Amandes, cacahuètes, pistaches : quelles sont les noix et oléagineux les plus écologiques ?

Amandes, cacahuètes, pistaches : quelles sont les noix et oléagineux les plus écologiques ?

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Cacahuètes, pistaches, noisettes ou encore noix de cajou : quelles sont les noix ou oléagineux les plus écologiques ? Lesquels choisir pour vos apéros ? On vous explique tout.

Pour proposer une actualité connectée aux attentes de ses lecteurs, e-RSE.net propose chaque semaine de répondre aux questions que vous vous posez sur le développement durable, l’écologie ou la consommation responsable. Posez-vos questions sur notre page dédiée, et chaque semaine, nous répondrons à l’un d’entre vous. Aujourd’hui, c’est Guillaume qui nous demande « Est-il plus écologique de manger des pistaches ou des cacahuètes à l’apéro ? ».

Comme la question est très précise, tentons de l’élargir un peu : c’est vrai que l’on consomme souvent des noix ou oléagineux à l’apéritif, mais on est pas obligé de se limiter aux pistaches et aux cacahuètes ! Noix, noix de pécan, amandes, noisettes ou noix de cajou sont aussi des alternatives très sympa pour aller avec votre verre entre amis. Alors voyons lesquels de ces petits délices sont les plus écologiques.

Les noix les plus écologiques : l’empreinte carbone

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D’abord, soyez rassurés d’une chose : que vous choisissiez les pistaches ou les cacahuètes, les amandes ou les noix de cajou, dans tous les cas, vous faites un choix relativement écologique en ce qui concerne les émissions de CO2. En effet, globalement, la culture des noix et oléagineux est assez peu émettrice de CO2. Selon une analyse de l’Université de Yale, les oléagineux comme les amandes émettent en moyenne autour de 1 kg de CO2 par kg de produit. Une analyse plus détaillée menée dans le journal Sustainability obtenait les chiffres suivants :

Noisettes : 0.52 kg CO2eq/kg;
Pistaches : 1.74 kg CO2eq/kg.
Amandes : 1.92 kg CO2eq/kg;
Cacahuètes : environ 2 kg de CO2eq/kg
Pour les autres noix (cajou, noix du Brésil, noix…) les chiffres sont probablement autour des mêmes ordres de grandeur, à ceci près que certains de ces produits nécessitent des opérations de traitement plus complexes. C’est le cas des noix de cajou par exemple qui sont toxiques crues et doivent donc être traitées spécifiquement ce qui peut augmenter leur empreinte carbone. À noter également que les productions comme les noix du Brésil ou noix de cajou poussant dans des régions tropicales ont un autre avantage écologique : elles participent à protéger les forêts locales. En effet, non seulement ces noix poussent sur des arbres locaux, mais en plus elles ont du mal à pousser si les conditions de leur écosystème naturel ne sont pas réunies. Généralement, cultiver des noix du Brésil contribue donc à protéger la forêt amazonienne car il faut préserver le milieu pour une production optimale.
Sur la question des émissions de CO2, on a donc un avantage assez clair pour les noisettes, mais dans tous les cas il est bon de noter que globalement les noix et oléagineux sont assez écologiques. Et ce, d’autant plus qu’ils sont assez denses en calories et en nutriments : ils constituent donc une alternative relativement saine et intéressante sur le plan nutritionnel, surtout si on les compare à leurs alternatives de l’apéro que sont les chips ou autres biscuits industriels.

