l’on a interdit les CFC c’était du jour au lendemain et la progression du trou dans la couche d’ozone a été enrayée. Cancérigène ou non pour l’homme, le Round Up est très toxique pour l’environnement, il aurait dû être supprimé il y a trente ans.

          • Clément Fournier

            Désolé mais c’est faux.

            Le Protocole de Montreal de 1987 prévoyant l’interdiction des CFC n’est entré en vigueur qu’en 1989. L’interdiction de la production de CFC ne devait être effective qu’à partir de 1996 (elle fut avancée par les instances européennes en 1992) et l’interdiction de leur utilisation n’a été effective qu’en 2009 (interdiction de mise sur le marché en 2000, puis interdiction de toute utilisation à partir de 2009). Soit 20 ans après. 10 à 20 ans, c’est le temps qu’il faut pour qu’une industrie change ses pratiques de façon réaliste. Peut-être un peu moins si l’on investit massivement.

            Cet exemple me permet de souligner que l’interdiction des CFC a lancé un mouvement de migration vers les HCF qui sont aujourd’hui considérés comme extrêmement nocifs tant sur le plan de l’ozone (indirectement) que sur le plan du réchauffement climatique (directement). Encore une preuve qu’une interdiction n’est pas nécessairement toute bénéfique.

        • Ivan B

          Personnellement je n’ai pas assez d’informations pour me faire une opinion sur le glyphosate, mais je ne pense pas que votre observation de la mort des grenouilles ait une quelconque valeur scientifique. Pour qu’elle soit scientifique il faudrait au moins qu’elle soit dupliquée pour réduire les chances que la mort soit due à autre chose (un changement de température, un autre produit ou peu importe), il faudrait surtout connaître la quantité de round-up qui a été déversée et la quantité d’eau qui l’a dilué, et il faudrait avoir une expérience témoin qui montre au bout de combien de temps des grenouilles reviennent sur un lieu lorsque celui ci est sain. Pour le dernier point, l’idéal serait d’avoir un environnement fermé où les grenouilles ne peuvent ni entrer ni sortir, et implanter soi-même des grenouilles de la même espèce après un certain temps pour voir si le milieu est toujours toxique.
          Ensuite cela pourrait être du au seul surfactant. Je pense que les grenouilles pourraient aussi si on mettait suffisamment de savon dans l’eau, pourtant le savon n’est pas jugé cancérogène.
          Il faudrait aussi comparer la quantité de round-up qui tue les grenouilles et la quantité qu’on retrouve dans les légumes lorsqu’on les consomme.

  • un physicien

    Selon le BfR allemand (http://www.bfr.bund.de/en/press_information/2017/34/glyphosate_assessment__bfr_rejects_plagiarism_accusations-201890.html)
    TOUTES les agences sanitaires dans le monde ont conclu que le glyphosate ne devait pas être classé comme cancérigène.

    Dont

    European Food Safety Authority (EFSA) as well as the experts and risk assessment authorities of the EU member states
    Environmental Protection Agency (EPA) in the USA
    Canadian Pest Management Regulatory Agency (PMRA)
    Australian Pesticides and Veterinary Medicines Authority (APVMA)
    Japanese Food Safety Commission
    EPA in New Zealand
    Joint FAO/WHO Meeting on Pesticide Residues (JMPR)
    European Chemicals Agency (ECHA)

    Rappelons que le CIRC met le glyphosate dans la même catégorie que la viande rouge, en dessous de la charcuterie. Et il apparait de plus en plus, au vu des « Monsanto papers » que ce classement s’est fait dans des conditions curieuses.

  • Et personne ne parle du gros conflit d’intérêt de la seule étude, par le CIRC qui propose, après edition d’un brouillon rassurant, et paiement de 160000 dollar (admis en public et confirmé par documents) par 2 cabinets d’avocats pour 2 ois de travail par un gars qui admet de pas être compétent sur le sujet, de rejeter une étude (sui vien de sortir) et de conclure en tirant par les cheveus, un risque de danger…

    Je ne comprend pas, en fait je sais pourquoi, les journaliste ne sortent pas ce scandale d’état grandiose.

    oui, les études a grande cohorte ne montrent pas de danger dans les usage normaux, et laissent juste un doute pour le cas extrême où le bon sens dit qu’on a un peu déconné.

    oui le plus toxique dans le roundup c’est le détergent qui ser a rendre le produit plus mouillant, et c’est d’ailleurs la cause du décès d’une femme qui s’est suicidée en australie avec du roundup. ses poumons se sont remplis d’eau a cause du produit surfactant complétant le glyphosate.
    ce produit n’est pas poyur autant a éliminer car il limite le gaspillage d eproduit, sa pénétration dans le sol, au point que la consommation est de 1.8 littre par hectare…

    essayez de fare ca avec du sel de cuisine, qui est 2 fois plus toxique (et est mauvais pour la santé à long terme, manges ni trop gras, ni trop salé, ni trop sucré, ni trop de désherbant – Seralini avec son éude à p-hacking a montre qu’une cuillère de produit dilué à pulvériser pour un homme de 80kg ne causait pas de cancers supplémentaires chez des rats (dose ajusté) qui ont systématiquement des cancer au bout de 2 ans).

    Il faut se documenter, et là on pleure.