Pour être une entreprise responsable, vos meilleurs alliés ce sont les données

Pour être une entreprise responsable, vos meilleurs alliés ce sont les données

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Pour une stratégie RSE efficace et pertinente, votre meilleur allié ce sont les données : alors mesurez, évaluez, calculez !

Être une entreprise responsable n’est pas une tâche aisée. On pourrait penser qu’il s’agit simplement d’une prise de conscience et d’une prise de décision soudaine de « devenir écolo » ou « devenir responsable ». Mais si l’on veut faire les choses correctement, il faut savoir ce que l’on veut faire et pourquoi : il faut anticiper.

Il faut d’abord consolider un business model valide dans le temps, puis identifier sur quels plans de ce business model on peut s’améliorer. Il faut trouver les causes sur lesquelles on peut intervenir, et les leviers avec lesquels intervenir. Il faut réussir à sélectionner des actions pertinentes, fournir des moyens adéquats pour parvenir à les mettre en place, et ensuite être capable de dire si toutes ces actions ont eu un impact positif (sur l’environnement, sur la société…).

Et pour faire tout cela, pour anticiper, pour prévoir, pour analyser et décrypter les résultats, il faut une chose fondamentale : les données.

La RSE, la responsabilité de l’entreprise, ça commence avec les données

reporting climat financier« Ce qui ne se mesure pas n’existe pas ». Ce principe édicté par le physicien et prix Nobel Niels Bohr dans les années 1920 s’applique directement aux entreprises qui veulent devenir responsables. Car pour mettre en place une politique pertinente de développement durable, il faut d’abord savoir pourquoi on le fait.

Savez-vous vraiment quels sont les impacts environnementaux ou sociaux ou économiques de votre entreprise ? Vous pensez peut-être que c’est en mettant en place une politique de tri des déchets dans vos bureaux que vous deviendrez écolo, mais peut-être qu’en fait, c’est sur les consommations électriques et de chauffage que vous êtes le plus polluant. Peut-être que vous mettez un point d’honneur à équiper vos transporteurs de véhicules écologiques, alors que le véritable impact de vos activités est au niveau de vos fournisseurs ? Pour savoir identifier les axes prioritaires d’une politique RSE, il faut savoir mesurer ses impacts.

Savez-vous vraiment ce qu’attendent vos parties prenantes ? Peut-être que vous avez mis en place une politique de réduction de vos consommations d’eau, alors que vos clients attendent plutôt que vous passiez à l’économie de la fonctionnalité ? Vos efforts RSE sont-ils vraiment en adéquation avec ce qu’attendent vos clients ? Y’a-t-il un retour sur investissement ? Pour que votre stratégie soit pertinente, efficace, et qu’elle rapporte, elle doit être comprise par vos parties prenantes (clients, financeurs, actionnaires, etc…). Et pour ça, il faut encore une fois des données.

En règle générale, on pourrait dire que ce sont les données qui doivent fixer le chemin que prendra une politique RSE. Des données issues d’une vraie analyse de matérialité et d’une vraie consultation des parties prenantes. Car foncer tête baissée dans une stratégie sans savoir où agir ni pourquoi agir, c’est l’assurance de dépenser des ressources dans des politiques qui seront inefficaces.

Les résultats d’une stratégie RSE, ça se mesure

De la même façon, pour analyser une stratégie RSE, voir si elle fonctionne et si elle rapporte il faut être capable de l’évaluer. Et encore une fois, l’évaluation ce sont des chiffres, des données. Sans données, comment savoir si l’action mise en place a fonctionné ? Comment justifier auprès d’un conseil d’administration le besoin d’un financement ? Comment communiquer à ses clients les réussites de ses efforts RSE ? Comment se comparer aux autres entreprises du secteur ?

Là encore, la mesure et l’évaluation sont la clé d’une stratégie RSE qui se pérennise. Par exemple, comment un rapport RSE peut-il être pertinent s’il ne contient pas de données permettant de comparer les progrès de l’entreprise ? Et même quand les données ne sont pas nécessairement des chiffres bruts, la mesure reste importante : il faut évaluer les effets bénéfiques de son engagement en termes d’image, via des études qualitatives.

Finance-ClimatComment mesurer, évaluer et récolter des données dans le cadre d’une politique RSE ?

Alors, puisque les données semblent être les meilleurs alliées d’une politique RSE efficace, pertinente et pérenne, comment les obtenir ?

La première étape, c’est de faire ce que l’on appelle une Analyse de Matérialité. L’idée c’est d’évaluer toutes les activités de l’entreprise ainsi que leurs impacts sur l’environnement et la société, afin d’identifier les sujets et les problématiques pertinentes et importantes pour l’entreprise. Vos activités émettent-elles principalement beaucoup de CO2 ? Ou au contraire, est-ce plutôt la production de déchet qui est un enjeu crucial dans votre secteur ? Chaque entreprise est différente, donc chaque analyse de matérialité est différente et donnera des enjeux différentes.

Dans la foulée, l’analyse de matérialité permet aussi d’identifier quels enjeux sont importants… pour vos parties prenantes ! Car la RSE, c’est aussi la capacité à répondre aux attentes de ses shareholders, de ses clients notamment. Ainsi, il se peut que vos parties prenantes soient particulièrement concernées par l’impact sanitaire de vos produits ou de votre service… Ce qui vous donnera une bonne indication sur les axes à privilégier dans le cadre de votre stratégie RSE.

Ensuite, les outils de suivi sont également fondamentaux. Dans le cadre de la réglementation française avec le reporting obligatoire, il existe désormais des dizaines d’outils permettant de suivre vos indicateurs clefs : le Bilan Carbone, l’Analyse de Cycle de Vie, l’empreinte eau, l’empreinte écologique… Chaque enjeu peut potentiellement avoir son propre indicateur permettant de suivre les progrès et d’en rendre compte. Les organismes comme le Global Reporting Initiative ou l’IIRC donnent de bonnes indications sur ces outils. Il existe également de plus en plus d’acteurs capables de faire ce type d’audit si vous ne disposez pas de la compétence en interne.

Avec des données mesurables et mesurées, il sera bien plus simple de mettre en place une stratégie RSE efficace et pertinente. Reste à savoir comment parvenir à une harmonisation des outils de mesure afin de donner un cadre normatif à ce type de pratiques. Malgré tout, il ne faut pas oublier qu’en matière de RSE, et lorsque l’on traite avec des réalités qui ont un rapport avec l’humain en général, certains enjeux sont plus complexes à mesurer. Les études quantitatives sont donc une base indispensable à toute stratégie RSE, mais elles ne doivent pas devenir l’alpha et l’omega de tous vos projets RSE !

Pour plus d’informations :

  • RSO92

    Intéressante démonstration de l’importance des données dans le cadre d’une stratégie RSE (plan PDCA). Outre les données chiffrées, j’ajouterai les « données textuelles » et leur cohérence avec les engagements. cf. http://www.loginsconsultants.fr/activites/valorisation_par_le_sens.html

  • Marion Chagne-Fercoq

    Bonjour,
    Je ne suis pas totalement d’accord avec la phrase suivant : “Ce qui ne se mesure pas n’existe pas”. Ce principe édicté par le physicien et prix Nobel Niels Bohr dans les années 1920 s’applique directement aux entreprises qui veulent devenir responsables. Car dans ce cas,les entreprises entreprennent que ce qui leur paraîtraient rentable. Or,parfois des choses non mesurable comme ajouter une plante dans un couloir ou sourire à ces collègues peuvent améliorer une ambiance de travail et une meilleur productivité ou cohésion de groupe qui elle sera mesurable mais pas l’élément déclencheur.