Le management territorial au service de la stratégie RSE de Bonduelle

Le management territorial au service de la stratégie RSE de Bonduelle

Lisibilité

L’activité agro-alimentaire de Bonduelle se déploie sur de vastes surfaces foncières et requiert une disponibilité importante en ressources naturelles comme le végétal, l’eau ou l’énergie. Le Groupe Bonduelle porte depuis toujours une attention particulière à ses territoires d’implantation qui sont souvent également les bassins agricoles indispensables à la pérennité de son activité. Il s’agit pour le groupe de préserver la valeur environnementale et sociale de ces territoires sur le long terme.

Chacun des 54 sites Bonduelle dans le monde prend soin de son environnement physique et socio-économique direct, en fonction de l’identité et des enjeux propres de son bassin agricole. Carine Gonçalves, Responsable Environnement et Energie, nous emmène à la découverte du management territorial « by Bonduelle » : approche du groupe et exemples concrets avec quelques sites.

Le management du territoire comme levier de l’objectif « zéro perte »

L’un des 5 macro-objectifs à l’horizon 2025 de la stratégie RSE du Groupe Bonduelle est d’atteindre le « zéro perte ». Derrière cet objectif simple et lisible, le groupe souhaite se donner les moyens de ne pas gaspiller les ressources naturelles à court terme et de préserver la valeur environnementale des territoires d’implantation à long terme.

Ce macro objectif « zéro perte » s’appuie sur une approche circulaire en sept enjeux : maîtriser les consommations d’énergie, préserver les ressources en eau, optimiser les intrants et sortants et gérer les déchets, concevoir des produits et emballages responsables, gérer les flux de transport et les alternatives à la route, exercer la responsabilité du groupe dans ses achats et manager le territoire.

Pour le Groupe Bonduelle, cet angle territorial consiste à piloter des enjeux locaux interdépendants et qui prennent vie autour des sites du groupe :

  • l’absence de nuisance et l’acceptation locale ;
  • le développement de l’économie circulaire et des partenariats locaux pour la valorisation des matières et des savoir-faire complémentaires ;
  • la protection de la biodiversité ;
  • le soutien à l’emploi local.

Au sein du groupe, chaque entité agroindustrielle construit et anime son plan d’action de préservation de la valeur territoriale locale en ligne avec cette feuille de route.

Des sites fers de lance en terme d’économie circulaire

Le site de Renescure (Nord) – deuxième plus important site du Groupe Bonduelle – participe depuis 2014 à un projet de méthanisation initié par deux agriculteurs partenaires. Chaque année, 10 000 tonnes d’intrants (fumier de vaches, déchets verts issus de la tonte des pelouses, enveloppes de graines germées et sous-produits de l’usine de Renescure) sont traités par la centrale agricole Flandres Énergie. Grâce à ce partenariat, les déchets végétaux du site sont valorisés dans une véritable optique d’économie circulaire : la fermentation génère en effet du biogaz qui alimente un moteur à cogénération, produisant de l’électricité – achetée par EDF – et de la chaleur. Celle-ci est utilisée en autoconsommation et le surplus est vendu à l’entreprise agroalimentaire La Wostin’ lui permettant de réduire sa consommation de gaz. Le digestat, riche en azote phosphore et potasse, est quant à lui valorisé par épandage. 94 % du gisement de composés végétaux du site de Renescure est ainsi valorisé. Les trois principaux partenaires sont à moins de 2 km de l’usine de Renescure, ce qui limite le transport et les émissions de gaz à effet de serre, dans ce qu’on peut qualifier d’écosystème local efficace.

En s’appuyant sur l’élan initié par le site de Renescure, l’association Ecopal (association de loi 1901 à but non lucratif) anime un réseau de plus de 200 entreprises du bassin dunkerquois pour la mise en application concrète de l’écologie industrielle. Un inventaire réalisé en 2014, a permis de recenser et quantifier l’ensemble des flux (eau, énergie et matière) entrant et sortant des entreprises, en vue d’identifier des synergies industrielles avec les autres acteurs industriels locaux. Progressivement, ces synergies se mettent en place : mutualisation des moyens pour la collecte des déchets, réutilisation de flux perdus, recherche de filières de valorisation de déchets, sensibilisation et information des entreprises sur les bonnes pratiques environnementales, etc.

Chaque site recherche des solutions pertinentes dans son environnement direct. Ainsi, depuis sa construction en 1993, le site de Rosporden (Finistère), a conclu un partenariat avec un agriculteur qui reprend les déchets de parage du céleri pour l’alimentation pour ses bovins. Toujours à Rosporden, les déchets de bois, notamment les palettes usées, sont repris par Emmaüs pour alimenter une chaudière.

Des sites en dynamique avec leur économie locale et leur bassin d’emploi

Le Groupe Bonduelle est présent en Aquitaine depuis 1978, le site de Labenne (Landes) étant le premier site du groupe dans la région. En 2005, Bonduelle a créé Soléal avec 3 coopératives du Sud-Ouest, dans le but de développer et pérenniser la filière dans la région. Cette organisation permet à chacun de bénéficier de l’expertise de l’autre, d’optimiser les coûts de production et de créer des synergies afin de produire plus et surtout mieux.

