Méditation de Pleine Conscience (en entreprise) : qu’en dit la Science ?

Méditation de Pleine Conscience (en entreprise) : qu’en dit la Science ?

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Depuis quelques années, les entreprises s’emparent d’une tradition ancestrale : la méditation de pleine conscience. Comment une pratique si simple, si personnelle, aux origines liées à la vie spirituelle, a-t-elle pu passer la porte des organisations modernes ?

La méditation de pleine conscience en entreprise, ou la redécouverte du moment présent

De quoi s’agit-il ? Simplement se poser, faire le silence, observer et ralentir le flot des pensées et des émotions. Comment ? En portant son attention sur sa respiration et ses perceptions corporelles les plus subtiles. En somme, il s’agit pendant une durée très variable (le plus souvent autour de 15 ou 20 mns par jour, pour les personnes qui travaillent) de ne rien faire, mais d’être, pleinement et de goûter l’instant présent. Un exercice à la fois simple, à la portée de tous, et exigeant, en termes de disponibilité de temps et d’esprit, nécessitant une forme d’autodiscipline. La durée de la pratique devient difficile à quantifier quand elle s’étend aux activités quotidiennes, réalisées en pleine conscience : lever, repas, déplacements, mais aussi rendez-vous, réunions… pour les plus entraînés.

Des entreprises en pleine conscience pour le bien être au travail

Face aux effets pervers de l’hyperconnexion, du « multitâche », de la compression des délais… de plus en plus de structures, soucieuses de la santé des salariés, déploient des programmes de méditation de pleine conscience. Chez Google ou Danone, Bosch ou Sodexo, la proposition est faite de découvrir et de pratiquer la « mindfulness » sur la base du volontariat : courte initiation ponctuelle sur une pause déjeuner ou bien programmes hebdomadaires sur plusieurs semaines afin d’adopter cette nouvelle pratique.

Ces formations sont souvent issues du protocole MBSR (mindfulness based stress reduction) : son concepteur, Jon Kabat-Zinn, a adapté à la culture occidentale cette pratique traditionnelle issue du bouddhisme et en a retiré la dimension spirituelle pour en faire une pratique entièrement laïque. Cette neutralité politique et religieuse est une condition pour sa diffusion dans le monde du travail.

Evidemment, le déploiement de programmes de pleine conscience ne peut servir de palliatif à des conditions de travail sous haute tension. Ils n’ont de sens que dans des organisations qui agissent par ailleurs sur les facteurs de stress : charge de travail, autonomie, ambiance… Alors la méditation devient un outil personnel puissant pour favoriser le bien-être au travail et donc, en corollaire, la performance individuelle et collective.

Ces programmes sont déployés sous l’impulsion d’un top management portant une vision humaniste de l’entreprise et/ou convaincu des bienfaits de la pleine conscience sur l’efficacité opérationnelle de l’organisation. Voyons comment.shutterstock_183291146

Méditation en entreprise et bien être au travail : la preuve par la science

A travers de nombreuses études, les neuroscientifiques observent que la méditation améliore le fonctionnement de système cérébral mais surtout, et c’en est la cause, elle modifie les structures mêmes du cerveau et développe le cortex.

Au niveau individuel, elle fait ses preuves dans les domaines suivants :

  • stabilité émotionnelle, adaptation aux situations, lucidité et capacité de décision.
  • qualité des relations, avec ses collaborateurs, collègues, clients…
  • faculté de concentration, y compris en dehors des moments de méditation : intéressant lorsqu’on sait que nous ne sommes pas à ce que nous faisons 47% du temps d’éveil (revue Science, 2012) !
  • amélioration des capacités de mémorisation, de la créativité, et plus globalement des capacités cognitives.

Au niveau de l’entreprise, plusieurs études (1, 2, 3) tendent à montrer que l’utilisation large de la mindfulness aide à créer des Organisations à Haute Fiabilité, c’est-à-dire des structures qui minimisent les risques au dernier degré : plus grande vigilance aux opérations quotidiennes, recherche de solutions alternatives, concertation et fluidité de la prise de décision. Enfin, par une meilleure connexion à la vie et au monde qui les entoure, les méditants sont amenés à prendre des décisions plus éthiques et responsables.

 

Ces bienfaits dépassent largement l’activité professionnelle et se ressentent bien sûr en dehors du travail : empathie, relations familiales apaisées, qualité de présence dans les activités, choix de vie plus clairs, tout simplement plus… conscients. Autant de bonnes raisons de tenter l’expérience, avec ou sans programme dans votre entreprise !

Tandis que la notion de « bienveillance » se fait une place dans le langage du monde du travail, espérons l’apparition prochaine de celle de « sagesse » dans l’entreprise.

  • Pour ceux qui veulent approfondir le sujet et mieux comprendre ce qui se passe dans le corps et le cerveau pendant cette pratique, je recommande cette analyse détaillée sur mon blog Management Védique : « Comprendre les effets de la pratique de la méditation de la pleine conscience ». Bonne journée. JC

    • Dominique

      Sur l’article recommandé… A lire avec esprit critique, compte tenu du parti pris de l’auteur pour la méditation transcendantale. Un texte dense qui subtilement cherche à disqualifier la pleine conscience. Heureusement, il en faut plus, les pratiquants le savent bien…

      • Je ne cherche aucunement à disqualifier la méditation de pleine conscience. Je me contente de citer les études scientifiques qui la concernent, particulièrement celles provenant d’organismes indépendants comme l’American Heart Association. La technique, que j’ai pratiquée en tant que Vipassana dans les années 70, à l’heure où peu en France savaient ce qu’était la méditation, apporte de réels bienfaits. Les résultats apportés par la méditation transcendantale sont meilleurs selon de nombreuses études. Vous pouvez contester les études…je ne pense pas que cela soit constructif.