Le vrai problème écologique des noix et des amandes : l’eau

Cependant, il n’y a pas que le CO2 à considérer quand on parle des noix. En effet, le principal problème des amandes, pistaches ou autres oléagineux, c’est qu’ils consomment beaucoup d’eau. On l’a vu depuis plusieurs années en Californie (l’un des plus gros exportateurs d’amandes dans le monde), où la production d’amandes fait peser un fort stress hydrique, particulièrement complexe à gérer en période de sécheresse. Là encore, c’est une tendance valable globalement pour les oléagineux, qui sont naturellement de gros consommateurs d’eau, d’autant plus qu’ils sont souvent cultivés dans des régions chaudes. Mais toutes les noix n’ont pas le même impact sur la ressource en eau. D’après une étude menée en 2012 sur l’empreinte eau de différentes cultures, voici comment se comparent les différentes noix :

  • Noix de cajou : 1300 L/kg
  • Noisettes : 2800 L/kg
  • Noix : 3900 L/kg
  • Cacahuètes : 3900-4000 L/kg
  • Amandes : 6800 L/kg
  • Pistaches : 8200 L/kg

Précisons que ces chiffres concernent l’eau bleue et l’eau grise, mais ne comptabilisent pas l’eau verte (c’est-à-dire l’eau naturelle comme l’eau de pluie consommée par les cultures).

Comme on le voit, les consommations d’eau sont assez importantes : de 1300 litres par kg à 8200 litres par kg. Les noix poussant dans des régions tropicales ont des valeurs inférieures puisqu’elles bénéficient d’une hydrométrie naturelle plus élevée, mais elles nécessitent beaucoup d’eau pour pousser. Si l’on doit choisir parmi ces noix, les noix de cajou, noisettes ou les pistaches sont toutefois moins difficiles par rapport à la ressource en eau que les amandes et les pistaches.

Pesticides, déchets et autres questions sur l’impact écologique des noix

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Evidemment, toutes ces valeurs sont des moyennes, qui cachent des écarts importants selon les modes de production, de transport, d’emballage, mais aussi en fonction de la façon dont le produit est traité (est-il salé, grillé ou non). Ainsi, consommer une cacahuète bio issue d’une production durable et certifiée n’a pas le même impact que consommer une cacahuète issue de l’agriculture intensive : la seconde a à priori utilisé plus de produits phytosanitaires, et sans doute fait usage de techniques agricoles plus invasives.

Il est donc important de choisir avant tout le produit en fonction de son mode de production : privilégiez les productions protégées, les labels certifiant le mode de production, voire les produits bio. D’une manière générale, choisir un produit issu d’une petite filière de production de qualité est souvent le gage d’un produit qui respecte mieux l’environnement. Par exemple, les noisettes IGP du Piémont sont une filière qualitative qui respectent un cahier des charges précis, alors que les productions industrielles notamment d’origine turque sont cultivées dans des conditions plus opaques, impliquant notamment possiblement le travail d’enfants. C’est la même chose pour tous ces produits : le mieux est se fournir auprès de petits distributeurs, capables de vous renseigner sur la provenance et le mode de production de leurs produits.

Enfin, n’oubliez pas que lors de votre achat, la quantité et la qualité de l’emballage a aussi un impact : acheter de petits sachets de pistaches, c’est multiplier les déchets plastiques alors qu’en achetant en gros voire en vrac, on limite le problème. Et puisque ces produits se conservent parfaitement dès lors qu’ils sont bien stockés, pas de problème pour acheter en quantités.

Vous savez tout : en matière de noix à l’apéro, on ne peut pas vraiment dire qu’il y ait une alternative 100% plus écologique que les autres, car chaque variété a des impacts différents. Globalement, c’est tout de même la noisette qui s’en sort le mieux avec une empreinte carbone relativement faible et une empreinte eau limitée. Les noix de cajou sont également une bonne option. Quant aux pistaches, elles sont plutôt moyennes en ce qui concerne l’empreinte carbone mais demandent beaucoup d’eau, alors que les cacahuètes ont des performances exactement inverses. Globalement, tous ces produits sont toutefois assez vertueux, d’autant plus s’ils sont correctement sourcés. Alors faites vous plaisir, mais sans abuser, car c’est aussi la demande de plus en plus forte sur ces produits qui incite les industriels à produire de plus en plus, et souvent de plus en plus mal. Pour préserver des modes de culture à impact positif, il vaut mieux consommer moins, mais des produits de meilleure qualité.