Une supply chain plus responsable réduit les risques pour les entreprises

Une supply chain plus responsable réduit les risques pour les entreprises

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De plus en plus, la gestion responsable de la supply chain des entreprises s’impose comme une des méthodes essentielles de la gestion des risques. Et c’est prouvé, une supply chain responsable réduit les risques pour les entreprises.

Lorsqu’une entreprise veut s’engager et faire de la RSE, elle ne peut pas se contenter d’agir uniquement au niveau de ses activités propres. Elle doit au contraire engager avec elle ses différentes parties prenantes, et en particulier ses fournisseurs, sa supply chain. En effet, si les processus de production ou de vente d’une entreprise sont écologiques ou respectueux des droits humains, mais que ceux de ses fournisseurs ne le sont pas, in fine, cela remet en cause une bonne partie des dispositifs mis en place.

C’est pour cette raison, entre autre, que depuis quelques années, la supply chain est devenue l’une des priorités des entreprises, notamment les grandes (celles qui ont les supply chain les plus importantes et les plus ramifiées). Mais désormais on a une raison de plus de concentrer ses efforts RSE sur la supply chain : cela réduit le risque. Explications.

Une supply chain responsable, c’est une entreprise moins risquée

contexte-durabilite-reporting-rsePlusieurs évènements récents ont montré que pour une entreprise, la plupart des risques qui la menacent se trouvent sur leur chaîne d’approvisionnement. Les scandales entourant le fipronil, la viande de cheval, le Rana Plaza, le lait contaminé ou encore l’approvisionnement en matières premières de certaines entreprises se sont multipliés ces dernières années et montrent que souvent, ce n’est pas dans le coeur de métier de l’entreprise que se situe son risque, mais dans sa supply chain. La cause de cette tendance ? D’abord la complexification des supply chain des entreprises : dans un monde globalisé, identifier et contrôler ses fournisseurs est de plus en plus complexe. Ensuite, une tendance de fond : les consommateurs veulent savoir ce qu’il y a dans ce qu’ils achètent. De ce fait, de plus en plus d’enquêtes sont menées sur ces sujets, afin de répondre au besoin croissant de transparence des clients. Et comme désormais l’information circule plus vite, les scandales et les bad buzz s’enchaînent. Pour l’entreprise qui ne maîtrise pas bien la responsabilité de sa supply chain, cela signifie plus de risque-image, mais aussi plus de risque stratégique : si un fournisseur clé est mis en cause, il faut le remplacer, sans pour autant briser la continuité de la chaîne de production. Cela peut nécessiter des investissements importants, voire des délocalisations complètes et une réorganisation de la chaîne d’approvisionnement.

Face à ces constats, de plus en plus d’entreprises semblent conscientes qu’investir dans la responsabilité de leur supply chain est un gage de stabilité et une forme fondamentale de gestion des risques. En 2015, le Baromètre Ecovadis / HEC montrait ainsi que 79% des entreprises considéraient important d’intégrer les critères RSE dans leurs appels d’offre et que 72% estimaient central ces investissements dans leur Supplier Relationship Management.

Cette année, le rapport Ecovadis fait aussi un constat sans appel qui va dans ce sens : en Europe, 61% des entreprises sont « à bas risque », notamment grâce à des investissements conséquents sur la responsabilité de leur supply chain, sur des sujets aussi variés que le respect de la légalité des conditions de travail, aux normes environnementales en passant par la corruption.

Une nouvelle vision RSE de la fonction achats

rapport-rse-inefficace-La tendance est forte. Que ce soit dans le secteur privé ou dans le domaine des achats publics, de plus en plus d’organisations intègrent les critères RSE ou ESG. Et parfois, cet engagement va plus loin encore que ce que recommandent la règlementation ou les référentiels normatifs en vigueur. La raison est simple : la vision ancienne des fonctions achats semble dépassée par une vision qui se soucie de plus en plus du long terme. En effet, ces fonctions sont à la croisée de plusieurs évolutions en cours : le besoin de transparence des consommateurs, les règlementations changeantes des Etats en matière de respect des normes environnementales et sociales, la prise d’importance considérable du risque climatique (encore récemment illustrée par les catastrophes climatiques qui ont frappé certains Etats partout dans le monde), la raréfaction de certaines ressources et la pression accrue qui en découle, le risque géopolitique…

Les entreprises qui prennent dès aujourd’hui de l’avance en choisissant de tisser des relations durables avec des fournisseurs responsables seront celles qui s’épargneront la gestion future de ces risques. Si dès aujourd’hui une entreprise de la construction choisit d’investir dans des matériaux alternatifs, trouve des fournisseurs cohérent avec cette démarche, elle sera en avance de plusieurs années lorsque la pression sur les ressources du ciment commencera à se faire sentir. Si dès aujourd’hui une entreprise du textile fait la démarche de choisir des fournisseurs et des processus de production plus responsables, plus écologiques, voire locaux, elle sera en avance quand (et cela arrivera vite) la consommation responsable sera suffisamment mûre pour devenir une tendance globale.

Alors, qu’attendent-les entreprises pour s’y mettre ?

  • CALLIATI Edouard

    A lire aussi dans cette thématique:
    La Supply Chain nouvelle génération, fer de lance de la Responsabilité Sociétale des Entrepriseshttp://www.economiematin.fr/news-la-supply-chain-nouvelle-generation-fer-de-lance-de-la-responsabilite-societale-des-entreprises

  • abourgeois

    Bravo ! Et complément de l’action RSE positive des achats, ceux-ci peuvent servir désormais à sécuriser les encaissements consécutifs aux ventes B2B de l’entreprise (voir la solution BizOverBiz basée sur un algorithme). On a donc aujourd’hui une possible double action réalisée par les achats en terme de « risques » pour l’entreprise en B2B : une action « développement développement durable » et une action « sécurisation du poste clients ». Une vraie et salutaire réhabilitation du poste Achats dans l’entreprise !