Réseaux Sociaux Et Communautés Développement Durable : Quels Acteurs Pour Quels Publics ?

par Pierre-Yves Sanchis Pierre-Yves Sanchis

reseaux sociaux entreprises

L’arrivée de Facebook il y a 8 ans a mis un nom sur le terme « réseau social« , comme Google avait pu le faire avec « moteur de recherche » 6 ans plus tôt.

Malgré le boom du « social », la vente de la startup Instagram à Facebook et l’entrée en bourse mitigée du géant américain semble annoncer la fin d’une ère où tout semblait possible dans la création de réseaux sociaux Grand Public. Grâce à l’écosystème créé (applications, Facebook Connect, Applications mobiles, pages de marques et groupes d’intérêt, stockage de photos et vidéos…), un nouvel entrant sur le Web semble désormais compromis… tout ce qui touche de près ou de loin au social converge vers Facebook.

Restent alors les réseaux sociaux spécialisés.

La bataille entre Viadeo et Linked-In bat son plein pour définir qui sera demain le réseau social des professionnels et recruteurs. Twitter semble avoir pris le dessus sur la communauté des médiascommunicants et influenceurs de la vie publique. Tumblr est devenu la référence du micro-blogging pour des personnes attachées au graphisme, à l’image et à l’esthétisme

 

Quels réseaux sociaux pour le Développement Durable ?

Depuis près de 4 ans, de nouveaux réseaux sociaux fleurissent pour répondre à leur manière aux enjeux du Développement Durable.

Cible grand public :

  • Newmanity : réseaux social pour ceux qui aspirent à une société plus humaine. Réseau social lancé en novembre 2012.
  • Planète attitude : réseau social interne aux membres et sympathisants WWF. 15 000 membres, des centaines de publications et milliers d’interactions ces 7 derniers jours.
  • Humanité et biodiversité : la communauté de l’association présidée par Hubert Reeves, édité par Tinkuy. Partage et rencontre avec des personnes engagées. 10 publications, 42 interactions ces 7 derniers jours.
  • Tinkuy : le réseau social Tinkuy lancé en 2008 propose à ses membres (citoyens comme entreprises) d’échanger des bonnes pratiques pour agir et trouver des solutions pour un quotidien plus durable. Le site a reçu des améliorations ces dernières semaines. 33 publications et 84 interactions ces 7 derniers jours.
  • ReWorld : édité initialement par developpementdurable.com, le groupe ReWorld a développé son réseau social. Il y a quelques mois le site ne semblait pas très actif. Aujourd’hui le site entier est mort.
  • Les Végétaliseurs : communauté de citoyens mobilisés autour de la nature. La plus grande activité semble venir du partage d’images de son jardin. Le forum est en grande partie inactif. 45 000 membres, 10 publications d’articles et 29 interactions ces 7 derniers jours.
  • Indeed : édité par Tinkuy, communauté spécialisée dans la sensibilisation au Développement Durable. 1 publication ces 7 derniers jours.
  • ICDD : édité par Tinkuy, communauté dédiée à l’innovation citoyenne. Aucun publication depuis 10 jours.

Cibles professionnelles :

  • Sustainatwork : édité par Tinkuy, le principe est identique au site Grand Public, sur une cible des professionnels du Développement Durable. 1500 membres, 16 publications et 36 interactions ces 7 derniers jours.
  • Wizness : filiale d’Enablon récemment créée, réseau social d’échange de bonnes pratiques et dialogue entre entreprises engagées, en privé, et parties prenantes, en public. 24 publications et 55 interactions en mode public ces 7 derniers jours.
  • DDNetwork : le site est inactif, aucune publication sur le forum depuis 2008. 3 publications ces 7 derniers jours pour 600 membres.
  • Virtuous circles : édité par Tinkuy, communauté dédiée à l’innovation responsable. Aucune publication depuis le mois de mars
  • Investissons utile : communauté autour de la finance solidaire. Aucune publication depuis 3 semaines
  • enviMotion : communauté et annuaire de compétences autour des métiers du Développement Durable

Quelles communautés virtuelles pour le Développement Durable ?

Sans être techniquement bâties comme des réseaux sociaux, d’autres communautés Développement Durable gravitent dans cet écosystème. En voici quelques exemples. N’hésitez-pas à revenir vers moi pour en proposer d’autres !

Sur des cibles Grand Public :

  • Zegreenweb : site d’information Lifestyle sur l’environnement et le bien être. Les lecteurs se retrouvent dans les commentaires apportés, la page Facebook et le compte Twitter, tous actifs
  • Ecolo-info : site d’information collaboratif sur le thème de l’écologie. Les articles sont rédigés par des blogueurs et membres de la communauté
  • Consoglobe : site d’information sur l’écologie et le mieux vivre. La communauté est animée autour du don, de l’entraide, et du testing produit pour des membres ambassadeurs. Les membres peuvent aussi proposer leur propre contenu.
  • Naturavox : rédaction de contenu écolo par des rédacteurs volontaires
  • Youphil : média axé sur les solidarités.Le contenu vietn de journalistes ou volontaires (blogueurs, associations…). Communauté impliquée sur Twitter et Facebook

Sur des cibles Pros :

  • Les Green Twitt Apéros : rencontres physiques de pros qui se connaissent avant tout virtuellement sur Twitter et autres réseaux sociaux. Organisé par Julie Coignet
  • Beesday : communauté de blogueurs intéressés par des sujets Développement Durable. Des rencontres sont organisées ponctuellement entre des blogueurs et des organisations pour échanger sur un thème précis. Organisé par votre serviteur et Lucie Gaudens du blog Com-nonprofit
  • Les consultants du Développement Durable : groupe Viadeo actif d’échange d’information entre agences et consultants du Développement Durable. Animé par Yves Cappelaire
  • Acteurs du Paris Durable : la Mairie de Paris propose de mettre en relation les entreprises et citoyens engagés dans le changement à Paris sur sa plateforme. Du contenu est aussi mis à disposition pour le grand public.

 

Ce qu’il faut en retenir ?

Ces réseaux sociaux et communautés nous permettent de tirer quelques premiers enseignements :

  • le nombre de ces réseaux sociaux est très important comparé à la communauté potentiellement mobilisable en France. Cette multiplicité provoque une dilution de la communauté Grand Public et donc une perte de richesse dans les échanges
  • les membres interagissent très peu sur la majorité de ces réseaux, qui peut s’expliquer par un manque de temps ou de connaissance en matière de Développement Durable de la part des membres. Les sites d’information où le membre est passif dans un premier temps apportent plus d’interactions sous forme de commentaires ou partage à ses amis.
  • les mécanismes de récompenses (points, badges, etc.) ne permettent pas de créer de véritable incitation à l’implication de la communauté.
  • les communautés les plus actives reposent sur des hommes ou des valeurs très fortes (Hubert Reeves, WWF, contributeurs influents…). La valorisation des membres passe par un sentiment d’appartenance à cet homme ou association plus qu’à une entreprise ou réseau social.
  • la majorité des réseaux n’intègrent pas encore de Facebook Connect. Un vrai frein à l’inscription à la connexion des membres et à la viralisation du contenu.
Connaissez-vous d’autres réseaux sociaux et communautés virtuelles à valoriser ? Merci pour vos propositions en commentaires !