En quelques chiffres, Soléal ce sont : 2 sites de production (Labenne et Bordères), 4 partenaires (Euralis, Maisadour, Vivadour, Bonduelle), 190 collaborateurs permanents, 700 saisonniers en pleine saison, soit 210 équivalents temps plein, 11 000 hectares cultivés et 3 principaux légumes (maïs, haricots verts, garden peas), 400 producteurs partenaires, 115 000 tonnes de conserves/an, 25 000 tonnes de produits surgelés/an.

Toujours avec l’objectif de créer des synergies et de fidéliser leurs collaborateurs, de nombreux sites du Groupe Bonduelle sont membres de groupements d’employeurs. Utiles pour renforcer les équipes avec des saisonniers (lire aussi l’article « Bonduelle s’implique pour saisonnalité ne rime plus avec précarité »), ces démarches le sont aussi pour des recrutements à durée indéterminée. L’usine de Rosporden (Finistère) par exemple, est membre du groupement d’employeurs Cornoulia, au sein duquel l’objectif est de créer, avec 190 autres adhérents, des emplois durables partagés. Le principe est simple : le salarié bénéficie d’un CDI et partage son temps entre 2 ou 3 entreprises. Cela permet aux entreprises de disposer de la ressource juste le temps dont elles ont besoin tout en assurant un emploi pérenne au salarié. Parmi les 162 salariés en CDI de Cornoualia, 39 personnes rejoignent Bonduelle Rosporden chaque printemps et restent jusqu’à l’automne. Les maillages sont fait avec plusieurs entreprises du même bassin d’emploi.

Préserver la biodiversité autour des sites

Outre sa feuille de route en faveur de l’agro-écologie, axée sur la protection des sols, Bonduelle prévoit d’établir un plan d’action pour la préservation de la biodiversité dans l’environnement direct de ses sites. Les premiers jalons ont été posés en 2016-2017, en trois axes :

  • acquérir la connaissance des enjeux spécifiques de Bonduelle et s’inscrire dans des cercles d’expertise reconnus. En 2016-2017, Bonduelle a ainsi adhéré à l’OREE, association multi-acteurs pour une gestion intégrée de l’environnement à l’échelle des territoires ;
  • sensibiliser les sites industriels aux nouvelles contraintes réglementaires et aux enjeux locaux de biodiversité, notamment en les amenant à identifier les zones de biodiversité remarquable sur leur emprise ;
  • concevoir les outils de pilotage adaptés à Bonduelle pour identifier les bonnes pratiques et les fragilités, structurer les plans d’amélioration et quantifier les progrès. En 2018, une méthode est en test sur un périmètre pilote.

Sans attendre d’avoir acquis toute la connaissance, les sites de Bonduelle agissent en faveur de la biodiversité. Les sites de Bordères et Labenne (Landes) en sont des exemples concrets.

Le site de Labenne, implanté à proximité d’une réserve naturelle a semé une jachère fleurie, installé des ruches et mis des mangeoires à la disposition des oiseaux. Ou comment recréer un écosystème complet tout en embellissant le paysage !

Sur le site de Bordères, une zone humide boisée (classée en ZNIEFF de type 1) a été préservée. C’est un site de nidification d’aigrettes Garzettes. Le bassin d’infiltration des eaux pluviales créé lors de la construction du site en 1989, se présente comme un plan d’eau dont les berges et les zones peu profondes sont colonisées par la végétation, la faune et les oiseaux d’eau (aigrettes, hérons cendrés, cygnes et canards). En 2014, lors de la construction de sa clôture, le site a pris en compte la présence possible d’une faune spécifique aux berges de l’Adour (Zone Natura 2000), l’Adour se trouvant en relation hydraulique avec le cours d’eau longeant la station d’épuration. Le passage d’une petite faune comme le vison d’Europe a été maintenu grâce à la préservation d’un corridor écologique (rideau végétal assorti d’une clôture avec ouvertures).

Chez Bonduelle, le management du territoire a autant de visages que le groupe a de sites. Toutes les usines, chacune avec son environnement écologique, social et économique, mettent en œuvre la feuille de route définie par le groupe. Deux indicateurs ont également été définis pour en suivre les résultats : la part des sites ayant développé des projets en lien avec leurs communautés locales (47% en 2016-2017) et un indicateur de sensibilisation aux « conditions locales ». Ce dernier permet aux usines d’indiquer les zones de biodiversité remarquables situées sur leur périmètre. Pour la première année, en 2016-2017, 6 sites sur 39 (39 sites sur 54 faisaient partie du périmètre de consolidation des données environnementales du Groupe en 2016-2017. ) ont identifié des zones remarquables sur leur territoire.

Ces indicateurs témoignent  de la volonté du Groupe Bonduelle d’enrichir sa démarche de management territorial d’objectifs précis et de plans d’actions concrets.