Manger des Produits Périmés pour Lutter contre le Gaspillage Alimentaire. Et pourquoi pas ?

Manger des Produits Périmés pour Lutter contre le Gaspillage Alimentaire. Et pourquoi pas ?

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A travers le monde, un tiers de la production mondiale de denrées alimentaires est jeté, soit 150 kg par an et par personne. En Europe est aux Etats-Unis, ces chiffres sont beaucoup plus élevés. Le Danemark, par exemple, jette 747 kg de déchets par habitant et la France, 530 kg.  

Comment lutter contre ce gaspillage ? En France, depuis février 2016, les moyennes et grandes surfaces ne peuvent plus rendre les invendus impropres à la consommation et doivent conclure des conventions avec des organisations caritatives. Le Danemark a décidé de prendre le problème à bras le corps et a déjà réussi, en 5 ans, à réduire de 25% ses déchets alimentaires. Découvrons l’une des initiatives mises en place au Danemark : « WeFood ».

L’initiative « WeFood », des produits périmés pour lutter contre le gaspillage

En février dernier, un tout nouveau concept de supermarché a vu le jour au Danemark dans la ville de Copenhague : WeFood. Le concept est très simple : ce magasin vend uniquement de la nourriture périmée ou dont l’emballage a été abimé, et cela 30 à 50% moins cher. Il s’agit donc ici d’une nouvelle alternative allant plus loin que celle des supermarchés actuelles, qui revendent à bas prix des produits proches de la date de péremption.

Les clients y trouvent un double avantage : des prix très compétitifs mais aussi un moyen de lutter contre le gaspillage alimentaire. Ainsi, WeFood n’est pas uniquement destiné aux personnes à faibles revenus, mais à tous les consommateurs préoccupés par l’enjeu des déchets alimentaires.

WeFood-Facade-Gaspillage

Comment ça marche ? La grande distribution, partenaire du projet

Pour se fournir en denrées alimentaires, Wefood a passé un accord avec les enseignes de grande distribution alimentaire. Le réseau actuel de WeFood (12 supermarchés et détaillants) lui fournit les invendus de fruits et légumes, pain, viandes et denrées non périssables. Le choix des produits vendus reste limité car les règles de sécurité alimentaire sont contraignantes et difficiles à définir.

Même si les prix sont très faibles et permettent à des familles ou étudiants à faible revenus de se nourrir correctement, WeFood n’est pas un projet à but lucratif mais bien à but humanitaire. En effet, la totalité de l’argent récolté finance des opérations d’envoi de nourriture dans les pays en développement et les camps de réfugiés. Cela est possible car le supermarché en lui-même n’a pas besoin d’argent puisqu’il est géré par une association comprenant de nombreux bénévoles.

Du lancement au développement

Le projet WeFood est né de la collaboration entre une banque alimentaire et DanChurch (association de lutte contre la faim dans le monde). Après plusieurs mois de travail, le lancement d’une campagne de financement participatif a parmi la naissance du projet. Avec cette campagne, l’association a récolté un million de couronnes danoises (133 000 euros).

Prévu à l’origine à Nørrebro, quartier étudiant et bobo de Copenhague, WeFood s’est finalement installé sur l’île d’Amager, pour ses loyers plus abordables.

Malgré un succès retentissant, WeFood doit aujourd’hui se heurter à deux difficultés majeurs : des obstacles législatifs qui rendent difficiles les dons de surplus et des problèmes d’approvisionnement. En effet, les produits en rayons dépendent de ce dont se débarrassent les enseignes partenaires.

Pour en savoir plus

Retrouvez la page Facebook de WeFood ou prévoyez un petit week-end à Copenhague !

Vous aussi, vous avez développé une initiative ayant un impact social ou environnemental positif sur notre quotidien, n’hésitez pas à nous contacter sur dede@comeen.com.

  • Maximus

    Autant pour ce qui est des fruits et légumes, je comprends, autant pour la viande, comment assurent-ils la sécurité alimentaire des produits proposés?

    Article très intéressant ceci dit en passant. Comme quoi le gaspillage alimentaire n’est pas une fin en soi et de nombreuses iniciatives permettent d’y remédier. Il faut juste que l’Etat à travers d’une législation plus souple accompagne ce genre d’actions.