Le staycation : voyager sans bouger, la dernière tendance du tourisme durable 

par Emma Henrich Emma Henrich

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Le terme de staycation, venu tout droit des Etats-Unis, est un néologisme issu de la contraction de « stay », rester et « vacation », vacances. Alors oui, encore un anglicisme pour décrire une pratique que tout le monde connaît : Faire des visites… A proximité de chez soi. Sauf que le staycation n’est plus l’apanage des étudiants aux petits budgets : que l’on soit un écolo’ convaincu que le meilleur touriste est celui qui évite les déplacements polluants, un amoureux de la beauté de sa région, un curieux qui désire redécouvrir son environnement, être touriste dans sa ville ou région est tendance. Décryptage.

Le staycation, un mouvement issu la crise économique et la prise de conscience écologique

Le concept de staycation est né avec la crise des subprimes aux Etats-Unis en 2008. En raison de la crise économique, de nombreux foyers se sont vus contraints de limiter leurs dépenses et par conséquent de limiter, voire supprimer leur budget vacances. C’est ainsi que l’idée de (re)découvrir son environnement proche, à défaut de pouvoir partir plus loin, s’est imposé.

En parallèle, la prise de conscience des impacts environnementaux du tourisme, notamment des transports et de la saturation des zones touristiques, s’est accentuée. Et quoi de plus évident pour limiter son impact environnemental que de limiter ses déplacements ?

Le staycation réconcilie donc économie et écologie. Le fait de rester à proximité de chez soi permet de supprimer le budget lié à l’hébergement (15% du budget des ménages en vacances) et aux transports. Ces derniers constituent le plus gros poste de dépenses des français durant leurs vacances selon le Crédoc (23% des dépenses) et sont la première cause de pollution liée au tourisme. En effet, d’après l’ADEME, les transports sont responsables d’un tiers des émissions de CO2 émis chaque année sur le territoire, dont 80% émanent du transport routier et de l’aérien (pour 15% des émissions).

En supprimant les longs trajets en voiture ou en avion, on limite donc fortement les émissions de CO2 liés aux vacances. On peut même tout à fait les supprimer en privilégiant d’autres formes de mobilités, comme le vélo ou la marche à pieds. A défaut, les transports collectifs permettent aussi de réduire son impact carbone.

Un mouvement aux avantages multiples qui s’inscrit dans la tendance du slow tourisme

Le staycation est une forme de tourisme alternatif qui s’inscrit pleinement dans la tendance du slow tourisme. Le slow tourisme invite à vivre l’instant présent, en prenant son temps. On découvre les paysages, la nature en privilégiant les rencontres locales, sans passer d’une activité à l’autre le plus rapidement possible pour boucler un programme que l’on s’impose bien souvent tout.e seul.e.

Ainsi, à condition d’être un minimum curieux, de vouloir aller au-delà des sentiers battus et bien évidemment de résister à l’appel machiavélique de Netflix, les avantages de ce tourisme de proximité sont multiples :

  • Le staycation limite le stress lié à l’organisation du voyage, comme la recherche de l’hébergement ou les multiples valises remplies de vêtements qui finalement ne serviront pas.
  • Il permet de réaliser des activités que nous ne faisons jamais en raison d’un emploi du temps trop chargé durant l’année, comme visiter les collections permanentes des musées, profiter du beau temps pour faire (enfin) le parcours sportif dans le parc à proximité.
  • Il favorise aussi l’économie locale. On profite des congés pour faire un tour au marché, aller à la ferme cueillir des fruits et légumes, prendre part à des stages d’été sportifs ou artistiques, voire même pour s’accorder une nuit dans un hôtel de prestige qu’on ne pourrait espérer pour plus d’une nuit !
  • Il permet de découvrir ou redécouvrir la beauté de sa ville ou sa région, que nous ne voyons plus par habitude.
  • Enfin et surtout, le staycation permet d’apprendre à profiter de l’instant présent et du fait d’avoir le temps, de ne pas se presser.

Compte-tenu des multiples avantages du tourisme de proximité, vous n’avez plus de raison d’être gêné.e à la machine à café lorsqu’on vous demandera où vous partez en vacances cette année. Au contraire, ne pas vous rendre comme tout le monde au bout du monde pour « visiter » des plages instagramables afin de découvrir votre région est une alternative écolo, économique et à la mode ! Où que vous viviez en France, nous avons la chance d’avoir un patrimoine historique, architectural, culturel et naturel d’une incroyable richesse, alors profitez-en… Et revendiquez le !

Crédit image : Shutterstock.