12 principes pour enrichir sa vision et sa démarche RSE avec la Permaéconomie

12 principes pour enrichir sa vision et sa démarche RSE avec la Permaéconomie

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L’ouvrage« Permaéconomie », sorti fin 2016 propose aux entreprises une approche novatrice pour agir en faveur de la transition. Enrichir sa vision, transformer son management et construire une démarche RSE innovante, c’est possible grâce à 12 principes clés. L’éclairage de l’auteur et inventeur du concept, Emmanuel Delannoy, fondateur de l’Institut Inspire.

Propos recueillis par Gaëlle Brière

Qu’est-ce que la Permaéconomie ?

Tout est parti du concept de Permaculture, créé dans les années 1970. Historiquement la permaculture est appliquée aux territoires ruraux et aux domaines agricoles et maraîchers. Le cadre conceptuel de la permaculture est robuste : il est pensé de manière systémique et en plus il est fractal, c’est-à-dire qu’il s’applique aussi bien à des petits projets qu’à d’autres bien plus complexes.

Jusque récemment, les promoteurs de la permaculture restaient majoritairement confinés au monde agricole. Pourtant, ses principes sont applicables à n’importe quel champ économique. La Permaéconomie, c’est donc la transposition des principes systémiques de la permaculture au domaine économique. Avec comme finalité une économie qui soit régénératrice et qui crée les conditions de sa pérennité en restaurant son capital humain, social et naturel.

 

On parle beaucoup des nouveaux modèles économiques : économie circulaire, économie de la fonctionnalité… pourquoi avoir créé un nouveau concept ?

Ce n’est pas à proprement parler un nouveau concept. C’est plutôt une manière d’articuler aussi bien les nouveaux modèles économiques que les modes de production qui en découlent tels que l’éco-conception, l’écologie industrielle, le Lean Management.

Cette mise en cohérence permet de construire des relations plus harmonieuses tout au long de la chaîne de valeur. L’approche s’inspire également du vivant pour tout ce qui est circulation de l’information et capacités d’organisation : c’est la « bio-inspiration », en ligne avec le bio-mimétisme.

Comment s’applique concrètement la Permaéconomie : quels acteurs sont concernés et quelles méthodes sont appliquées?

Cela concerne toutes les entreprises.

Les premiers retours d’expérience impliquent principalement des PME et des ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire). Si à ma connaissance, il n’y a pas encore de grands comptes qui se sont lancés, c’est néanmoins tout à fait faisable.

En effet, il ne s’agit pas de rajouter de nouvelles méthodes mais d’offrir un cadre stratégique assez large pour réfléchir à la vision de l’entreprise, analyser les systèmes existants pour les concevoir autrement. L’entreprise décide de se projeter dans un futur souhaitable et ensuite seulement, elle conçoit le chemin pour l’atteindre.

Et la démarche est compatible avec des outils classiques tels que LUCIE, AFAQ 26 000 ou le management environnemental.

Quels sont les principes-clés de ce concept ?

Concrètement, la Permaéconomie propose 12 principes de pilotage très simples qui permettent de définir les grandes lignes pour conduire son entreprise vers la transition.

Le premier principe est « Observer et Interagir », c’est la base ! Un autre principe est « Partir des structures d’ensemble pour arriver aux détails » ou comment avoir une vision ambitieuse, fixer les grands principes et ensuite seulement s’intéresser aux détails de mise en œuvre. Un autre encore, c’est « Privilégier les solutions lentes et à petite échelle », c’est-à-dire expérimenter des solutions réversibles sur un périmètre que l’on maîtrise.

Certains principes s’adressent davantage aux relations humaines. Je pense à « Miser sur la diversité » : on parle ici de la diversité humaine, des regards, des compétences. La mixité des équipes projets en entreprise est reconnue comme un facteur d’agilité et d’adaptabilité. Un autre principe est « Valoriser les marges et les bordures ». Dans le monde agricole, il s’agira d’une haie, en entreprise ce sera le point de rencontre entre deux cultures. C’est aux marges que des choses intéressantes peuvent se passer. Ce principe incite à l’interaction, à la coopération de l’entreprise avec son environnement.

Enfin, un des principes fondamentaux c’est « Tendre vers une économie intense en information ». Pour viser la résilience, l’hyperspécialisation n’est plus possible dans notre période actuelle pleine d’incertitude. Créer des liens et faire circuler l’information est plus que jamais indispensable.

Comment articuler une démarche RSE existante en cohérence avec ces 12 principes ?

Comme dans toute démarche RSE, l’humain dans sa diversité est l’élément clé. Tout recrutement, tout partenariat, est une manière de s’enrichir.

La confiance est aussi essentielle et je fais le lien ici avec le concept d’entreprise libérée. Il s’agit de libérer la créativité et favoriser l’intelligence individuelle puis collective. C’est du foisonnement des initiatives que naissent les meilleures innovations. Historiquement, le mot management vient du mot français « ménagement ». Cela implique parfois de savoir laisser faire, accompagner les processus sans trop intervenir. La spontanéité découle de la confiance et c’est ce que nous souhaitons faire émerger avec la Permaéconomie.

Le mot de la fin ?

La Permaéconomie, c’est un moyen d’enrichir la vision de son entreprise, d’adapter ses modes de management et de créer des liens. Et une façon d’innover dans la continuité de sa démarche RSE.